L'anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire complexe, touchant principalement les jeunes femmes à l'adolescence. Ce trouble se caractérise par une restriction alimentaire sévère et volontaire, qui peut durer des mois, voire des années. Les chercheurs s'efforcent de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l'apparition de ce trouble, ainsi que ses facteurs de risque et d'évolution, afin d'améliorer la prise en charge des patients.
Comprendre l'Anorexie Mentale
L'anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires qui survient le plus souvent au moment de la puberté. Il se manifeste par un refus catégorique de s’alimenter normalement pendant une longue période, pour perdre du poids ou ne pas en prendre.
L'anorexie mentale se déclenche le plus souvent entre 14 et 17 ans, avec un pic de prévalence maximale à 16 ans. Toutefois, il semblerait que l’âge de début soit de plus en plus précoce. Le trouble peut parfois survenir tôt, à partir de 8 ans, ou plus tard, après 18 ans. Environ 20% des jeunes filles adoptent des conduites de restriction et de jeûne à un moment de leur vie mais seule une minorité d’entre elles deviennent anorexiques, présentant alors tous les critères diagnostiques associés à ce trouble. Une étude épidémiologique menée auprès d’adolescents dans leur 18e année, en France en 2008, indique que l’anorexie mentale a concerné 0,5% de ces jeunes filles et 0,03 % des garçons entre 12 et 17 ans. Selon une revue des études épidémiologiques réalisées entre 2000 et 2018, la prévalence de l’anorexie au cours de la vie serait de 1,4% chez les femmes et de 0,2% chez les hommes.
Symptômes et Diagnostic de l'Anorexie Mentale
Le diagnostic de l’anorexie mentale repose sur des critères cliniques précis, issus des classifications internationales (CIM et DSM 5). Ces critères font référence : à la façon de s’alimenter (restriction, éviction de certains aliments, refus de s’alimenter, phases boulimiques), et à certaines pratiques (vomissements provoqués, prise de laxatifs),au poids (IMC inférieur à 17,5 kg/m2),à la perception de soi (refus de reconnaître sa maigreur, perception déformée de son corps) et à l’estime de soi (sentiment d’avoir le contrôle sur son corps, hantise de grossir),L’absence de règles depuis au moins 3 mois (aménorrhée) est un indicateur important en clinique, même s’il n’apparaît plus parmi les critères diagnostics de la maladie depuis la 5e édition du DSM, compte tenu de l’utilisation fréquente d’une contraception œstroprogestative qui crée des hémorragies de privation masquant l’aménorrhée. Le ralentissement de la croissance chez une jeune adolescente peut également être évocateur. D’autres symptômes encore peuvent être associés à l’anorexie : obsessions alimentaires, hyperactivité, surinvestissement intellectuel… L ‘ensemble de ces éléments engendre des perturbations, d’intensité variable, du fonctionnement cognitif et émotionnel.
L'Indice de Masse Corporelle (IMC) et l'Anorexie
L’un des indicateurs clés utilisés pour diagnostiquer l’anorexie est l’Indice de Masse Corporelle (IMC). Chez les personnes souffrant d’anorexie mentale, cet indice est généralement inférieur à 17,5 kg/m². L'IMC est un indicateur simple du poids par rapport à la taille, utilisé pour classer le poids d'une personne en différentes catégories (insuffisance pondérale, poids normal, surpoids, obésité).
Lire aussi: Le rôle du pédiatre
Aménorrhée : Absence de Règles et Anorexie
L'aménorrhée, ou absence de règles, est un symptôme fréquent chez les femmes souffrant d'anorexie mentale. Elle est définie comme l'absence de menstruations pendant au moins trois cycles consécutifs. L’aménorrhée, ou absence de règles est très fréquente dans les TCA de type anorexie restrictive. Elle est quasiment systématique lorsque l’IMC devient trop bas (<18.5 kg/m2). Un malade ayant un IMC inférieur à 17 perd presque 90 % de sa fécondité.
