L'action en recherche de paternité est une procédure légale essentielle permettant à un enfant né hors mariage d'établir officiellement son lien de filiation avec son père biologique. Cette démarche, encadrée par le Code civil, ouvre des droits importants pour l'enfant en matière d'identité, d'héritage et de soutien financier. Cet article explore les conditions, les procédures et les limites de cette action, tout en soulignant l'importance de l'accompagnement juridique.

Cadre Juridique de l'Action en Recherche de Paternité

L'action en recherche de paternité est régie par les articles 327 et suivants du Code civil. Elle permet à un enfant de demander au juge la reconnaissance judiciaire de son père biologique. Cette action peut être intentée par l’enfant lui-même ou par son représentant légal si l’enfant est mineur. Conformément à l’article 321 du Code civil, l’action en recherche de paternité peut être intentée jusqu’à dix ans après la majorité de l’enfant, soit jusqu’à ses 28 ans. Pendant la minorité, ce délai est suspendu, et le représentant légal peut agir en justice pour le compte de l’enfant. L’action est ouverte uniquement à l’enfant concerné (article 327 du Code civil). Si l’enfant est mineur, ses représentants légaux peuvent agir en son nom. En principe, cette action peut être engagée jusqu’à 10 ans après la majorité de l’enfant, c’est-à-dire jusqu’à ses 28 ans.

Conditions de Recevabilité de l'Action

Pour qu'une action en recherche de paternité aboutisse, certaines conditions doivent être remplies. L'élément clé est de prouver l'existence de relations entre la mère de l'enfant et le père biologique présumé au moment de la conception.

Preuve de Relations et Expertise Biologique

L’essentiel est de pouvoir prouver l’existence de relations entre la mère de l’enfant et le père biologique présumé au moment de la conception. Dans la majorité des cas, le juge ordonne une expertise biologique, souvent sous la forme d’un test ADN, pour établir de manière quasi infaillible la paternité. Toutefois, ce test ne peut être réalisé qu’avec le consentement du père présumé.

Autres Moyens de Preuve

Dans le cadre d’une action en recherche de paternité, la preuve est libre : elle peut être rapportée par tous moyens (correspondance, témoignages, photos, etc.).

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Procédure Judiciaire

L’action en recherche de paternité est introduite devant le tribunal judiciaire du lieu de résidence de l’enfant ou du père présumé.

Étapes de la Procédure

  1. Dépôt de la demande : La demande doit être rédigée par un avocat et déposée auprès du tribunal compétent.
  2. Expertise biologique (test ADN) : Dans la majorité des cas, le juge ordonne une expertise biologique, souvent sous la forme d’un test ADN, pour établir de manière quasi infaillible la paternité. Toutefois, ce test ne peut être réalisé qu’avec le consentement du père présumé.
  3. Jugement : Si les preuves sont jugées suffisantes, le tribunal prononcera un jugement établissant la filiation entre l’enfant et le père.

Rôle de l'Avocat

La recherche de paternité est une procédure délicate sur le plan humain et juridique. Il est donc essentiel de se faire assister par un avocat tout au long du processus. Le Cabinet ALAGY BRET & ASSOCIES à Lyon, intervient régulièrement dans des affaires de filiation. Pour maximiser vos chances de succès, il est recommandé de se faire accompagner par un avocat expert en droit de la famille à Lyon.

Conséquences de la Reconnaissance de Paternité

La reconnaissance de paternité entraîne des conséquences importantes pour l'enfant.

Droits et Obligations

  1. Nom et droits de l’enfant : L’enfant portera le nom de son père et pourra bénéficier de droits successoraux.
  2. Autorité parentale : Si la reconnaissance est déclarée judiciairement, le juge pourra être amené à statuer sur l’autorité parentale, la résidence habituelle de l’enfant, le droit de visite et d’hébergement et sur la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant.

Reconnaissance de Paternité : Mariage vs. Hors Mariage

La reconnaissance de paternité suit des règles différentes selon que le couple est marié ou non.

Couples Mariés

Pour les couples mariés, l'article 312 du Code civil établit une présomption de paternité du mari qui ne peut être écartée que dans des cas limitatifs. Cet article établit donc une présomption de paternité du mari. Cela se limite donc aux couples mariés. Cette présomption ne peut être écartée que dans des cas limitatifs énoncés aux articles 313 et 314 du Code civil. Néanmoins, la présomption de paternité se trouve rétablie de plein droit si l’enfant a la possession d’état à l’égard de chacun des époux et s’il n’a pas une filiation paternelle déjà établie à l’égard d’un tiers ». « La présomption de paternité est écartée lorsque l'acte de naissance de l'enfant ne désigne pas le mari en qualité de père et que l'enfant n'a pas de possession d'état à son égard. Néanmoins, la présomption de paternité peut être rétablie au moyen de la possession d’état sous réserve qu’il existe bien une possession d’état entre l’enfant et l’époux de la mère.

