Robert Surcouf, né à Saint-Malo le 12 décembre 1773 et décédé dans la même ville le 8 juillet 1827, est une figure emblématique de la course française. Corsaire redouté de la marine anglaise, il a marqué l'histoire par ses nombreux exploits maritimes dans l'océan Indien, mais aussi par sa vie de famille.

Une famille d'armateurs et de corsaires

Robert Surcouf est le fils de Charles-Ange Surcouf de Boisgris, né le 2 août 1739 à Saint-Malo et décédé le 18 janvier 1818, et de Rose-Jeanne-Julienne Truchot de la Chesnaie, née le 29 août 1746 et décédée le 25 janvier 1825. Charles-Ange et Rose se sont mariés le 21 août 1764. Robert est le troisième d'une famille de cinq enfants. Du côté paternel, il est le petit-fils de Robert Surcouf de Maisonneuve, capitaine du corsaire Aimable sous Louis XIV. Du côté maternel, il est un parent éloigné de René Duguay-Trouin, autre figure célèbre de la course malouine. Héritier d’une lignée « ancienne, riche et justement considérée dans ce pays », Surcouf est destiné à une vie maritime dès son plus jeune âge.

Une jeunesse aventureuse

Dès son jeune âge, Robert se distingue par son fort caractère et son désir ardent de naviguer. Afin de canaliser le tempérament de leur fils, ses parents décident de l’envoyer en pension à Dinan auprès d’un prêtre. Cependant, le jeune Robert, alors âgé de 13 ans, fugue de sa pension en mordant le mollet du prêtre chargé de sa garde.

Le 3 mars 1789, il s'engage comme volontaire à bord de l'Aurore, un vaisseau de 700 tonneaux faisant route vers les Indes. C’est au cours de cette expédition que Surcouf gagne ses premiers galons, faisant preuve de courage et d'initiative lors d'une tempête où il sauve des marchandises et des esclaves. Il rentre finalement au pays et accoste à Saint-Malo au début de l’année 1792.

L'ascension d'un corsaire

En 1792, la France est en pleine crise interne et doit faire face aux attaques anglaises. Surcouf, désireux d’en découdre avec les Anglais, s’embarque le 27 août 1792 pour défendre la route des Indes. Il sert sous les ordres de Tréhouart de Saint-Malo sur le navire La Cybèle.

Lire aussi: Maternité Robert Debré : Inscription

En 1796, à seulement 23 ans, Surcouf prend le commandement du navire le Cartier. Il fait preuve d'une audace démesurée en abordant un navire anglais possédant 26 canons et 150 marins. Il utilise la ruse en hissant un pavillon britannique pour s'approcher de l'ennemi et lance un assaut surprise.

En 1800, Surcouf commande « La Confiance », navire de 24 canons et de 160 marins. Le 7 octobre, il affronte et capture l'imposant vaisseau anglais Kent, malgré l'infériorité numérique et matérielle de son navire. Cette victoire lui vaut une grande renommée et une prime est offerte par l'Amirauté britannique pour sa capture.

En 1801, la paix d'Amiens est signée et Surcouf rentre en Bretagne où il épouse Marie-Catherine Blaize de Maisonneuve, fille d’un armateur malouin, le 28 mai à Saint-Malo.

Le retour à la mer et la légende

Après une pause de six ans, Surcouf reprend la mer en 1807 sur son nouveau navire « Le Revenant », un bâtiment de 20 canons et 400 tonneaux. De retour aux Indes, il capture une quinzaine de navires ennemis en quelques mois.

Une anecdote célèbre illustre son esprit : alors qu’un officier britannique lui dit « Vous, Français, vous vous battez pour l’argent », Surcouf rétorque « Chacun de nous se bat pour ce qui lui manque le plus ».

Lire aussi: L'humanisme photographique de Doisneau

La vie d'armateur et la fin de vie

Surcouf rentre finalement en France et poursuit son métier d’armateur. Il s’éteint paisiblement le 10 avril 1827, continuant jusqu’au terme de sa vie à vivre de sa passion maritime en armant des navires. Il est inhumé dans le cimetière de Saint-Malo, près de son père et de sa mère.

Les enfants de Robert Surcouf

Le corsaire Robert Surcouf a eu huit enfants de son union avec Marie-Catherine Blaize de Maisonneuve : cinq garçons et trois filles. Adolphe, l'un de ses fils, fit construire au XIXe siècle le château du Haut-Mesnil, au Tronchet.

La descendance de Surcouf aujourd'hui

Les descendants directs portant le nom de Surcouf sont aujourd'hui peu nombreux. Patrick Fournel, passionné de généalogie, a recensé un descendant vivant aux États-Unis, fils d’Antoine Surcouf, originaire d’Algérie. Il est issu de la branche de la troisième fille Surcouf, Marie-Pauline, et fait partie d’une famille de neuf enfants.

Patrick Fournel a créé en 1997 l’Association des Descendants de Robert Surcouf le Corsaire, qui a compté jusqu'à 200 membres. Il possède également un coffret de voyage ayant appartenu à Surcouf, qu'il est prêt à confier au futur Musée d’histoire maritime de Saint-Malo.

Pierre-Yves Surcouf, descendant du frère cadet de Robert, Noël, est copropriétaire du château du Haut-Mesnil. Il porte avec fierté le nom de Surcouf, reconnaissant son importance dans l'histoire.

Lire aussi: Votre guide de l'École Maternelle Moulin Fleuri

Thierry Juin de Faucal, généalogiste, a recensé de nombreux descendants de Robert Surcouf, ainsi que des personnes revendiquant cette ascendance.

tags: #robert #surcouf #enfants #nombre

Articles populaires: