Depuis les années 1950, l'accouchement médicalisé est devenu la norme en France, avec une majorité de femmes accouchant à l'hôpital. Cependant, un nombre croissant de futures mères aspirent à un retour à un accouchement physiologique, moins interventionniste et plus respectueux du processus naturel de la naissance. Cet article explore en détail ce qu'est un accouchement physiologique, comment s'y préparer, où il peut avoir lieu et les différentes méthodes pour le favoriser.
Qu'est-ce qu'un accouchement physiologique ?
Un accouchement physiologique est un accouchement au cours duquel on médicalise le moins possible. On laisse faire les femmes comme elles le souhaitent, dans un esprit de confiance avec leurs corps. Il s'agit donc pour la plupart des femmes de ne pas avoir recours à la péridurale de manière à pouvoir bouger comme elles l'entendent tout au long du travail. De même, on laisse le choix aux femmes de la position dans laquelle elles veulent accoucher : exit la position gynécologique !
Un accouchement physiologique, également appelé accouchement naturel, se déroule en limitant les interventions médicales, sans analgésie péridurale, dans le respect du rythme de la femme, à condition qu’elle présente un bas risque obstétrical, selon la Haute Autorité de santé. Il se caractérise par une intervention médicale minimale, permettant à la femme de faire confiance à son corps et d'être active à 100%. Cela implique généralement de se passer de péridurale et d'injections d'hormones, laissant la nature suivre son cours.
Les femmes qui optent pour un accouchement physiologique souhaitent ressentir pleinement la naissance de leur enfant et la puissance de leur corps. Contrairement à un accouchement médicalisé où la péridurale peut atténuer la douleur mais aussi priver certaines mères de leurs sensations, l'accouchement physiologique permet à la femme de choisir sa position, de se déplacer librement et d'être accompagnée par une équipe médicale réduite.
Préparation à l'accouchement physiologique
Un accouchement physiologique doit être évidemment préparé correctement en amont avec le co-parent et la sage-femme de la femme enceinte pour que cela se passe le mieux possible. En effet, le soutien psychologique et émotionnel des proches et de la sage-femme sera primordial pour aider la future mère.
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Pour se préparer à vivre un accouchement physiologique, il est conseillé de suivre plusieurs étapes :
S'informer sur l'accouchement : Il est essentiel de comprendre comment se déroule un accouchement, de reconnaître le début du travail, de comprendre les différentes phases de l'enfantement et d'apprendre comment le corps évolue au cours de l'accouchement. Savoir identifier les différentes étapes aide à les traverser plus sereinement et à s'adapter aux sensations du corps.
Choisir le lieu d'accouchement : Le choix du lieu d'accouchement est crucial, car certains endroits sont plus adaptés que d'autres à un accouchement physiologique. Il est possible d'opter pour une maternité classique, mais les moyens disponibles pour accompagner un accouchement naturel peuvent être limités. D'autres options incluent :
- Les maisons de naissance : Situées à proximité des établissements de santé classiques, elles sont gérées par des sages-femmes qui suivent la femme enceinte durant sa grossesse et l'accompagnent durant l'accouchement. Elles sont dotées du matériel et du personnel nécessaires à un accouchement physiologique tout en étant proches des services d'urgence en cas de besoin.
- Les plateaux techniques : Il s'agit de salles de naissance dans un hôpital mises à disposition des sages-femmes libérales. La femme peut y accoucher comme à la maison avec la sage-femme qui l'a suivie durant sa grossesse. Si tout se passe bien, elle n'aura pas de contact avec l'équipe médicale de l'hôpital et peut rentrer chez elle dès 4 heures après l'accouchement.
- L'accouchement à domicile (AAD) : Il est possible d'accoucher à domicile avec une sage-femme qui pratique l'AAD. Cependant, toutes les sages-femmes libérales ne proposent pas ce service, il est donc important de se renseigner assez tôt pendant la grossesse.
Choisir l'accompagnement : Être bien accompagnée durant l'accouchement est primordial, surtout pour un accouchement physiologique. Le futur papa doit être prêt à soutenir sa partenaire tout au long de l'accouchement et connaître les différentes étapes et comment l'aider. Il est également important de s'assurer d'avoir une sage-femme disponible et dédiée. Si l'accouchement a lieu dans une maternité classique, il peut être utile d'être accompagnée par une doula ou une accompagnante à la naissance.
