La profession de pédiatre, animée par une passion pour la santé et le bien-être des enfants, est confrontée à la réalité de la rémunération. Que ce soit pour les futurs étudiants ou les professionnels en exercice, la question salariale est d'une importance capitale. Cet article explore en détail le salaire des pédiatres, en tenant compte des différents statuts d'exercice, de l'expérience et du secteur d'activité.
Statuts et revenus des pédiatres
Les pédiatres peuvent exercer dans divers statuts, chacun ayant un impact sur leur rémunération. Ils peuvent travailler dans la fonction publique à l'hôpital, exercer en libéral en ouvrant leur propre cabinet, ou rejoindre le secteur privé au sein de cliniques. Le salaire varie en fonction de ces choix, ainsi que de la région, de l'ancienneté et de l'expérience.
Rémunération en début de carrière
Les pédiatres nouvellement diplômés commencent généralement leur carrière à l'hôpital. Leur salaire relève alors de la fonction publique. En tant que professionnels de la santé publique, ils sont affiliés à la catégorie A de la filière médico-sociale. Leur rémunération est établie selon une grille indiciaire spécifique, prenant en considération leur grade et leurs échelons, qui témoignent de leur expérience. Chaque niveau d'échelon correspond à un indice majoré. Le salaire est calculé en multipliant cet indice par la valeur du point, révisée annuellement.
Après deux ans d'expérience, un pédiatre se situe à l'échelon 2, ce qui correspond à un indice majoré de 797 dans la grille indiciaire en vigueur. En conséquence, son salaire mensuel atteint un montant de : 4,92278 x 797 = 3 923,46 €. Le salaire initial d'un pédiatre travaillant dans le secteur hospitalier est de 3 682,24 € brut par mois. En fin de carrière, les revenus d'un pédiatre expérimenté peuvent atteindre environ 10 000 euros brut par mois.
Revenus en pratique libérale
Une alternative est la pratique en libéral, offrant une plus grande autonomie. Les pédiatres libéraux peuvent déterminer leurs tarifs et organiser leur emploi du temps. Toutefois, cette liberté implique une responsabilité accrue dans la gestion et le développement de leur activité. En moyenne, un pédiatre exerçant en libéral peut envisager des revenus mensuels compris entre 7 000 € et 10 000 €. Ces revenus peuvent varier en fonction de la demande locale de services pédiatriques, de la réputation du médecin et de la diversité de sa patientèle.
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Rémunération dans le secteur privé
Dans le secteur privé, un pédiatre exerce habituellement dans des cliniques privées, des cabinets privés, des hôpitaux ou des centres médicaux privés. Ils peuvent être rémunérés de différentes manières. Les patients peuvent payer directement, souscrire à une assurance maladie privée, ou avoir leurs frais pris en charge par un tiers payeur. Certains pédiatres proposent également des forfaits ou des abonnements pour un accès régulier à leurs services, tandis que d'autres facturent à l'acte.
Un pédiatre travaillant dans ce cadre peut s'attendre à des revenus mensuels compris entre 10 000 € et 15 000 €.
Le métier de médecin urgentiste : une spécialité altruiste et exigeante
En première ligne pour répondre aux situations d'urgence médicale, le médecin urgentiste exerce une spécialité récente, à la fois altruiste et exigeante. Face à un manque de médecins urgentistes en France, les perspectives de recrutement sont favorables.
Qu'est-ce qu'un médecin urgentiste ?
C'est un médecin spécialisé, formé pour gérer des situations médicales d'urgence, quelles que soient leur nature et leur degré de gravité.
Rôle et missions du médecin urgentiste
Le rôle du médecin urgentiste est de trier, diagnostiquer, orienter et traiter les patients dont les symptômes suggèrent une pathologie pouvant compromettre leur pronostic vital ou fonctionnel. Il est capable de prendre en charge toutes les pathologies à leur stade initial : brûlures, fractures, plaies, hémorragies, traumatismes crâniens, intoxications, œdème de Quincke, anaphylaxie, malaises, troubles de conscience, crise convulsive, état de choc, détresse psychologique, troubles du comportement, troubles cognitifs, amnésie, difficultés respiratoires, bronchiolite, problèmes cardiaques, AVC, complications de maladies chroniques.
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Il est capable de réaliser tous les gestes techniques nécessaires pour restaurer ou stabiliser les fonctions vitales du patient : intubation, réduction de fracture, sutures, ponctions, échographie clinique, pose de sonde gastrique, anesthésie loco-régionale, réanimation cardiopulmonaire. Il travaille toujours en étroite relation avec des médecins et des chirurgiens spécialistes d’organes, des infirmiers spécialisés, des secouristes, des ambulanciers, mais aussi des internes et des personnels administratifs de l’hôpital.
