L'idée de consommer des fœtus, bien que choquante pour beaucoup, a une histoire et des racines dans certaines cultures et traditions. Cet article explore l'origine et l'histoire de cette pratique controversée, en s'appuyant sur des sources historiques, médicales et culturelles.
Étymologie et Définition
Le terme "soupe de fœtus" fait référence à une pratique culinaire où des fœtus humains sont utilisés comme ingrédient principal. Cette pratique est souvent associée à des croyances sur les vertus rajeunissantes, médicinales ou nutritives des fœtus.
Origines Historiques et Culturelles
La consommation de placenta, un organe temporaire qui se développe pendant la grossesse, est une pratique séculaire en Chine, où il est considéré comme ayant des propriétés antivieillissement. Qin Shihuang, le premier empereur de Chine, aurait vanté les bienfaits des placentas il y a plus de 2 200 ans. L'impératrice douairière Cixi, de la dynastie Qing, aurait également consommé des placentas pour rester jeune.
Un texte médical classique de la dynastie Ming (1368-1644) affirme que le placenta est "très nutritif" et que sa consommation régulière peut "prolonger la longévité". Des recettes culinaires circulent sur Internet, suggérant de préparer le placenta en soupe, en boulettes, en raviolis ou de le mélanger avec d'autres ingrédients de la médecine traditionnelle chinoise.
Dans le domaine de la littérature, des œuvres comme le roman "Le Pays de l'alcool" de Mo Yan font allusion à la pratique de réduire en poudre des fœtus humains de trois mois pour en faire un fortifiant. Le film hongkongais "La Nouvelle Cuisine" (Jiaozi) met en scène une femme qui vend des raviolis fourrés aux fœtus humains, censés apporter la beauté et la jeunesse éternelles.
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Cannibalisme en Chine : Un Aperçu Historique
Le cannibalisme, ou anthropophagie, a une longue histoire en Chine, motivée par divers facteurs tels que la survie en période de famine, la vengeance, le plaisir culinaire, des raisons médicales et la piété filiale.
Selon le chercheur taïwanais Lin Fu-shih, "L'expérience qu'ont les Chinois de la consommation de viande humaine est sans doute la plus riche du monde". Le sinologue français Robert des Rotours a identifié quatre principaux buts du cannibalisme en Chine :
- Survie : En période de famine, la consommation de chair humaine était parfois la seule option pour survivre.
- Vengeance : Le cannibalisme pouvait être pratiqué sur des ennemis vaincus comme acte de vengeance.
- Plaisir culinaire : Bien que rare, certains individus consommaient de la chair humaine pour satisfaire leurs goûts.
- Raisons médicales : La médecine traditionnelle chinoise attribuait des vertus curatives à certaines parties du corps humain, conduisant à leur consommation.
Une cinquième catégorie est le témoignage de la piété filiale, rattaché à la famine et à la maladie, mais dont la pratique est singulière puisqu'elle se pratique sur des personnes vivantes et volontaires (don de soi).
Le professeur Key Ray Chong a dénombré 1219 évocations d'une pratique cannibale entre l'Antiquité et 1912, motivées par la piété filiale, la famine, la haine et la guerre, et des penchants culinaires.
Exemples Historiques de Cannibalisme en Chine
- Qi Heng gong : Ce souverain de l'État de Qi, sous les Royaumes Combattants, était réputé pour sa lubriscité et son manque de morale. Son ministre Yi Ya lui aurait offert la chair de son propre fils pour satisfaire ses désirs.
- Zhang Maozhao : Ce gouverneur militaire de la dynastie des Tang était connu pour manger de la viande humaine.
- Dugu Zhuang : Ce gouverneur de province termina sa vie fou et se contenta de manger le cadavre d'une servante décédée.
- Xue Zhen : Ce chef de district sous la dynastie Zhou adorait la chair humaine et tua des voyageurs pour les manger.
- Shi Sui : Ce dirigeant de la dynastie des Zhao postérieurs avait l'habitude de faire tuer et préparer ses plus belles concubines pour les offrir à ses invités lors de banquets.
Marco Polo rapporte que des devins tibétains et cachemiriens mangeaient la chair des condamnés à mort à Shangdu, et que les habitants de Fuzhou mangeaient avec plaisir la chair des personnes tuées.
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Chair Humaine et Médecine Traditionnelle Chinoise
Le botaniste et médecin Chen Zangqi présentait la chair humaine comme un reconstituant. Des fils pieux se faisaient couper des morceaux de chair pour les donner à leurs parents afin de guérir leur maladie. Li Shizhen répertoriait 35 parties ou organes du corps humain et les maladies qu'ils pouvaient soigner. Les eunuques mangeaient la cervelle de jeunes hommes vigoureux pour recouvrer leur puissance sexuelle.
Piété Filiale et Cannibalisme
Les actes de cannibalisme réalisés dans un but de piété filiale étaient nombreux. Cette pratique, appelée "gegu liaoqin", consistait en un don physique de soi pour soigner ou nourrir un parent. Les femmes se sacrifiaient majoritairement pour prouver leur piété filiale. Les morceaux de chair étaient généralement prélevés sur la cuisse ou le bras.
Les personnes qui se sacrifiaient pour guérir un parent proche étaient louées pour leur comportement exemplaire. L'opéra de Pékin "Dingxiang gerou" raconte l'histoire d'une femme qui se coupe un morceau de la cuisse pour guérir sa belle-mère.
"La Nouvelle Cuisine" (Jiaozi) : Un Film Controversé
Le film "La Nouvelle Cuisine" (Jiaozi) explore les thèmes de la vieillesse, de la beauté, du désir et du cannibalisme à travers l'histoire de Madame Lee, qui cherche à reconquérir son mari en consommant des raviolis fourrés aux fœtus.
Mei, une ancienne avorteuse, prépare ces raviolis spéciaux avec des fœtus de cinq mois, censés être la clé de la jeunesse. Le film brasse plusieurs thèmes complexes et utilise les raviolis comme un moyen visuel d'explorer ces questions.
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Le film brouille les pistes morales et laisse le spectateur mal à l'aise, en explorant les motivations des personnages et les conséquences de leurs actes. Il met en lumière les contradictions et les ambiguïtés morales liées à la quête de la jeunesse et de la beauté.
Conséquences et Implications Éthiques
La pratique de consommer des fœtus soulève de nombreuses questions éthiques et morales. Elle est souvent associée à des avortements illégaux et à l'exploitation de femmes vulnérables. De plus, elle peut être perçue comme une violation de la dignité humaine et un manque de respect envers la vie.
Il est important de noter que la consommation de fœtus est illégale dans de nombreux pays et est condamnée par la plupart des organisations médicales et éthiques.
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