Le sevrage de l'allaitement est une étape importante tant pour la mère que pour l'enfant. Il s'agit d'un processus graduel qui consiste à passer du lait maternel au lait infantile, à d'autres aliments ou à une combinaison des deux. Il est essentiel d'aborder cette phase avec patience, attention et flexibilité pour garantir une transition harmonieuse pour vous et votre bébé.

Quand envisager le sevrage ?

Il n'y a pas d'âge idéal pour arrêter l'allaitement. Le moment opportun est une décision personnelle qui doit tenir compte de vos besoins et de ceux de votre bébé. Certaines périodes peuvent être plus propices au sevrage, comme entre 4 et 5 mois, vers 7 mois, ou entre 9 et 12 mois. La période entre 13 et 18 mois peut être plus délicate, car le bébé peut manifester des angoisses de séparation.

Comment procéder en douceur ?

Le sevrage doit être progressif, en prévoyant au moins trois semaines pour que l'enfant s'habitue doucement au nouveau goût du lait. Voici quelques conseils pour faciliter la transition :

  • Remplacez progressivement les tétées : Commencez par remplacer la tétée du milieu de journée par un biberon de lait 1er âge. Deux à quatre jours plus tard, remplacez une autre tétée, puis encore deux jours plus tard, une troisième.
  • Soyez attentive à vos seins : Pour éviter tout risque d'engorgement, soyez attentive à la sensation de vos seins. L'idéal est de supprimer une nouvelle tétée dès que les seins et la production de lait se sont habitués à ce nouveau rythme.
  • Proposez d'abord du lait maternel au biberon : Pour que votre bébé s'habitue à la tétine et profite le plus longtemps possible des bienfaits du lait maternel, vous pouvez commencer par des biberons de lait maternel plutôt que des biberons de lait 1er âge. En passant d'abord de l'allaitement au sein aux biberons de lait maternel, bébé s'habituera au contenant, ce qui facilitera ensuite le changement du contenu.
  • Privilégiez les tétées du matin, du soir et de la nuit : Si vous devez choisir, continuez plutôt à lui donner le sein le matin, le soir et la nuit. Le matin, le lait est en effet plus abondant, ce qui vous aidera à éviter les engorgements. Vous aurez également plus de disponibilité pour votre bébé, d’aisance, à le confier à un tiers en journée et, ainsi, à lui proposer un autre lait.
  • Ne forcez pas : Si votre bébé refuse de passer au biberon, n'insistez surtout pas. Réessayez plutôt après quelques jours de pause, dans un environnement que bébé connaît, au calme.
  • Créez un environnement propice : Le week-end, c'est plus facile ! Tout le monde est plus détendu, adultes comme bébé. Asseyez-vous à un autre endroit que le lieu où vous avez l'habitude de lui donner le sein et trouvez une position rassurante, proche de celle dans laquelle vous l'allaitiez.
  • Compensez l'absence de corps-à-corps : Pour compenser cette frustration due à l'absence de corps-à-corps, murmurez-lui des mots tendres à l'oreille, caressez-le, regardez-le en permanence et « accrochez » son regard ! Il y a d'autres moments que l'allaitement pour garder ce lien presque fusionnel avec votre bébé.
  • Adaptez le biberon : Le bébé allaité n’a pas l’habitude de recevoir du lait avec un débit très rapide. Aussi, il est conseillé de mettre le biberon à l’horizontale quand on le lui donne, et de surveiller qu’il ne présente pas de signes de stress.
  • Faites-vous aider : Lorsque c’est possible, demandez de l'aide. Une personne de confiance pourra tester le biberon, et dans ce cas, ne restez pas à proximité : profitez-en pour prendre l'air ! Si bébé vous voit, il risque de ne pas comprendre pourquoi il n'a pas le droit au sein alors que vous êtes là.
  • Choisissez la bonne température : Préférez donner à votre bébé un lait tiède, voire chaud (37 °C maximum), plutôt que froid, ce qui le rapprochera plus de la température du lait maternel.

