L'accouchement par voie basse après une césarienne (AVAC) est un sujet de discussion complexe, suscitant des débats passionnés au sein de la communauté médicale et parmi les futurs parents. Alors que certains professionnels de la santé mettent en avant les risques potentiels d'un AVAC, d'autres soulignent les avantages d'un accouchement vaginal, tant pour la mère que pour le bébé. Cet article vise à explorer en profondeur les risques et les avantages associés à l'AVAC, en s'appuyant sur les données scientifiques disponibles et les recommandations des experts.
Comprendre l'AVAC
L'AVAC est une option pour les femmes ayant déjà subi une césarienne et qui souhaitent accoucher par voie basse lors d'une grossesse ultérieure. Cette approche offre la possibilité de vivre une expérience d'accouchement plus naturelle, tout en évitant potentiellement les complications associées à une nouvelle césarienne. Cependant, il est essentiel de comprendre que l'AVAC n'est pas une option appropriée pour toutes les femmes et nécessite une évaluation approfondie des risques et des avantages individuels.
Les Avantages Potentiels de l'AVAC
Réduction des Risques Chirurgicaux
La césarienne est une intervention chirurgicale majeure qui comporte des risques inhérents, tels que les infections, les hémorragies, les lésions des organes et les complications liées à l'anesthésie. L'AVAC permet d'éviter ces risques potentiels, offrant ainsi une alternative moins invasive pour la mère.
Rétablissement Plus Rapide
Les femmes qui accouchent par voie basse ont généralement un rétablissement plus rapide que celles qui subissent une césarienne. Elles peuvent reprendre plus rapidement leurs activités quotidiennes, y compris les soins à leur nouveau-né. La période de convalescence après une césarienne est relativement longue. Après avoir subi cette intervention, la femme doit éviter de faire des efforts physiques durant plusieurs semaines, cela signifie donc qu’elle ne pourra par exemple pas porter son bébé.
Avantages pour le Bébé
L'accouchement vaginal joue un rôle crucial dans la maturation finale du fœtus et le prépare à la vie dans le monde extérieur. Pendant l’accouchement, le fœtus est soumis à de fortes pressions : contractions de l’utérus et passage dans le bassin, le col et le vagin. Ces pressions déclenchent, de la part du fœtus, la sécrétion d’hormones, de type adrénaline, identiques à celles que nous produisons en cas de frayeur ou de sentiment de danger. De plus, les pressions subies par le fœtus massent les poumons, facilitent l’expulsion du liquide amniotique (le liquide dans lequel baigne le fœtus) qu’ils contiennent, et favorise leur maturation.
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Les bébés nés par voie basse bénéficient également d'une exposition à la flore vaginale de leur mère, ce qui contribue à établir une flore intestinale saine. De nombreuses études ont montré un lien entre la naissance par césarienne programmée et l’apparition de troubles allergiques pendant l’enfance, en particulier les allergies alimentaires et les rhinites allergiques. Cette observation est peut-être à rapprocher du fait que la flore intestinale des bébés nés par césarienne programmée est différente de celle des bébés nés par les voies naturelles (probablement parce que seuls ces derniers ont été en contact avec la flore vaginale de leur mère).
De plus, le processus du travail et de l’accouchement vaginal favorise une connexion profonde et intuitive entre maman et bébé. L’expérience de la naissance, avec ses sensations physiques et émotionnelles, renforce le lien affectif dès les premiers instants de la vie du bébé. Cette connexion contribue à une transition plus douce vers la maternité et diminue les risques de dépression du post partum.
Satisfaction Personnelle
Pour de nombreuses femmes, accoucher de manière naturelle est très important sur le plan mental. L’avis personnel de la femme ou du couple sur le fait que leur progéniture doit naître de manière naturelle ou par césarienne est très important. Un AVAC réussi peut apporter un sentiment d'accomplissement et de satisfaction personnelle, renforçant la confiance en soi et l'estime de soi de la mère. Accoucher par voie basse peut rester une grande frustration après un accouchement par césarienne, voire un sentiment de culpabilité. Et puis cette dernière comporte des risques. Si une voie basse est possible, pourquoi ne pas tenter ?