Conformément à l’arrêté du 15 avril 2022 relatif à leurs compétences, les médecins urgentistes peuvent exercer en dehors des structures de médecine d'urgence, notamment pour faire du rapatriement sanitaire, de la médicalisation d’évènement sportif, etc.
Les missions principales du médecin urgentiste se déclinent en plusieurs axes :
- Urgence médicale hospitalière : Réaliser l’examen clinique, poser un premier diagnostic, identifier les pathologies aiguës urgentes et non urgentes, orienter le patient, assurer les premiers soins, prescrire des examens et des analyses, mettre en œuvre des traitements, contrôler l’évolution de l’état de santé du patient.
- Régulation médicale/SAMU : Prendre en charge les appels provenant du 15, interroger le patient ou son entourage, évaluer rapidement l’état de santé, rassurer et dialoguer, envoyer une équipe médicale sur place, trouver un service médical pouvant accueillir le patient.
- Urgence médicale mobile/SMUR : Se déplacer au domicile des malades ou sur les lieux d’un accident avec le SMUR, repérer les patients les plus graves, réaliser les gestes techniques nécessaires pour stabiliser l’état de santé du patient.
- Autres activités : Échanger avec les équipes médicales, assurer la transmission des informations, participer à l’encadrement et à la formation d’étudiants en médecine, enseigner dans les CESU.
Qualités requises
Étant donné que la spécificité de son travail est d’intervenir dans des situations d’urgence où la vie des personnes est potentiellement en danger, le médecin urgentiste doit faire preuve de : connaissances et compétences médicales larges, réactivité, adaptabilité, capacité décisionnelle, calme, maîtrise de soi, bonne gestion du stress, sens du relationnel, empathie, capacité à rassurer, altruisme, résistance physique et psychologique.
Lieux d'exercice
Les médecins urgentistes peuvent exercer dans 3 secteurs d’activité : les services intrahospitaliers de médecine d’urgence (structure des urgences (SU) et salle d'accueil des urgences vitales (SAUV), centres de soins non programmés (CSNP), unités de soins post-urgences (UPU), unités d’hospitalisation de courte durée (UHCD)), les SMUR (services mobiles d'urgence et de réanimation), la régulation médicale (Service d’aide médicale urgente (SAMU)).
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Chiffres clés de la médecine d'urgence
En 2019, la France comptait 697 structures d’urgence, 100 SAMU et 387 SMUR (chiffres de la DREES). Environ 22 millions d’urgences médicales sont traitées chaque année. En 2022, 4 500 urgentistes exerçaient à temps plein. 77 % des structures d’urgence appartiennent au secteur public. 99 % des SMUR et 100 % des SAMU sont implantés dans des établissements publics.
Formation pour devenir médecin urgentiste
La médecine d’urgence est reconnue en tant que spécialité médicale depuis 2015. Pour pouvoir exercer comme médecin urgentiste, il faut être titulaire d’un diplôme d’études spécialisées de Médecine d’urgence (DESMU). Le DESMU et le droit d’exercer en tant que médecin urgentiste s’obtiennent à l’issue d’un parcours de 10 années d’études en faculté de médecine.
Le cursus universitaire d’un médecin urgentiste est le suivant :
- 1er cycle de 3 ans essentiellement consacré à l’apprentissage des bases médicales fondamentales (anatomie, physiologie, pharmacologie, sémiologie…).
- 2e cycle (ou externat) de 3 ans durant lequel il accède à la pratique encadrée de la clinique, s’initie à la démarche scientifique et prépare le concours de l’internat en fin de 6e année.
- 3e cycle (ou internat) de 4 ans qui correspond à la phase pendant laquelle il se spécialise en Médecine d’urgence.
À la rentrée 2023-2024, 487 postes d’internat ont été ouverts en médecine d’urgence, plaçant celle-ci au 4e rang des spécialités les plus dotées.
Accès aux études de médecine d'urgence
Depuis la rentrée 2020, il est possible d’accéder aux études de médecine par deux voies distinctes : le Parcours d’Accès Santé Spécifique (PASS) et la Licence Accès Santé (LAS). Quelle que soit la voie choisie, les bacheliers doivent soumettre leurs vœux sur Parcoursup et fournir une lettre de motivation justifiant leur intérêt pour les études de santé. Les candidats retenus sont sélectionnés sur la base de leur dossier scolaire et des spécialités suivies en classe de 1ere et Terminale.
