L'insémination artificielle (IA) ovine est une technique de reproduction assistée qui joue un rôle crucial dans l'amélioration génétique des troupeaux. Elle permet de diffuser rapidement le progrès génétique en utilisant des béliers de haute valeur génétique sur un grand nombre de brebis. Cet article explore le schéma d'insémination ovine, les critères de sélection, les outils d'aide à la décision et les perspectives d'avenir de cette pratique.

Schéma d'insémination ovine

Le schéma d'insémination ovine repose sur une sélection rigoureuse des reproducteurs, la collecte et la conservation de la semence, et l'insémination artificielle des brebis.

Sélection des reproducteurs

La sélection des reproducteurs est une étape essentielle du schéma d'insémination. Elle vise à identifier les meilleurs béliers et brebis en fonction de critères de performance spécifiques. Les caractères sélectionnés peuvent être liés à la production laitière (quantité de lait, taux butyreux et taux protéique), aux qualités bouchères (croissance, conformation, rendement carcasse), aux qualités maternelles (fertilité, prolificité, aptitude à l'allaitement), ou à la résistance aux maladies.

La sélection s'appuie sur différentes sources d'information :

  • Le contrôle de performances : Il permet de mesurer les performances individuelles des animaux (production laitière, croissance, etc.). Le contrôle laitier a été conçu en 1955 pour l'espèce ovine. On distingue deux protocoles de contrôle laitier : le Contrôle Laitier Officiel (CLO) chez les éleveurs sélectionneurs et le Contrôle Laitier Simplifié (CLS) chez les éleveurs utilisateurs. Le CLS est souple, flexible et permet un classement sur indice, une mesure facilement utilisable.
  • La généalogie : Elle permet de connaître les performances des ancêtres des animaux et d'estimer leur valeur génétique.
  • Le pointage : Le pointage mamelle est réalisé une fois dans la vie de chaque brebis en sélection. Il est réalisé sur les femelles en première lactation entre le 2ième et le 5ième mois après la mise bas. Plusieurs postes sont pointés dans l'objectif de juger l'état fonctionnel et sanitaire de la mamelle. L’ensemble des animaux appartenant à la base de sélection sont qualifiés par l’UPRA avant d’entrer en production. Les femelles présentant des défauts de standard et/ou de conformation, sont dites « Refusées », les autres sont « Reconnues ».
  • Le testage sur descendance : Il consiste à évaluer les performances des descendants des béliers pour estimer leur valeur génétique. Le testage des qualités bouchères est réalisé sur des agneaux sevrés, conduits dans un atelier d’engraissement où ils sont soumis à un contrôle de croissance et sont abattus à poids fixe.
  • La sélection génomique : La sélection génomique a été mise en place en 2015 dans le schéma Lacaune Lait. C’est une première pour l’espèce ovine ! Elle permet de prédire la valeur génétique des béliers via un génotypage dès leur plus jeune âge, sans attendre de connaitre les performances de leurs filles. Suite à un prélèvement sanguin, l’ADN de chaque individu est extrait et déposé sur une puce. Cette puce va détecter la présence ou l’absence de « marqueurs » (appelés des SNP) impliqués pour les caractères d’intérêt (ayant un impact sur la production laitière, les taux…). Ceci est possible grâce à une estimation de la relation entre ces SNP et les performances mesurées sur une population connue appelée « population de référence ». Chaque bélier aura donc un index estimé à partir de son génotypage : un « index génomique ». Aujourd’hui, une puce peut lire jusqu’à 54 000 marqueurs en un seul traitement ! L’ensemble des agneaux entrant en centre d’élevage sont génotypés et un tri sur index génomique peut être d’ores et déjà effectué.

En élevage, les meilleures brebis sont accouplées avec les meilleurs béliers de centre d'insémination : on parle d'accouplement raisonné. Les jeunes agneaux mâles nés de ces accouplements, sont sélectionnés sur différents critères : familles, conformation, sanitaire, index génomique, etc. Les retenus pourront débuter une carrière en centre d'insémination. Les autres restent dans les élevages Lacaune ou seront vendus en tant que reproducteurs. Les premières filles issues des béliers de centre d'insémination, sont suivies grâce à un contrôle de performance spécifique aux éleveurs sélectionneurs. Les informations recueillies via ce contrôle de performances, permettent d'indexer chaque brebis sous forme d'un index synthétique : l'ISOL. Un ISOL est également attribué à chaque bélier retenu grâce aux informations recueillies sur ses filles. L'ISOL est composé à 50% des caractères de production : quantité de lait, richesse du lait (Taux Butyreux et Taux Protéique).

