Les cancers pédiatriques, bien que rares, représentent un défi majeur en raison de leur diversité et de leur impact sur les jeunes patients. Cet article explore les différents types de cancers pédiatriques, les traitements disponibles et les approches innovantes pour améliorer les chances de guérison.
Généralités sur les cancers pédiatriques
Les cancers de l’enfant représentent moins de 1 % de l’ensemble des cancers, avec environ 2 500 cas par an en France chez les personnes âgées de moins de 18 ans. Parmi ceux-ci, 1 700 cas surviennent avant l’âge de 15 ans, dont la moitié avant l’âge de 5 ans. Il existe une légère prédominance masculine, avec 12 garçons atteints pour 10 filles. Ces cancers sont très différents de ceux de l’adulte. Bien qu’il soit rare, il n’en demeure pas moins la première cause de mortalité chez l’enfant âgé de plus d’un an.
Types de Cancers Pédiatriques
Il existe une centaine de types de cancers pédiatriques, nécessitant des traitements spécifiques et une approche thérapeutique différente. Les leucémies et les lymphomes sont les causes les plus fréquentes de cancer chez l’enfant. Pour ces deux maladies, on parle de cancer hématologique. Les autres cancers fréquents sont les tumeurs cérébrales (médulloblastomes, épendymomes, gliomes, astrocytomes,….), les tumeurs dites embryonnaires car faites d’un tissu qui ressemble à celui de l’embryon (néphroblastome, neuroblastome, rétinoblastome, hépatoblastome).
Leucémies
Les leucémies représentent 30 % de l’ensemble des affections malignes chez l’enfant. Il existe deux grands groupes de leucémies chez l’enfant : les leucémies lymphoblastiques, qui représentent environ 85 % des cas, et les leucémies myéloblastiques, plus rares. Initiées dans les années 1970, les polychimiothérapies permettent d’obtenir la guérison de 80 % des enfants porteurs de leucémie aiguë lymphoblastique. Une greffe de moelle osseuse peut également être proposée.
Lymphomes
Les lymphomes sont des cancers du système lymphatique qui touchent près de 200 enfants chaque année en France. Chez les enfants de moins de 15 ans, le plus fréquent des lymphomes est de type "non-Hodgkiniens". Chez les adolescents et les adultes, il s’agit plutôt de lymphome Hodgkinien.
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Tumeurs cérébrales
Les tumeurs cérébrales représentent 20 % de l’ensemble des cancers de l’enfant. Ce sont les plus fréquentes des tumeurs solides de l'enfant. Ce sont aussi celles pour lesquelles les progrès thérapeutiques ont été les moins importants au cours des dernières décennies.
Ostéosarcomes
Les ostéosarcomes représentent la plus fréquente des tumeurs malignes primitives de l’os. Hautement agressifs, ils surviennent principalement chez les jeunes entre 10 et 20 ans. La majorité des ostéosarcomes surviennent au niveau du genou.
Sarcome d'Ewing
Le sarcome d'Ewing se développe essentiellement dans les os du bassin, les côtes, les fémurs, les péronés et les tibias. Il possède un fort pouvoir invasif. Le traitement repose le plus souvent sur une association chimiothérapie-radiothérapie-chirurgie.
Neuroblastome
Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-cérébrale la plus fréquente du jeune enfant. Cette tumeur se caractérise par une extrême variabilité clinique et évolutive, allant de la régression spontanée sans traitement à la progression rapidement fatale.
Rhabdomyosarcomes
Les rhabdomyosarcomes touchent davantage les garçons que les filles et surviennent le plus souvent au niveau de la tête et du cou, plus rarement dans la région génito-urinaire ou les membres, mais peuvent cependant concerner toutes les parties du corps.
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Néphroblastome
Le néphroblastome ou tumeur de Wilms est une tumeur maligne du rein, spécifique de la petite enfance, et très différente des cancers du rein de l’adulte. Avec près d’une centaine de cas par an en moyenne en France, il survient le plus fréquemment entre 1 et 5 ans.
Rétinoblastome
Tumeur cancéreuse de l’œil, le rétinoblastome atteint les cellules de la rétine. La précocité du diagnostic conditionne la mise en œuvre de traitements conservant au mieux la vision.