Programme du DES de Médecine d’urgence
Le DESMU se déroule sur 4 ans et comporte des cours théoriques et des stages pratiques répartis en 3 phases (phase socle, phase d’approfondissement et phase de consolidation). Les enseignements théoriques comprennent de l’e-learning, des exercices de simulation, des études de cas cliniques et la participation à des séminaires.
Les thèmes abordés portent notamment sur : l’organisation de la médecine d'urgence, les principales urgences vitales, les signes et critères de gravité, le tri et l’orientation des patients, la démarche diagnostique, étiologique et pronostique en urgence, les gestes d'urgence, la prise en charge des patients selon le niveau de soins requis et son degré d'urgence, la médecine de catastrophe, la gestion des urgences collectives et des situations sanitaires exceptionnelles, la réglementation médico-légale et médico-judiciaire, éthique et déontologie.
La formation pratique comprend 8 semestres de stages dont au moins 3 en CHU et 2 dans un centre hospitalier périphérique. Les stages doivent être réalisés dans des services agréés d’Urgences adultes ou mixtes, de Gériatrie aiguë, de Médecine interne, d’Urgences pédiatriques, du SAMU/SMUR, de Réanimation, ou de Soins intensifs.
Surspécialisation du médecin urgentiste
Durant leur internat, les internes en médecine d’urgence peuvent se surspécialiser en candidatant à une formation spécialisée transversale (FST). Les FST donnent le droit d’exercer la surspécialité choisie, mais uniquement dans le cadre de la médecine d’urgence. Elles se préparent sur 2 semestres et rallongent donc la durée du DESMU de 1 année. Parmi la vingtaine de FST disponibles, toutes sont ouvertes aux internes du DESMU, mais 4 d’entre elles sont considérées prioritaires : Pharmacologie médicale/ thérapeutique, Urgences pédiatriques, Médecine du sport, Médecine en situation de guerre ou en situations sanitaires exceptionnelles.
Préparation aux études en médecine d'urgence
Les étudiants peuvent préparer le concours d’accès à l’internat de médecine d’urgence ou bien approfondir leurs connaissances avec des ouvrages et des services numériques spécialisés.
Coût des études
La formation pour devenir médecin urgentiste est coûteuse, notamment parce que les études sont longues et que les postes de dépenses sont nombreux. Les principaux frais à prendre en compte sont : les droits d’inscription universitaire, la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), l’achat de matériel pédagogique, l’inscription à des classes prépas privées, les frais de vie courante. Dans certains cas, les étudiants en médecine peuvent bénéficier de diverses aides financières.
Poursuite d’études et évolution de carrière
La médecine d’urgence est une spécialité au champ de compétences particulièrement vaste. C’est une des raisons pour lesquelles les médecins urgentistes continuent de se former tout au long de leur vie professionnelle. Depuis 2009, le développement professionnel continu (DPC) est d’ailleurs une obligation légale à laquelle ils doivent se soumettre pour actualiser leurs connaissances et pouvoir dispenser des soins de qualité. Parfois, le besoin de se former est guidé par un projet de changement de statut ou de reconversion professionnelle. Certains médecins urgentistes évoluent en se spécialisant en traumatologie, en anesthésie-réanimation ou en cardiologie. D’autres changent de secteur d’activité et deviennent médecins régulateurs à temps plein ou bien se tournent vers des fonctions de formateurs, de responsables de structure ou de chefs de pôle. Dans tous ces cas de figures, de nombreuses formations médicales complémentaires existent : des DU (diplômes universitaires), des DIU (diplômes inter-Universitaires), des AU (attestations universitaires), des masters Santé publique ou Recherche…
Formation continue
Par le biais de la formation continue, le médecin urgentiste peut se tenir au courant des progrès récents réalisés dans sa discipline et ainsi, mettre à jour ses pratiques. Il a également la possibilité d’élargir son champ de compétences pour changer de secteur d’activité, en s’orientant, par exemple, vers la recherche ou l’enseignement. La formation continue lui donne également la possibilité de se sur-spécialiser dans un domaine d’activité précis, un type de pathologie ou un public donné.
Rémunération du médecin urgentiste
La rémunération des médecins urgentistes est déterminée par la grille indiciaire de la Fonction publique hospitalière.
