Contrairement à la croyance populaire, la scoliose n'affecte pas seulement les adolescents et les adultes ; elle peut également apparaître dès les premiers mois de la vie d'un bébé. Il est donc essentiel d'être conscient des causes, des symptômes et des traitements possibles de la scoliose infantile.

Qu'est-ce que la scoliose ?

La scoliose est définie comme une déviation tridimensionnelle de la colonne vertébrale, impliquant une inclinaison et une rotation des vertèbres, ce qui entraîne une déformation en forme de « S » du dos. Cette déformation se produit pendant la croissance et est causée par une déformation des vertèbres par rapport à l'axe vertical. Il est essentiel de différencier la scoliose de l'attitude scoliotique, qui est moins grave et plus fréquente, car les traitements diffèrent. La scoliose est une véritable déformation de la colonne vertébrale causée par la rotation vertébrale, tandis que l'attitude scoliotique est une mauvaise posture qui disparaît lorsque l'on corrige la position et l'équilibre du bassin.

Types de scoliose

Il existe plusieurs types de scoliose, notamment :

  • Scoliose idiopathique : La cause est inconnue (la plus fréquente).
  • Scoliose paralytique : Causée par une paralysie.
  • Scoliose neurologique : Causée par un trouble neurologique.
  • Scoliose malformative : Causée par une malformation congénitale.
  • Scoliose tumorale : Causée par une tumeur.

On distingue également la scoliose thoracique, qui prend la forme d’une arcade droite au niveau de la cage thoracique, et la scoliose lombaire, qui correspond à une courbure de la colonne vertébrale qui prend la forme d’un arc gauche.

Causes de la scoliose chez le nourrisson

La scoliose infantile, ou scoliose chez le bébé, est une pathologie relativement fréquente. Dans 75 % des cas, aucune cause connue n’explique la survenue de cette scoliose (scoliose idiopathique). Les 25 % restants peuvent être expliqués par différentes causes :

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  • Pathologies neuromusculaires : myopathies, syringomyélie.
  • Malformation congénitale de la colonne vertébrale : parfois associée à d’autres malformations (rénales, cardiaques, intestinales, etc.).
  • Affections systémiques : maladie de Marfan (maladie rare du tissu conjonctif), maladie d’Ehlers-Danlos (maladie du tissu conjonctif), neurofibromatose de type 1 ou maladie de Von Recklinghausen (maladie neuro-cutanée).

La scoliose est plus fréquente chez les filles (80 % des cas) et une prédisposition familiale est souvent retrouvée. La cause héréditaire serait la plus commune. En effet, la scoliose touche généralement plusieurs membres d’une même famille.

Symptômes et évolution de la scoliose chez le nourrisson

La scoliose infantile peut apparaître dès les premiers mois de la vie, sans causer de symptômes particuliers. Chez le bébé de moins de 6 mois, l’évolution de la scoliose est souvent lente. La plupart du temps, ces scolioses régressent spontanément au fil du temps.

La scoliose du bébé peut rester asymptomatique pendant de nombreux mois, mais, bien souvent, les parents observent que leur bébé se plie systématiquement en arc de cercle quand ils le couchent, la tête toujours tournée du même côté. À noter : comme bébé a toujours la tête appuyée du même côté, son crâne peut légèrement s’aplatir. Cela n’est pas très grave, car cette déformation peut se corriger assez facilement en aidant simplement bébé à changer régulièrement de position.

Les premiers signes d’amélioration apparaissent souvent lorsque le développement musculaire de bébé lui permet de s’asseoir tout seul. Il arrive aussi que la scoliose se déclare entre 6 mois et 3 ans : cette forme de scoliose infantile est très rare, mais nécessite une attention particulière, car les chances de guérison spontanées sont plus faibles.

Diagnostic de la scoliose chez le nourrisson

Le diagnostic de la scoliose chez le bébé doit être le plus précoce possible pour pouvoir mettre en place une surveillance adaptée, voire une prise en charge en cas de scoliose évolutive.

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Le diagnostic repose en premier lieu sur un examen clinique du bébé, en position assise, debout ou couchée selon son âge. Après avoir examiné bébé, le médecin demandera probablement des radiographies de sa colonne vertébrale pour confirmer le diagnostic de scoliose. Une radiographie de l’ensemble de la colonne vertébrale est ensuite nécessaire, de face et de profil.

L’analyse des radiographies permet de :

  • Déterminer l’étendue de la scoliose (nombre de vertèbres impliquées).
  • Mesurer l’angle de Cobb, caractéristique de la scoliose (l’évolution de l’angle de Cobb est déterminante dans la surveillance de la scoliose).
  • Mettre en évidence la rotation dans le plan horizontal.
  • Déceler une éventuelle malformation associée. Une analyse EOS sera également demandée, pour une étude globale de la statique.

Traitement de la scoliose chez le nourrisson

Lorsqu’elle survient avant l’âge de 6 mois, la majorité des scolioses régressent spontanément sans traitement particulier. Une surveillance rapprochée est cependant mise en place pour détecter rapidement une scoliose évolutive qui ne régresserait pas au fil des mois. Cette surveillance est maintenue non seulement jusqu’à la régression complète de la scoliose, mais aussi jusqu’à la fin de la croissance de l’enfant.