Les Risques Potentiels de l'AVAC
Rupture Utérine
Le risque le plus souvent cité en relation avec l'AVAC est la rupture utérine, une complication grave qui peut mettre en danger la vie de la mère et du bébé. La rupture utérine se produit lorsque la cicatrice de la césarienne précédente se déchire pendant le travail. Cependant, il est important de noter que le risque absolu de rupture utérine est relativement faible, se situant généralement autour de 0,5 à 1 %. Question de précaution : dès lors que l’utérus a été incisé, il y a un risque de rupture utérine. Pendant le travail, la cicatrice utérine peut en effet céder sous l’ampleur des contractions. D’autant plus que les fibres élastiques de la peau sont beaucoup moins souples sur cette zone. La rupture de l’utérus provoque une hémorragie et les conséquences pour le bébé, privé de son apport en oxygène, peuvent être irréversibles.
Césarienne d'Urgence
Malgré une planification minutieuse, il est possible qu'une femme tentant un AVAC doive finalement subir une césarienne d'urgence en raison de complications survenant pendant le travail. Les raisons d'une césarienne d'urgence peuvent inclure un travail qui ne progresse pas, une détresse fœtale ou une rupture utérine. Si vous tentez un AVAC, vous avez environ 70% de chances d'accoucher par voie basse, et environ 30% de chances de subir une césarienne en cours de travail. Bien sûr, personne ne peut vous garantir que cette tentative ne finira pas en césarienne d'urgence… mais c'est vrai de tous les accouchements.
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Autres Risques
Bien que moins fréquents, d'autres risques potentiels associés à l'AVAC comprennent les infections, les hémorragies et les complications liées à l'accouchement vaginal, telles que les déchirures périnéales et les lésions nerveuses. Une complication de l’accouchement vaginal pour le bébé est le risque de blessure des nerfs qui envoient des signaux de la moelle épinière à l’épaule, au bras et à la main. Après la naissance, il y a un risque de douleur du périnée.Il existe aussi un risque augmenté de fuites urinaires au cours des deux années qui suivent. Une rééducation du périnée est nécessaire pour éviter ses fuites.
Facteurs Influant sur le Succès de l'AVAC
Plusieurs facteurs peuvent influencer les chances de succès d'un AVAC, notamment :
- Antécédents Obstétricaux: Les femmes ayant déjà accouché par voie basse avant leur césarienne ont de meilleures chances de réussir un AVAC. De même, si vous avez eu un tout premier accouchement par voie basse avant votre césarienne, cela augmente les chances de réussite de votre AVAC.
- Raison de la Césarienne Précédente: Si la césarienne précédente était due à une condition non récurrente, telle qu'un bébé en siège, les chances de succès de l'AVAC sont plus élevées.
- Nombre de Césariennes: Les femmes ayant subi plusieurs césariennes ont un risque plus élevé de rupture utérine et peuvent ne pas être candidates à l'AVAC. Vous n’avez eu qu’une seule césarienne. Un accouchement par voie basse est possible lorsque l’utérus est uni-cicatriciel, ce qui signifie que la femme enceinte n’a subi qu’une seule césarienne. Il faut savoir qu’après deux césariennes, le taux de complications augmente considérablement.
- Temps Écoulé Depuis la Césarienne: Il est recommandé d'attendre au moins 18 mois entre la césarienne et la conception d'une nouvelle grossesse pour permettre à la cicatrice utérine de guérir complètement. La première césarienne date de plus d’un an. Il faut laisser le temps à l’utérus de bien cicatriser. Si votre accouchement par césarienne date d’il y a au moins un an.
- État de Santé Général: Les femmes ayant des problèmes de santé sous-jacents, tels que l'hypertension ou le diabète, peuvent ne pas être candidates à l'AVAC.
- Déclenchement du Travail: Le déclenchement artificiel du travail augmente le risque de rupture utérine et doit être évité si possible. Le travail a démarré spontanément. Dans ce cas, le risque de rupture utérine est de 0,5 % alors qu’il est doublé si l’accouchement est déclenché. Mais là encore, pas de panique, tout dépend du produit qui est utilisé. Selon le Collège national des gynécologues-obstétriciens, les prostaglandines, tout comme le misoprostol sont associées à une augmentation significative du risque de rupture utérine. Le déclenchement sur un utérus cicatriciel par gel de prostaglandines ou par ocytocine augmente les risques de rupture utérine.