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Couples Non Mariés

Hors mariage, la paternité peut être établie par action en recherche de paternité avec preuve de filiation, notamment par expertise génétique de droit. La reconnaissance de paternité peut être faite avant la naissance de l’enfant auprès d’une mairie, lors de la déclaration de naissance ou après celle-ci. Il convient de préciser que, si le droit de la filiation ne fait aucune distinction concernant la reconnaissance maternelle, en revanche il fait une distinction concernant la reconnaissance de la paternité selon que le couple est marié ou non. Cette reconnaissance sera alors mentionnée sur l’acte de naissance de l’enfant. Passés les 5 jours suivant la naissance de l’enfant, il vous est toujours possible de reconnaître l’enfant, cette fois-ci auprès de la mairie de votre choix. Attention néanmoins, vous ne pourrez reconnaître l’enfant à tout moment que si aucun lien de filiation paternelle n’a été établi entre temps. Un enfant né sous X peut néanmoins être reconnu par le père qui dispose d’un délai de 2 mois suivant la naissance pour reconnaître l’enfant et ce, auprès de la mairie de votre choix.

Délais d'Action

Les délais d'action sont cruciaux : l'enfant dispose jusqu'à 28 ans pour agir (prescription suspendue durant sa minorité), tandis que la mère ne peut agir que durant la minorité de l'enfant. Conformément à l’article 321 du Code civil, l’action en recherche de paternité peut être intentée jusqu’à dix ans après la majorité de l’enfant, soit jusqu’à ses 28 ans. Pendant la minorité, ce délai est suspendu, et le représentant légal peut agir en justice pour le compte de l’enfant. Cette prescription est suspendue durant la minorité de l’enfant, qui a donc jusqu’à 28 ans pour agir. La mère, quant à elle, ne peut agir que durant la minorité de l’enfant puisqu’à l’issue de la minorité, il pourra exercer lui-même l’action.

Filiation Maternelle

La filiation à l’égard de la mère est établie par sa désignation dans l’acte de naissance de l’enfant conformément à l’article 311-25 du Code civil qui ne fait aucune distinction entre un couple marié et un couple non marié.

Expertise Génétique : Un Outil Clé

L’établissement de la filiation, de la paternité se fait par expertise génétique. L’expertise biologique est de droit en matière de filiation. Il s’agit d’un principe qui a été énoncé par la Cour de cassation dans un arrêt du 28 mars 2000. La haute juridiction a également précisé une exception en cas de motif légitime de ne pas y procéder. L’expertise biologique sera ordonnée en présence d’une action recevable comme par exemple une action en recherche de paternité ou une action en contestation de paternité. En revanche, si l’action en justice est prescrite, l’expertise biologique sera refusée. Dans l’hypothèse où le juge ordonne un examen comparé des sangs, les intéressés peuvent toujours refuser de s’y soumettre. Le refus ne constitue pas forcément la preuve ou non d’une paternité. En ce qui compte le motif légitime de refus de l’expertise, la jurisprudence a pu préciser les cas où la demande pouvait être écartée. Par exemple, le juge est en droit d’estimer qu’il existe des présomptions et indices graves qui sont suffisants pour considérer que la paternité est établie nonobstant l’existence d’une expertise pour le confirmer.

Conditions et Limites de l'Expertise

Cette expertise génétique est de droit si elle est sollicitée, comme dans le cadre d’une action en contestation de paternité. Elle ne peut néanmoins être effectuée que sur une personne vivante car l’expertise post-mortem est interdite en France. Dans le cadre de l’action en recherche de paternité, la preuve peut être rapportée par acte de naissance, possession d’état ou expertise biologique au sens de l’article 310-3 du Code civil. À ce titre, l'examen ADN ne peut être imposé au père supposé, excepté pour l’action judiciaire.

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Compétence Juridictionnelle

En principe, la compétence est celle de la Première Chambre Civile, néanmoins certaines juridictions dont Pontoise, pour des raisons d’organisation interne, ont attribué ce contentieux au Juge aux Affaires Familiales.