Au moindre signe d’aggravation de la scoliose sur la radiographie, le pédiatre prescrira un traitement adapté pour corriger la déformation de la colonne vertébrale. Lorsque la scoliose apparaît plus tardivement entre 6 mois et 3 ans, il existe un risque important qu’elle évolue et s’aggrave tout au long de la croissance de l’enfant. Une prise en charge adaptée est donc nécessaire le plus rapidement possible.

L’objectif du traitement est de minimiser l’évolution de la scoliose tout au long de la croissance, pour éviter le recours à une chirurgie lourde. Le traitement vise à maintenir un angle de Cobb inférieur à 40°.

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Plusieurs traitements sont possibles en fonction de l’âge de découverte de la scoliose, de son importance, de l’origine éventuelle de la scoliose et du cas spécifique de chaque enfant :

  • Un corset sur mesure : pour ralentir l’évolution de la scoliose. Le corset peut être porté quelques heures ou toute la journée. Les corsets actuels sont beaucoup plus léger et mieux tolérés.
  • Un plâtre de correction : peut être prescrit lorsque l'angle de Cobb est trop important pour le port d’un corset. Le corset sera mis en place dans un second temps après 1 à 2 mois de plâtre. Le corset plâtré (EDF) est de moins en moins utilisé dû à la lourdeur logistique de l’enfant, des difficultés d’acceptation par le patient et de sa famille. Il peut être indiqué pour les scolioses infantiles soit d’emblée soit devant une aggravation de la scoliose malgré le traitement orthopédique. Ces plâtres doivent être réalisés à l’hôpital et nécessite une éducation pour les gestes de la vie quotidienne.
  • Des séances de kinésithérapie : complètent le traitement pour mobiliser les muscles de la colonne immobilisés par le port du corset. En cas de scoliose, la kinésithérapie peut permettre d’entretenir la mobilité de la colonne vertébrale et du rachis, de maintenir les fonctions respiratoires, de renforcer les muscles et de travailler sa tenue. La kinésithérapie doit être pratiquée en parallèle d’un traitement orthopédique ou chirurgical.

Ces traitements ne permettent en aucun cas de supprimer la scoliose, mais seulement de ralentir son évolution et donc ses conséquences à l’âge adulte.

Le recours à la chirurgie est réservé aux formes sévères de scolioses (angle de Cobb > 40° malgré les traitements orthopédiques) et aux scolioses associées à des malformations. La chirurgie de la scoliose est proposée en fin de croissance aux scolioses évoluées (par exemple un degré supérieur à 40° ou un désequilibre du tronc). Elle permet d’empêcher l’aggravation de la scoliose à l’âge adulte, d’éviter les complications respiratoires et fonctionnelles et d’améliorer l’aspect esthétique. En fonction de l'âge et du potentiel de croissance, L’objectif pourrait être de freiner l'évolutivité des courbures par des tiges de croissance (électromagnétiques) ou de réaliser une chirurgie définitive: la correction-fusion vertébrale (arthrodèse). Cela consiste à mettre en place des tiges métalliques qui seront ancrés au niveau de la colonne vertébrale par une instrumentation spéciale rigide (vis, crochets…). Ces derniers permettent d’obtenir des corrections quasi complètes des déformations et une fusion des segments redressés pérennisant ainsi la correction. Cette chirurgie est réalisée sous contrôle du monitoring neurologique (PEM, PES) permettant de sécuriser l’intervention et d’éviter des complications neurologiques fort exceptionnelles. Lorsque l’enfant a un potentiel de croissance très important avec échec du traitement par corset, nous utilisons des techniques chirurgicales qui évitent de bloquer les vertèbres et limiter ainsi la croissance du tronc et de la cage thoracique. Actuellement, les tiges électromagnétiques évitent des chirurgies et hospitalisations itératives, celles-ci peuvent être allongées uniquement en consultation sans aucune douleur. Dans certains cas, avant d’opérer, une préparation par traction vertébrale à l’aide d’un halo crânien est nécessaire.

La vie avec la scoliose

Vivre une vie normale n’a en principe aucune raison d’aggraver sa scoliose, au contraire, cela va l’aider à mieux accepter sa scoliose et les traitements. Leur lutte n’est pas uniquement physique, car il arrive souvent que ces patients aient une piètre image d’eux-mêmes. S’ils doivent porter un corset à l’école, ils trouveront peut-être dur de suivre le traitement. N’oubliez pas que tout cela arrive au moment où le corps est en train de changer. Encouragez votre enfant à prendre progressivement des responsabilités dans les décisions concernant sa santé et son traitement. Votre enfant n’aura peut-être pas toujours envie de parler de sa scoliose. Cela peut être frustrant pour lui de se voir sans cesse se rappeler son état de santé par son entourage et de se voir constamment demander comment il se sent. A moins que le médecin n’interdise toute activité sportive, encouragez votre enfant à faire du sport. La pratique de sports est vivement recommandée (toutes les activités sont autorisées même dites asymétriques).

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