Le fossé entre les pays riches et les pays les moins avancés (PMA) est une réalité complexe et multidimensionnelle avec des causes et des conséquences profondes. Cet article vise à explorer cette séparation, en analysant les facteurs qui contribuent à cette disparité et en examinant les implications de cette division du monde.

Introduction : Un Monde Divisé

Le concept de sous-développement a émergé après la Seconde Guerre mondiale pour distinguer les nations industrialisées et prospères des nations pauvres. Bien que l'idée de la pauvreté à grande échelle ne soit pas nouvelle, elle a gagné en importance dans le contexte politique de la Guerre froide, conduisant à des efforts médiatiques et internationaux pour mettre en évidence la misère dans les pays sous-développés et contester la domination coloniale.

Genèse de la Division : Un Aperçu Historique

L'Émergence des Concepts

La notion de « sous-développement » a été introduite par le président américain Harry S. Truman en 1949, dans le cadre d'un plan d'aide aux pays sous-développés. Le terme « tiers-monde » a été inventé par le démographe français Alfred Sauvy en 1952, en référence au Tiers-État de la Révolution française. L'expression « pays en développement » est apparue après la crise de 1973, lors des débats sur un nouvel ordre économique mondial. L'opposition « Sud » - « Nord » a émergé en 1980, soulignant un clivage plus structurant que celui de la Guerre froide. Enfin, le terme « pays émergents » a été amorcé au début des années 1990 pour identifier de nouveaux lieux d’investissement.

Le Facteur Démographique

Plusieurs auteurs ont mis en évidence un écart entre la croissance démographique et la croissance économique, la première étant plus rapide que la seconde. L'importance du facteur démographique a souvent été sous-estimée dans les études sur le sous-développement.

Causes de la Séparation

Facteurs Historiques et Politiques

La majorité des PED sont d’anciennes colonies, dont la structure économique et sociale a été désarticulée par les pays colonisateurs au 19e siècle. La conférence de Berlin (1885) a par exemple consacré des partitions arbitraires et artificielles en Afrique. Ils furent souvent forcés à se spécialiser dans l’exportation de produits primaires pour les bienfaits des PDEM (par exemple : les cotonnades en Inde par la Grande-Bretagne) ; ils n’ont donc pas pu s’industrialiser, dépendent fortement de l’évolution des cours mondiaux, leur production est peu diversifiée, et leur marché intérieur est faible.

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Théories Économiques Divergentes

Au cours des 1950s, l’analyse libérale du sous-développement considère ce dernier comme l’expression du simple retard des pays pauvres, qui n’ont qu’à copier le modèle de développement des pays riches. Rostow, dans Les étapes de la croissance économique (1960), établit donc que les pays doivent suivre 5 étapes pour se développer : « Les étapes du développement de toute société sont les suivantes : la société traditionnelle, la préparation au décollage, le décollage, la marche vers la maturité et la société de consommation de masse ». Pour A. Lewis dans La théorie de la croissance économique (1955), le sous-développement provient de l’utilisation sous-optimale de la main-d’œuvre en raison du dualisme qui caractérise les pays pauvres. G. Myrdal développe dans Théories économiques et pays sous-développés (1959), la théorie des effets de remous et des effets de propagation.

L’analyse structuraliste est développée par R. Prebisch et H. Singer en 1950. Ils considèrent que le sous-développement est la conséquence de la division internationale du travail, qui engendre la polarisation du monde entre un « centre » et une « périphérie ». F. Le sous-développement s’expliquerait aussi par le fait que certaines sociétés ne sont pas prêtes culturellement au développement : certains pays cultiveraient des pratiques religieuses ou traditionnelles, incompatibles avec l’idée de progrès, d’enrichissement et d’accumulation.

La Théorie de la Dépendance

M. Les économistes néomarxistes vont radicaliser l’analyse centre-périphérie dans les 1960s-1970s en développant la notion de dépendance dans le cadre d’une théorie de l’impérialisme des pays développés sur les pays du Sud. Ainsi, A. Emmanuel (L’échange inégal, 1969) puis S. Amin (L’échange inégal et la loi de la valeur, 1973) expliquent-ils que la nature du capitalisme mondial est « inégale », les pays du centre ayant organisé le « pillage impérialiste du tiers-monde » pour rapatrier les richesses produites par leurs FMN dans le Sud sur leur territoire.

La Fiabilité des Données

Il nous semble que trop peu de cas est fait de la fiabilité des données fournies à l’échelle mondiale par les institutions internationales. Nous ne contestons pas qu’elles sont construites avec le plus grand soin et un souci certain d’objectivité. Toutefois leur utilisation ne devrait jamais faire l’économie d’une réflexion critique sur les conditions de leur production : les données mondiales sont des compilations de recensements nationaux. Selon les pays, ceux-ci sont réalisés dans des conditions très inégales, sur des pas de temps et selon des procédures très variables, puis corrigés et harmonisés entre eux, éventuellement avec des projections lorsqu’aucune donnée récente n’est disponible.

