Amis lecteurs, dans le tumulte de la vie moderne, l'idée de se retirer à la campagne et d'envier la vie apparemment simple d'une poule peut sembler séduisante. Cependant, il est crucial de reconnaître que les gallinacés sont des êtres dotés de comportements sociaux complexes et d'une intelligence souvent sous-estimée. Cet article explore en profondeur la vie des poules et de leurs poussins, en s'appuyant sur des recherches scientifiques et des observations détaillées.
La Vie Sociale des Poules : Hiérarchie et Communication
La poule vit en groupe, et comme tout groupe, elle a besoin d'un leader autour duquel se fédérer. À l'état sauvage, les groupes sont généralement composés de 20 à 25 individus femelles autour d'un mâle dominant. On trouve ainsi des poules dominantes et des poules soumises. Pour établir les différentes classes sociales, de nombreux critères entrent en compte comme l’aspect physique (beauté du plumage, taille) mais aussi l’ancienneté. Une poule présente depuis plus longtemps dans le groupe aura eu le temps d’asseoir sa position et d’acquérir le respect et la loyauté de ses congénères. En revanche, une poule trop âgée et en moins bonne condition physique pourra se voir reléguée au rang de subalterne.
Les poules dominantes possèdent de nombreux avantages : elles ont une priorité d’accès aux mangeoires, s’installent sur les lieux de ponte les plus confortables, sur les perchoirs les plus hauts etc. Certaines d’entre elles sont opportunistes et savent « se placer » en minaudant près du chef. Lors de la fondation d’un groupe ou de l’arrivée de nouveaux venus, la mise en place de la hiérarchie peut s’avérer cruelle. Il vaut mieux laisser faire tout en surveillant les débordements. Des attaques jusqu’au sang ou du cannibalisme doivent vous alerter. Il y a chez les gallinacés, ce qu’on appelle « la hiérarchie du bec ». Elles font leurs lois et établissent leur domination en s’infligeant des petits coups de bec sur la tête, le cou, parfois le cloaque ou s’arrachent quelques plumes.
Les poules ne sont pas censées s’infliger des blessures graves, cependant la vue du sang les excite. Certaines poules saignent légèrement du cloaque si la ponte a été difficile, ce qui peut donner envie aux autres de leur asséner des coups de bec ; c’est là, l’un des aspect du trouble comportemental que l’on nomme « piquage« . De la même façon, une poule blessée pourra subir l’acharnement de ses camarades exacerbées par la présence de sang. Il convient alors d’isoler la malheureuse quelques temps puis de la réintroduire de préférence après le coucher du soleil, quand l’agitation et le stress de la journée sont passés (ce conseil vaut aussi pour l’introduction de nouveaux individus). Si une poule dominante se montre particulièrement agressive, vous pouvez aussi faire le choix de la mettre à l’écart quelques jours, cela suffira sûrement à lui faire perdre sa place de chef et calmera son tempérament. Si vous constatez trop d’attaques violentes voire du cannibalisme, il y a peut-être des causes externes : un espace trop réduit, une nourriture insuffisante ou mal adaptée, un excès de parasites etc.
Outre une forme de langage par la position du corps et de la queue, elles disposent d’un panel d’environ une trentaine de sons différents.
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L'Intelligence des Poules : Bien Plus Qu'un "QI de Poule"
Les gallinacés ont toujours été dévalués sur le plan intellectuel, moqués et peu considérés. Qui n’a jamais entendu l’expression « avoir un QI de poule » pour désigner un simple d’esprit ? Or, l’intérêt accru pour la psychosociologie des volailles ces dernières années a révélé bien des surprises. De récentes études ont démontré que les poules posséderaient deux fois plus de neurones que les primates. Les nombreuses expériences menées ont pu mettre en évidence des capacités insoupçonnées jusque-là, comme la faculté de se repérer dans le temps et l’espace, l’apprentissage par l’observation, l’imitation mais aussi l’expérience (et donc des processus de mémorisation. Voir à ce sujet la courte vidéo du coq Anka). En effet, lorsqu’on déplace des objets sous leurs yeux derrière des panneaux opaques, la majorité des poussins se dirigent derrière le panneau où il y a le plus d’objets.
Les poules possèdent toutes les aptitudes nécessaires pour apprendre leur nom. "Une poule a des oreilles, elle entend, elle est capable d'apprendre, elle a de la mémoire", explique Cécile Arnould. Ces oiseaux peuvent mémoriser des informations et s'en rappeler pour réagir de façon appropriée. La spécialiste précise même que les poules sont capables de faire la différence entre deux voix qui prononcent la même phrase, ou entre deux phrases différentes dites par la même personne. Cette "discrimination de la parole" montre une finesse de perception étonnante chez ces animaux.