Action en Recherche de Paternité et Héritiers

S’il décède, l’action pourra être engagée par ses héritiers.

Irrecevabilité de l'Action

L’action en recherche de paternité n’est pas nécessairement recevable. Le fait qu’un lien de filiation soit déjà établi à l’égard de l’enfant. Dans ce cas précis, il est nécessaire de contester la paternité en premier lieu.

Droits et Devoirs du Père

La paternité vous donne des droits parentaux mais également des devoirs à l’égard de l’enfant.

Action aux Fins de Subsides

Si la filiation paternelle ne peut être établie, l’enfant peut engager une action aux fins de subsides (articles 342 et suivants du Code civil). Il s’agit d’un moyen d’obtenir une pension alimentaire (des subsides) sans pour autant établir la filiation. Tout enfant peut solliciter une pension alimentaire aux hommes avec lesquels sa mère a eu des relations sexuelles pendant la durée légale de conception. L’action est réservée à l’enfant mais sa mère peut l’initier en qualité de représentante légale pendant sa minorité. L’enfant peut agir en justice jusqu’à ses 28 ans. L’expertise biologique peut être utilisée.

Reconnaissance d'un Enfant : Questions Fréquentes

  • Puis-je reconnaître un enfant qui n’est pas le mien ? Seul le parent biologique a le droit de reconnaître l’enfant.
  • Quand dois-je reconnaître l’enfant ? Il est possible de faire une reconnaissance prénatale, donc avant la naissance de l’enfant. Elle sera alors confirmée lors de la naissance.
  • Peut-on me forcer à reconnaître un enfant ? Oui, absolument. La mère peut, au nom de l’enfant faire une procédure en reconnaissance de paternité forcée. Un test ADN sera alors ordonné.
  • La mère peut-elle m’interdire de reconnaître mon enfant ? Il n’est pas nécessaire de bénéficier du consentement de l’autre parent pour reconnaître son enfant.
  • Comment savoir d’abord si c’est mon enfant ? En France, il est illégal de faire un test ADN sans qu’il ait été ordonné par le tribunal.

Reconnaissance : Un Acte Irrévocable ?

Reconnaître un enfant, c’est faire l’aveu de sa paternité et s’engager pour l’avenir. C’est un acte irrévocable, vous ne pouvez donc pas vous rétracter par votre seule volonté, il va falloir faire une procédure en justice en contestation de paternité étant précisé d’une part qu’il y a des délais, d’autre part cela peut être refusé si le tribunal considère que c’est contraire à l’intérêt de l’enfant. Vous avez un délai de 10 ans pour faire cette procédure, à compter de la date à laquelle vous avez reconnu l’enfant.

Actions en Contestation de Paternité

Les actions en contestation de paternité sont plus limitées et plus encadrées que les actions en recherche de paternité. Cela s’explique par la volonté du législateur de privilégier l’intérêt de l’enfant en veillant à la stabilité de son état civil. En conséquence, le législateur est plus réfractaire à retirer une filiation surtout lorsque l’enfant et le parent contestataire ont entretenu un lien solide dans le temps. Lorsque la paternité est établie par un titre c’est-à-dire par un acte d’état civil mais qu’elle n’est pas corroborée par la possession d’état, l’action en contestation de la filiation est largement ouverte à toute personne qui y a intérêt selon le délai de droit commun de 10 ans.

La Vérité Biologique vs. La Vérité Sociologique

Le droit de la filiation a été profondément modifié ces dernières années par plusieurs réformes dont la loi du 3 janvier 1972 et l’ordonnance du 4 juillet 2005 qui a été ratifiée par la loi du 16 janvier 2009. Les objectifs poursuivis par ces réformes étaient de trouver le plus juste équilibre entre la vérité biologique et la vérité sociologique qui conduit à ne pas remettre en cause une filiation dans une situation vécue depuis de nombreuses années. Le recours à l’expertise biologique permet d’établir une vérité biologique tandis que la démonstration d’une possession d’état permet d’asseoir une vérité sociologique. La loi encadre le recours à ces deux moyens de preuves quand il s’agit d’établir ou de contester une filiation.

