La contestation de paternité est une procédure juridique permettant d'annuler un lien de filiation entre un enfant et un homme, sous certaines conditions strictes imposées par la loi. Cette action peut avoir des conséquences importantes sur les droits et obligations de chacun, notamment en matière de nom de famille, d'autorité parentale, d'obligations alimentaires et de droits successoraux.

Cadre Légale et Principes Fondamentaux

En matière de filiation, le lien entre l’enfant et les parents s’établit par le biais d’une reconnaissance effectuée auprès de l’officier d’état civil. La loi prévoit une présomption de filiation paternelle (article 312 du Code civil), dès lors que l’enfant est conçu ou né pendant le mariage. La filiation peut également être établie par possession d’état (article 311-1 du Code civil) notamment lorsque le père a élevé l’enfant durant toute sa vie, sans pour autant avoir reconnu ce dernier.

Conformément à l'article 332 du Code civil, la filiation paternelle peut être contestée si elle n’est pas conforme à la réalité biologique. Cette action vise la contestation des filiations établies automatiquement ou par reconnaissance.

Conditions de la Contestation de Paternité

Plusieurs situations peuvent motiver une action en contestation de paternité :

  • Présomption de paternité : L’homme marié à la mère au moment de la naissance est désigné automatiquement comme étant le père légal de l’enfant (article 312 du Code civil). Si le mari n’est pas le père biologique, il peut contester cette présomption.
  • Reconnaissance volontaire de paternité : Lorsqu'un homme a volontairement reconnu un enfant, il peut intenter une action en contestation devant le tribunal de la famille et de la jeunesse ou TFJ s'il estime ne pas être le père biologique.

Recevabilité de l'action :

Pour que l'action soit recevable, le demandeur doit apporter la preuve que le mari n’est pas le père biologique de l’enfant ou que l’auteur de la reconnaissance volontaire n’est pas le véritable géniteur.

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Prescription de l'action :

Le principal écueil de l'action en contestation de paternité est la prescription de l'action. L’article prévoit également un délai de prescription de 5 ans à compter « du jour où la possession d’état a cessé ou du décès du parent dont le lien de filiation est contesté ». Relevons que l'action en contestation de paternité peut être introduite par la mère ou l'enfant.

Exception : Possession d'état conforme au titre :

En revanche, il existe une exception à cette possibilité de contestation de paternité dans le cas d’une possession d’état conforme au titre : lorsque la possession d’état a duré au moins 5 ans depuis la naissance ou la reconnaissance, seul le Ministère Public peut engager une action en contestation de paternité. Il est à noter que le délai est suspendu, à l’égard de l’enfant, jusqu’à sa majorité.

Procédure de Contestation de Paternité

La contestation de paternité se fait par voie d’action judiciaire, par le biais d’une assignation devant le tribunal judiciaire. La représentation par avocat est obligatoire. La durée moyenne de la procédure en contestation de paternité est de 22 mois. Il s’agit également d’une procédure qui se déroule en présence du procureur de la République.

Déroulement de la procédure :

  1. Assignation : Le demandeur (père, mère, ou enfant) doit assigner le défendeur (l'autre parent ou l'enfant) devant le Tribunal de Grande Instance du lieu du domicile du défendeur.
  2. Preuves : Le demandeur doit démontrer la recevabilité et le bien-fondé de son action. L’article 310-3 du Code civil dispose : « La filiation se prouve par l’acte de naissance de l’enfant, par l’acte de reconnaissance ou par l’acte de notoriété constatant la possession d’état. Si une action est engagée en application du chapitre III du présent titre, la filiation se prouve et se conteste par tous moyens, sous réserve de la recevabilité de l’action ».
  3. Expertise biologique : En matière de contestation de paternité, l’expertise biologique (test ADN) est de droit sauf s’il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Afin de ne pas perdre de temps, il convient de faire cette demande dès la première audience. Si le juge fait droit à la requête demandant une telle expertise un laboratoire agrée en expertise judiciaire va être désigné pour procéder à la comparaison des ADN entre le père présumé et l’enfant. L’expertise biologique consiste en un test sanguin ou un test ADN.
  4. Jugement : Le tribunal, après avoir examiné les preuves et les arguments des parties, rend un jugement. Si la contestation est accueillie, le jugement sera notifié à l'état civil pour que l'annulation de filiation y soit inscrite.

Conséquences de la Contestation de Paternité

L’annulation de la filiation a des conséquences importantes :

  • Pour le père : L'"ex-père" n'ayant alors désormais, vis à vis de l'enfant, plus aucun droits ni obligations. Il perd tous ses droits et obligations envers l'enfant, notamment en matière d'autorité parentale, d'obligation alimentaire et de droits de succession.
  • Pour l'enfant : L’annulation de la filiation entraînera de plein droit le changement de nom de l’enfant si ce dernier est mineur. L'enfant perd ses droits successoraux envers l'ex-père.

Refus de Reconnaissance et Recherche de Paternité

Dans les cas où le père refuse de reconnaître l'enfant, une action en recherche de paternité peut être intentée.

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Action en recherche de paternité :

Une action en recherche de paternité est l’unique recours pour l’enfant et la mère si le père biologique refuse la reconnaissance. Cette procédure permet d'établir un lien de filiation entre l'enfant et son père biologique.

Preuves :

Il faut prouver l'existence d'une relation entre le père et l'enfant, même sans lien biologique. Un notaire doit constater ces liens dans un acte de notoriété. Cet acte permet d'établir officiellement le lien de filiation. Pour cela, il doit démontrer, par un certain nombre d'indices, qu'une personne s'est comportée comme son père. La relation doit s'établir dans la durée.

Conséquences de l'établissement de la paternité :

  • Droit de visite : Le droit de visite n’est octroyé qu’au père ayant reconnu son enfant.
  • Pension alimentaire : La justice tranche toujours en faveur de l’enfant si la filiation biologique est établie.
  • Autorité parentale : En règle générale, le père reconnu devant le tribunal doit bénéficier de l’autorité parentale, tout comme la mère.

Le Test de Paternité

Le test de paternité est un examen génétique permettant de jouir d’avantages juridiques. Il faut noter qu’en France, la réalisation de ce type de test ne peut être ordonné que par un juge. Lorsque l’on fait un test de Paternité, la réponse se doit d’être nette et excessivement précise.

Abandon de Paternité

L’abandon physique ou moral d’un enfant (ne pas subvenir à ses besoins) est puni par l’article 227-15 du Code pénal (délaissement de mineur), avec des peines pouvant aller jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende. L’article 227-3 du Code pénal réprime l’abandon de famille (non-paiement d’une obligation financière pendant plus de deux mois), puni de 2 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

En conclusion, l’action en renoncement de paternité est tout à fait possible. En effet, l’abandon de paternité peut se faire selon les trois possibilités suivantes : renoncer à la filiation automatique, à la filiation volontaire ou à la filiation judiciaire.

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Rôle de l'Avocat

La meilleure solution est ainsi de faire appel à un avocat spécialisé en droit de la famille. Un avocat peut vous conseiller sur les chances de succès de votre action, vous aider à rassembler les preuves nécessaires et vous représenter devant le tribunal.

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