La vaccination contre la fièvre jaune est une mesure préventive essentielle pour les voyageurs et les résidents des zones à risque. Bien que le vaccin soit sûr et efficace, il est important de connaître les réactions potentielles du corps après la vaccination, ainsi que les recommandations et les contre-indications.

Obligation et recommandations de vaccination

En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les enfants de plus de 12 mois et les adultes voyageant ou résidant en Guyane. Elle est également recommandée pour les voyageurs âgés de plus de 9 mois qui se rendent dans des pays où sévit la maladie. Il est conseillé de contacter un centre de vaccinations internationales habilité à vacciner contre la fièvre jaune pour déterminer si un rappel est nécessaire en fonction de la zone de voyage.

En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune. Il est important de se renseigner auprès de son médecin traitant ou de son médecin du travail, selon sa situation professionnelle.

La vaccination est fortement recommandée à tout voyageur se rendant en zone d'endémie, même pour une courte durée, et même en l’absence d’obligation administrative.

Zones à risque et exigences de vaccination

La vaccination est recommandée pour les personnes voyageant ou résidant dans les régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud. Certains pays peuvent exiger cette vaccination pour l’entrée sur le territoire. Il est important de noter que même si un pays n’exige pas cette vaccination, cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun risque de transmission de la fièvre jaune.

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Exceptionnellement, la vaccination peut être effectuée dès l’âge de 6 mois si le nourrisson doit séjourner en milieu rural ou en forêt, ou si une épidémie sévit dans la région visitée.

Le vaccin contre la fièvre jaune : un vaccin vivant atténué

Le vaccin contre la fièvre jaune est un vaccin vivant atténué. La mise au point du vaccin a permis de faire chuter le nombre de cas dans le monde et de voir la maladie disparaître en Europe. En France, il n’existe qu’un vaccin disponible contre la fièvre jaune. Entre 6 et 9 mois, la vaccination ne se fait que dans des circonstances particulières (décisions des autorités sanitaires en cas d’épidémies).

Le vaccin contre la fièvre jaune a une validité qui dure toute la vie. Une seule injection suffit pour être vacciné et on peut vacciner les enfants dès 9 mois.

Certificat de vaccination

Pour obtenir un certificat de vaccination contre la fièvre jaune valide, il est nécessaire d’être vacciné dans un centre de vaccinations agréé afin qu’un certificat international de vaccination (de couleur jaune) soit émis. Ce certificat est valide à partir du 10e jour après la première dose de vaccin.

A partir du 1er juillet 2016, suite à une révision du Règlement sanitaire international décidée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la validité du certificat de vaccination antiamarile, qui était jusqu’à présent de 10 ans, sera prolongée à vie, supprimant de ce fait l’obligation des rappels décennaux. Cependant, en raison de doutes sur la persistance à vie de l’immunité post vaccinale chez certaines catégories de personnes et suivant l’Avis du Haut Conseil de la Santé publique du 23 octobre 2015 (Vaccination de rappel contre la fièvre jaune pour la Guyane.

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Effets secondaires possibles

Depuis le début de la vaccination (dans les années 1930), plus de 500 millions de doses ont été distribuées dans le monde. Dans la grande majorité des cas, il ne se produit aucune réaction. Cependant, des effets indésirables peuvent survenir dans le mois suivant la vaccination. Il est recommandé de les signaler à votre CVI ou à votre médecin traitant.

Après une vaccination, l’organisme fabrique les anticorps spécifiques à la maladie. Quelques heures après une vaccination, il est possible qu’une rougeur, une douleur ou un léger gonflement apparaisse à l’endroit où le vaccin a été injecté. Il est possible d’avoir un peu de fièvre, des maux de tête ou des courbatures. Un enfant en bas âge peut également avoir moins d’appétit que d’habitude, être un peu somnolent ou grognon.