Même si cela n'a pas encore été prouvé scientifiquement, Cécile Arnould observe ce phénomène avec ses propres poules : "Si je les montre du doigt, que je les regarde et que je leur dis leur nom et que je leur donne un ordre simple, par exemple si je leur dis stop, elle s'arrête." Pour Basile, le conseil est simple : comme avec un chien, il faut passer du temps avec ses poules, les habituer à sa présence, et leur donner une récompense alimentaire quand elles répondent à leur nom. Avec de la patience et de la persévérance, il y a toutes les chances qu'une poule puisse apprendre à reconnaître son prénom !
L'Instinct Maternel : Un Dévouement Inconditionnel
La poule est en règle générale très concernée par le bien-être et l’éducation de ses poussins (même s’il existe des exceptions). Les scientifiques ont en effet pu mesurer une élévation du rythme cardiaque dans ces moment-là. Lorsqu’elle couve, elle ne quitte le nid que pour se nourrir brièvement et reprend sa place le plus vite possible. La communication avec sa progéniture semble basée essentiellement sur les stimuli sonores.
La poule semble dotée d’un système de reconnaissance vocale, elle est capable d’identifier les cris de ses poussins et inversement (ce qui leur permet de retrouver leur mère dans le noir ou s’ils se sont égarés dans le groupe). Le poussin est capable d’émettre des sons à travers sa coquille quelques temps avant l’éclosion et la poule lui répond. Le relation mère-enfant se créée donc déjà avant la naissance. Curieusement, ce lien très fort paraît rompu lorsque l’échange vocal n’est plus possible. Pierre Paul Grassé, un chercheur a placé un poussin sous une cloche de verre insonorisante. Le poussin poussait alors des cris de détresse que la poule ne pouvait percevoir. Bien que cette dernière visualisât son petit, elle y est restée totalement insensible.
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Après la naissance, maman poule va s’occuper de l’éducation de ses rejetons soigneusement et leur apprendre toutes les bases, notamment comment se nourrir, se repérer, éviter les prédateurs etc. Après 12 à 16 semaines elle va spontanément les repousser pour les forcer vers l’autonomie et reprendre le cours de son existence. Quelques expériences ont aussi démontré que la poule était capable de couver et d’élever les petits d’autres poules, d’autres races voire d’autres espèces (canard, oie). Il est très difficile de prévoir comment votre volaille va réagir face à des nouveaux-nés (qu’ils soient étrangers ou non). Son instinct maternel peut se déclencher tout comme elle peut avoir une réaction de rejet voire de défense. « Il peut arriver que des poules soient incapables d’avoir des poussins, car elles vont les attaquer systématiquement au moment de l’éclosion.
Ulisse Aldrovandi livre des pages très belles et très imagées sur le comportement maternel de la poule. Il décrit ainsi comment la poule gonfle son plumage pour offrir un refuge à ses poussins, les protégeant ainsi de la chaleur ou du froid. La description du comportement de la poule défendant fièrement sa progéniture face à une martre ou tout autre prédateur est, en même temps, lyrique et remarquablement exacte : Elles suivent leurs poussins avec un amour si grand que, à supposer qu’elles voient un animal nuisible […] en train de guetter leurs petits […], elles commenceront par les réunir pour les mettre à l’ombre ou à l’abri de leurs ailes et, comme les plus ardentes des protectrices, elles feront face en inspirant la peur aux ennemis par un très grand cri, se défendant elles-mêmes du bec et des ailes, à tel point qu’elles mourraient en défendant leurs poussins plutôt que de chercher le salut dans la fuite en les abandonnant à leurs ennemis.
L’auteur rapproche « l’abnégation », dont la poule fait part en de telles circonstances, du dévouement dont elle faire preuve lorsqu’en explorant son environnement elle n’ingère pas les graines qu’elle découvre mais les laisse à ses poussins après les leur avoir montrées de manière ostensible, ce qui décrit très fidèlement le comportement d’« offrande alimentaire ».
