Les seins, considérés comme un emblème de la féminité, peuvent subir des modifications importantes après la grossesse et l'allaitement. Ces changements peuvent entraîner une ptôse (relâchement des seins), une diminution du volume, ou une hypertrophie (augmentation excessive du volume). Dans certains cas, ces modifications peuvent justifier une intervention chirurgicale. La question du remboursement de cette chirurgie, notamment après l'allaitement, est une préoccupation fréquente. Cet article vise à éclaircir les conditions de remboursement de la chirurgie mammaire après l'allaitement, en abordant les différents types d'interventions, les critères de prise en charge par la Sécurité Sociale et les mutuelles, ainsi que les alternatives et les aspects à considérer.

Types de chirurgie mammaire et leurs indications

Il existe différents types de chirurgie mammaire, chacun répondant à des besoins spécifiques :

  • Réduction mammaire : Cette intervention vise à réduire le volume des seins hypertrophiés. Elle est souvent envisagée après une ou plusieurs grossesses, suite à l'allaitement, ou chez les personnes en surpoids. L'hypertrophie mammaire peut entraîner des douleurs dorsales handicapantes, des difficultés d'habillement et un inconfort esthétique.
  • Plastie mammaire (lifting mammaire ou cure de ptôse) : Cette intervention consiste à corriger l'aspect esthétique de la poitrine en cas de ptôse, d'asymétrie ou de malformation des seins. La ptôse est le relâchement des seins, souvent causé par une diminution de l'élasticité des tissus pendant la grossesse et suite à l'allaitement. Le lifting mammaire remodèle la poitrine et replace l'aréole et le mamelon en bonne position, offrant ainsi un rajeunissement global de la poitrine.
  • Augmentation mammaire : Cette intervention vise à augmenter le volume des seins, soit par la pose d'implants mammaires, soit par transfert autologue de graisse (lipofilling). L'augmentation mammaire peut être envisagée en cas de seins petits ou vidés, notamment après l'allaitement. Les implants mammaires peuvent être ronds ou anatomiques, en silicone ou remplis de sérum physiologique. Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse sur le ventre ou les cuisses pour la réinjecter dans les seins.
  • Reconstruction mammaire : Cette intervention concerne les actes de reconstruction du sein, suite à une malformation congénitale (seins tubéreux, syndrome de Poland) ou acquise (cancer du sein). La reconstruction mammaire peut être réalisée par différentes techniques, telles que le transfert autologue de graisse, la pose d'implants mammaires, ou l'utilisation de lambeaux (prélèvement de peau et de muscle sur une autre partie du corps).

Conditions de remboursement par la Sécurité Sociale

La prise en charge de la chirurgie mammaire par la Sécurité Sociale dépend du type d'intervention et des motifs de celle-ci.

  • Réduction mammaire : La réduction mammaire est remboursée à condition que le chirurgien retire plus de 300 g par sein. Cette condition vise à justifier la portée "réparatrice" de l'intervention, et non purement "esthétique". Il faut, par exemple, passer d'un bonnet E ou plus à un bonnet C.
  • Plastie mammaire (lifting mammaire ou cure de ptôse) : Le lifting mammaire est majoritairement considéré comme une intervention esthétique, et donc non remboursée par la CPAM. Une exception existe si la ptose est accompagnée d’une hypertrophie mammaire (seins volumineux), et que le chirurgien doit retirer au moins 300 grammes de tissu mammaire par sein, l’intervention peut être considérée comme reconstructrice.
  • Augmentation mammaire : Dans certains cas, la pose de prothèses mammaires peut être remboursée par la Sécurité Sociale et la mutuelle, notamment pour reconstruire les seins après un cancer, corriger une asymétrie ou une hypoplasie mammaire. Une hypotrophie mammaire sévère avec retentissement psychologique majeur peut également justifier une demande de prise en charge par la CPAM pour une augmentation mammaire.
  • Reconstruction mammaire : La chirurgie reconstructrice est prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale.

Dans tous les cas, pour bénéficier d'une prise en charge par la Sécurité Sociale, il est nécessaire d'obtenir un accord préalable de la CPAM. Le chirurgien esthétique doit remplir une demande d'entente préalable, précisant la nomenclature de l'opération, son coût et ses modalités. La CPAM peut demander une consultation de contrôle avec un médecin conseil pour valider la prise en charge. Il est important d'attendre la réponse de la CPAM ou la convocation du médecin-conseil avant de procéder à l'intervention.