Les réactions qui peuvent être observées après la vaccination sont des courbatures, des maux de tête, un état de fatigue, de la fièvre pouvant être quelquefois élevée (38-39°C). Elles surviennent le plus souvent entre le 4e et le 10e jour après la vaccination et cèdent en 48h traitées par l’aspirine ou le paracétamol.

Les effets indésirables suivants ont également été rapportés après la commercialisation de Stamaril. Ils sont basés sur des rapports spontanés. Des cas de maladie neurotrope (connue sous le nom de YEL-AND) dont certains ont évolué vers le décès ont été rapportés après vaccination anti-amarile (cf Mises en garde/Précautions d'emploi). Des cas de maladie viscérotrope (connue sous le nom de YEL-AVD et décrite auparavant comme une défaillance multiviscérale fébrile), dont certains ont évolué vers le décès, ont été rapportés après vaccination anti-amarile.

Les effets secondaires courants incluent :

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  • Dans un quart à un tiers des cas : survenue d'une fièvre, transitoire et sans gravité, dans les 10 jours suivant la vaccination.
  • Dans environ 1 cas sur 10 : une réaction au point d'injection (rougeur, ecchymose, douleur, gonflement, induration).
  • Dans environ 2 cas sur 100 : des nausées, des vomissements, de la diarrhée, de la fièvre, des douleurs musculaires, une sensation de faiblesse, des douleurs articulaires.
  • Dans moins de 1 cas sur 1 000 : un gonflement des ganglions qui se trouvent dans l'aisselle, du côté où le vaccin a été injecté.

Des réactions plus rares, mais potentiellement graves, peuvent survenir :

  • Dans environ 1 cas sur 10 000 : des réactions allergiques : éruptions cutanées, démangeaisons, urticaire, gonflement de la face pouvant aller jusqu'à des difficultés pour déglutir ou respirer, voire une perte de conscience.
  • Dans 1 cas sur 200 000 : survenue dans le mois suivant la vaccination de troubles neurologiques d'évolution parfois grave (maux de tête, confusion mentale, raideur de la nuque, troubles de conscience, mouvements incontrôlés ou paralysie témoignant d'une atteinte du système nerveux).
  • Dans 1 cas sur 250 000 : survenue dans les dix jours suivant la vaccination d'une réaction généralisée ressemblant à la fièvre jaune d'évolution parfois mortelle.

Ces effets exceptionnels surviennent plus fréquemment chez des personnes de 60 ans et plus ainsi que chez les sujets atteints d'une maladie du thymus. Ces effets indésirables ne remettent pas en cause le principe de la vaccination.

Contre-indications

Il est important de prévenir votre professionnel de santé si l'un des points ci-dessous s'applique à vous ou à votre enfant :

  • Avez un système immunitaire défaillant ou affaibli pour quelque raison que ce soit, comme une maladie, ou un traitement médical (par exemple des corticoïdes à forte dose, ou tout autre médicament qui affecte le système immunitaire ou une chimiothérapie).
  • Avez un système immunitaire affaibli par une infection à VIH.
  • Présentez une maladie accompagnée de fièvre élevée ou modérée ou une maladie aiguë.
  • Si vous avez plus de 60 ans ou si votre enfant a moins de 9 mois car vous présentez un risque accru de développer certains types de réactions sévères mais rares aux vaccins, (y compris des réactions graves affectant le cerveau et les nerfs, ainsi que les organes vitaux, voir rubrique 4).
  • Si votre enfant est âgé de 6 à 9 mois.
  • Si vous ou votre enfant êtes infectés par le VIH mais que vous ne présentez pas de symptômes actifs de cette infection.
  • Si vous ou votre enfant présentez des troubles sanguins (comme l'hémophilie ou un faible taux de plaquettes) ou si vous prenez des médicaments réduisant la coagulation sanguine.
  • Si vous ou votre enfant êtes allergique au latex.