- Poids du Bébé: Un bébé de poids élevé peut augmenter le risque de complications pendant l'AVAC.
Préparation à l'AVAC
Une préparation adéquate est essentielle pour maximiser les chances de succès d'un AVAC et minimiser les risques potentiels. Cette préparation comprend généralement :
- Consultations Approfondies: Discutez de vos antécédents obstétricaux et de vos souhaits avec votre médecin ou votre sage-femme. Un AVAC est-il dangereux ? plus récente sur l'AVAC. La réponse tient dans la question : pourquoi ne pas tenter un AVAC ? d'accoucher par voie basse. et environ 30% de subir une césarienne en cours de travail. après une césarienne mais aussi après deux césariennes [3] [4]. en cas d'utérus cicatriciel [5]. possible/encouragée, ou recommandation de césarienne programmée). césariennes. En revanche, à partir de trois césariennes, elle recommande une césarienne programmée. pour maximiser les chances de réussir un AVAC et limiter les risques. une pelvimétrie. basse ». césarienne pour disproportion céphalo-pelvienne, 2 femmes sur 3 réussiront leur AVAC. examen ne permet à ce jour d'apprécier la solidité de la cicatrice utérine ». précautions. externe continu. utérine pour vérifier l'état de la cicatrice utérine. en tâtant, l'intégrité de la cicatrice. (c'est-à-dire, si le placenta est entier, et sans hémorragie). induire des risques d'infection. la mère. En premier lieu, vous ne devez tenter un AVAC qu'entourée d'une équipe médicale. de préparer un AVAC dans une maternité de niveau 3. contribue au succès de votre AVAC. les gynécologues sur la manière de gérer un AVAC. de caractère obligatoire. permettront pas le moindre écart au protocole. en permanence pourrait être enclin à attendre un peu plus longtemps pour voir l'évolution du travail. Il vous faut donc tout d'abord reprendre confiance en vous… là où un premier s'est trouvé bloqué. afin de comprendre les mécanismes qui entrent en jeu lors d'un accouchement. La confiance que vous portez dans votre capacité à accoucher par voie basse peut augmenter vos chances de réussite. Vous devez également avoir confiance dans votre bébé. une personne qui vous rassurera sur votre capacité à accoucher par voie basse. premières contractions. maternité) favorise la baisse de votre stress et peut contribuer à un meilleur avancement du travail. maternité. qu'un début de travail n'est pas plus risqué à la maternité qu'à la maison. vous demanderont de venir dès les premières contactions. N'hésitez pas à vous réapproprier votre accouchement. vous souhaitez, à ce que vous ne souhaitez pas, et discutez-en avec votre gynécologue. meilleures seront vos chances. ocytocine augmente les risques de rupture utérine. effectué par ballon transcervical. d'accouchement-, d'autres laissent une semaine de plus) ? ou césarienne itérative ? césarienne en cours de travail), risque augmenté d'extraction instrumentale. "relancer" le travail, cela augmente le risque de rupture utérine. sous péridurale. Deux écoles s'affrontent. dans la péridurale, lequel met quelques minutes à agir. générale. En 2012, [5] propose que les accouchements par voie basse après plusieurs césariennes soient rendus possibles. pour obtenir leur accord et construire, avec elles, votre projet d'accoucher par voie basse après deux (ou plus) césariennes. précèdent. Personne ne peut vous garantir que votre tentative d'AVAC ne finira pas en césarienne… mais c'est vrai pour tous les accouchements !
- Évaluation Médicale Complète: Subissez un examen physique et une évaluation de vos antécédents médicaux pour identifier les facteurs de risque potentiels.
- Éducation et Préparation: Informez-vous sur le processus de l'AVAC, les signes de complications et les options de gestion de la douleur. Nous vous encourageons à vous documenter sur ce qu'est un accouchement physiologique, par exemple sur le site de l'Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté (AFAR) ou sur le Portail Naissance afin de comprendre les mécanismes qui entrent en jeu lors d'un accouchement.