Rédiger un projet de naissance : Quel que soit le lieu d'accouchement, il est conseillé de rédiger un projet de naissance détaillant les souhaits pour le déroulement de l'accouchement. L'équipe médicale s'efforcera de l'appliquer dans la mesure du possible, en fonction de l'état de santé de la mère et du bébé.
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Les méthodes pour se préparer à un accouchement physiologique
Il existe différentes méthodes pour se préparer à un accouchement physiologique. Vous pouvez choisir celle qui vous semble la plus adaptée, ou en combiner plusieurs si vous le souhaitez.
- Le yoga prénatal : Le yoga prénatal aide à atténuer les désagréments de la grossesse, à rester en forme et à apprendre des postures et des exercices de respiration qui soulageront durant les contractions. Il aide également à prendre conscience du périnée, ce qui sera très utile le jour J.
- La sophrologie : La sophrologie allie des techniques de respiration avec des techniques de visualisation positive pour envisager l'accouchement avec sérénité et favoriser la détente et la relaxation. Ces techniques facilitent la dilatation du col de l'utérus et aident à mieux récupérer entre chaque contraction.
- Le chant prénatal : Cette méthode associe des exercices vocaux et corporels qui favorisent le bien-être durant la grossesse et créent du lien avec le bébé à naître. Durant le travail, le chant prénatal aide à mobiliser et à détendre les muscles qui jouent un rôle pendant l'accouchement et à gérer la douleur.
- L'haptonomie : L'haptonomie consiste à entrer en communication avec le bébé in utero par le biais du toucher. Elle implique grandement le papa ou le co-parent qui participe aux séances et apprend diverses techniques de massages et de caresses pour soulager la future mère durant la grossesse et l'accouchement.
- L'hypnose prénatale : L'hypnose prénatale permet de remplacer les inquiétudes par des images positives et apaisantes grâce à des exercices de respiration et de visualisation. Elle permet également de bénéficier de la technique du transfert de la douleur pour mieux faire face aux contractions.
- L'acupuncture : L'acupuncture est utilisée pour soulager les maux liés à la grossesse et pour préparer à l'accouchement en préparant le périnée, en favorisant l'assouplissement du col de l'utérus et en apaisant les angoisses.
- La méthode Bonapace : Cette méthode donne une place centrale au papa et combine le travail sur des points d'acupuncture, des massages, des postures et la respiration pour soulager les douleurs de la future mère et l'aider à utiliser la technique de déviation de l'attention.
- La préparation en piscine : La préparation en piscine permet de tonifier et d'assouplir les muscles utilisés lors de l'accouchement grâce à des exercices pratiqués dans l'eau. Des exercices de respiration et de relaxation complètent les séances.
- La méthode Lamaze : La méthode Lamaze, aussi appelée méthode de l'accouchement sans douleur, repose sur l'apprentissage de techniques de respiration et de relaxation visant à maîtriser la douleur de l'accouchement. Elle implique également le papa qui joue un rôle de soutien psychologique.
- La méthode De Gasquet : Cette méthode, aussi appelée approche posturo-respiratoire, combine des exercices de respiration avec des massages, des étirements, des suspensions et des exercices avec divers accessoires pour gérer la douleur et guider le bébé vers la sortie.
D'autres approches naturelles peuvent également être utilisées pour favoriser le déclenchement du travail et la dilatation du col de l'utérus, telles que la consommation de feuilles de framboisier (avec prudence et après le premier trimestre) ou de dattes.
Les différentes positions pendant l'accouchement physiologique
Les sages-femmes sont formées aux différentes positions permettant une meilleure progression du travail et restent à l’écoute des futurs parents en prenant en compte leur projet de naissance.
Pour accoucher sans péridurale, il a été reconnu que l’eau aide à atténuer la douleur. Certaines mamans choisissent donc d’accoucher dans l’eau : la future maman est installée dans une baignoire avec une eau à 37°C et y entame la phase de poussée. L’eau apporte de la légèreté à la maman et a un effet relaxant. La maman a ensuite le choix de rester dans l’eau ou d’en sortir au moment de l’expulsion du bébé. Il n’y a aucun risque de noyade si la mère souhaite donner naissance dans l’eau. En effet, le bébé ne respire pas avant que ses poumons entrent en contact avec l’air.
Accoucher à quatre pattes diminue la douleur car l’utérus appuie moins sur le sacrum. Cette position est aussi plus adaptée pour pousser. La future maman peut aussi se placer sur le côté qu’elle préfère en relevant la jambe.