Le Comportement Paternel : Un Rôle Souvent Sous-Estimé
Que le comportement paternel ait été abordé par Ulisse Aldrovandi n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’éthologue, tant il est communément admis que les soins aux jeunes relèvent des prérogatives des femelles. Le coq est ici présenté comme un chef de famille attentionné, appelant les siens au repas. La vérité oblige à préciser que le comportement d’offrande alimentaire du coq, s’il est attesté dans la littérature récente, est souvent considéré également comme un comportement de cour, permettant au coq de s’accoupler ensuite avec les femelles qu’il a si gentiment invitées. Il ne s’agit sans doute pas de la meilleure preuve d’un engagement gratuit et désintéressé. D’autres observations indiquent également que de jeunes coqs d’un an peuvent s’associer avec une poule pour l’élevage des poussins dont ils ne sont pas les pères. Ce comportement, grâce auquel ils acquièrent une certaine expérience sociale, leur permet l’année suivante de s’apparier plus facilement avec la poule dont ils auront été le « chevalier servant ».
Ulisse Aldrovandi mentionne également le fait que des chapons, voire des coqs, peuvent parfaitement remplacer la poule pour élever des poussins. S’il ne fait aucun doute que les chapons peuvent s’occuper des poussins, ainsi qu’on va le voir, l’affirmation est sans doute plus incertaine s’agissant d’animaux non stérilisés.
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Le comportement paternel du coq a intéressé un certain nombre d’auteurs dès la première moitié du siècle dernier. À cette époque, le développement de l’élevage industriel des poules pondeuses a amené les éleveurs à considérer la couvaison comme un comportement indésirable puisqu’il provoquait une interruption durable de la production des œufs. Des chercheurs ayant mis en évidence un soubassement génétique à la tendance à la couvaison, il devenait pertinent d’étudier l’aptitude à la couvaison et au comportement parental (les deux, pensait-on, étant liés), chez les coqs aussi bien que chez les poules de différentes souches, afin de détecter les souches dont l’élevage industriel risquait d’être peu rentable.
Être une "Mère Poule" : Entre Protection et Surprotection
Couver ses enfants à outrance et trop longtemps n'est pas sans conséquences pour notre progéniture. Quand on parle de mère poule, cela renvoie à l'image d'une poule couvant ses œufs, c'est-à-dire "une mère surprotectrice au sens où elle couve trop fréquemment et trop longtemps en terme d'âge ses enfants" décrypte le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Vous avez tendance à devancer les désirs de votre enfant, désamorcer les conflits avant même qu'ils n'aient lieu, céder à ses volontés pour lui épargner toute frustration, et rechignez à le laisser jouer au parc, partir dormir chez un copain ou aller seul à l'école lorsqu'il est en âge de le faire ? Il est probable que vous soyez un brin mère poule sur les bords. "A ces éléments s'ajoutent souvent une inquiétude permanente et injustifiée sur ce qui pourrait arriver à l'enfant à chaque fois qu'il fait preuve d'autonomie" précise Stéphane Clerget.
Le manque d'expérience influe aussi sur cette surprotection maternelle. D'ailleurs, on lâche plus souvent de lest au petit dernier alors même qu'on était maman poule avec l'aîné. Les modèles que l'on a eu peuvent aussi jouer un rôle sur ce comportement "mère poule". Ainsi, ceux qui ont été élevés par un parent surprotecteur auront tendance à reproduire ce schéma. Etre trop mère poule limite notre enfant dans son autonomie en l'empêchant de faire ses propres expériences, de prendre des initiatives. Or, à force, il risque de ne pas développer certaines compétences - motrices ou psychiques - comme la curiosité intellectuelle ou en craignant d'aller vers les autres.
Les plus rebelles vont tout de même s'y risquer malgré leur anxiété, transmise par leurs parents, tout en ayant le sentiment que le monde est dangereux et qu'ils doivent constamment rester sur leurs gardes. L'enfant aura aussi plus de mal à gérer les conflits et la frustration, voire se mettre chouiner au moindre bobo ou contrariété. De même, il pourra manquer de confiance en lui, pensant que si ses parents font les choses pour lui, c'est qu'il n'en est pas capable. Résultat : il aura encore moins envie d'oser. De même, il arrive que ce comportement surprotecteur engendre chez l'enfant un syndrome d'hyperactivité, une forme de Tdha réactionnelle à l'environnement : "pour tenter de se libérer de sa mère continuellement sur son dos et anxieuse, il se montre très agité, opposant et hyperactif… Toutefois, on peut grandir avec une maman poule sans qu'il y ait forcément de conséquences néfastes rassure-t-il."N'étant ni dupes, ni complices, l'enfant peut s'appuyer sur sa personnalité et sur les autres membres de sa famille pour parvenir à s'autonomiser, à s'émanciper". Dans ce cas, il a appris à se protéger des angoisses de sa mère tout en conservant le bon côté des choses : elle est là pour lui en cas de besoin.