Indicateurs de Pauvreté et de Richesse

Pour évaluer la pauvreté, aucun des indicateurs habituels (comme le taux de pauvreté à 1,90 $) n’était utilisable en raison de données manquantes ou trop anciennes pour un trop grand nombre de pays. Deux indicateurs ont été choisis : le taux de fécondité des femmes et la mortalité infantile, parce qu’on les sait très bien corrélés avec la pauvreté : ils sont d’autant plus élevés qu’un pays est pauvre. Pour la richesse et les inégalités, le PIB par habitant en dollars constants est l’indicateur le plus brut que l’on puisse trouver, même s’il reste un construit, d’une élaboration complexe dont on sait les nombreuses limites, notamment en matière de développement.

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Conséquences de la Séparation

Inégalités de Richesse et de Développement

Les richesses sont très inégalement réparties dans le monde : 1 % de la population mondiale possède 50 % des richesses de la planète. Celles-ci se concentrent essentiellement en Amérique du Nord, en Europe et en Asie de l'Est, tandis que la pauvreté est très forte en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Si la pauvreté recule sous l'effet de nombreuses actions réalisées à l'échelle mondiale, les inégalités perdurent et touchent tous les pays, qu'ils soient riches ou pauvres.

Mesure des Inégalités

Plusieurs outils permettent de mesurer les inégalités de richesse à l'échelle mondiale. Ces indices mesurent un certain nombre d'éléments tels que l'accès aux soins ou à l'eau potable, le taux de scolarisation, le niveau d'alimentation, etc. L'Indicateur de pauvreté humaine (IPH) est calculé à partir de plusieurs indicateurs comme l'accès à l'eau potable, l'accès aux soins de santé, le taux de mortalité infantile, etc. L'Indice de développement humain (IDH) repose sur trois critères : le PIB par habitant, l'espérance de vie à la naissance et le niveau d'éducation des enfants de 17 ans et plus. L'indice de Gini est un indicateur d'inégalités de revenus.

Concentration de la Pauvreté

La pauvreté se concentre dans les Pays les moins avancés (PMA). Dans ces pays, la population éprouve de grandes difficultés à se loger, se nourrir, se soigner ou à accéder à l'éducation. Les pays riches et développés se situent principalement en Amérique du Nord, en Europe de l'Ouest et en Asie de l'Est. Dans ces pays riches, les systèmes éducatifs sont performants et pratiquement tous les élèves sont scolarisés. L'accès aux services de santé est également assuré. Les revenus des habitants leur permettent en général de satisfaire tous leurs besoins en alimentation. Les pays pauvres sont localisés en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Dans ces pays, le PIB et l'IDH sont souvent faibles par rapport aux pays développés.

Inégalités à Toutes les Échelles

Dans chaque pays, il existe des inégalités sociales. Dans les pays développés, certains quartiers concentrent des populations touchées par la pauvreté. Dans les pays très pauvres, des contrastes énormes existent également entre les plus riches de la société et ceux qui en sont exclus.

Le Cas de l'Afrique Australe

L’Afrique australe correspond aux pays africains situés sous la forêt équatoriale africaine. Ce sous-continent de 10 États compte 4,7 millions de km² et 137 millions d’habitants. Il se caractérise par de grandes inégalités socio-spatiales, à toutes les échelles. L’Angola, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique et la Zambie font partie des Pays les Moins Avancés (PMA). Le développement humain de leurs populations est nettement insuffisant. Ces États subissent une pauvreté qui empêche un développement économique harmonieux. Certains d’entre eux sont marqués par une forte corruption au sein des gouvernements. Cela fait obstacle à la redistribution des richesses.

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L'Impact du VIH

Une des autres problématiques actuelles majeures de l’Afrique australe est l’épidémie du VIH. Le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) est un virus sexuellement transmissible. Sans soins, il entraîne la destruction des cellules du système immunitaire. Le dernier stade du VIH est le Sida (Syndrome de l’Immunodéficience acquise), c’est-à-dire à une immunodépression sévère. Il n’existe aujourd’hui aucun vaccin contre le VIH.

Tentatives de Réduction de la Séparation

Objectifs de Développement Durable (ODD)

L'ONU a défini la lutte contre la pauvreté comme faisant partie des Objectifs du développement durable (ODD). Parmi les 17 ODD de l'Organisation des Nations unies (ONU), trois objectifs en particulier visent à lutter contre la pauvreté et ses effets : ODD n° 1 : éradication de la pauvreté ; ODD n° 4 : accès à une éducation de qualité ; ODD n° 10 : réduction des inégalités.

Actions des Organisations

Certaines organisations comme Médecins sans frontières ou la Croix-Rouge financent des actions d'aide aux populations pauvres d'Afrique ou d'Asie. Elles peuvent organiser la vaccination gratuite, grâce à des dons principalement effectués par les habitants des pays riches.

Initiatives Régionales : La SADC

En 1980, huit États ont fondé la SADC (Southern African Development Community). Une des raisons premières était de se détacher de l’Afrique du Sud en raison de son régime d’apartheid. Malgré des résultats encourageants, les échanges entre états sont restés relativement stationnaires. De plus, la SADC n’est pas une zone de libre-échange totalement aboutie.

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