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Collecte et conservation de la semence

La semence des béliers sélectionnés est collectée et conditionnée en paillettes. Elle peut être utilisée fraîche ou congelée. La semence congelée permet de conserver le matériel génétique pendant de longues périodes et de l'utiliser à distance. De la semence congelée est également proposée par le biais de GENELEX. Le centre d’Insémination d’OSON situé à Verdilly dans l’Aisne, met à disposition des éleveurs, les semences des meilleurs béliers des races Ile de France et Texel. Depuis notre création, nous sélectionnons les meilleurs béliers reproducteurs, afin d’améliorer sans cesse les caractéristiques morphologiques, les qualités maternelles et les qualités bouchères de nos races. Le centre d’insémination de Verdilly propose toute l’année les semences des meilleurs béliers issus de station de contrôle individuel. Il existe 3 types de semences : AMEL, AMBO et ELITE. Le centre d’insémination de Verdilly propose toute l’année de la semence de haute valeur génétique.

Insémination artificielle

L'insémination artificielle consiste à introduire la semence dans l'appareil reproducteur de la brebis à l'aide d'un pistolet d'insémination. L'insémination peut être réalisée par voie cervicale ou par voie intra-utérine. La voie intra-utérine permet d'améliorer les taux de fertilité, mais elle est plus technique et nécessite une formation spécifique.

Outils d'aide à la décision

Plusieurs outils sont disponibles pour aider les éleveurs à prendre des décisions éclairées en matière d'insémination artificielle.

  • Les index génétiques : Ils permettent de classer les animaux en fonction de leur valeur génétique pour différents caractères.
  • Les logiciels d'accouplement : Ils permettent d'optimiser les accouplements en tenant compte des objectifs de sélection de l'éleveur et des caractéristiques génétiques des animaux. Aide à la décision SIEOL, simplement pour la sélection.
  • Les catalogues de béliers : Ils présentent les béliers disponibles à l'insémination artificielle, avec leurs index génétiques et leurs caractéristiques.

Facteurs influençant l'efficacité de l'IA

Plusieurs facteurs peuvent influencer l'efficacité de l'insémination artificielle ovine :

  • La qualité de la semence : Une semence de bonne qualité est essentielle pour obtenir de bons taux de fertilité.
  • La détection des chaleurs : Une bonne détection des chaleurs est cruciale pour inséminer les brebis au moment optimal. L’effet bélier est un phénomène qui permet de déclencher les chaleurs et les ovulations des brebis.
  • La technique d'insémination : Une technique d'insémination correcte est nécessaire pour déposer la semence au bon endroit dans l'appareil reproducteur de la brebis.
  • L'état sanitaire des brebis : Les brebis en bonne santé sont plus fertiles. Tous les élevages en sélection Lacaune Lait doivent réaliser un suivi sanitaire strict.
  • L'alimentation des brebis : Une alimentation équilibrée est importante pour la fertilité des brebis.
  • Le stress : Le stress peut affecter la fertilité des brebis.

Races ovines et insémination artificielle

L'insémination artificielle est utilisée dans de nombreuses races ovines, tant laitières que bouchères. En France, elle est particulièrement développée dans les races Lacaune lait et Ile de France. Dans l’Aveyron, Béatrice et Jean-Philippe Marty élèvent des lacaunes lait en agriculture biologique. Dans le Béarn, Lucie Lapeyre et Pierre Glisia élèvent 250 brebis laitières en système transhumant. Benoît Payet, jeune installé dans le Loir-et-Cher, vient juste de reprendre la ferme de sa grand-mère. Pierre-Baptiste et Damien Ollier ont repris l’exploitation parentale.

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Croisement et insémination artificielle

Le croisement est une pratique courante en élevage ovin. Il consiste à croiser des animaux de races différentes pour améliorer les performances de la descendance. L'insémination artificielle peut être utilisée pour réaliser des croisements de manière contrôlée. En comparaison avec les élevages qui réalisent moins de 15 % de croisement, les élevages qui utilisent majoritairement le croisement (> 50 %) dégagent un meilleur solde permis par l’atelier lait pour se rémunérer (+ 0,3 €/VL présente/j). Le croisement industriel permet aussi de choisir les animaux avec lesquels on veut continuer à travailler et d’aller plus vite en profitant du progrès génétique. On constate que les élevages qui ont recours à plus de croisement utilisent 20% de doses sexées en plus ce qui permet de sélectionner les femelles d’avenir.

Recherche et développement

L’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) par son unité GENphyse et l’Institut de l’Elevage sont les deux piliers de la recherche et développement en ovins lait et viande. Actuellement, les expérimentations conduites sont les échographies testiculaires, la conservation de la semence à 24 heures. Jérôme Raoul (Institut de l’élevage) et Loys Bodin (INRA) : l’équipe scientifique ovin viande. En 2000, l’INRA aboutit au repérage d’un gène de type Boorola BMP15 éradiqué à ce jour de la population et d’un gène spécifique Lacaune OVI-TEST. Sur proposition de l’équipe scientifique INRA et Institut de l’Elevage, le programme de genotypage des agnelles doit aboutir à une population composée de 50 % d’animaux non porteurs et 50 % d’animaux porteurs hétérozygote.

Objectifs de sélection

Les objectifs de sélection doivent être plus équilibrés. Les caractères maternelles sélectionnés sont des caractères femelles (attention aux accouplements interdits). La sélection confronte à la diversité des fermes et des milieux. Intensité de sélection x précision x écart-type génét.

Production d’embryons

Production d’embryons chez la brebis laitière.

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