Notre rôle en tant que parents est de protéger notre enfant de véritables risques, le nourrir, prendre soin de lui et le réconforter quand il pleure. Cependant, avertit Stéphane Clerget "le danger de la critique des mères-poules est qu'elles tombent dans l'excès inverse en devenant trop autonomisantes et du coup insécurisantes". Les tout-petits ont évidemment besoin d'un cocon protecteur et d'une présence physique quasi-permanente, puis, progressivement, on se détache à mesure où l'enfant s'autonomise, apprend à marcher par lui-même, à exprimer ses désirs. Vers 2 ou 3 ans, il commence à vouloir monter sur le toboggan ou escalader un banc ? On l'en empêche pas, mais on reste à ses côtés pour le rassurer et évidemment le rattraper en cas de chute. On lui désigne aussi ce qu'il peut ou ne peut pas faire en fonction de son âge.
Adopter des Poules : Plus Qu'une Simple Production d'Œufs
Depuis quelques années, nous assistons à une invasion caquetante et colorée de nos jardins : les poules pondeuses y prennent leur quartier, par petites bandes, dans les zones urbaines ou sub-urbaines munies d’un petit lopin de terre. Le capital sympathie de ces oiseaux se double de leur capacité à nous fournir des œufs frais, et aide les citadins quelque peu déconnectés à renouer avec une nature oubliée dans nos cités fortement anthropisées. Beaucoup de personnes ont également suivi les aventures de Monique, la poule rousse voyageuse de Guirec Soudée.
La poule (pondeuse en ce qui concerne cet article) est en théorie un animal dit de rente, produisant des denrées alimentaires : œufs et chair, car elle est consommée lorsqu’elle n’est plus « rentable ». Mais qu’en est-il depuis quelques années, depuis que les poules quittent les quelques basses-cours encore existantes et surtout les élevages intensifs pour gagner nos jardins ? Textuellement parlant, si elle est détenue pour sa production d’œufs, même destinés à une consommation personnelle, il est difficile de dire que sa seule compagnie importe à son propriétaire. Par contre, si elle est soignée, gardée « juste pour sa personne », même sans ponte (et sans penser à consommer sa chair !), intuitivement la société la considérera comme un animal de compagnie. Son statut dans ces conditions est en pleine mutation et dépendra de l’intention de ses propriétaires lors de son adoption : pour sa production ou pour elle-même ? Que deviendra-t-elle lorsqu’elle arrêtera de pondre ?
Avoir des poules dans son jardin, c’est aussi devoir respecter ses besoins, car elle est un « être vivant doué de sensibilité » et « doit être placée par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Il faut donc lui assurer au minimum le respect des 5 libertés indispensables à son bien-être. Avoir des poules dans son jardin n’est pas non plus en faire un élevage professionnel qui répond à une législation bien précise. Néanmoins, selon le nombre de poules, des règles existent, visant à respecter le Code de l’urbanisme, avec la nécessité ou non d’un permis de construire préalable ou une déclaration préalable de travaux, selon la surface du poulailler prévu. Enfin, il convient aussi de parler d’un aspect sanitaire méconnu : depuis 2006 et l’arrivée de l’influenza aviaire, toute personne détenant des oiseaux ayant accès à un parcours extérieur a l’obligation d’en faire la déclaration en mairie.
La toute première chose à respecter est le caractère grégaire des poules : si elles créent facilement des relations avec d’autres espèces animales, dont la nôtre, elles sont néanmoins et indéniablement plus heureuses en vivant en communauté de poules (malgré le voyage « en solitaire » de Monique !). Pour leur bien-être et leur sécurité, quelques aménagements sont à préparer : de nombreux sites conseillent sur les poulaillers, les perchoirs, les pondoirs, retenons donc surtout que l’espace à leur offrir est gage de leur bien-être, qu’il doit être le plus grand possible et sécurisé, tant pour éviter des fugues que vis-à-vis des prédateurs ! N’oubliez pas les bains de terre, l’herbe et les terrains à picorer pour les petits gravillons qui aideront à leur digestion. Il faut également prévoir des abris, pour la pluie ou le soleil, de l’eau fraîche et propre en grande quantité, et une alimentation équilibrée.
Certaines poules d’ailleurs, issues de réforme, seront incapables, quelque temps ou définitivement, de pondre, d’où l’intérêt de savoir quelle est la motivation profonde à les adopter. En effet, leur corps, après 18 mois de production intensive dans des conditions de vie concentrationnaires, est fatigué, usé, leur ponte diminue voire disparaît (chaque année la ponte moyenne diminue de 20%), ce qui explique leur réforme et leur envoi à l’abattoir à cet âge de 18 mois qui voit également l’arrivée de leur première mue…Il faudra donc parfois un certain temps pour que ces poules se remettent d’aplomb !