Possession d'État

S’agissant de la possession d’état, elle renvoie à une situation vécue et concrète. Il peut être considéré qu’un enfant a une possession d’état lorsque dans les faits tout se passe comme s’il existait bien une filiation établie. Les principaux traits de la possession d’état sont le traitement, la renommée et le nom. Le traitement suppose que les parents se comportent avec l’enfant comme s’ils étaient leurs véritables parents biologiques. Il ne s’agit pas de conditions cumulatives. Elles sont librement appréciées par le tribunal judiciaire étant précisé qu’une possession d’état peut exister avant même la naissance d’un enfant. La possession d’état requiert certaines qualités et doit être continue, paisible, publique et non équivoque. La possession d’état permet d’établir une filiation. La filiation peut être établie de façon non contentieuse ou grâce à l’intervention judiciaire du tribunal judiciaire. Tant la filiation maternelle que paternelle peuvent être établies par l’effet de la loi. À l’égard de la mère, sa désignation dans l’acte de naissance de l’enfant est suffisante pour établir le lien de filiation. Concernant le père, la filiation peut être établie au moyen de la présomption de paternité, la reconnaissance de paternité ou la possession d’état.

Paternités Forcées : Une Question Délicate

Imposer une filiation paternelle en raison du seul lien biologique ne semble plus acceptable, notamment en raison des transformations sociales et de l’entrée en vigueur de la loi de bioéthique du 2 août 2021. L’évolution des techniques contraceptives, l’importance accordée à la volonté par le législateur lui-même, lors de la conception et pour établir la filiation, doivent nous interroger.

Motivations et Conséquences

Il s’agit des situations où des femmes donnent naissance à un enfant contre la volonté du géniteur et dans lesquelles un lien de filiation paternelle sera par la suite établi. Les motivations des femmes sont nombreuses : certaines veulent un enfant et pensent l’élever toutes seules, mais se retournent finalement contre le géniteur ; d’autres, par dépit amoureux alors que la relation se termine, décident de concevoir un enfant et d’imposer à leur partenaire le rôle de père qu’ils n’ont jamais désiré. Parfois, les femmes veulent pouvoir rester sur le territoire français et élever un enfant né en France est un moyen d’y parvenir, mais elles ne veulent pas pour autant assumer cet enfant seules. Dans d’autres cas, elles agissent par intérêt financier.

Responsabilité et Liberté

Il est certes essentiel de ne pas nier la responsabilité des partenaires sexuels. D’une manière générale, chacun doit répondre de ses actes. S’agissant de la sexualité et du risque de conception, la responsabilité à l’égard de l’enfant conçu est donc financière. Comme le dit l’adage de Loysel : « Qui fait l’enfant doit le nourrir ». C’est ainsi que les femmes devenues mères doivent subvenir à l’entretien de leur enfant, tout comme les hommes. Cependant, la responsabilité du géniteur sur le fondement du risque de la conception ne se limite pas à cela. Elle se traduit par la possibilité d’engager des actions légales en recherche de paternité. Finalement, il semble légitime de mener une réflexion sur la liberté de ne pas être père et de s’interroger sur les justifications données aux hommes qui contestent la possibilité de se voir imposer une paternité non désirée.

Égalité et Maîtrise de la Fécondité

Les femmes ont la possibilité de maîtriser leur maternité, dans la mesure où elles ont accès à des mesures de contraception féminine et où le droit leur laisse la possibilité d’avorter ou d’accoucher sous X, contrairement aux hommes qui, une fois l’enfant conçu, ne peuvent pas se désengager. Les femmes peuvent imposer au géniteur de leur enfant de devenir père en intentant une action en recherche de paternité. Le droit d’accoucher dans le secret permet « incontestablement, de fait, à la mère de se soustraire à une action en recherche de maternité puisque l’enfant ignorera, en principe, son identité ».

Projet Parental et Refus d'Être Père

Il est essentiel de revenir à la responsabilité qui demande à chacun de répondre de ses actes à l’égard d’autrui. Nous pensons qu’il ne serait pas anormal de considérer le refus exprimé d’avoir un enfant comme étant un obstacle à l’établissement d’un lien de filiation paternelle. Si chacun doit répondre de ses actes, l’établissement d’un lien de filiation ne peut reposer que sur l’existence d’un projet parental.

Preuve de Refus d'Être Parent

Afin de se ménager une preuve du refus d’être parent, l’utilisation d’applications mobiles permettant de s’assurer de la volonté de l’un et de l’autre pourrait être envisagée. Des applications sont proposées aux étudiants dans certains États afin d’établir leur consentement avant toute relation sexuelle. On peut imaginer qu’elles puissent permettre également aux hommes comme aux femmes de faire connaître leur intention quant à la conception d’un enfant et quant aux moyens de contraception utilisés.

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