La sous-couche de désolidarisation est un élément crucial dans la construction et la rénovation des sols, souvent méconnu mais essentiel pour assurer la durabilité et la qualité du revêtement final. Cet article vise à définir la sous-couche de désolidarisation et à explorer ses applications, en tenant compte des normes et des meilleures pratiques en vigueur.
Définition et Rôle Principal
Une sous-couche de désolidarisation est une couche intermédiaire placée entre le support (dalle de béton, plancher existant) et la chape (couche de mortier ou de béton destinée à recevoir le revêtement de sol). Son rôle principal est de séparer physiquement la chape du support, évitant ainsi l'adhérence directe entre les deux. Cette séparation permet de limiter les fissurations de la chape dues aux mouvements et aux contraintes du bâtiment.
Pourquoi Utiliser une Sous-Couche de Désolidarisation ?
L'utilisation d'une sous-couche de désolidarisation offre plusieurs avantages significatifs :
- Prévention des fissures : En absorbant les mouvements et les tensions du support, elle réduit le risque de fissures dans la chape et le revêtement de sol.
- Gestion de l'humidité : Elle peut agir comme une barrière contre les remontées d'humidité, particulièrement importante dans les dallages sur terre-plein.
- Adaptation aux supports irréguliers : Elle permet de compenser les imperfections ou les défauts de niveau du support, offrant une surface plus uniforme pour la chape.
- Compatibilité avec différents supports : Elle peut être utilisée sur divers types de supports, y compris les planchers en bois, les supports anciens ou endommagés.
Matériaux Utilisés pour la Désolidarisation
Plusieurs matériaux peuvent être utilisés pour créer une sous-couche de désolidarisation efficace. Le choix du matériau dépend des spécifications du projet, des contraintes du support et des exigences de performance.
- Film polyéthylène (film polyane) : C'est l'un des matériaux les plus couramment utilisés. Un film polyéthylène d'une épaisseur minimale de 150 microns est généralement recommandé. Il est facile à mettre en œuvre et offre de bonnes propriétés d'imperméabilisation.
- Lit de sable : Un lit de sable d'une épaisseur maximale de 2 cm peut également servir de couche de désolidarisation. Il offre une isolation et une désolidarisation efficace, bien qu'il soit moins imperméable que le film polyéthylène.
- Feutre bitumé : Ce matériau est parfois utilisé en combinaison avec un lit de sable ou un film polyéthylène pour améliorer l'isolation et la désolidarisation.
- Matériaux spécifiques : Il existe également des membranes de désolidarisation spécialement conçues, offrant des performances supérieures en termes d'isolation, d'étanchéité et de résistance aux contraintes.
Types de Pose et Désolidarisation
La mise en œuvre d'une chape peut être réalisée selon différents types de pose, chacun ayant des exigences spécifiques en matière de désolidarisation.
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- Pose désolidarisée : Elle est nécessaire pour la pose de pierres naturelles en sol intérieur (interposition d’un film de polyéthylène, sauf pour les escaliers), sur les ravoirages de type D et E dans les locaux à sollicitations modérées ou fortes, dans certains cas de mise en œuvre de sous-couches isolantes, en cas de dallage non armé et pour tous les supports récents.
- Pose flottante sur couche isolante : Les prescriptions du NF DTU 52.10 doivent être suivies.
- Pose adhérente : Tolérance de planéité maximale du support admissible : 1,5 cm sous la règle de 2 m.
Mise en Œuvre de la Sous-Couche de Désolidarisation
La mise en œuvre d'une sous-couche de désolidarisation nécessite une préparation minutieuse et le respect de certaines étapes clés :
- Préparation du support : Le support doit être propre, sec et nivelé. Il est important d'éliminer les résidus, les poussières et les irrégularités qui pourraient compromettre l'efficacité de la sous-couche. Dans le cas d'une chape adhérente, il faut éliminer par grenaillage le produit de cure utilisé en surface de la dalle support.
- Installation de la sous-couche : Le matériau de désolidarisation (film polyéthylène, lit de sable, etc.) est ensuite installé sur le support préparé. Dans le cas d'un film polyéthylène, il est important de s'assurer qu'il recouvre toute la surface et de scotcher les lés entre eux pour éviter les infiltrations d'humidité.
