On entend souvent des informations contradictoires sur les aliments à consommer avant l'accouchement. Certains aliments, tels que l'ananas ou les dattes, seraient bénéfiques en fin de grossesse pour préparer l'accouchement. Mais qu'en est-il vraiment ? Il est important de bien composer son assiette pour préparer son accouchement. Une femme enceinte a besoin de nutriments sains, à la fois pour elle, pour son bébé, mais aussi pour s'assurer des conditions d'accouchement optimales.

Importance de l'alimentation pendant la grossesse

Parce qu'elles ont un bébé qui puise dans leurs réserves, les femmes enceintes ont tendance à être fatiguées plus vite, notamment à l'approche du terme de leur grossesse. Afin de maintenir l'équilibre, l'organisme dépense beaucoup d'énergie. Le sucre et les nutriments sont rapidement absorbés. Il est également important de surveiller l'apport en fer. Très important, ce dernier contribue au bon transport de l'oxygène et favorise l'immunité. La viande rouge contient beaucoup plus de fer que la viande blanche. Pour augmenter l'assimilation du fer par l'organisme, consommer des aliments riches en vitamine C au cours du même repas.

Mythes et réalités sur les aliments favorisant l'accouchement

Aucune étude scientifique concrète ne prouve que certains fruits ont un effet sur le col de l'utérus, et donc sur l'accouchement. Néanmoins, quelques expériences ont été menées sur des femmes enceintes qui mangent des dattes. En 2017, des chercheurs iraniens se sont également penchés sur la question. Des articles sur le sujet stipulent également que les dattes aident à stimuler les contractions utérines, à diminuer le recours à l'ocytocine de synthèse et à réduire le risque d'hémorragie après l'accouchement. Des expériences in vitro ont montré que la quantité de bromélaïne présente dans l'extrait concentré d'ananas peut stimuler le col de l'utérus. Cela augmenterait les chances d'accoucher spontanément et donc d'éviter un déclenchement de l'accouchement. Pour faciliter l'accouchement, la tisane de feuilles de framboisier est intéressante. "En effet, le framboisier sauvage contient une molécule qui a la propriété de détendre le col et de faciliter le passage du bébé", note la spécialiste. Les feuilles de framboisier sont également réputées pour provoquer des contractions régulières.

L'accouchement : un marathon énergétique

Selon une étude britannique menée en 2019, l'accouchement serait aussi énergivore qu'un grand marathon ! Pour l'affirmer, une équipe de chercheurs a comparé des données mesurées sur des athlètes lors de grandes compétitions à celles des femmes enceintes. Le résultat est sans appel. "Les limites atteintes sont comparables à celles du Tour de France", affirme l'anthropologue Herman Pontzer dans le magazine scientifique New Scientist. Une étude présentée par le Congrès annuel de la Société américaine des anesthésistes à San Diego vient appuyer les propos de l'experte en nutrition Audrey Retournay. L'accouchement étant une activité physique intense, il est conseillé, voire même recommandé, de manger avant de partir à la maternité.

Que manger avant de partir à la maternité ?

Pour se préparer à l'arrivée de bébé, la femme enceinte devra néanmoins limiter les plats trop gras ou les aliments trop sucrés. "Ils alourdissent l'organisme et peuvent créer des troubles digestifs. Si vous passez la première phase du travail à la maison - ce qui est recommandé - profitez de ce moment pour prendre un dernier vrai repas avant de partir à la maternité. Optez pour un repas énergétique, digeste et, surtout, qui vous fait plaisir. Ce dernier point est essentiel : le plaisir stimule la sécrétion d'ocytocine, l'hormone indispensable au bon déroulement de l'accouchement. Et si un déclenchement est prévu ? Les recommandations restent les mêmes : prenez un vrai repas avant de partir et pensez à glisser quelques encas dans votre valise.