Les Règles Menstruelles et le Fonctionnement Ovarien
Les règles menstruelles témoignent d’un fonctionnement ovarien normal. Chaque mois, l’utérus fabrique un « nid » pour l’éventuel fœtus et chaque mois, elle le détruit, ce qui aboutit aux pertes que l’on voit. Les ovaires fabriquent les hormones sexuelles féminines : estrogène et progestérone notamment. Ce fonctionnement cyclique est sous la dépendance d’une glande située à la base et au milieu du cerveau : l’hypophyse. Cette glande sécrète deux hormones qui « pilotent » la sécrétion d’estrogène et de progestérone.
Le Rôle du Tissu Adipeux et de la Leptine
La sécrétion des hormones hypophysaires est sous la dépendance…. du tissu adipeux. Pourquoi ? Parce que le tissu adipeux fabrique, lui aussi, une hormone, la leptine. Chaque cellule adipeuse (on appelle ces cellules des adipocytes) fabrique une petite quantité de leptine. Seul le tissu adipeux en fabrique. Toutes ces infimes quantités de leptine se regroupent dans le sang et font monter le niveau sanguin de leptine. A partir d’un certain niveau, la leptine entre dans le cerveau, juste en dessous de l’hypophyse. C’est cette leptine qui a pénétré et elle seule qui active les hormones hypothalamiques. Ensuite, le système s’enclenche : l’hypothalamus active l’hypophyse qui active les ovaires qui permettent la formation du tissu utérin. Ceci nous a permis d’expliquer pourquoi les filles un peu enrobées ont en moyenne leurs règles plus précocement que les filles minces.
IMC, Tissu Adipeux et Aménorrhée
Il existe un très fort lien. Les règles (disparition et ré-apparition) sont dépendantes quasi exclusivement de l’indice de masse corporelle (IMC) et, derrière lui, de la masse de tissu adipeux (qui est très fortement liée, sauf l’exception des sportifs) à l’IMC. On voit dans la figure que presque 100 % des malades anorexiques n’ont pas leurs règles si l’IMC est inférieur à 18-18,5 kg/m2. Seules 15 % des malades sont encore sans règles (aménorrhée) si l’IMC vient de passer 18,5 kg/m2. Et seules 6 % des malades qui ont gardé un IMC supérieur à 18,5 les 6 derniers mois et une alimentation normale restent en aménorrhée.
Types d'Aménorrhée
On identifie deux types d’aménorrhée différents : l’aménorrhée primaire a lieu lorsqu’une fille âgée de 16 ans n’a pas encore eu ses premières règles. L’aménorrhée secondaire équivaut à l’absence de règle pour une femme qui les a déjà eus dans le passé. L’aménorrhée secondaire est souvent diagnostiquée chez la patiente anorexique. Cependant, toutes les personnes atteintes d’anorexie ne souffrent pas systématiquement d’aménorrhée.
Lire aussi: Allaitement : mythes et réalités
L'Aménorrhée : Un Symptôme, Pas le Seul Indicateur
Si vous avez un trouble alimentaire, mais que vous n’êtes pas concernée par l’aménorrhée, ne vous considérez pas “suffisamment pas malade”. L’aménorrhée est l’un des symptômes de l’anorexie, mais pas le seul permettant de diagnostiquer un trouble alimentaire.
Aménorrhée et Infécondité
L’aménorrhée peut être un des facteurs de l’infécondité féminine. Cependant, soyez rassurée, plus de 96 % des personnes ayant souffert de trouble alimentaire ont retrouvé des règles naturelles et un système de reproduction fonctionnel.
Pourquoi le Corps Ne Sécrète Plus Suffisamment d'Hormone ?
Lorsque l’organisme ne dispose plus suffisamment d’énergie (par le manque de nutriment dans l’alimentation, la purge, l’exercice physique intensif…), il va prioriser les fonctions qui sont primordiales à la survie. La fonction de reproduction n’en fait pas partie.Vous pouvez voir cela d’une façon différente : votre corps vous montre qu’il ne peut pas assurer une grossesse. Car pour porter un enfant, il faut être en bonne santé. Si vous ne pouvez pas assurer vos propres fonctions corporelles, alors vous ne pourrez certainement pas garantir celle d’un autre être qui grandit en vous.