Salaire et primes des internes
Il faut également ajouter au forfait de base, les gardes qui sont payées avec un mois de différé. Le service de garde normal est défini par une garde de nuit par semaine et un dimanche ou jour férié par mois. Au-delà, elles sont payées en gardes supplémentaires. Le calcul se fait sur une période lissée de 3 mois. A noter, les DJ peuvent faire des gardes de séniors suite à leur autonomisation.
Rémunération post-internat
Chef de Clinique Assistant (CCA) - Assistant Hospitalo-Universitaire (AHU)
Les CCA et AHU sont des membres du personnel enseignant et hospitalier non-titulaires. Ils ont donc des fonctions d’enseignement, de recherche et hospitalières. Leur prise de poste se fait dans les trois années suivant l’obtention de leur DES et leur durée totale à ce poste ne peut excéder 4 ans.
Assistant spécialiste
Les assistants spécialistes exercent des fonctions de diagnostic, de soins et de prévention. Ils n’ont pas de fonction d’enseignement, ni de recherche. Un contrat d’assistant spécialiste ouvre les droits du secteur 2.
Émoluments forfaitaires variables selon l’ancienneté :
- Échelon 1, en 1ère et 2ème année : 33 643,13 € brut annuel
- Échelon 2, en 3ème et 4ème année : 36 625,21 € brut annuel
- Échelon 3, en 5ème et 6ème année : 41 387,28 € brut annuel
Une indemnité en cas d’engagement de service public exclusif : 1 010 € brut mensuel.
Une garde de nuit, dimanche ou jour férié : 422,03€ brut (337,62 € net).
Une demi-garde ou samedi après-midi : 211,01 € brut (168,81 € net).
Une indemnité de temps de travail additionnel : 337,61 € brut par journée de temps additionnel, 168,80 € brut pour une demi-journée si l’établissement a adopté un schéma territorial de la permanence et de la continuité des soins organisé et coordonné au niveau du groupement hospitalier de territoire.
Praticien Hospitalier Contractuel (PHC)
Il s’agit de contrats de 6 mois, renouvelables, pour une durée maximale totale de 3 ans. Les PHC s’engagent à consacrer la totalité de leur activité professionnelle au service de l’établissement public de santé, sous réserve des activités autorisées au titre du cumul d’activités et rémunérations.
Émoluments forfaitaires variant de 52072,53 € à 55607,79 € brut annuel. Ces émoluments peuvent être majorés dans la limite de 10%.
Une garde de nuit, dimanche ou jour férié : 422,03 € brut (337,62 € net).
Une demi-garde ou samedi après-midi : 211,01 € brut (168,81 € net).
Une indemnité de temps de travail additionnel : 337,61 € brut par journée de temps additionnel, 168,80€ brut pour une demi-journée si l’établissement a adopté un schéma territorial de la permanence et de la continuité des soins organisé et coordonné au niveau du groupement hospitalier de territoire. Dans le cas contraire, 337,61 € brut pour une journée (168,80€ pour la demi-journée) le jour du lundi matin au samedi après-midi inclus et 503,87€ la nuit, le dimanche, ou jour férié (251,95€ la demi-garde).
Praticien Hospitalier (PH)
Il s’agit d’un poste permanent obtenu à l’issue d’un concours national. De la même façon que lors de l’internat, la rémunération des PH évolue en fonction de leur ancienneté. A cette grille tarifaire s’ajoute : Une indemnité en cas d’engagement de service public exclusif : 1 010 € brut mensuel.
Une garde de nuit, dimanche ou jour férié : 422,03 € brut (337,62 € net).
Une demi-garde ou samedi après-midi : 211,01 € brut (168,81 € net).
Une indemnité de temps de travail additionnel : 337,61 € brut par journée de temps additionnel, 168,80€ brut pour une demi-journée si l’établissement a adopté un schéma territorial de la permanence et de la continuité des soins organisé et coordonné au niveau du groupement hospitalier de territoire.
Maître de Conférence des Universités - Praticien Hospitalier (MCU-PH)
Un personnel enseignant et hospitalier qui travaille en CHU ou dans un CH lié à un CHU par convention. C’est un poste qui nécessite d’avoir un Master 2 ainsi qu’un certain nombre de publications scientifiques à son actif pour pouvoir y prétendre.
Émolument forfaitaire par l’hôpital : de 34689,71 € à 50451,46 € brut annuel sur 7échelons.
Émolument forfaitaire par l’université : de 27 803,90 € à 56 208,28 € brut annuel.
Une indemnité en cas d’engagement de service public exclusif : 1 010 € brutmensuel.
Une garde de nuit, dimanche ou jour férié : 755,81 € brut (604,64 € net).
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