L’âge de 7 ans marque une étape importante dans le développement de l’enfant. Traditionnellement associé à « l’âge de raison », cette période, située entre l’enfance et la pré-adolescence, est en réalité plus longue et complexe. Sur le plan psychanalytique, elle est souvent qualifiée de « latence ». C’est un moment de grande curiosité et de développement, notamment intellectuel, où l’enfant commence à distinguer des notions plus complexes et à raisonner.
Développement intellectuel : Imagination, apprentissage et raisonnement
L’enfant de 7 ans possède une imagination débordante. Il prend plaisir à inventer des histoires, à se les raconter et même à mentir. Il consacre également une grande partie de son énergie aux apprentissages scolaires. Durant cette période, le cerveau est en constante construction, ce qui signifie que l’enfant ne peut pas tout apprendre et comprendre en même temps. Cependant, avec le temps, la manipulation et des explications claires, il progresse progressivement.
Vers 7-8 ans, l’enfant intègre la notion de conservation. Il comprend alors que deux quantités égales restent égales malgré une transformation apparente, à condition que rien n’ait été enlevé ou ajouté. Par exemple, il admet qu’il y a la même quantité d’eau dans un bac plat rectangulaire et dans une colonne, car rien n’a été enlevé ou ajouté.
C’est aussi le stade des opérations concrètes, où l’enfant apprend à manier les idées et commence à utiliser une pensée logique, mais uniquement en situation concrète. Les enfants de cet âge ne sont pas encore capables d’utiliser la pensée abstraite et ont du mal à appliquer leurs connaissances à des thèmes qu’ils ne connaissent pas. Pour raisonner correctement, ils ont besoin de manipuler des objets et posent beaucoup de questions pour comprendre les choses.
Développement moteur : Habileté, coordination et force
Sur le plan moteur, l’enfant est beaucoup plus habile et coordonné dans ses mouvements. Il continue à progresser et à se perfectionner. Sa force s’accroît considérablement et les enfants, surtout les garçons, aiment se confronter aux autres et se mesurer à des « rivaux », avec un penchant pour les jeux violents. La rapidité, la précision et l’endurance se développent également de manière marquée et se manifestent dans les jeux de compétition.
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En ce qui concerne le dessin, les représentations sont plus réalistes et l’enfant apprend petit à petit à respecter les perspectives et les proportions. C’est une période où les enfants grandissent plus vite et où apparaissent les premiers signes de la pré-puberté.
Développement affectif : Besoin des parents, autonomie et ouverture sur le monde
Les enfants ont énormément besoin de leurs parents durant cette période. Ils ont besoin de communiquer et d’échanger avec eux, et ils s’identifient à eux. À partir de 6/7 ans, l’enfant est en demande d’autonomie et veut faire seul. Il est important de lui laisser, petit à petit, son autonomie. Il est également primordial que les enfants puissent s’ouvrir sur le monde qui les entoure et aller à la rencontre d’autres personnes (hors du cercle familial). L’enfant doit découvrir le monde et devenir autonome grâce à l’accompagnement de l’adulte.
La période de latence et l'âge scolaire
Cette période correspond à ce que l’on appelle la « période de latence » : l’enfant n’est plus un tout-petit, il continue de grandir et de se construire, mais il n’est pas encore arrivé au stade des grands bouleversements de l’adolescence. C’est également la période de « l’âge scolaire » : la vie en groupe y prend une importance croissante. Durant cette phase, l’enfant va refréner ses pulsions sexuelles et se consacrer à emmagasiner du savoir. Après la résolution du conflit œdipien, l’enfant entre dans cette période de latence, refoulant ses pulsions sexuelles pour les sublimer en les mettant au service du savoir. Il développe alors un intérêt pour les idées, la morale et le sentiment religieux. Ses activités et préoccupations sexuelles ne disparaissent pas, mais elles cessent d’être autoérotiques pour s’attacher à des objets extérieurs.
