Roy Cohn, avocat américain de renom, est une figure controversée dont la vie a été marquée par les excès, les manipulations et les scandales. Né le 20 février 1927 à New York, il est devenu l'un des avocats les plus célèbres, et les plus tristement célèbres, du 20e siècle. Son nom est surtout connu pour avoir été l'avocat et le mentor de Donald Trump, mais son influence s'étend bien au-delà de cette relation.
Une Enfance Difficile et un Physique Complexe
Une cicatrice ingrate fendait son nez. Une menue verrue obsédait tant sa mère qu'elle préféra le défigurer. Elle lui a appris la honte, en le persuadant qu'on ne le regardait qu'avec un dégoût moqueur, que ça faisait de lui une mauviette. Il détestait cela. Il exécrait son reflet balafré, dans son peignoir de soie colorée, quand il sortait du bain après une nuit de stupre. Il bridait un instant ses gestes légers pour singer une pose plus robuste, mais sa composition grotesque le désolait. Il ne serait jamais l'un de ces grands goys blonds qui éveillaient son désir. Il croyait que faute d'amour il ne lui restait que la peur. Il a poli sa légende sombre depuis trente-cinq ans en croyant qu'elle le rend invincible.
Né d'une mère qu'il vénérait et d'un père qu'il admirait, Roy Cohn a grandi dans un environnement familial complexe. Sa mère, une femme ambitieuse, l'a surprotégé et a exercé une influence considérable sur sa vie. Son père, Al Cohn, était un avocat modeste du Bronx, que sa mère a poussé à devenir juge. Le jeune Roy, peu attrayant selon les standards de l'époque, a subi une opération du nez ratée qui l'a laissé avec une cicatrice et un sentiment d'infériorité.
L'ascension d'un prodige
Dès son plus jeune âge, Roy Cohn a montré des aptitudes pour le droit. Son père l'emmenait assister à des procès et discutait avec lui des affaires qu'il devait juger. À dix ans, Roy était déjà doué pour trouver des arguments, des failles et des angles d'attaque. Après avoir obtenu son diplôme de droit, il est devenu l'assistant du sénateur McCarthy, le pourfendeur du communisme.
L'Ère McCarthy et l'Affaire Rosenberg
En 1950, à seulement 23 ans, Roy Cohn s'est impliqué dans la traque obsessionnelle des communistes menée par le sénateur McCarthy. Il adorait McCarthy et s'accrochait à cette mission qui le réjouissait. Il s'est fait connaître pour son rôle dans l'affaire Rosenberg. Soupçonnant Ethel et Julius Rosenberg d'espionnage, Cohn a menacé le frère d'Ethel, David Greenglass, de la chaise électrique s'il ne dénonçait pas sa sœur et son mari. Greenglass a cédé et a signé tout ce qu'on voulait. Julius fut condamné à mort. Ethel, mère de deux enfants, a priori ne risquait pas la mort, ça ne se faisait pas, mais lors du procès, le jeune Roy s'est acharné, a menacé, pointé du doigt, insulté, et a plaidé si bien son affaire qu'Ethel a elle aussi été condamnée à mort. Le jour de son exécution, Roy Cohn exultait. "C'était jouissif. Sa première éclatante "victoire"."
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Le petit juif n'a pas eu peur de faire exécuter ces deux espions juifs aussi, lui il s'en fout, de la religion, et ne veut surtout pas être considéré comme un représentant de la communauté, au contraire, il fait tout pour afficher qu'il ne fait pas partie de cette engeance. Il fait aussi tout pour se faire détester, puis craindre. Il se veut tout puissant. Personne ne lui résistera. Nie - Floue - Mens - Nie - Mens - Tout s'achète, tout se vend. Les juges, les journalistes, les politiques, les syndicalistes, les mafieux, les hommes d'église, les filles - Si c'est illégal, fais-le quand même - Tu t'en fous de la loi, il suffit de savoir qui est le juge - Transgresse - Hurle - Brutalise - Mords - Sans pitié - Sans vergogne - sans honte. Voilà, tout est dit.
Le procès et l'exécution des Rosenberg ont marqué un tournant dans la carrière de Cohn et ont contribué à forger sa réputation d'avocat impitoyable et sans scrupules.
La chute de McCarthy et la reconstruction
McCarthy va ensuite tomber en disgrâce en raison de ses accusations calomnieuses : l’Amérique entière prend conscience qu’il s’agissait ni plus ni moins que d’une chasse aux sorcières. Roy Cohn, étonnamment, ne pâtit guère du désaveu de son acolyte et poursuit une route qui l’amènera à devenir l’un des plus influents entremetteurs des sphères de pouvoir new-yorkaises - un « power broker », littéralement un « courtier en pouvoir ».
Malgré la controverse entourant son travail avec McCarthy, Cohn a réussi à rebondir et à se construire une carrière lucrative en tant qu'avocat à New York.
Roy Cohn et Donald Trump: Une Alliance Controversée
C'est dans les années 1970 que Roy Cohn a rencontré Donald Trump, alors un jeune promoteur immobilier ambitieux. Cohn a rapidement pris Trump sous son aile et est devenu son mentor. Il "fera" le jeune Trump roi de l'immobilier new-yorkais, et s'il n'est plus là pour assister à son accession à la Maison Blanche, la progression de son fils adoptif ne l'aurait pas étonné plus que ça - avec un si bon prof Trump applique à la lettre les conseils de son mentor. Il lui a enseigné ses méthodes agressives et sans scrupules, qui ont permis à Trump de se faire un nom dans le monde impitoyable de l'immobilier new-yorkais.