- Soutien Émotionnel: Entourez-vous d'un réseau de soutien composé de votre partenaire, de votre famille et de vos amis.
- Choix de la Maternité: Accouchez dans une maternité équipée pour gérer les complications potentielles de l'AVAC, y compris la rupture utérine. Il est important qu'un certain temps passe entre votre accouchement par césarienne et votre accouchement par voie basse afin que votre utérus soit bien cicatrisé. De même, si vous avez eu un tout premier accouchement par voie basse avant votre césarienne, cela augmente les chances de réussite de votre AVAC. Vous êtes en train de réfléchir à la manière dont vous souhaitez donner naissance à votre bébé ? Ou peut-être avez-vous simplement envie d’en savoir plus sur les différentes options possibles ? Dans tous les cas, vous êtes au bon endroit. Aujourd’hui, on vous dit tout sur la césarienne (aussi appelée césarienne programmée ou accouchement abdominal), en la comparant avec l’accouchement par voie basse. Le but ?
- Rédaction d'un Plan de Naissance: Préparez un plan de naissance détaillé décrivant vos préférences en matière de gestion de la douleur, de surveillance fœtale et d'interventions médicales. Vous n'êtes pas obligée de préparer un AVAC dans une maternité de niveau 3.
Surveillance Pendant le Travail
Une surveillance étroite pendant le travail est essentielle pour détecter rapidement les signes de complications et intervenir si nécessaire. Cette surveillance peut comprendre :
- Monitoring Fœtal Continu: Surveillance continue du rythme cardiaque fœtal pour détecter les signes de détresse. Vous pourrez vous voir proposer un monitoring interne (capteur placé sur le muscle utérin, une fois la poche des eaux percée), ou un monitoring externe continu.
- Surveillance des Contractions: Surveillance de la fréquence, de la durée et de l'intensité des contractions utérines. Un accouchement par voie basse après une césarienne est étroitement surveillé en raison du risque de rupture utérine. Cette complication se manifeste par différentes anomalies pendant le travail : une altération du rythme cardiaque, des saignements, la présence de fortes douleurs dans le bas-ventre malgré la péridurale. Dans certaines maternités, on utilise la tocométrie interne pour surveiller l’intensité des contractions. Cette technique consiste à placer des capteurs dans l’utérus afin de mesurer les contractions.
- Évaluation de la Progression du Travail: Évaluation régulière de la dilatation du col de l'utérus et de la descente du bébé dans le bassin.
- Surveillance de la Cicatrice Utérine: Surveillance attentive de la cicatrice utérine pour détecter les signes de rupture, tels que des douleurs abdominales soudaines ou des saignements vaginaux. Après l'accouchement, certains gynécologues souhaitent effectuer une révision utérine pour vérifier l'état de la cicatrice utérine. En réalité, l'utilité de ce geste est discutable dans le cas général (c'est-à-dire, si le placenta est entier, et sans hémorragie). En effet, ce geste permettrait de détecter une déhiscence utérine, sans symptômes apparents, pour laquelle l'abstention thérapeutique sera décidée car elle cicatrisera toute seule : on peut donc se demander l'intérêt de détecter une telle déhiscence, puisqu'on ne fera rien - sachant que par ailleurs la révision utérine peut induire des risques d'infection. De plus, ce n'est pas un geste agréable pour la maman.
Alternatives à l'AVAC
Pour les femmes qui ne sont pas candidates à l'AVAC ou qui préfèrent ne pas prendre le risque d'une rupture utérine, la césarienne programmée est une alternative sûre et efficace. La césarienne programmée permet de planifier l'accouchement à l'avance, réduisant ainsi le risque de complications liées à un travail imprévisible. On parle de césarienne itérative lorsque cette intervention a déjà été pratiquée chez une femme enceinte au cours de sa précédente grossesse. Cette seconde césarienne se déroule comme la première. La femme enceinte est placée sous anesthésie. Une incision est réalisée de son abdomen à son pubis.
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