Vie sociale et émotionnelle : Amitié, autonomie et affirmation de soi
À partir de 8 ans, les liens d’amitié se transforment. Au cours de cette période, nous voyons apparaître la séparation entre les filles et les garçons. Vers 8 ans, l’enfant commence à se détacher de sa famille et trouve d’autres références dans son groupe d’amis, qu’il hiérarchise entre « copains » et « meilleurs copains ». La ségrégation entre les filles et les garçons apparaît. Les premières passent de longues heures à discuter, à partager des secrets. Les seconds se passionnent pour les jeux vidéo et cherchent davantage à se dépenser. Lorsqu’il atteint 10-11 ans, l’enfant critique ses parents, multiplie les revendications, crie à l’injustice.
A partir de 7 ans, l’enfant est en demande d’autonomie. Il a envie d’être grand et donc de faire tout seul ! Bien encadré, il peut pratiquer une activité de loisirs. L’enfant de 7 ans est rêveur et intériorise ses expériences. Il commence à être un peu indépendant et veut créer des liens privilégiés avec d’autres adultes. La problématique majeure à cet âge est de s’adapter en préservant sa propre personnalité. C’est une période d’accalmie, de concentration et d’assimilation. L’enfant devient capable de mesurer de façon précise le temps proche : jours, semaines, mois.
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Entre envies d’indépendance et besoin d’amour, l’enfant de 6 ans vit une période parfois éprouvante. Il ressent les choses intensément, mais ne sait pas toujours les exprimer ou les gérer. La fameuse « crise des 6 ans » est bien réelle. L’enfant peut devenir plus opposant, plus sensible, parfois plus fatigable. Il cherche à affirmer son identité : « C’est moi qui décide ! ».
Activités et jeux adaptés aux enfants de 6 à 12 ans
Pour favoriser le développement de l’enfant, il est important de lui proposer des jeux et des activités adaptés à son âge. Voici quelques suggestions :
- Les grands jeux (jeux de piste, chasses aux trésors, cluedo, etc.), jeux de compétition (olympiades, rallyes, défis, etc.) et jeux de réflexion / logique (énigmes, charades, etc.).
- Les jeux coopératifs encouragent le travail en équipe, la pensée créative, la résolution de problèmes et permettent aux joueurs de réaliser que tout le monde peut gagner.
- Les activités sportives (jeux de ballon) et les jeux de baignade.
- Les activités de plein air (balades à la journée, camping, etc.) et de découverte d’un milieu (montagne, forêt, etc.).
- Les « ateliers cuisine » et autres activités dont l’objectif consiste à les responsabiliser dans les tâches de la vie quotidienne (top chef, un dîner presque parfait, etc.).
- Les activités manuelles et de bricolage (dessin, couture, bricolages avec objets de récup', customisation de vêtements, etc.).
- Les jeux de société qu’ils soient coopératifs, stratégiques, d’ambiance ou consacrés à la résolution d’une enquête. Grâce à eux, les enfants intègrent les notions de « vivre en groupe » : attendre son tour, écouter les autres, respecter des consignes précises, accepter de perdre, poursuivre le jeu jusqu'au bout, etc.
L'importance de l'environnement et des interactions
Le développement de l’enfant est intimement lié à ses interactions avec l’environnement. L’enfant progresse et avance en expérimentant par le jeu avec la notion de joie. Chaque enfant à des pôles à développer : pôle moteur, pôle langage, pôle socialisation, pôle cognitif. L’enfant va faire des « expériences » à travers ses jeux pour comprendre comment fonctionne le monde qui l’entoure. Par exemple, pour Piaget, lorsque l’enfant de 1 ou 2 ans joue à lancer des objets ou le contenu de sa cuillère par terre ce n’est pas seulement pour faire enrager ses parents mais aussi pour comprendre le fonctionnement des objets (comment ils tombent, rebondissent, est-ce qu’ils disparaissent derrière le canapé ou pourront un jour être retrouvés etc.).
Lorsqu’un blocage apparait chez l’enfant (suite à un traumatisme, un changement dans son quotidien, difficultés…), il entraine un arrêt dans le développement de l’enfant. Exemple: avec les repas, le sommeil ou la socialisation.