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Déroulement d'un accouchement physiologique
Les contractions commencent mais sont de faible intensité et votre corps se prépare à l’accouchement. Les contractions s’accélèrent et deviennent de plus en plus longues jusqu’à atteindre une ouverture du col de 10 cm. Les contractions sont espacées de moins de 5 minutes et durent 1 minute environ. Généralement, c’est à ce moment que les mamans rejoignent le lieu où elles souhaitent accoucher.
Une fois que le col est entièrement dilaté, il est temps de commencer à pousser pour faire descendre le bébé dans le canal génital. La tête du bébé sortira d’abord du périnée, puis une épaule, puis l’autre et enfin le reste du corps sera expulsé plus facilement.
Après la naissance, la mère est surveillée pendant 2 heures (ou plus si nécessaire) en salle d'accouchement, puis elle est conduite dans sa chambre. Afin de favoriser un accueil optimal de l'enfant et d'établir au mieux le lien mère-enfant, les premiers soins de bébé sont réalisés auprès des parents.
Avantages et bénéfices de l'accouchement physiologique
Un autre avantage de l’accouchement physiologique qui a été relevé est que les mères se remettent généralement plus vite. En effet, lorsqu’une péridurale est posée et que ses effets se dissipent, les douleurs liées à l’accouchement et aux actes chirurgicaux (épisiotomie par exemple) se réveillent. À l’inverse, une femme ayant accouché naturellement libère des endorphines qui vont l’aider à réduire la douleur.
L'accouchement naturel permet d'améliorer les conditions dans lesquelles les mères donnent naissance, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les mères ne vivent pas toujours très bien l'accouchement en milieu médicalisé.
Le projet de naissance
Peu importe le lieu que vous avez choisi, vous pouvez constituer un projet de naissance avec votre partenaire qui consiste à rédiger vos envies et vos souhaits pour votre accouchement. Vous pourrez ainsi vous assurer que la structure est en accord avec votre projet de naissance.
Lors d’un accouchement physiologique, la future maman est libre de bouger, de prendre les positions de son choix. Au cours d'un accouchement physiologique, l’équipe médicale va surveiller le déroulement de la naissance de manière allégée, mais sécurisée. En parallèle, le couple est invité à faire part de son projet de naissance à l’équipe médicale. « Ce n’est pas une liste de vœux ou de souhaits comme “je ne veux pas d’épisiotomie systématique”, “je ne veux pas être séparée de mon bébé”, “je veux que l’on m’explique ce qui va se passer”… Tout cela, c’est ce que l’on fait avec tout le monde, même lors d'un accouchement conventionnel ! Ce projet de naissance est plutôt un outil de communication entre les parents et l’équipe de salle de naissance, qui permet de personnaliser l’accompagnement. Ce projet de naissance sert à accompagner au mieux le couple. Il permet aussi de cheminer pendant la grossesse, et de définir peu à peu ce qui a du sens pour lui dans la façon de mettre au monde leur enfant.
Il est important de garder en tête que ce projet de naissance peut être modifié pour une raison médicale par exemple. De même, à tout moment, la femme est libre de changer d’avis et d’accoucher sous péridurale si elle le souhaite.
Quand l'accouchement physiologique n'est pas possible
Certaines grossesses, en revanche, ne permettent pas ce type d’accouchement : les femmes souffrant de diabète gestationnel, de pathologies maternelles ou d’antécédents obstétricaux, sont autant de contre-indications ne permettant pas l’entrée dans la filière physiologique. « Si un bébé est plus petit qu’il ne devrait, on se dit qu’il manque peut-être de réserves pour supporter les contractions. On va vouloir écouter son cœur en continu. Si la femme a un diabète déséquilibré et a un gros bébé, ça sera peut-être compliqué au moment de la naissance. Il y aura peut-être besoin de faire une manœuvre… On fait du cas par cas.
Évidemment, si l’accouchement a des complications ou si vous n’arrivez pas à “tenir” jusqu’au bout, vous pourrez toujours changer d’avis et avoir recours à une aide médicalisée. Il ne faudra surtout pas le vivre comme un échec mais plutôt être fière d’avoir réussi jusque-là.
Si vous aviez un projet d’accouchement physiologique mais que ce dernier n’a pas pu se réaliser, il est important de ne pas culpabiliser. L’accouchement, on passe beaucoup de temps à l’imaginer, mais il se passe rarement comme prévu.
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