Remboursement par la mutuelle

Le remboursement de la chirurgie mammaire par la mutuelle vient en complément de la prise en charge de la Sécurité Sociale. Le niveau de remboursement varie en fonction du contrat de mutuelle souscrit. Les bonnes mutuelles santé peuvent rembourser jusqu'à plus de 500 % de la BRSS (Base de Remboursement de la Sécurité Sociale).

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Les mutuelles remboursent généralement de 20 % à 80 % du prix de la chirurgie des seins, qui coûte entre 2000 € et 6000 € selon le type de mammoplastie. Il est donc vivement conseillé de souscrire une mutuelle ou une complémentaire santé pour limiter l'impact financier de la chirurgie mammaire.

Alternatives à la chirurgie et aspects à considérer

Avant d'envisager une chirurgie mammaire, il est important de considérer les alternatives possibles, telles que :

  • Le port de prothèses externes : Les prothèses externes, en tissus ou en silicone, se glissent dans la lingerie et permettent de recréer la forme naturelle du sein. Elles sont peu onéreuses et non invasives.
  • Le lipofilling mammaire : Cette technique consiste à prélever de la graisse sur le ventre ou les cuisses pour la réinjecter dans les seins. Elle permet une augmentation modérée des seins, associée à une sculpture du corps. Elle est particulièrement adaptée à la diminution de volume des seins après un allaitement, la patiente souhaitant uniquement retrouver son volume précédent.

Il est également important de prendre en compte les aspects suivants avant de prendre une décision :

  • Le délai après l'accouchement : Il est généralement conseillé d'attendre au minimum 6 mois après les grossesses avant d'envisager une opération. Si une nouvelle grossesse est envisagée prochainement, il est préférable de reporter l'intervention.
  • Les cicatrices : La chirurgie mammaire laisse des cicatrices, dont la localisation et l'étendue dépendent du type d'intervention. Il est important d'en être conscient et d'en discuter avec le chirurgien.
  • Les risques : Comme toute intervention chirurgicale, la chirurgie mammaire comporte des risques, tels que des infections, des hématomes, des troubles de la cicatrisation ou une diminution de la sensibilité du mamelon. Il est important d'en être informé et d'en discuter avec le chirurgien.
  • Le suivi post-opératoire : Un suivi régulier avec le chirurgien est nécessaire après l'intervention pour surveiller l'évolution de la cicatrisation et détecter d'éventuelles complications.
  • Le coût : Le prix d'une chirurgie de la poitrine et le coût des implants mammaires dépendent de la technique employée, du professionnel choisi et de son lieu d'exercice. Il est important de demander un devis détaillé avant de prendre une décision.

Le "Mommy Makeover"

Le "Mommy Makeover" est une combinaison d’interventions qui permettent de restaurer le corps d’une femme afin de corriger les séquelles de la grossesse et de l'allaitement. Il peut inclure une plastie abdominale, un lifting mammaire, une augmentation mammaire (par implants ou lipofilling), et une lipoaspiration.

Le Mommy Makeover vise à réparer en une seule intervention les seins, mais aussi le ventre après une grossesse. En ce qui concerne le ventre, plusieurs traitements peuvent être proposés en fonction de l’excédent cutané et/ou amas graisseux. La plastie abdominale est une intervention qui vise à restaurer la paroi abdominale en corrigeant l’excédent de peau et de graisse du ventre.

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Le prix de cette intervention chirurgicale combinée va dépendre de la chirurgie à envisager, du type d’anesthésie et de la prise en charge ou non par la Sécurité sociale. Pour la chirurgie du ventre après grossesse, une prise en charge par la Sécurité sociale (CPAM) peut être réalisée au cas par cas. Un tablier abdominal recouvrant le pubis est un critère requis pour obtenir une prise en charge au niveau du ventre. Pour la chirurgie des seins après grossesse, il n’y a pas de prise en charge, sauf en cas d'hypotrophie mammaire sévère avec retentissement psychologique majeur.

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