La rétention placentaire, ou non-délivrance, est une complication post-partum qui peut affecter les chèvres. Elle se définit comme la non-expulsion du placenta dans les 12 heures suivant la mise-bas. Cet article aborde les causes, les conséquences et les traitements possibles de cette condition chez la chèvre.

Comprendre la Rétention Placentaire

Lors d'une mise-bas normale, le placenta, ou délivrance, est expulsé après la naissance du chevreau. Cependant, dans les cas de rétention placentaire, les membranes fœtales restent dans l'utérus au-delà du délai considéré comme normal. Cette situation peut entraîner des complications, notamment des infections utérines.

Les structures fœtales et maternelles sont étroitement liées au niveau de 60 à 120 cotylédons. Cette imbrication peut causer des déchirures placentaires lors de l'expulsion, laissant des fragments dans la cavité utérine et favorisant les infections.

Causes de la Rétention Placentaire

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la rétention placentaire chez la chèvre:

  • Facteurs nutritionnels: Une ration déséquilibrée lors du tarissement, notamment des excès, peut augmenter le risque. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne), consommés durant le dernier mois de gestation, peuvent également être des facteurs prédisposants. Un manque de vitamine A, de cuivre, de vitamine E ou de sélénium, ainsi qu'un manque de magnésium et un excès de phosphore peuvent aussi jouer un rôle.
  • Facteurs infectieux: Les infections telles que la salmonellose peuvent provoquer des avortements et augmenter le risque de rétention placentaire.
  • Autres facteurs: L'âge de la chèvre, une gestation écourtée ou prolongée, un avortement, une atonie utérine, la gémellité et l'aide au part peuvent également influencer la survenue de la rétention placentaire.

Conséquences de la Rétention Placentaire

La rétention placentaire peut entraîner diverses complications, notamment:

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  • Métrite: Une infection de l’utérus qui suit le plus souvent une mise-bas difficile. Sa gravité peut aller d’une infection subclinique à l’altération de l’état général de l’animal. La rétention placentaire induit une prolifération de bactéries qui peuvent se répandre dans d'autres organes et la résorption de toxines qui dégradent fortement l'appétit.
  • Infertilité: L'endométrite, une inflammation de la muqueuse utérine, peut résulter d'une métrite non traitée et entraîner une infertilité, parfois définitive.
  • Autres complications: Une augmentation de la fréquence des cétoses, des mammites ou des avortements lors des gestations ultérieures peut être observée.

Diagnostic

Le diagnostic de la rétention placentaire est généralement posé lorsque le placenta n'est pas expulsé dans les 12 heures suivant la mise-bas. On peut observer des membranes dégénérées de couleur anormale ou fétides à la sortie de la vulve. Dans la plupart des cas, il n’y a aucun symptôme. Les seuls symptômes observés sont liés à la toxémie qui s’en suit parfois.

Traitement

La gestion de la rétention placentaire chez la chèvre dépend de plusieurs facteurs, notamment l'état général de l'animal et la présence de complications.

  • Prise en charge générale: Il est important de surveiller attentivement la chèvre pour détecter tout signe d'infection, comme de la fièvre ou des écoulements vulvaires anormaux.
  • Intervention manuelle: Chez la brebis et la chèvre, on recommande une traction légère sur le placenta et un traitement systémique. L’extraction du placenta manuellement est déconseillée car potentiellement dangereuse. On peut parer (découper) éventuellement les tissus gênants à la sortie de la vulve pour éviter l’infection des voies génitales.
  • Traitements médicaux:
    • Antibiotiques: En cas de métrite ou de fièvre, un traitement antibiotique peut être nécessaire. L’administration intra-utérine d’antibiotiques peut être nuisible.
    • Solutions biologiques:
      • B18TE: Solution à base de chlorure de magnésium, de sarriette et d’armoise, favorisant les contractions utérines en cas de métrite ou de mauvaise délivrance.
      • B09MB2: Chlorure de magnésium.
      • B02TE: Drainant à action rapide.
      • B03TE: Crème végétale cicatrisante à base de lavandin et de girofle, utile sur une plaie après une césarienne.
      • B30TE: Résine à base de pin, de cèdre, de lavandin et de girofle, cicatrisant à appliquer au pinceau sur une plaie (comme une césarienne) en couche épaisse.
  • Prostaglandines: Les prostaglandines peuvent être utilisées pour favoriser la vidange utérine, mais leur efficacité est limitée dans les premiers jours suivant la mise-bas.

Prévention

La prévention de la rétention placentaire passe par une bonne gestion de la chèvre durant la gestation et la mise-bas:

  • Alimentation équilibrée: Assurer une ration équilibrée pendant le tarissement et la gestation, en évitant les excès et en veillant à un apport suffisant en vitamines et minéraux. Éviter certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation.
  • Préparation à la mise-bas: Une bonne préparation à la mise-bas peut aider à éviter les non-délivrances.
  • Surveillance: Surveiller attentivement les chèvres après la mise-bas pour détecter rapidement tout signe de rétention placentaire ou d'infection.

Importance du Bilan Sanitaire

Un taux élevé de rétention placentaire (plus de 10-12%) et/ou de métrites dans un troupeau doit inciter à rechercher certains germes et à reconsidérer l’alimentation. Les carences en vitamine E et sélénium affectent l’immunité. Un bilan sanitaire régulier avec un vétérinaire est essentiel pour identifier les facteurs de risque et mettre en place des mesures préventives adaptées.

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