Traitements des Cancers Pédiatriques
Plusieurs types de traitements sont utilisés, seuls ou en combinaison, pour traiter les différents cancers. Le choix de ceux qui vous sont proposés est effectué par plusieurs médecins lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Les principaux traitements sont la chirurgie, la radiothérapie, les traitements médicamenteux et la greffe de cellules souches hématopoïétiques. Le choix du traitement est adapté au cas de votre enfant et dépend des caractéristiques du cancer dont il est atteint. Un cancer doit être traité dans un établissement autorisé qui dispose d’équipes pluridisciplinaires.
Chirurgie
La chirurgie peut avoir plusieurs objectifs : retirer la tumeur, confirmer et préciser le diagnostic, et soulager les symptômes du cancer. La chirurgie est le traitement principal des tumeurs cancéreuses de type solide. En traitement unique, la chirurgie s’adresse aux formes localisées de cancers découverts à un stade précoce. La chirurgie est souvent associée à d’autres modalités de traitement comme la radiothérapie et les traitements médicamenteux.
Lorsqu’ils sont réalisés avant la chirurgie, les autres traitements sont dits néoadjuvants. Leur but est notamment de faire diminuer la taille de la tumeur afin d’en faciliter l’exérèse, c’est-à-dire le retrait. Lorsque d’autres traitements sont prescrits après la chirurgie, on parle de traitements adjuvants. Leur but est notamment d’éliminer les cellules cancéreuses qui seraient encore présentes dans l’organisme ou au niveau de la zone concernée par la tumeur, de façon à limiter le risque de récidive.
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Radiothérapie
La radiothérapie est un traitement qui consiste à utiliser des rayons pour détruire les cellules cancéreuses tout en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants. On distingue différents types de radiothérapie dont : la radiothérapie externe, la curiethérapie et la radiothérapie métabolique. La radiothérapie est parfois associée à une chimiothérapie (on parle de radio-chimiothérapie) qui rend les cellules cancéreuses plus sensibles aux rayons. L’objectif est de réduire le risque de récidive tumorale et la taille de la tumeur avant la chirurgie.
Traitements médicamenteux
Les traitements médicamenteux sont des traitements dits « systémiques », c’est-à-dire qu’ils agissent sur l’ensemble du corps. Ils peuvent être administrés de plusieurs façons : par injection dans une veine, dans le muscle, par voie orale. Leur mode d’administration varie en fonction des médicaments utilisés, de la fréquence et de la durée du traitement, mais aussi de la tolérance du patient aux traitements. Il existe de nombreux médicaments anticancéreux et ils sont souvent associés entre eux dans un même protocole de traitement. Les traitements médicamenteux peuvent prendre la forme d’une chimiothérapie, d’une immunothérapie ou d’une thérapie ciblée.
Chimiothérapies conventionnelles
Les chimiothérapies conventionnelles ont pour but de détruire les cellules cancéreuses ou de les empêcher de se multiplier. Ces chimiothérapies agissent sur toutes les cellules qui se divisent, cancéreuses ou non, même sur celles qui n’ont pas été détectées par les examens d’imagerie. Le déroulement d’une chimiothérapie est soigneusement planifié selon un protocole établi par l’équipe médicale.
Immunothérapie
L’immunothérapie est un traitement qui vise à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses. Il existe des immunothérapies non spécifiques et spécifiques selon qu’elles agissent sur l’ensemble du système immunitaire ou bien uniquement sur certaines de ses cellules. Une approche plus récente d’immunothérapie spécifique consiste à modifier génétiquement des cellules immunitaires du patient pour qu’elles soient capables de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses. Les cellules immunitaires ainsi modifiées sont des cellules dites CAR-T.
Thérapies ciblées
Les thérapies ciblées sont conçues pour bloquer la croissance ou la propagation des cellules tumorales. Les thérapies ciblées peuvent agir à différents niveaux de la tumeur ou des cellules qui l'entourent. Plusieurs types de thérapies ciblées existent. Certaines thérapies bloquent les mécanismes stimulant la division des cellules. D’autres thérapies privent la tumeur des éléments dont elle a besoin pour se développer. Ces actions dites « ciblées » permettent d’agir plus spécifiquement sur les cellules tumorales et ainsi de limiter les dommages subis par les cellules normales.
Greffes de cellules souches hématopoïétiques ou de moelle osseuse
Les cellules souches hématopoïétiques sont fabriquées par la moelle osseuse et sont à l’origine des différentes cellules du sang : les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Parfois et sous certaines conditions, le traitement de certains cancers hématopoïétiques (leucémies, lymphomes ou encore myélomes) consiste à greffer au patient des cellules souches. On parle d’autogreffe lorsque ces cellules proviennent du patient et d’allogreffe lorsqu’elles proviennent d’un donneur. Cette greffe de cellules souches peut être réalisée comme premier traitement, en cas de risque élevé de récidive ou encore lors d’une rechute.