Les stades de développement de Piaget
Les stades du développement de l’enfant ont été étudiés avec précision par Jean Piaget. En effet, le psychologue suisse s’intéresse au développement de l’intelligence (les cognitions) chez l’enfant. Ses réflexions ont eu une très grande place dans les théories du développement de l’enfant. Les théories actuelles sur les stades du développement intellectuel infantile s’appuient encore (en les critiquant ou en les approfondissant) sur ses théories.
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Pour Jean Piaget, la pensée se construit par de grandes étapes qu’il appelle des stades. Un stade doit avoir lieu avant qu’un autre puisse se mettre en place. Ainsi, un enfant ne peut pas apprendre les multiplications avant d’avoir appris les additions. Les stades vont donc se dérouler dans le même ordre pour tous les enfants mais pas forcément au même âge (certains enfants seront en avance ou en retard à un certain âge dans leur développement cognitif). Pour Piaget, l’intelligence se construit petit à petit et elle se caractérise par le fait que l’enfant comprend le monde d’une façon différente à mesure qu’il avance en âge.
Les stades du développement peuvent être vus comme des « logiciels », des manières de voir le monde : dans un premier temps je suis au centre du monde, tout le monde peut lire mes pensées, ce que je sais, tous les autres le savent. Puis, je vis dans un monde où chacun a ses propres pensées etc. L’enfant va donc en grandissant vivre plusieurs « révolutions » mentales, des renversements de sa conception du monde. Ces différents « logiciels » sont différents de la quantité de connaissance que l’enfant apprend. L’enfant peut apprendre de nombreux mots différents tout en continuant à vivre « au centre du monde », par exemple. De même, il peut apprendre les mots « mort », ou « naissance », par exemple, et même en parler sans « vraiment » comprendre ce qu’ils veulent dire. Pour le comprendre il a besoin de changer de « logiciel », de changer de stade.
Les 4 principaux stades du développement selon J.Piaget :
- Le stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans): Il correspond au développement et à la coordination des capacités sensorielles et motrices du bébé. A cet âge, l’intelligence du bébé est essentiellement pratique. Elle est liée à l’action : le bébé touche les objets, met à la bouche il apprend peu à peu à comprendre le fonctionnement de son corps et à faire la différence entre son corps et les objets. A la fin de ce stade, le bébé va commencer à avoir des « représentations mentales », c’est-à-dire une idée des objets. Il peut penser à un objet, à une personne en son absence.
- Le stade pré-opératoire (de 2 à 7 ans): A ce stade, les acquisitions de l’enfant au niveau de la fonction symbolique sont nombreuses (ne serait-ce que le développement du langage). C’est également l’âge d’une plus grande intériorisation de l’action (l’enfant peut penser à ses gestes sans avoir besoin de les réaliser dans la réalité immédiatement). A ce stade, l’enfant est encore décrit comme « égocentrique ». Il a du mal à comprendre que d’autres puissent ne pas avoir les mêmes pensées que lui. Il a, par exemple, du mal à mentir, à garder un secret (de ce point de vue, l’apparition du mensonge est un progrès de l’intelligence…).
- Stade opératoire concret (7 - 12 ans): A ce stade, l’enfant acquiert une « mobilité croissante au niveau de ses structures mentales » et de ses réflexions. Ses théories de l’esprit deviennent plus subtiles. Il peut désormais envisager d’autres points de vue que les siens (par exemple, il va comprendre qu’un chevalier du moyen-âge ne pouvait pas comprendre ce que signifie les mots « téléphone » ou « internet »). Il procède également à ce que Piaget nomme des « opérations mentales » (par exemple il peut faire une addition dans sa tête, ce qui suppose une capacité d’abstraction qu’un enfant de 4 ans ne pouvait pas avoir).
- Le stade formel (12 - 16 ans): Il s’agit pour Piaget, du dernier stade. Par la suite, l’adolescent ou l’adulte pourra continuer à acquérir des connaissances mais il ne changera plus radicalement de vision du monde. A l’adolescence, le maniement des opérations mentales progresse de façon importante, notamment parce que l’enfant commence à raisonner sur de l’abstrait.
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