L'histoire de Richard Roman est indissociable de l'affaire Céline Jourdan, un crime atroce qui a secoué la France entière. Acquitté du meurtre de la fillette, Richard Roman n'a jamais réussi à se défaire du poids de cette accusation. Sa vie, déjà marquée par des troubles psychologiques et une marginalité assumée, a été définitivement brisée par cette affaire.
Le Meurtre de Céline Jourdan et l'Inculpation de Richard Roman
Le 26 juillet 1988, Céline Jourdan, une fillette de 7 ans, disparaît à La Motte-du-Caire, un petit village des Alpes-de-Haute-Provence. Le lendemain, son corps est retrouvé près d'un torrent. Elle a été violée, étranglée et son crâne a été fracassé avec une pierre. L'horreur du crime suscite une vive émotion dans le village et dans tout le pays.
Rapidement, les soupçons se portent sur deux hommes : Didier Gentil, un jeune homme simple d'esprit hébergé par Richard Roman, et Richard Roman lui-même. Didier Gentil avait été aperçu en compagnie de Céline quelques heures avant sa disparition. Richard Roman, quant à lui, était un marginal vivant en rupture avec la société, surnommé "l'Indien" en raison de son mode de vie et de son apparence. Il vivait dans une bergerie qu'il avait rachetée, sur un coin de colline, au bout d'un sentier escarpé, au lieu-dit "Les Plaines". Il avait 29 ans, le cheveu long et le regard pâle. Il avait déjà fait des séjours en hôpital psychiatrique pour ses "bouffées délirantes". Aux Plaines, il trouvait un équilibre. Elève des chèvres, monte un tipi. Il porte un pagne, marche parfois pieds nus. En bas, au village, on le surnomme "l'Indien".
Didier Gentil avoue le viol de Céline, mais accuse Richard Roman du meurtre. Richard Roman, après avoir nié, finit par avouer le crime lors de sa garde à vue, avant de se rétracter le lendemain. Malgré sa rétractation, Richard Roman est inculpé et incarcéré.
Un Instruction Chaotique et un Procès Médiatisé
L'instruction de l'affaire est chaotique, marquée par la succession de cinq juges d'instruction en deux ans. En juillet 1990, le dernier magistrat prononce un non-lieu en faveur de Richard Roman, estimant qu'il n'existe pas de charges suffisantes pour l'inculper. Richard Roman est libéré après 27 mois de détention provisoire.
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Cette libération suscite l'indignation de la presse et de l'opinion publique, convaincues de la culpabilité de Richard Roman. Les avocats de la partie civile font appel, et la chambre d'accusation ordonne un supplément d'information et annule le non-lieu. Richard Roman est renvoyé devant la cour d'assises et placé à nouveau en détention en avril 1991.
Le procès s'ouvre le 30 novembre 1992. Lors des audiences, des témoins se rétractent, affirmant avoir menti sous la pression des gendarmes ou par solidarité avec la famille de la victime. Didier Gentil revient également sur ses déclarations et assume seul le crime. Le procureur de la République demande l'acquittement de Richard Roman.
L'Acquittement et ses Conséquences
Le 17 décembre 1992, Richard Roman est acquitté du meurtre de Céline Jourdan. Didier Gentil est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Malgré son acquittement, Richard Roman ne parvient pas à se reconstruire. Il est rejeté par la société, stigmatisé par l'accusation d'avoir tué Céline Jourdan. Il souffre de troubles psychologiques et est interné à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique.
Richard Roman s'installe à Annecy, où il vit une vie marginale, auprès de sa mère, Annie. Il se faisait appeler Joseph. Son deuxième prénom, celui de son grand-père maternel jamais connu. Le premier était devenu trop lourd à porter. Il héberge des marginaux de passage, aimait prier dans les églises de la ville, Saint-François d'Assise, Notre-Dame de la Liesse, la cathédrale Saint-Pierre. Le soir, il laissait courir son chien dans les parcs. "Il ne prenait jamais le bus ou le train, il n'aimait pas, raconte Michèle Catella, une de ses anciennes amies. Il avait besoin d'espace. "On s'entendait bien, il était affectueux, explique la vieille dame, âgée de 85 ans. Il avait besoin de mon aide." Richard allait déjeuner chez elle tous les jours, lui apportait un bouquet de fleurs sauvages. Elle prenait soin de son linge. Il se faisait appeler Joseph.
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Quelques jours avant sa mort, il avait envoyé plusieurs lettres, à sa famille, ses amis. Des lettres confuses. Il n'allait pas très bien. "Il ne suivait pas bien son traitement. Il souffrait de bouffées délirantes, c'est une maladie cousine de la schizophrénie, explique doctement sa mère, ancienne infirmière. Le dispensaire où il recevait ses soins avait déménagé. Il refusait d'y aller. J'aurais aimé qu'on puisse l'obliger à se soigner." Trois semaines plus tôt, la police lui avait retiré Mila, sa chienne qu'il s'obstinait à promener sans laisse ni collier. Une fois, il avait installé deux canards dans sa baignoire. "Richard était sans conventions. Cela peut être pénible pour son entourage, reconnaît Annie Roman. Hors norme, hors monde, Richard Roman pouvait effectivement être pénible à vivre.
Une Fin Tragique
Le 23 juin, Richard Roman est retrouvé mort à son domicile à Clarafond près d'Annecy. L'autopsie révèle qu'il a absorbé un mélange de médicaments et de stupéfiants. Il avait 49 ans.
Sa mort met fin à une vie brisée par une affaire judiciaire retentissante. Richard Roman, acquitté mais jamais innocenté, est mort en marge de la société, emportant avec lui les secrets d'une affaire qui continue de hanter les mémoires. L’innocenté n’a jamais pu être innocent. Son corps a été retrouvé chez lui à Clarafond, en Haute-Savoie. Richard Roman est mort à l'âge de 49 ans à Clarafond près d'Annecy le 23 juin. D'après l'autopsie, il aurait ingurgité une “association fatale de médicaments et de produits stupéfiants”.
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