Conseils spécifiques pour le sevrage nocturne à 18 mois

Si votre bébé a 18 mois et que vous souhaitez commencer le sevrage nocturne, voici quelques pistes à explorer :

  • Comprendre les raisons des réveils nocturnes : À cet âge, les réveils nocturnes sont rarement liés à la faim. Ils sont souvent dus à une habitude de téter pour se rendormir.
  • Augmenter les apports en journée : Assurez-vous que votre bébé reçoit suffisamment de nourriture solide et de lait pendant la journée pour réduire la sensation de faim la nuit.
  • Espacer progressivement les tétées nocturnes : Allongez petit à petit l'intervalle entre les tétées nocturnes.
  • Proposer d'autres moyens de réconfort : Câlins, bercements, chansons, doudou… Trouvez d'autres façons de rassurer votre bébé sans lui donner le sein.
  • Impliquer le partenaire : Demandez à votre partenaire de consoler bébé la nuit. Certaines mamans envoient le papa (ou autre personne) la nuit pour rassurer rendormir. Ça peut régler le souci en quelques nuits. Évidemment ça dépend des enfants et des possibilités. Le papa avait essayé quelques fois mais bébé hurle et pleure en criant après moi …
  • Établir une règle claire : Une copine a sevré de nuit son fils de 18 mois en posant la règle : plus de tétées dans ta chambre. Dernière tétée le soir dans le salon, puis il peut la rejoindre dans son lit à elle le matin (il a un réveil qui change de couleur lorsque c’est le matin pour qu’il ait un repère) et là il peut téter.
  • Être ferme et bienveillante : Expliquez à votre bébé que les tétées la nuit sont terminées, tout en lui offrant beaucoup d'amour et de réconfort. Bébé 18 mois ; je commence le sevrage en douceur la journée. Il n'a jamais ses nuits, en ce moment il se réveille toutes les heures c'est réellement la misère. Je pensais y aller, le prendre dans mes bras ou m'allonger à côté de lui(il cherchera le sein comme tjrs), lui expliquer encore et encore que les tétées la nuit c'est terminé.
  • Maintenir une routine du coucher : Gardez des rituels réguliers (bain, histoire, doudou, chambre calme) pour aider votre bébé à s'endormir paisiblement.

Gérer les difficultés et les émotions

Le sevrage peut être une période émotionnellement chargée pour vous et votre bébé. Il est important de gérer les difficultés avec patience et bienveillance :

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  • Anticiper la période : Pour vous aider, vous et bébé, anticipez cette période et démarrez 3 à 4 semaines avant la date que vous vous êtes fixée, si vous le pouvez.
  • Ne culpabilisez pas : Le sevrage est une décision personnelle. Ne vous sentez pas coupable si vous rencontrez des difficultés ou si vous devez ajuster votre plan.
  • Gérer les pleurs : Les pleurs ne signifient pas forcément que vous faites "mal". Ils traduisent la frustration de voir changer un repère important. Votre présence, vos bras, votre voix, vos rituels de contact peau à peau restent de puissants consolateurs.
  • Reconnaître et gérer la grève de la tétée : Parfois, c’est l’inverse : le bébé refuse soudainement le sein alors que vous n’aviez pas prévu de sevrer. On parle de “grève de la tétée”.Elle peut être liée à : nez bouché, douleur (otite, poussée dentaire), changement de goût du lait, réaction à un événement (bruit, peur, changement de routine). Ce n’est pas toujours un vrai sevrage : avec l’aide d’une conseillère en lactation ou d’une sage-femme, il est parfois possible de reprendre l’allaitement après un sevrage débutant ou une grève, si vous le souhaitez.
  • Prenez soin de vous : Le sevrage est aussi une épreuve émotionnelle pour la maman. N'hésitez pas à demander du soutien autour de vous : partenaire, amis, famille, groupes de parents, forums…
  • Prévenir l'engorgement mammaire : Le maître-mot : progressivité. Plus le sevrage est étalé, moins le risque d’engorgement est élevé. Pour prévenir l’engorgement : Diminuez les tétées une par une, sur plusieurs jours. Si vos seins sont très tendus, tirez un peu de lait (à la main ou au tire-lait) juste pour soulager, sans vider complètement. Portez un soutien-gorge confortable (mais pas trop serré).
  • Soulager les douleurs naturellement : Pour soulager les douleurs liées au sevrage : Utilisez des compresses froides entre les tétées ou après un tirage. Certains baumes d’allaitement ou baumes pour le sevrage peuvent apaiser la peau du sein (choisissez des produits compatibles avec l’allaitement si vous donnez encore le sein). Parlez avec votre médecin ou sage-femme des antalgiques utilisables pendant le sevrage. Certaines mamans évoquent aussi l’utilisation de l’homéopathie ou de “remèdes de grand-mère” pour arrêter la montée de lait. Avant d’essayer quoi que ce soit, discutez-en avec un·e professionnel·le de santé pour vérifier l’absence de risque.
  • Quand consulter en cas de mastite : Une mastite est une inflammation, souvent infectieuse, du sein. Elle peut survenir pendant l’allaitement ou au moment du sevrage, surtout en cas d’engorgement important. Consultez rapidement si vous présentez : un sein rouge, chaud, très douloureux, de la fièvre, des frissons, un état grippal, des douleurs qui ne passent pas malgré le repos et les mesures simples. Un traitement médical peut être nécessaire. Ne restez pas seule avec la douleur.
  • Durée et étapes du sevrage : La durée du sevrage dépend de nombreux facteurs : âge de bébé, fréquence des tétées, méthode (progressive ou rapide), particularités de votre corps. En général, un sevrage progressif étalé sur quelques semaines à quelques mois limite les douleurs et les engorgements. La gêne mammaire est souvent plus marquée les premiers jours après la suppression d’une tétée, puis se calme. On peut résumer les principales étapes du sevrage ainsi : Décider du meilleur moment pour vous et votre bébé. Commencer par remplacer une tétée de la journée. Laisser le temps au corps de s’ajuster (plusieurs jours). Remplacer une seconde tétée, puis une troisième… Garder les tétées les plus importantes pour la fin. Remplacer la dernière tétée par un autre rituel fort (câlin, histoire, massage).
  • Adapter le rythme selon bébé : Si vous sentez que le sevrage va trop vite (bébé pleure beaucoup, se cramponne au sein, vous vous sentez débordée), vous pouvez ralentir. Gardez une tétée de plus quelques jours, consolidez les nouvelles habitudes, puis reprenez lorsque tout le monde se sent plus en sécurité.
  • Bébé refuse d'être sevré : Certains bébés acceptent très bien les changements, d’autres non. Si votre enfant refuse le sevrage, il s’agit peut-être simplement d’un besoin de temps supplémentaire. Vous pouvez : revenir en arrière d’une étape (reproposer une tétée par jour pendant quelques temps), introduire d’autres formes de réconfort (portage, câlins, massages), parler doucement à votre bébé, même s’il est petit : les mots rassurent.