Enfin, avoir des poules dans son jardin ne se limite pas à les loger bien, les nourrir et abreuver bien, leur permettre d’extérioriser leurs comportement de poules (picorer, prendre des bains de sable, gratter la terre, « cotcotter »…), les poules sont également des oiseaux dont l’intelligence a été (trop) souvent négligée, certainement en partie pour moins culpabiliser de les enfermer et les traiter si mal. Des études ont démontré leur intelligence, leur capacité à apprendre (à compter et à évaluer le temps par exemple), leur empathie notamment vis-à-vis de leurs poussins.
Frédéric Fortunel, chercheur au laboratoire de géographie sociale de l’Université du Mans, a lancé une étude en avril 2022 sur l’évolution du rapport de cet animal aux humains, et classe les propriétaires en plusieurs catégories : les producteurs (pour les œufs), les amateurs (pour les poules d’ornement), les jardineurs (pour occuper le jardin), les affectifs (pour avoir une poule de compagnie), et les sauveurs (pour sauver les poules de l’abattoir à la réforme). Depuis quelques années, cette dernière catégorie semble se développer mais quelle est « l’autre motivation » de ces sauveurs ?
Les poules de réforme proviennent parfois directement des éleveurs qui voient dans cette opportunité deux côtés positifs : sauver ces poules qu’ils savent être bien jeunes pour mourir mais dont ils doivent se séparer pour une question de rentabilité, mais également récupérer une somme plus importante car les quelques euros qu’ils demandent aux acheteurs représentent toujours plus que les quelques dizaines de centimes que leur rapporte leur abattage, il est bon de ne pas se le cacher. L’autre « source » de ces poules de réforme est l’ensemble des associations créées dans ce but, de plus en plus nombreuses et efficaces, tels les Caquetteuses, Adopte1poule, Sauvetage de poules… Néanmoins si la motivation de toutes ces personnes est remarquable, il ne faut pas oublier un écueil important : l’éleveur ne prendra guère garde aux conditions de vie qui seront offertes aux poules.
C’est donc là que l’éthique de l’adoptant intervient, ainsi que l’analyse de ses motivations : la poule de réforme a été exploitée dans une recherche de rentabilité. A sa sortie, elle est maigre, déplumée, blessée parfois, débecquée souvent. Son organisme, avec de bons soins, va se rétablir plus ou moins complètement et plus ou moins rapidement. Elle pondra peut-être rapidement et régulièrement et peut-être tardivement ou jamais. Elle pourra avoir besoin de soins médicaux plus ou moins onéreux et complexes qui pourront aussi amener à l’impossibilité de consommer ses œufs (pour des problèmes sanitaires de temps d’attente de médicaments et de limite maximale de résidus) mais aussi sa chair (pour ceux qui y penseraient). Alors, adoptants de poules de réforme, accepterez-vous de la considérer comme l’animal de compagnie que vous désirez qu’elle soit et de la faire soigner ? De l’adopter sans contrepartie obligatoire (les œufs) ? De l’accepter pour ce qu’elle est : une poule, un individu avec son caractère, sa personnalité, une poule qui n’est pas interchangeable avec une autre ? C’est votre motivation lors de son adoption qui fera de votre poule un véritable animal de compagnie, à l’instar d’un chien, d’un chat, d’un lapin ou tant d’autres animaux, une adoption sans demande de contrepartie autre qu’une relation d’amitié inter-spécifique, sans recherche de profits, d’œufs, de fientes fertilisantes, de « compostage » de nos déchets.
Le Poulailler : Une Leçon de Choses Pour les Enfants
Il est important que vos enfants respectent les poules et leurs poussins. Plus encore, le poulailler est une véritable leçon de chose pour les enfants : la poule, les œufs, la couvaison, l’éclosion et la naissance du poussin. L’enfant doit respecter les habitants du poulailler. Donnez-lui quelques responsabilités vis-à-vis du poulailler, en fonction de son âge : aller chercher les œufs le matin, nourrir les poules, fermer le poulailler le soir quand elles sont rentrées, ainsi que des tâches plus ingrates mais tout aussi essentiel à la vie du poulailler : le nettoyage du poulailler, changer la litière, gratter les excréments sur le plancher… Une vraie complicité peut naitre entre l’enfant et la poule. Curieux, l’enfant pose des questions : pourquoi la poule pond sans coq ? Comment un œuf est fécondé ? Comment le poussin grandit dans l’œuf ?
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