La grossesse est une étape charnière dans la vie d'un couple. Si l'annonce de cette nouvelle est souvent synonyme de joie et de bonheur, elle peut également être source de détresse lorsque le futur père ne partage pas ce désir. Il est donc essentiel d'analyser les raisons qui peuvent motiver un refus de grossesse chez le père et d'envisager les solutions possibles pour gérer au mieux cette situation délicate.
Les raisons du refus de grossesse chez le père
Avant toute chose, il est essentiel de comprendre pourquoi le futur père refuse certaines responsabilités liées à la grossesse ou à l'arrivée d'un enfant. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce refus :
- La peur des responsabilités : La perspective de devenir père peut être angoissante pour certains hommes, qui craignent de ne pas être à la hauteur ou de ne pas pouvoir assumer les responsabilités financières et émotionnelles liées à l'arrivée d'un enfant.
- Le manque de maturité : Certains hommes peuvent se sentir trop jeunes ou pas assez préparés pour devenir pères. Ils peuvent avoir l'impression de ne pas avoir encore suffisamment profité de leur vie et craindre que l'arrivée d'un enfant ne les prive de leur liberté.
- Les problèmes de couple : Une relation de couple fragile ou conflictuelle peut rendre difficile l'acceptation d'une grossesse. Le futur père peut craindre que l'arrivée d'un enfant n'aggrave les problèmes existants ou ne mette fin à la relation.
- Les difficultés financières : La situation financière du couple peut être un facteur déterminant dans la décision d'accepter ou de refuser une grossesse. Le futur père peut craindre de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de l'enfant ou de devoir faire des sacrifices importants.
- L'absence de désir d'enfant : Il est possible que le futur père n'ait tout simplement pas envie d'avoir d'enfant, que ce soit pour des raisons personnelles, professionnelles ou autres. Il peut avoir l'impression que ce n'est pas le bon moment dans sa vie ou qu'il ne se sent pas prêt à devenir père.
- Le déni de grossesse : On parle souvent du déni de grossesse du côté de la femme, puisque c’est elle la première concernée. Pourtant, son compagnon est forcément atteint par cette situation. Il devient père malgré lui. Le déni de grossesse survient lorsqu’une femme ne s’aperçoit pas qu’elle est enceinte avant un stade avancé de la grossesse, voire jusqu’à l’accouchement. Dans ce cas très rare, on parle de déni de grossesse total, en opposition au déni partiel lorsque la grossesse est découverte avant le terme. Généralement, c’est un blocage psychologique qui empêche la femme de vivre cette grossesse normalement. Et le père, comment vit-il cette situation ? Dans le cas d’un déni partiel, même si rien d’évident ne permet de s’apercevoir d’une grossesse, certains signes peuvent mettre la puce à l’oreille, notamment au niveau du ventre ou des seins. Selon Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste, une question se pose alors : « y a-t-il un déni de grossesse chez les hommes ? » Comment expliquer en effet qu’un homme ne s’aperçoive pas que sa compagne est enceinte ? Pour Myriam Szejer, auteure de nombreux livres psychanalytiques sur la grossesse et la naissance, c’est comme si ces hommes étaient eux-aussi entraînés dans le même mouvement psychique, comme s’il y avait une complaisance inconsciente. « Puisque la femme ne s’autorise pas à vivre cette grossesse, l’homme est pris dans le même système et ne s’autorise pas à prendre conscience que sa femme peut être enceinte », alors même qu’ils ont eu des rapports et que le corps de sa femme semble changer. Car pour Myriam Szejer, même si des saignements proches des règles habituelles peuvent survenir, une femme qui n’est pas dans un contexte de déni et qui est psychologiquement apte à faire face à cette grossesse se posera tout de même des questions, d’autant plus s’il y a eu des rapports non protégés. Le déni peut survenir pour énormément de raisons différentes, chez la femme comme chez l’homme. Ce peut être un moyen inconscient de protéger l’enfant, d’éviter les pressions familiales poussant à l’avortement ou à l’abandon, d’empêcher les jugements de l’entourage sur la grossesse, ou encore de ne pas révéler un adultère. En ne s’autorisant pas à vivre cette grossesse, la femme n’a pas à affronter toutes ces situations. « Souvent, le déni de grossesse résulte d'un conflit inconscient entre le désir d'enfant et le contexte socio-affectif, économique