- Coulage de la chape : Une fois la sous-couche en place, la chape peut être coulée. L'épaisseur de la chape dépend des spécifications du projet et des contraintes du support.
- Nivellement et lissage de la chape : Après le coulage, la chape doit être nivelée et lissée pour obtenir une surface plane et uniforme.
- Séchage de la chape : La chape doit ensuite sécher pendant plusieurs jours, en fonction du type de chape et des conditions environnementales. Il est important de protéger la chape pendant cette période et d'éviter de marcher dessus.
Normes et DTU de Référence
La mise en œuvre des sous-couches de désolidarisation et des chapes est encadrée par des normes et des Documents Techniques Unifiés (DTU) qui définissent les règles de l'art et les exigences de qualité. Il est essentiel de se référer à ces documents pour garantir la conformité et la durabilité des ouvrages.
- NF DTU 52.1 : Ce DTU concerne la mise en œuvre des revêtements de sol scellés. Il aborde les exigences relatives aux supports, aux matériaux de désolidarisation, aux mortiers de scellement et aux joints. La version applicable est celle de février 2020.
- NF DTU 26.2 : Ce DTU traite des chapes et des dalles non structurelles. Il définit les caractéristiques des chapes, les exigences relatives aux supports et les règles de mise en œuvre.
- NF DTU 52.10 : Ce DTU concerne les planchers rayonnants électriques (PRE). Il donne des prescriptions spécifiques pour la pose scellée sur PRE et sur les ouvrages intérieurs étanchés par un Système d'Etanchéité Liquide (SEL).
Joints : Dilatation, Retrait et Fractionnement
Les joints sont des éléments essentiels dans la conception et la réalisation des chapes et des revêtements de sol. Ils permettent de gérer les mouvements et les contraintes liés aux variations de température, à l'hygrométrie et aux tassements différentiels.
- Joints de dilatation : Ils doivent être respectés dans la forme éventuelle, dans le mortier de scellement et dans le revêtement.
- Joints de retrait, de construction et de fractionnement : Ils doivent être respectés en pose scellée adhérente.
- Joints de fractionnement du revêtement : Ils doivent mesurer au minimum 3 mm de large et être réalisés, suivant une ligne de joint des éléments de revêtement, à l’aide d’un mastic de dureté shore A supérieure à 60 ou d’un profilé compressible mis en place dans le mortier frais.
- Joints périphériques : Ils sont réalisés par un vide de 5 mm, au minimum, entre le revêtement de sol scellé et les parois verticales de murs ou cloisons ainsi qu'autour des poteaux.
Épaisseur du Mortier de Scellement
L'épaisseur du mortier de scellement est un paramètre important qui dépend du type de pose, des sollicitations prévisionnelles des locaux et de la nature du support.
- Pose désolidarisée ou adhérente : L'épaisseur du mortier de scellement doit être comprise entre 4 et 6 cm selon les sollicitations prévisionnelles des locaux et le type de pose.
- Pose flottante : Les éléments de revêtement sont mis en œuvre directement sur la sous-couche ou sur une forme préalable.
- Extérieur : Le mortier de scellement doit avoir une épaisseur minimale de 5 cm.
Mise en Œuvre en Extérieur
La mise en œuvre de revêtements de sol scellés en extérieur nécessite des précautions particulières pour assurer la durabilité et la résistance aux intempéries.
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- Couche de désolidarisation drainante : Une couche de désolidarisation drainante doit impérativement être mise en œuvre sous le mortier de scellement.
- Pente minimale : Le support doit avoir une pente minimale de 1,5%.
- Évacuation des eaux : En cas de mur périphérique en bas de pente, un caniveau filant ou des évacuations doivent être prévus.
Tolérances
Le revêtement de sol scellé fini doit respecter certaines tolérances en matière de planéité, de planimétrie et d'alignement des joints.
- Planéité sous la règle de 2 m : ≤ 3 mm + tolérance admise en planéité pour le matériau considéré (ou réelle si matériau non normalisé).
- Planimétrie générale : ± (0,005 + 0,001 x d) + tolérance admise en planéité pour le matériau considéré (ou réelle si matériau non normalisé), où d = distance (m) au point de référence le plus proche.
- Alignements des joints : ≤ 2 mm sous la règle de 2 m + tolérance admise sur les dimensions du matériau considéré.
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