Conséquences à Long Terme de l'Aménorrhée
À court terme, soit moins de 3 mois, l’aménorrhée n’est pas préoccupante. L’organisme ne produit plus d’œstrogène, une hormone de reproduction permettant également le maintien du niveau de calcium dans les os. L’ostéopénie correspond au début de la détérioration des os. L’étape suivant l’ostéopénie est l’ostéoporose. L’ostéoporose est plus grave que l’ostéopénie. L’hormone de l’œstrogène permet de maintenir la densité osseuse, mais également la santé cardiaque. Bien que ce soit plus rare, l’aménorrhée peut engendrer une maladie cardiaque.
Facteurs Prédisposants et Pérennisants de l'Anorexie Mentale
L’anorexie mentale est un trouble polyfactoriel qui dépend de facteurs génétiques et psychologiques individuels, en étroite interaction avec des facteurs environnementaux, familiaux et socioculturels. Parmi eux, il existe des facteurs prédisposants, des facteurs précipitants et des facteurs pérennisants. Des traits de tempérament caractéristiques semblent favoriser la survenue de l’anorexie mentale. C’est le cas du perfectionnisme, d’une faible estime de soi, des manifestations anxieuses ou dépressives précoces, d’une moindre flexibilité cognitive entrainant une incapacité à s’adapter et à changer ses habitudes ou encore de cognitions sociales diminuées : ces personnes ont une faible capacité à comprendre l’état d’esprit des autres et ont des relations sociales relativement pauvres. Des stress précoces variés ont aussi été incriminés comme les difficultés périnatales, la maltraitance ou les abus sexuels. Des variations génétiques ont par ailleurs été associées à certains aspects comportementaux, psychiatriques et/ou métaboliques présents dans l’anorexie mentale. Des études de cohorte portant sur des centaines de personnes ont permis de découvrir que celles souffrant d’anorexie mentale présentaient plus fréquemment des mutations sur huit gènes déjà associés aux troubles obsessionnels compulsifs, à la dépression, à l’anxiété, à une forte inclination pour l’activité physique, mais aussi à un moindre risque de développer un diabète et à un faible indice de masse corporelle. Des anomalies biologiques ont également été repérées chez les personnes souffrant d’anorexie mentale, par exemple des anomalies de la neurotransmission, comme un hyperfonctionnement du système sérotoninergique et des anomalies du circuit dopaminergique.
Lire aussi: Équilibres dans la relation soignant-soigné
Plusieurs facteurs semblent ensuite contribuer à la chronicisation de l’anorexie, notamment des facteurs biologiques, psychologiques et neurocognitifs. Le corps s’adapte à la restriction alimentaire, prolongée par des modifications des systèmes de régulation de l’appétit, du métabolisme, de l’humeur. Ainsi, le système cérébral de la récompense est altéré chez environ 80% des patients. Normalement, les aliments appétissants provoquent la libération d’endorphines, reflétant le plaisir pris à les déguster. Mais chez les personnes anorexiques, c’est au contraire le jeûne, la restriction alimentaire et l’activité physique intense qui sont à l’origine d’une libération d’endorphines. Le système dysfonctionne et appelle alors à ces comportements, les renforce et les perpétue. Par ailleurs, une personne anorexique se réjouit et exprime une satisfaction de sa maigreur et de pouvoir contrôler son corps. Par ailleurs, environ 40% des personnes anorexiques souffrent de troubles psychiatriques : anxiété, phobies, trouble obsessionnel compulsif, addictions (alcool, abus de substances) ou troubles de la personnalité. Ils peuvent apparaître avec l’anorexie ou être exacerbés par celle-ci.
La Puberté : Un Point de Départ Fréquent
L’anorexie mentale se révèle souvent pendant la puberté, période clé de l’autonomisation sociale et de la sexualisation durant laquelle les individus sont focalisés sur l’image du corps et l’image de soi. Elle débute toujours par une restriction alimentaire, le plus souvent voulue (le « régime »), parfois fortuite, impliquant une dénutrition. Des événements de vie traumatisants (séparation, deuil…) sont fréquemment retrouvés avant le déclenchement des troubles alimentaires et pourraient marquer le point de départ de l’anorexie mentale chez certaines patientes. L’anorexie mentale évolue ensuite souvent vers une forme associant une boulimie nerveuse (voir encadré). La phase anorexique dure en moyenne un an et demi à trois ans, mais cet état peut se prolonger jusqu’à cinq ans ou plus chez certaines patientes.