Plusieurs étapes sont nécessaires avant d’effectuer cette greffe : une chimiothérapie d’induction, le prélèvement des cellules souches, un traitement intensif visant à détruire toutes les cellules tumorales et l’injection du greffon de cellules souches.
Soins de support
Les soins de support sont définis comme l’ensemble des soins et soutiens qui sont nécessaires à votre enfant pendant et après la maladie. Ils reposent sur une analyse globale de ses besoins et visent à lui assurer la meilleure qualité de vie possible sur les plans physique, psychologique et social. Ils font partie intégrante de son traitement et ne sont ni secondaires ni optionnels. Les soins de support concernent tous les soins qui permettent de gérer les conséquences de la maladie et des traitements.
Les soins palliatifs
Les soins palliatifs font partie des soins de support. Ils peuvent être mis en place à différentes périodes de la maladie. Ainsi, les soins palliatifs peuvent débuter une fois qu’on a posé le diagnostic et se poursuivre tout au long du traitement de votre enfant. Ils ont pour objectif de soulager les symptômes de la maladie et d'améliorer la qualité de vie de votre enfant et de sa famille. Ils peuvent devenir le point central des soins apportés aux enfants atteints d’un cancer avancé si la guérison n’est plus possible.
Médecines complémentaires
De nombreux patients ont recours à des médecines complémentaires, appelées aussi médecines douces, parallèles, alternatives ou non conventionnelles. Elles peuvent leur apporter un soutien supplémentaire pour mieux supporter la maladie, les traitements et leurs effets indésirables tels que la fatigue, l’anxiété ou la douleur. Ces médecines complémentaires peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec les traitements prescrits par le médecin qui suit votre enfant. Il est donc très important d’en parler avec lui sans crainte d’être jugé. Par ailleurs, si les médecines complémentaires peuvent le soulager, elles ne remplacent en aucun cas les traitements habituels du cancer.
Diagnostic précoce
Les cancers de l’enfant apparaissent souvent brutalement. On diagnostique moins de cancers épithéliaux mais plus de leucémies, de lymphomes et de tumeurs solides spécifiques. Enfin, contrairement à l’adulte, il n’y a pas de dépistage systématique pour repérer le cancer chez l’enfant. Les causes de cancers chez l’enfant sont multifactorielles. On retrouve un lien avec des facteurs environnementaux ou génétiques dans près de 5% des cas, même si leurs rôles relèveraient surtout du hasard. En revanche, le risque de développer une leucémie est majoré chez l’enfant atteint de trisomie 21. Quant aux facteurs héréditaires, on les retrouve dans 5% des cas. Par exemple, le rétinoblastome fait partie de ces cancers pouvant être induits par l’hérédité.
En tant que médecin généraliste, vous êtes un acteur clé du parcours de soins. Votre rôle est crucial dès les premières consultations. Votre démarche clinique, basée sur un recueil de données complet, est essentielle. Votre interrogatoire doit être complet et l’observation clinique, minutieuse. Tout tableau clinique persistant, inexpliqué, inhabituel ou évolutif, même modéré, doit alerter et motiver une exploration rapide.
Adolescents et jeunes adultes (AJA)
Les adolescents et jeunes adultes ne sont ni des enfants, ni des adultes. Et les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) et myéloblastiques (LAM) qui surviennent chez ces jeunes âgés de 16 à 25 ans présentent des caractéristiques moléculaires intermédiaires entre les formes pédiatriques et adultes. Chez les adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 18 ans, des protocoles d’inspiration pédiatrique se sont développés avec succès, permettant une amélioration de la survie et un recours plus facile à l’allogreffe après une première rémission complète. Concernant les LAM, elles sont plus favorables chez les AJA que chez les sujets plus âgés avec un taux de survie à 5 ans d’environ 60 %.
Recherche et espoirs
La prise en charge du cancer chez l’enfant repose sur deux axes : d’une part les traitements classiques et d’autre part des traitements innovants, s’appuyant sur la médecine de précision. La médecine de précision consiste à apporter, pour un patient donné, une stratégie thérapeutique personnalisée et propre aux caractéristiques de sa maladie. L’objectif est de cibler les anomalies moléculaires de la tumeur afin de la détruire.
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