La Société canadienne de pédiatrie (SCP) joue un rôle crucial dans la promotion de la santé et du bien-être des enfants au Canada. À travers ses guides pratiques, ses recommandations et ses initiatives, elle offre aux professionnels de la santé et aux parents des outils essentiels pour favoriser le développement optimal des jeunes. Récemment, la SCP a mis en lumière l'importance du "jeu libre" ou "jeu risqué", tout en soulignant les défis liés à l'utilisation des écrans et à la lutte contre l'obésité infantile. Cet article explore ces différents aspects, en s'appuyant sur les recommandations de la SCP et les avis d'experts.

Les Jeux Risqués : Un Atout pour le Développement de l'Enfant ?

La Société canadienne de pédiatrie a récemment publié un communiqué mettant en avant les bienfaits du « jeu libre » ou « jeu risqué », une pratique jugée « essentielle pour le développement de l’enfant » et qui pourrait permettre de « prévenir et gérer des soucis de santé courants tels que l’obésité, l’anxiété et les problèmes de comportement ». Grimper dans les arbres, dévaler une pente à vélo, s’amuser à côté du feu sont autant d'exemples de ces pratiques.

Définition et exemples de jeux risqués

Ces jeux sont définis comme des activités « passionnantes et stimulantes de jeu libre, dont l’issue est incertaine et qui comportent une possibilité de blessure physique ». Ils incluent des activités telles que faire de la lutte, jouer à se bagarrer, faire de l’escrime avec des bâtons, faire de la luge à grande vitesse, glisser, courir et grimper dans un arbre.

Bénéfices et précautions

Selon la SCP, ces jeux permettent un « apprentissage approfondi et autonome du monde environnant » et peuvent « stimuler les facultés motrices et physiques de l’enfant ». Cependant, la Société met en garde contre les dangers potentiels et insiste sur l'importance des mesures de sécurité obligatoires, comme le port du casque ou d’un gilet de sauvetage. Ces jeux ne doivent pas mener à une situation dangereuse.

L'avis d'un expert

Le pédiatre parisien Jean Lalau-Keraly souligne l'importance du contexte dans l'application de ces directives. Il est crucial d'adapter les activités à l'âge de l'enfant, en faisant preuve d'une grande vigilance pour les plus jeunes (moins de 5 ans) qui n'ont pas la même notion du danger. Pour les plus grands, il recommande de « permettre à l’enfant d’expérimenter et d’apprendre par lui-même ». Il est essentiel de trouver un équilibre entre le lâcher prise total et l'interdiction, en maintenant un cadre de jeu sûr et en donnant des consignes claires.

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Les Écrans : Entre Opportunités et Risques pour les Enfants

L'utilisation des écrans par les enfants est un sujet de préoccupation croissante. Bien qu'ils puissent être une source de divertissement et d'apprentissage, une exposition excessive peut avoir des effets néfastes sur leur développement.

Les dangers de la surexposition

Une utilisation massive des écrans peut entraîner une dépendance, de l’anxiété et parfois même des troubles dépressifs. Les jeunes peuvent être exposés à un contenu violent ou non adapté à leur âge, ce qui peut entraîner des troubles du comportement, des cauchemars et une dépression à terme en cas de surexposition (plus de trois heures par jour). De plus, elle entrave l’activité physique pourtant indispensable pour le développement moteur et psychologique du jeune.

Une étude américaine publiée par l’Institut National de la Santé (NIH) en 2019 établit la corrélation suivante : l’utilisation massive des écrans entraine une surconsommation de produits alimentaires rapides tels que des fast-food, boissons sucrées, produits de snacking. L’impact est aussi négatif sur le sommeil : la consommation d’écran stimule nos émotions et perturbe le rythme de sommeil. Ce dernier peut alors devenir insuffisant ou de mauvaise qualité (insomnie, cauchemar).

Recommandations pour un usage encadré

Il est crucial d'encadrer l'usage des écrans sur le temps passé et les contenus visualisés. Voici quelques recommandations selon l'âge de l'enfant :

  • Moins de 3 ans : Une étude menée en 2023 montre que les enfants de 2 ans passent en moyenne 1h par jour sur les écrans. Un chiffre assez alarmant quand on sait qu’une utilisation précoce des écrans a des effets délétères sur les bambins (entre 18 mois et 3 ans).
  • De 6 à 9 ans : Définir le temps d’écran avec l’enfant sans empiéter sur les repas ni le coucher. Former l’enfant sur le droit à l’image par exemple, échanger avec lui sur les bonnes pratiques.
  • Après 12 ans : Fixer des plages horaires pour l’utilisation des écrans, laisser davantage d’autonomie en laissant le dialogue ouvert sur les pratiques numériques.

Il est également important d'éloigner les écrans au moment des devoirs et de favoriser des activités alternatives.

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L'Obésité Infantile : Un Défi de Santé Publique

Au cours des trente dernières années, la proportion d’enfants en surpoids ou obèses a augmenté de manière dramatique. Selon les données les plus récentes, 26% des enfants et des jeunes Canadiens sont en surpoids ou obèses.

Le rôle des hôpitaux

Une enquête nationale a été menée entre 2006 et 2007 dans les 16 hôpitaux universitaires pédiatriques Canadiens pour identifier les comportements sains d’alimentation, d’activité physique et d’arrêt du tabac, en partenariat avec les délégations locales des comités pour une vie active et saine (HAL Healthy Active Living) de la Société Canadienne de Pédiatrie (SCP) et de l’Association Canadienne des Centres de Soins Pédiatriques (ACSP).