Complications de l'Anorexie Mentale
Les complications de l’anorexie sont directement liées à la dénutrition ou aux comportements associés (notamment aux vomissements).
En phase aiguë, une atteinte cardiovasculaire (baisse du rythme cardiaque, troubles du rythme, chutes de tension) peut toucher jusqu’à 87% des patientes et l’aménorrhée (absence de règles) est quasi constante. Les personnes souffrant d’anorexie mentale sont généralement infertiles, mais le risque de grossesse n’est pas nul. L’anorexie entraîne également des manifestations hématologiques (anémie, leucopénie et thrombopénie), un risque d’infections plus important, des perturbations neurologiques, des troubles métaboliques du cholestérol et du glucose, mais également une perte des cheveux, des problèmes rénaux et hépatiques, des constipations… Ces altérations sont le plus souvent réversibles lors de la reprise de poids. À plus long terme, les complications sont principalement osseuses, avec un risque d’ostéoporose, et dentaires en cas de vomissements. Ceux-ci, lorsqu’ils sont fréquents, provoquent une usure dramatique des dents. Il existe également un risque de retard de croissance staturo-pondérale si l’anorexie survient avant ou au début de la puberté Sur le plan psychique, l’anorexie entraine des ritualisations, une rigidité des attitudes et un appauvrissement de la vie relationnelle, affective et sexuelle, avec à terme un retentissement sur la vie scolaire ou professionnelle.
Ostéoporose : Une Complication Sévère
Avant tout et surtout, une ostéoporose. L’ostéoporose est une déminéralisation osseuse qui peut aboutir à des fractures sans chute ni choc. Une malade de 32 ans par exemple tombe de sa hauteur et se casse la hanche. Après 7-8 ans de maladie, presque 40 % des malades anorexiques sont ostéoporotiques. Après 10 ans d’anorexie, ce sont près de deux tiers des malades qui ont de l’ostéoporose. A nouveau, l’anorexie est la maladie qui donne le plus souvent et les plus sévères ostéoporoses. L’ostéoporose est plus fréquente en cas d’anorexie qu’après la ménopause. Le même phénomène touche les dents. Le déficit en hormones sexuelles féminines altère la peau, les gencives, les ongles et les cheveux (qui deviennent secs et cassants).
Prise en Charge de l'Anorexie Mentale
Les objectifs des soins sont de : restaurer le poidstraiter la souffrance psychologiqueminimiser les conséquences sociales et relationnellesIl est indispensable d’associer l’entourage à la prise en charge, notamment la famille, pour les mineurs mais aussi pour les adultes. La prise en charge débute en consultation ou avec une hospitalisation. L’hospitalisation peut être nécessaire en cas de risque vital pour la patiente (pour des causes physiques ou un risque suicidaire), mais aussi en cas d’épuisement familial ou d’échec des soins ambulatoires. La Haute Autorité de santé a publié un tableau décisionnel (PDF, 215 Ko) présentant les critères d’hospitalisation à temps plein pour les enfants/adolescents et pour les adultes. Il repose sur des critères cliniques, biologiques et sur l’ensemble des évènements récents engendrés ou en lien avec la maladie (critères anamnestiques) comme la vitesse de la perte de poids ou la survenue de malaises. En cas de refus de la patiente, l’hospitalisation peut être imposée par les parents ou par un tiers, en collaboration avec des médecins.
L’objectif nutritionnel à court terme est une normalisation du poids progressive et le retour vers une alimentation spontanée, régulière et diversifiée. La patiente doit retrouver les sensations de faim et de satiété, et savoir y apporter une réponse adaptée. La rémission et la reprise pondérale peuvent s’accompagner d’une amélioration des troubles psychiatriques éventuellement associé à l’anorexie, comme les symptômes dépressifs et anxieux. Mais cet effet n’est pas systématique : les troubles psychiatriques peuvent persister, s’aggraver ou même apparaître chez certains patients en rémission. Cependant, alors qu’il est difficile de poser un diagnostic clair de la santé psychiatrique du patient en phase aiguë d’anorexie en raison des intrications complexes entre ces différents troubles, le retour à un poids normal permet de mieux évaluer le tableau psychiatrique global du patient. La prise en charge et le suivi sont multidisciplinaires, psychologique (soutien, thérapies comportementales et familiales) et somatique. Un traitement médicamenteux peut être mis en place pour soulager les troubles psychiatriques associés ou les complications somatiques.