ou culturel dans lequel survient ce désir. On peut alors comprendre que l’homme soit pris dans le même engrenage que la femme », souligne Myriam Szejer. « Puisqu’il ne peut pas s’autoriser à avoir cet enfant, il ne veut pas accepter qu’il y ait une possibilité que cela arrive tout de même. Parfois, dans de rares cas, il arrive que le déni soit total. Arrivée aux urgences pour des douleurs abdominales, la femme apprend par le corps médical qu’elle est sur le point d’accoucher. Et le compagnon apprend par la même occasion qu’il va être papa. Dans ce cas de figure, Nathalie Gomez, chargée de mission pour l’Association française de reconnaissance du déni de grossesse distingue deux grandes réactions de la part du compagnon. « Soit il est ravi et accepte l’enfant à bras ouvert, soit il refuse totalement l’enfant et quitte sa compagne », explique-t-elle. Sur les forums, de nombreuses femmes font part de leur désarroi face à la réaction de leur compagnon, qui les accuse notamment de leur avoir « fait un bébé dans le dos ». Mais heureusement, tous les hommes ne réagissent pas de manière aussi tranchée. Certains ont simplement besoin de temps pour se faire à l’idée. Au téléphone, Nathalie Gomez nous a ainsi raconté l’histoire d’un couple face à un déni de grossesse total, alors que la femme avait été déclarée comme stérile par le corps médical. Au moment de l’accouchement, le père du futur bébé s’est éclipsé et a disparu de la circulation pendant plusieurs heures, injoignable. Il a englouti quatre pizzas entouré de ses amis, puis est revenu à la maternité, fin prêt à assumer pleinement son rôle de père. Il arrive alors que l’homme prenne la décision de rejeter ce bébé, notamment si sa situation ne l’autorise pas à accueillir cet enfant. Le père peut aussi développer un sentiment de culpabilité, en se disant qu’il aurait dû s’apercevoir de quelque chose, qu’il aurait pu empêcher cette grossesse de survenir ou d’arriver à son terme. Pour la psychanalyste Myriam Szejer, il y a autant de réactions possibles que d’histoires différentes, et il est très dur de « prédire » comment réagira un homme si sa compagne venait à faire un déni de grossesse.
Il est important de garder à l'esprit que chaque personne réagit différemment face à la nouvelle d'une grossesse et qu'il ne faut pas forcément y voir un rejet total.
Les réactions de la future mère face au refus du père
Il est tout à fait normal de se sentir blessée ou en colère lorsque l'on apprend que son partenaire ne souhaite pas devenir papa. Il est essentiel de prendre le temps de verbaliser ces émotions, sans tomber dans les reproches ou les accusations. La grossesse non désirée par le papa peut être une expérience isolante pour la future mère. Trouver du soutien auprès de proches (amis, famille) ou de professionnels (sage-femme, psychologue, médecin) permet de partager ses ressentis et d'obtenir des conseils adaptés à sa situation.
Les solutions possibles pour gérer un refus de grossesse
Le dialogue est primordial pour tenter de trouver une solution acceptable pour les deux membres du couple. Voici quelques pistes à explorer :
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- Communiquer ouvertement : Il est important d'exprimer ses sentiments et ses besoins, tout en écoutant attentivement les arguments de l'autre. Il est essentiel de créer un espace de dialogue où chacun se sent libre de s'exprimer sans crainte d'être jugé ou critiqué.
- Rechercher un accompagnement professionnel : Un psychologue ou un conseiller conjugal peut aider le couple à mieux comprendre les raisons du refus et à trouver des solutions adaptées à leur situation. Ces professionnels peuvent offrir un espace neutre et bienveillant où chacun peut exprimer ses émotions et ses préoccupations.
- Envisager des compromis : Dans certains cas, trouver un accord qui satisfasse les deux parties peut être compliqué. Il est néanmoins possible d'établir des concessions mutuelles afin que chacun se sente respecté dans ses choix et ses envies. Par exemple, le père peut accepter d'assumer certaines responsabilités financières, même s'il ne souhaite pas s'impliquer pleinement dans l'éducation de l'enfant.
- Prendre une décision éclairée : Si le dialogue et les compromis ne suffisent pas à résoudre le conflit, il peut être nécessaire de prendre une décision difficile concernant l'avenir de la grossesse. Cette décision doit être prise en toute conscience, en tenant compte des besoins et des aspirations de chacun.