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Selon l'auteur Sam Roberts, l'influence essentielle de l'ancien bras droit de McCarthy sur Trump tient en trois principes : « Premièrement, ne transigez jamais, n'abandonnez jamais ; deuxièmement, contre-attaquez immédiatement ; troisièmement, peu importe ce qui arrive, peu importe à quel point vous êtes dans la mouise, revendiquez toujours la victoire. » Ce que la chroniqueuse mondaine Liz Smith résume ainsi : « Donald a perdu tous ses repères moraux à partir du moment où il s’est allié à Roy Cohn. »
L'affaire de discrimination raciale
En 1973, Trump a été accusé de discrimination raciale dans ses pratiques de location immobilière. Roy Cohn a défendu Trump avec succès, en utilisant des tactiques agressives et en refusant de reconnaître les torts de son client. Cette affaire a marqué le début d'une longue et fructueuse collaboration entre les deux hommes.
L'ascension de Trump et l'influence de Cohn
Pendant des années, Roy Cohn a conseillé Donald Trump sur ses affaires immobilières, ses relations publiques et ses problèmes juridiques. Il a aidé Trump à obtenir des abattements fiscaux, à négocier des contrats et à intimider ses adversaires. L'influence de Cohn sur Trump était telle que beaucoup considéraient Trump comme un "fils spirituel" de Cohn.
Vie Personnelle et Décès
Outre sa carrière professionnelle controversée, Roy Cohn menait une vie personnelle tumultueuse. Autre détail : Roy Cohn mêne une vie de haut luxe et de patachon, s'entourant de grands Ricains jeunes blonds et musclés, en amants durables ou de passage. Il est fourré tous les soirs au Studio 54. Tout le monde sait qu'il est homo mais chut, ça n'existe pas. Avec son premier grand blond, Schine, l'amant, et Mc Carthy, homosexuel aussi, ils font des virées, traquent un coco ou deux, disparaissent dans un palace à la montagne, dans un yacht en Floride, rentrent à New York en retard pour des procès que Roy remporte haut la main quand même. Il a pour client l'archevêque de New York, encore un homo, sans parler de Hoover qu'il adore Et avec tout ça, il passe sa vie à accuser d'homosexualité tous ses adversaires, que ce soit vrai ou faux, ruinant leur vie, les humiliant en public, en poussant certains au suicide - et s'en réjouissant après. Pas de communistes et pas de dépravés, il faut nettoyer la chère société américaine, et il s'y emploie avec un malin plaisir.
La maladie et la mort
Début des années 80, son jeune vieil amant (le 2ème ou 3ème grand blond durable de son tableau de chasse) est en train de mourir du sida, ce "cancer gay" méconnu qui fait peur et qu'on ne veut pas nommer. Roy Cohn, pas chochotte, devine que lui aussi est touché, et voyant le déclin de son vieux complice, peut admirer ce qui va advenir de lui. Quand Trump comprend que son mentor fidèle est touché par cette infernale maladie, tout en courage, il s'en éloigne et ne communique plus que rarement avec lui, via le téléphone. Enfin une trahison qui fera du mal à Cohn. Mais quand les gays new-yorkais réclament les mêmes droits que les autres, notamment au niveau du logement, c'est un Roy Cohn déjà affaibli par la maladie qui le ronge, les poumons atrophiés et les jambes flageolantes, qui réendosse son costard de salaud et lutte sang et eau contre le gentil projet de loi que le maire s'apprête à signer. Il le harcèle tant et tant - aidé par l'archevêque son ami (de partouzes gay), que l'autre finit par abandonner. Pourri jusqu'à son dernier jour, le gaillard. On tremble en se mettant à la place de ses proies. C'est éprouvant. On a parfois un peu de compassion pour lui, mais comme dit l'auteur, il faut se souvenir de tout le mal qu'il a répandu autour de lui, et l'arrogance de son auto-satisfaction Philippe Corbé a fini son livre en 2020, avant d'avoir les résultats des élections de novembre 2020 où Trump a été battu, allelluiah. Qu'aurait dit Roy Cohn de cette défaite, de l'invasion du Capitole, et de l'internet, ce nouveau jouet qu'il aurait adoré utiliser C'est que Trump a bien pris le relai, et tudieu comme il a fait siennes les recommandations de son maestro !
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Roy Cohn est décédé du sida en 1986, laissant derrière lui un héritage complexe et controversé.
Héritage et Représentations Culturelles
Roy Cohn reste une figure marquante de l'histoire américaine, symbole d'une époque de peur, de manipulation et d'ambition démesurée. Son influence sur Donald Trump est indéniable, et ses méthodes continuent d'être utilisées par certains avocats et politiciens aujourd'hui.
Angels in America
Roy Cohn est un personnage central de la pièce de théâtre "Angels in America" de Tony Kushner, qui explore la crise du sida et les enjeux politiques et sociaux de l'Amérique des années 1980. La pièce dépeint Cohn comme un homme brutal, serpentin, vulgaire et maléfique, mais aussi comme une figure tragique, hantée par ses propres démons.
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