Saphia Aït Ouarabi, figure montante de la lutte contre le racisme et les discriminations, incarne l'engagement d'une nouvelle génération. Vice-présidente de SOS Racisme, cette jeune femme de 20 ans conjugue son mandat avec ses études en sciences politiques à l'Université Paris-Est Créteil (UPEC). Son parcours, marqué par des expériences personnelles et une volonté farouche de faire changer les choses, témoigne d'une détermination sans faille à défendre les valeurs de justice et d'égalité.

Un éveil précoce à l'injustice

L'engagement de Saphia Aït Ouarabi prend racine dans son adolescence, lorsqu'elle est confrontée au racisme et à la discrimination dans un lycée privé parisien. Issue d'une cité du XIXe arrondissement, elle se sent différente des autres élèves et subit du harcèlement. Un jour, elle est victime d'une agression particulièrement choquante : des filles lui lancent du café dans les cheveux, la traitant de "banlieusarde hystérique" et véhiculant ainsi un cliché stigmatisant sur les Algériens.

Cet événement traumatisant, conjugué à la violence des attentats de novembre 2015 et à la montée de l'islamophobie qui s'ensuit, la convainc de s'engager activement contre le racisme. À l'âge de 17 ans, elle rejoint SOS Racisme, où elle trouve un espace pour exprimer sa colère et agir concrètement pour défendre les droits des minorités.

Un engagement multiple et complémentaire

Parallèlement à son engagement au sein de SOS Racisme, Saphia Aït Ouarabi est élue vice-présidente du syndicat étudiant FIDL. Cette double casquette lui permet de défendre les droits des lycéens et de lutter contre le racisme de manière complémentaire. Elle se souvient d'une période intense, où elle jonglait entre ses responsabilités associatives et syndicales, dormant très peu et suscitant l'inquiétude de ses parents.

Après le lycée, elle choisit de poursuivre ses études à l'UPEC, où elle se sent à l'aise dans un environnement diversifié et multiculturel. À peine arrivée à la faculté, elle est élue vice-présidente de SOS Racisme, portée par la volonté des jeunes militants de l'association de voir leurs projets défendus par une voix jeune et dynamique.

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Des actions concrètes pour faire la différence

En tant que vice-présidente de SOS Racisme, Saphia Aït Ouarabi met en œuvre de nombreux projets visant à lutter contre le racisme et les discriminations. Elle crée notamment une section locale de l'association à l'UPEC, dont elle devient présidente. Elle participe également à "Salam, Shalom, Salut", un tour de France mené par 25 jeunes juifs et arabes pour promouvoir le vivre ensemble et sensibiliser les jeunes aux questions de tolérance et de respect.

Elle réalise aussi régulièrement des campagnes de testing pour dénoncer les discriminations à l'embauche et dans l'accès aux services. Ces actions permettent de mettre en lumière les pratiques discriminatoires et d'appeler les entreprises et les institutions à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le racisme.

Une vision politique ancrée à gauche

Saphia Aït Ouarabi se définit comme une militante de gauche, voire "très à gauche". Elle critique les candidats à l'élection présidentielle pour leurs ambitions jugées trop faibles en matière de lutte contre le racisme et les discriminations. Elle déplore également le manque de projets concrets pour la jeunesse, rappelant les difficultés rencontrées par de nombreux étudiants pendant la crise du Covid-19, notamment en matière d'accès à l'alimentation et de santé mentale.

Malgré son engagement politique, elle avoue ne pas être convaincue par les candidats en lice pour l'élection présidentielle de 2022. Elle souligne la difficulté pour les jeunes de se faire entendre sans passer par une association, notamment en raison de leur absence du droit de vote. Elle exprime également son inquiétude face à la montée de l'extrême droite et à la banalisation des discours racistes et xénophobes.

L'antifascisme : un combat nécessaire

Saphia Aït Ouarabi considère que la lutte contre le fascisme est un combat nécessaire, même si SOS Racisme ne se définit pas explicitement comme une organisation antifasciste. Elle souligne que l'association combat le fascisme "de fait", parfois dans la confrontation directe. Elle estime que toutes les forces progressistes doivent s'unir pour faire barrage à l'extrême droite et défendre les valeurs de démocratie, de tolérance et de respect.

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Elle salue l'engagement des antifas, qu'elle considère comme des alliés dans la lutte contre le racisme et les discriminations. Elle souligne l'importance de ne pas se laisser diviser par les étiquettes et de travailler ensemble pour construire une société plus juste et égalitaire.

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