Rétablissement des Règles : Patience et Alimentation Adéquate
Vous avez regagné un poids correct, vous mangez suffisamment, mais vous n’avez pas récupéré vos règles naturelles ?Ne soyez pas inquiète. En moyenne, le cycle menstruel naturel revient environ six mois après la guérison, c’est-à-dire lorsque vous avez cessé les comportements compensatoires (restriction, purge, sport excessif…) et que vous avez regagné du poids. Cependant, chacune a un corps différent et le poids santé peut varier d’une femme à une autre. Certaine femme vont retrouver leur règle avec un IMC de 18, tandis que d’autres ne les récupèreront pas avant d’avoir atteint un IMC de 22.
Il y a un point que j’ai oublié de mentionner dans les solutions pour retrouver ses règles : soyez patiente. Le temps fait beaucoup de choses.
Grossesse et Anorexie Mentale
Même si ces femmes sont actuellement à poids normal et totalement asymptomatiques sur le plan alimentaire depuis des années, elles peuvent rencontrer des difficultés à procréer du fait d’une infertilité liée à leur antécédent de trouble alimentaire ; on peut rapprocher de cette situation les femmes ayant un trouble des conduites alimentaires (TCA) subclinique. Dans un autre registre, la grossesse peut générer, de par les remaniements psychiques et les modifications morphologiques qu’elle entraîne, une décompensation d’une situation antérieurement bien stabilisée et donc une rechute anorexique, ainsi que des complications (que nous détaillons plus loin) pendant la grossesse et le post-partum, mais aussi dans les interactions précoces mère-bébé.certaines femmes souffrant toujours d’anorexie mentale à l’âge adulte peuvent parfois, malgré leur dénutrition sévère et chronique, être enceintes ; elles peuvent alors avoir les mêmes difficultés pendant leur grossesse, le post-partum, ou dans les interactions précoces (cf. plus loin). En outre, bien que ce cas de figure de grossesse spontanée chez une femme anorexique soit très rare, il importe que les patientes comprennent bien qu’aménorrhée et infertilité ne sont pas strictement superposables, et donc qu’une contraception est indispensable en cas d’activité sexuelle sans désir d’enfant.enfin, la situation à notre avis la plus préoccupante, car de plus en plus fréquente et sans aucun cadre ni limites, est celle des patientes anorexiques, parfois très maigres, qui ont accès à la maternité via les techniques de plus en plus sophistiquées et performantes d’Aide Médicale à la Procréation (AMP).
Témoignages et Perspectives
Pour Christine, les TCA ont débuté vers 15 ans. Grande sportive à l’adolescence, remarques acerbes de l’entourage, séparation des parents sont les facteurs qui l’ont conduite à développer un trouble alimentaire, d’abord anorexie puis boulimie. Elle analyse que le manque de son père l’a fait beaucoup souffrir. La peur d’être jugée, l’impossibilité de se confier même au médecin, et la méconnaissance de la maladie l’enferment plusieurs années. La maladie dure de 15 à 27 ans. Elle pas eu l’aide tant espérée de sa mère, qui elle même était déprimée. Christine a d’ailleurs écrit un livre « tout ou rien« . Elle pensait être stérile du fait des troubles anorexiques et boulimiques. Elle découvre sa grossesse alors que son compagnon est reparti en mission suite à une promotion. Elle accouche et et élève seule son enfant la première année. Puis, au retour de son mari, la famille part s’installer au portugal dans sa belle famille. La vie de famille, en mode vacances, la canalise dans des élans positifs, elle se laisse vivre et sent qu’elle va mieux. Elle se rend compte en essayant un short qu’elle est guérie de ses troubles alimentaires. C’est la magie de la grossesse : « on réussit pour un enfant ce qu’on n’a pas réussi à faire pour soi ».
tags: #relation #imc #aménorrhée #anorexie