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Hydratation et alimentation pendant le travail : ce qui est autorisé

Selon les données scientifiques, rien n'interdit aux femmes de boire pendant l'accouchement. Prendre de l'eau ou des gorgées de jus de fruits sans pulpe est tout à fait possible. Il est même très important de pouvoir répondre à ce besoin fondamental, qu'est l'hydratation. Quant à l'alimentation solide, c'est plus complexe. L'équipe médicale peut déconseiller aux patientes de manger pendant le travail. D'une part parce que les vomissements sont fréquents pendant l'accouchement, d'autre part parce qu'une anesthésie générale urgente peut être envisagée. D'un point de vue physiologique, il est important de rappeler que les contractions appuient sur l'estomac. Ce qui, en plus d'être douloureux, peut couper l'appétit. La possibilité de boire et de manger pendant l'accouchement fait encore débat. Certaines maternités autorisent les femmes à s'alimenter, tandis que d'autres l'interdisent strictement, souvent au nom de précautions liées à une éventuelle césarienne.

Le jeûne pendant l'accouchement : un protocole en question

L'interdiction de boire et de manger pendant l'accouchement trouve ses racines dans une publication des années 1940 sur le syndrome de Mendelson. Ce syndrome désigne un reflux gastrique pouvant survenir lors d'une anesthésie générale, entraînant l'inhalation de contenu gastrique dans les poumons. À l'époque, les césariennes étaient majoritairement réalisées sous anesthésie générale, augmentant ainsi ce risque. Aujourd'hui, grâce aux avancées en anesthésie obstétricale et à l'utilisation quasi systématique des anesthésies locorégionales (rachianesthésie), le syndrome de Mendelson est devenu extrêmement rare. Le recours à l'anesthésie générale est devenu très rare, représentant environ 4 % des cas de césariennes, selon l'Enquête nationale périnatale de 2021 (source). Aujourd'hui, la pratique du jeûne reste courante en cas d'anesthésie générale.

Recommandations actuelles et alternatives

Une revue Cochrane regroupant cinq essais randomisés auprès de femmes à faible risque n'a révélé aucune preuve de préjudice ni de bénéfice clair à boire ou à manger pendant le travail. La HAS recommande de permettre aux femmes de boire pendant la première phase du travail, sauf contre-indication médicale. "La consommation de liquides clairs (eau, thé ou café sans lait, sucrés ou non, boissons gazeuses ou non, jus de fruits sans pulpe) est autorisée pendant toute la durée du travail, y compris en post-partum immédiat, chez les patientes à faible risque d'anesthésie générale. Depuis, l'OMS a recommandé de laisser les femmes manger léger et boire librement pendant le travail, sauf contre-indication médicale.

Césarienne programmée : les consignes alimentaires

Lors d'une césarienne programmée, la patiente peut manger un repas léger la veille au soir, mais pas après minuit. "Comme pour toutes opérations chirurgicales, il ne faut pas manger au moins huit heures avant l’intervention à cause des réflexes vomitifs que cela pourrait engendrer", note la diététicienne-nutritionniste. Pour votre dîner, évitez de manger lourd et gras. Privilégiez les fruits, les légumes et les protéines animales ou végétales pour être en forme. Quant aux boissons, vous pouvez boire des liquides clairs - eau, jus de pomme, bouillon (sans morceaux) - jusqu'à six heures avant l'intervention.

Conseils pratiques pour le jour J

Il est important d'aborder cette question avec votre équipe médicale bien avant le jour J. Anticipez. Prenez un repas énergétique et digeste avant de partir à la maternité. Préparez des encas légers. Glissez des options faciles à transporter, non périssables et faciles à consommer dans votre valise de maternité, quels que soient les protocoles de l'établissement où vous accouchez. Discutez avec l'équipe médicale. N'hésitez pas à demander pourquoi ces interdictions sont en place et exprimez vos besoins. Prévoyez le nécessaire, mais ne vous focalisez pas sur cet interdit (si tel est le cas). Fruits faciles à manger comme le raisin, les clémentines, des bananes, etc.

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L'importance de l'écoute de soi

Chaque accouchement est unique. Certaines femmes ressentent le besoin de boire ou de manger, d'autres non. Le plus important est de vous écouter et d'agir en fonction de vos envies et de vos besoins. Si vous ressentez qu'une restriction vous pèse ou semble excessive, n'hésitez pas à demander des explications et à initier le sujet avec votre équipe soignante, tout est toujours discutable. Cela peut faire partie des questions à poser lors de l'élaboration de votre projet de naissance.

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