Globalement, les politiques visant la promotion d’une alimentation saine et/ou de l’activité physique étaient présentes dans 50% des hôpitaux, avec une plus grande attention portée à la nutrition. Des « comités de bien-être » ont été récemment créés dans la moitié des hôpitaux. Si des choix sains d’alimentation sont proposés dans les cafétérias, ils sont souvent plus chers. Des établissements de restauration rapide sont présents dans 75% des hôpitaux étudiés. La plupart des activités offertes aux patients hospitalisés et ambulatoires sont de type sédentaire : jeux vidéos ou activités manuelles plutôt qu’exercice physique.

Des efforts à intensifier

Les hôpitaux pédiatriques Canadiens ne font manifestement pas assez de promotion HAL auprès des patients et du personnel. Aux yeux du public, les hôpitaux ont le devoir de promouvoir la santé, le bien-être et la prévention des maladies. Pour y parvenir, une planification à long terme et l’allocation de ressources budgétaires sont nécessaires.

Malheureusement, peu de recommandations ont encore été rédigées et instaurées. Il manque également des mesures politiques efficaces permettant de faire face aux « facteurs obésogénes ». Seulement 30% des hôpitaux ont embauché un diététicien pour veiller à l’application des recommandations nationales et réguler la disponibilité des produits de restauration rapide et des collations à faible valeur nutritionnelle vendues dans les distributeurs automatiques de l’hôpital. Une telle situation est déconcertante et renvoie un message malsain à la collectivité. Elle pourrait même encourager la consommation d’aliments et de boissons peu nutritifs par les personnes hospitalisées et leurs familles.

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Les hôpitaux pédiatriques Canadiens ont commencé à élaborer des politiques et des programmes de promotion sur certains aspects HAL pour les patients et le personnel. Ces actions sont prometteuses mais une approche plus globale et plus systématique est nécessaire.

Le Rôle Essentiel du Médecin Généraliste

Le médecin généraliste est en première ligne pour la surveillance et le suivi du bon développement du jeune patient. Ce guide pratique est l'outil indispensable pour lui permettre d'aborder ces consultations.

Contenu du guide pratique

Pour mener à bien ces consultations et répondre à toutes les questions fréquemment posées par les parents, ce guide pratique rappelle les règles fondamentales de la consultation pédiatrique et précise les conduites à tenir face aux pathologies les plus courantes : vaccinations, diarrhée, constipation, anorexie et vomissement du nourrisson, problèmes courants d'ORL, orthopédie, affections cutanées, troubles du comportement, difficultés scolaires…

Faisant suite aux succès des précédentes éditions, cette 11e édition bénéficie d'une mise à jour complète de tous les chapitres avec l'ajout de deux nouveaux chapitres sur les hypersensibilités et les allergies de l'enfant et sur l'enfant et le sport, d'une réactualisation des calendriers de vaccinations suite aux nouvelles recommandations vaccinales.

Afin de permettre au médecin de se situer dans sa prescription, les recommandations officielles (conférences de Consensus, HAS, ANSM, Anses, sociétés savantes), viennent compléter chacun des chapitres de l'ouvrage.

Un outil indispensable

Clair, didactique et illustré de nombreux tableaux et schémas, ce guide est un outil indispensable à tout praticien prenant en charge l'enfant, du premier âge à l'adolescence.

Les auteurs

  • Jérôme Valleteau de Moulliac est pédiatre libéral, ex-attaché consultant du service de pédiatrie de l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne et pédiatre à la maternité de l'hôpital américain de Paris.
  • Bertrand Chevallier est professeur des universités, chef du service de pédiatrie de l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne.
  • Jean-Paul Gallet est professeur de pédiatrie, doyen honoraire de la faculté de médecine Paris Ouest et a initié et écrit les premières éditions.

Table des matières (extrait)

1 Surveillance régulière de l'enfant : la médecine de l'enfant. 2 Consultation de l'adolescent. 3 Développement psychomoteur. 4 Alimentation de l'enfant. 5 Vaccinations. 6 Diarrhée aiguë, diarrhée chronique du nourrisson. 7 Constipation, encoprésie, rectorragies. 8 Vomissement du nourrisson et de l'enfant. 9 Refus de manger. Anorexie du nourrisson et du jeune enfant. 10 Douleurs abdominales chroniques ou récurrentes de l'enfant. 11 Fièvre, poussées de fièvre à répétition, fièvre au long cours. 12 Problèmes courants d'ORL infantile Toux persistante. 13 Protéinurie, hématurie. Infection urinaire. Hypertension artérielle. 14 Orthopédie infantile courante. 15 Affections cutanées courantes. 16 Maladies contagieuses : problèmes pratiques. 17 Céphalées de l'enfant. 18 Convulsions, épilepsie. Spasme du sanglot. Malaise vagal. 19 Croissance et puberté normales : éléments de surveillance. 20 Pathologie de la croissance et de la puberté. 21 Énurésie, pertes d'urine. 22 Troubles courants du comportement. Conseils éducatifs. 23 Troubles du sommeil. 24 Difficultés scolaires. 25 L'enfant voyageur. 26 Douleur chez l'enfant. 27 Obésité de l'enfant. 28 Hypersensibilités et allergies de l'enfant. 29 L'enfant et le sport. 30 L'enfant fatigué. 31 L'enfant migrant.

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