- Tenir compte du temps : Il faut souvent du temps aux hommes pour s’habituer à la perspective d’une grossesse, d’un bébé. Même quand il s’agit d’un bébé prévu et attendu, les doutes et la panique, le sentiment de ne pas être prêt, peut s’emparer d’eux et rendre un peu difficiles les premiers temps de la grossesse. Alors quand un bébé non désiré fait irruption dans leur vie, ils ont sans doute besoin d’encore plus de temps… La grossesse dure 9 mois, 9 mois pour devenir maman, 9 mois pour devenir papa. Un homme a souvent aussi besoin de signes tangibles pour accueillir cette nouvelle comme une réalité, pas seulement comme une idée. Si il vous dit qu’il ne se sent pas prêt à devenir père de ce bébé non désiré, cela ne veut absolument pas dire que c’est définitif et qu’il ne le sera jamais. Et ce bébé qui n’était pas attendu, sera aimé autant que s’il avait été programmé ! Les hommes découvrent souvent leur paternité à travers la maternité de leur compagne et aussi la confiance qu’elle leur fait. Un bébé se fait à deux…et vous ne devez certainement pas porter toute la responsabilité et la culpabilité de cette grossesse imprévue. Face à une grossesse imprévue, non désirée, il est important de laisser passer le premier choc émotionnel et toutes ses interrogations et ses peurs. Important aussi de ne pas rester seule et de pouvoir se confier et être écoutée. Ce que vivent les femmes confrontées à une grossesse imprévue peut être très violent. Le soutien et le réconfort de l’écoute est alors précieux. N’hésitez pas !
- Déni de parentalité : Aujourd'hui, on constate l'apparition d'un nouveau type de déni de parentalité du fait des pères. Des pères qui ont souhaité leur enfant, mais qui sont submergés par l'existence de leur enfant. Ce dernier devient et représente alors pour eux un frein à l'intensité de leur activité professionnelle. Bien que les dénis tels que décrits par la majorité des médias sont excessivement rares, les autres cas moins extrêmes sont plus répandus. Peut--être a-t-on trop habitué les femmes à l' « inévitable dépression post partum » et à normaliser cette dépression ? Bien que ce soit en partie exacte, parfois il peut s'agir aussi de quelque chose de plus grave qu'une simple dépression passagère : il convient alors de savoir l'identifier, mettre des mots dessus et surtout la prendre en charge.
Les conséquences d'un refus de grossesse sur le couple
Une grossesse non désirée par le papa peut être source de tensions voire de ruptures au sein du couple. Il est donc important de prendre en compte les conséquences possibles de cette situation et de mettre en place des stratégies pour les gérer au mieux. Il est essentiel de ne pas rester isolé et de rechercher un soutien auprès de ses proches ou de professionnels.
Le déni de grossesse : un cas particulier
D'après une étude menée en 2017 par l'Association Française de Promotion de la Santé Scolaire et Universitaire, le déni* de grossesse est un trouble qui toucherait entre 1 500 et 3 000 femmes chaque année en France. Le déni de grossesse, d’après la psychothérapeute Hélène Romano spécialisée dans la prise en charge des blessés psychiques, désigne le fait de porter la vie, de manière inconsciente, de ne pas être dans la transparence psychique* et de ne pas ressentir la grossesse physiquement. On parle de déni de grossesse lorsque la femme apprend qu’elle est enceinte à partir de la quatorzième semaine d’aménorrhée*. Certaines continuent de prendre une contraception orale, d’où les saignements réguliers. Pour beaucoup de femmes, elles ne sentent pas le fœtus se mouvoir. "Pour les psychiatres, le déni de grossesse traduit une souffrance psychologique.
Le déni de grossesse est un phénomène complexe qui peut avoir des répercussions importantes sur la mère et l'enfant. Il est important de le prendre en compte et de proposer un accompagnement adapté aux femmes qui en sont victimes.
Comment expliquer le déni de grossesse ?
