Condamné à la perpétuité incompressible pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, Salah Abdeslam est une figure centrale du terrorisme djihadiste en Europe. Son parcours, de l'enfance à l'implication dans les attentats, suscite de nombreuses questions sur les mécanismes de la radicalisation. Cet article explore les différentes facettes de sa jeunesse et les éléments qui ont pu influencer son engagement dans la violence extrémiste.
Une enfance "normale" en Belgique
Né en Belgique, Salah Abdeslam a grandi dans une famille d'origine marocaine. Lors de son procès, il a décrit son enfance comme "très simple", se présentant comme quelqu'un de "calme, gentil, obéissant avec [ses] parents". Il a évoqué une "bonne ambiance" familiale et a souligné qu'il n'avait "pas vraiment de souvenirs" marquants de cette période.
Sur le plan scolaire, Abdeslam se considérait comme un "bon élève". Il a suivi un "enseignement technique en électromécanique" jusqu'à l'âge de 18 ans, obtenant l'équivalent d'un baccalauréat français. Il a ensuite intégré l'entreprise où travaillait son père, chauffeur de tramway.
Il a ensuite exercé diverses professions : magasinier, électricien, technicien de surface. Il a suivi une formation de taximan, avant d'abandonner ce projet pour un autre emploi. Il se disait ambitieux et voulait s'investir dans le commerce.
Premiers écarts et basculement
Le parcours d'Abdeslam connaît une première bascule en 2011. Engagé depuis dix-huit mois dans l'entreprise où travaille son père, il est mis en cause dans une tentative de cambriolage après une soirée alcoolisée. Il minimise son implication au procès, expliquant s'être "retrouvé dans cette affaire" après être "sorti boire un verre". Il affirme que le juge ne lui a "pas laissé de chance" et que cela lui a "fait mal".
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Son complice dans cette affaire n'est autre qu'Abdelhamid Abaaoud, le futur coordinateur des attentats du 13-Novembre. Des proches témoignent qu'ensemble, ils ont fait les "400 coups". Après sa sortie de prison, Abdeslam achète une camionnette et se met à son compte pour faire des déménagements, mais l'activité ne prospère pas. Il aide également son frère Brahim, gérant d'un café décrit comme un "café de fumeurs de joints" par les voisins.
Des proches remarquent alors que les frères Abdeslam entrent dans un "trip État islamique". Ils arrêtent de boire et s'intéressent à la religion. Salah Abdeslam reconnaît toutefois être sorti et avoir joué au casino : "J’ai été à l’école publique en Belgique, j’ai été imprégné par les valeurs occidentales, je vivais comme vous m’avez appris à vivre en Occident."
Radicalisation et implication dans les attentats
L'interrogatoire d'Abdeslam a révélé des éléments sur son éducation, qu'il décrit comme "à l'européenne", à "l'occidentale", tout en reconnaissant l'influence de la culture musulmane. Il explique que "vivre à l'occidentale", c'est "vivre comme un libertin, vivre sans se soucier de dieu, faire ce qu'on a envie, manger ce qu'on a envie, boire ce qu'on a envie, faire ce qu'on veut".
Il consommait de l'alcool, fumait des cigarettes, parfois du cannabis. "Ouais, avant oui. J'étais comme ça. Je suis né en Belgique, j'ai été à l'école publique, je vivais comme on m'avait appris à vivre ici en Occident", insiste-t-il.
Bien qu'il n'ait pas directement évoqué sa radicalisation lors de son interrogatoire sur sa personnalité, Abdeslam a affirmé être un "combattant de l'État islamique" dès le début du procès. Il a également exprimé son admiration pour son frère Brahim, mort en kamikaze au Comptoir Voltaire le soir des attentats.
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Détention et vie privée
Depuis son arrestation le 18 mars 2016 à Molenbeek, Salah Abdeslam a effectué la plus grande partie de sa détention en France. Il a été condamné à la perpétuité incompressible et est détenu à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, où il est particulièrement surveillé.
En juillet 2022, après la fin du procès-fleuve à Paris pour le 13-Novembre, il a fait l’objet d’une remise temporaire à la Belgique, le temps de mener à bien le procès des attentats de Bruxelles. Lors de son procès, Salah Abdeslam avait exprimé sa volonté de purger sa peine en Belgique.
Malgré ses conditions de détention strictes, Salah Abdeslam s'est marié en prison en 2022 lors d'une cérémonie religieuse avec une femme choisie par son père. Récemment, une rumeur a circulé selon laquelle sa compagne serait enceinte, mais cette information a été démentie par ses avocats.
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