Conséquences et changements après le sevrage

Après le sevrage, vous constaterez des changements hormonaux, une évolution de votre poitrine et une adaptation du lien avec votre enfant.

  • Changements hormonaux chez maman : Après le sevrage, la lactation diminue puis s’arrête, et vos hormones se rééquilibrent. Certaines femmes ressentent : des variations d’humeur, parfois une impression de “vide”, un retour de cycle menstruel plus régulier, une évolution de la poitrine (volume, fermeté). Au bout de combien de temps le lait maternel disparaît-il après l’arrêt de l’allaitement ? Il est possible que vous puissiez encore exprimer quelques gouttes de lait plusieurs semaines ou mois après le sevrage complet. Tant que cela reste discret et indolore, ce n’est pas forcément inquiétant, mais parlez-en à votre médecin si cela persiste ou vous inquiète.
  • Impact sur le poids et l'appétit : Beaucoup de mamans se posent la question de la perte de poids après le sevrage. Pendant l’allaitement, le corps consomme de l’énergie pour produire du lait ; après le sevrage, cette dépense diminue. Certaines femmes maigrissent pendant l’allaitement puis reprennent un peu de poids ensuite, d’autres l’inverse. Il n’y a pas de règle universelle. L’essentiel est de veiller à une alimentation équilibrée et à une écoute de vos sensations de faim et de satiété. Si vous avez des préoccupations particulières (poids, image du corps), n’hésitez pas à en parler à un·e professionnel·le de santé.
  • Évolution du lien mère-enfant : Le sevrage ne met pas fin au lien mère-enfant : il le transforme. Les tétées laissent la place aux câlins, aux jeux, aux histoires, aux découvertes partagées. Votre enfant reste tout aussi proche de vous : il apprend simplement à être consolé et nourri autrement.

Erreurs à éviter

  • Sevrer trop brutalement : Un sevrage brusque peut entraîner un engorgement, une mastite, et beaucoup de détresse pour le bébé. Lorsque c’est possible, mieux vaut étaler le processus sur plusieurs semaines.
  • Commencer pendant une période difficile : Évitez si possible de lancer un sevrage pendant une période de forte tension : déménagement, entrée à la crèche, grande fatigue, maladie, changement important dans la famille. Votre bébé a alors particulièrement besoin de repères stables.
  • Ignorer les besoins émotionnels de bébé : Le sevrage n’est pas uniquement une question de nutrition, mais aussi de réconfort émotionnel. Pour un bébé, le sein est : une source de nourriture, un endroit connu, rassurant, un moment de contact avec maman. Ne pas tenir compte de cette dimension peut rendre le sevrage plus difficile. Prévoyez donc de nombreux moments de câlins, portage, jeux et douceur pour accompagner cette transition.

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