Lorsque la personne fait un déni de grossesse, elle a quand même ses règles et peut avoir un test de grossesse négatif. Depuis 1984, le déni de grossesse est considéré comme un trouble de la gestation psychique. Cela a un impact sur le psychisme de la femme puisque la mère n’a pas l’instinct maternel qui se développe. Les facteurs qui peuvent provoquer un déni de grossesse peuvent-être : l’ambivalence du désir d’enfant, le rapport au corps, des éventuels traumatismes passés ou actuels, des conflits psychiques non résolus, etc. Tout d’abord, le ventre de la femme se met à gonfler lors de la prise de conscience de celle-ci, cela apparaît surtout lors d’un déni de grossesse partiel. Lorsqu’un déni de grossesse est total, la femme accouche sans savoir qu’elle accouche, c’est-à-dire qu’elle pense avoir quelque chose comme une gastro-entérite, un mal de ventre, etc. Il faut également noter que le déni de grossesse est un déni collectif. Quand un déni de grossesse est découvert, une multitude d’examens est réalisés afin de rattraper le retard des derniers mois qui sont passés sous silence. La révélation du déni de grossesse entraîne un changement corporel très important quelques heures après l’annonce de la grossesse.
Comment se loge le bébé dans le ventre de la maman en cas de déni ?
Dans le ventre de la maman, le bébé se cache d’une drôle de manière. Les muscles de la future maman se tendent et se renforcent afin que son corps ne fasse aucun changement. L’utérus de la mère devient alors de plus en plus lourd et volumineux, il a également un risque que celui-ci s’incline un peu sur l’avant, c'est ce qu’on appelle une position antéversé.
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Les conséquences du déni de grossesse
Lorsque la femme enceinte est dans un déni de grossesse totale, au moment de l’accouchement cela peut-être un véritable traumatisme et peut avoir des répercussions psychologiques conséquentes, c’est pourquoi la femme est prise en charge par des psychologues, pédiatre etc. On propose un séjour où l’on passe de 3 à 5 jours pour ces cas, puisque le déni de grossesse ne permet aucun voyage émotionnel de la femme autour de l’arrivée de son bébé. Si ce voyage n’a pas lieu, la femme n’a pas le temps de construire un lien avec le fœtus. Elle ne pourra pas le reconnaître comme faisant partie de la lignée familiale. De plus, il n’existe pas de préoccupation parentale. De plus, au moment de l’accouchement, la femme a une perte psychique qui est traduite par la peur de mourir tellement elle ressent des douleurs (torsions abdominales). Il faut alors prendre en compte la femme d’un point de vue sanitaire, pour mettre en place les conditions nécessaires à une naissance soudaine. Après l’accouchement, la femme ressent de la culpabilité. Elle se remémore son mode de vie avant l’accouchement et ne souhaite pas reconnaître la réalité des évènements ni d'accepter l’arrivée de l’enfant voire à nier totalement cette grossesse et donc à mener jusqu’au néonaticide*.
Un déni de grossesse, par conséquent sans suivi médical adapté, peut engendrer une grossesse à risque aussi bien pour la mère que pour le fœtus. Cela peut engendrer des répercussions physiques sur la femme et sur l’enfant sur le domaine médical et psychologique, allant d’une normalité à une pathologie gravissime. Aucun suivi médical n’a été réalisé, ce qui signifie qu’aucun examen n’est à jour. En revanche, selon la psychiatre du CHU de Grenoble Annie Poizat, les femmes sont peu demandeuses de suivi. Elle dit que “ce n’est pas le déni qui va être le motif de la demande, mais cela va être autre chose, par exemple une fragilité quelconque”. Il faut savoir qu’un bébé né d’un déni de grossesse n’a pas de retard sur sa croissance. Mais le déni de grossesse peut exposer l’enfant à des complications telles que l’augmentation du risque de prématurité chez l’enfant, un faible poids à la naissance qui est souvent inférieur à 2,5kg, un retard de croissance intra-utérin qui s’est normalisé à l’âge de 9 mois. Mais également le taux de mortalité périnatale* atteint les 5 %.
Conclusion
Faire face à une grossesse non désirée par le papa est une situation complexe et éprouvante. Il existe néanmoins des solutions pour gérer au mieux cette réalité, notamment en instaurant un dialogue constructif et en recherchant des compromis respectueux des choix de chacun. Il est essentiel de ne pas rester isolé et de rechercher un soutien auprès de ses proches ou de professionnels. Il est important de garder à l'esprit que chaque situation est unique et qu'il n'y a pas de solution miracle. L'essentiel est de prendre une décision éclairée, en tenant compte des besoins et des aspirations de chacun.
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