STAMARIL est contre-indiqué dans les cas suivants :

  • Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique "Composition" ou aux oeufs ou aux protéines de poulet.
  • Réactions d'hypersensibilité sévères (ex : anaphylaxie) suite à une précédente injection d'un vaccin de la fièvre jaune.
  • Enfants âgés de moins de 6 mois.
  • Immunodépression, qu'elle soit congénitale ou acquise. Ceci inclut les individus recevant des thérapies immunosuppressives telles qu'un traitement avec des corticoïdes à forte dose par voie systémique, tout autre médicament ayant des propriétés immunosuppressives connues, la radiothérapie, les médicaments cytotoxiques ou toute autre situation pouvant entraîner une immunodépression.
  • Antécédents de dysfonctionnements du thymus (incluant myasthenia gravis, thymome).
  • Thymectomie (quelle que soit la cause).
  • Infection symptomatique par le VIH.
  • Infection asymptomatique par le VIH quand elle est accompagnée d'une déficience prouvée de la fonction immunitaire.
  • Maladie fébrile modérée ou sévère ou maladie aiguë.

Précautions et mises en garde

Comme pour tout vaccin injectable, un traitement médical approprié doit être disponible immédiatement et une surveillance doit toujours être effectuée en cas de réaction anaphylactique ou de toute autre réaction d'hypersensibilité survenant suite à l'administration du vaccin.

Une syncope (évanouissement), en réaction psychogène à l’injection avec une aiguille, peut survenir après, voire avant, toute vaccination. Des mesures doivent être mises en place pour prévenir toute blessure due à l'évanouissement et prendre en charge les réactions syncopales.

STAMARIL ne doit pas être administré par voie intramusculaire aux personnes souffrant de troubles hématologiques comme l'hémophilie ou la thrombocytopénie, ou aux personnes traitées par anticoagulants, car l'injection par voie intramusculaire peut provoquer des hématomes au site d'injection. L'administration par voie sous-cutanée doit être alors utilisée.

STAMARIL ne doit être administré qu'aux personnes qui sont/seront à risque d'infection par le virus de la fièvre jaune ou qui doivent être vaccinées afin de se conformer au règlement sanitaire international. Avant d’envisager l’administration d’un vaccin de la fièvre jaune, un soin particulier doit être pris pour identifier les personnes qui pourraient être à risque accru d'effets indésirables suite à la vaccination.

Situations particulières

Femmes enceintes ou allaitantes

Vous ne devrez recevoir STAMARIL pendant la grossesse ou l’allaitement que si cela ne peut être évité. De plus, il est recommandé de ne pas débuter une grossesse dans le mois suivant la vaccination avec STAMARIL. Votre professionnel de santé saura vous dire s'il est indispensable de vous faire vacciner pendant votre grossesse ou l’allaitement.

Traitement par l'infliximab

Les défenses immunitaires des nourrissons exposés à l’infliximab pendant la grossesse ou pendant l’allaitement peuvent être diminuées du fait du passage de cette molécule dans le sang du fœtus et dans le lait maternel. De ce fait, il existe un risque d’infection chez ces nourrissons.

Voyageurs

La vaccination est indispensable pour un séjour en zone d'endémie, même pour une courte durée, et même en l’absence d’obligation administrative. Elle est également recommandée à tout voyageur se rendant d'une zone endémique vers une zone réceptive. Dans les cas, où le vaccin ne peut pas être effectué en rasions de contre indications, un certificat de contre-indication à la vaccination antiamarile sera délivré, si possible dans la langue du pays de destination.

Si vous pensez partir en voyage dans un pays touché par la fièvre jaune, il faut vous faire vacciner au moins 10 jours avant le départ. C’est le temps que met le vaccin à devenir efficace.

Don du sang

Si vous êtes vacciné contre d’autres maladies (par exemple : grippe, coqueluche, tétanos…), le don du sang est autorisé sauf si la vaccination a été réalisée alors que vous aviez été exposé à la maladie : dans ce cas, il faudra attendre le plus souvent une à plusieurs semaines pour pouvoir donner votre sang.

Si vous êtes vacciné depuis moins de deux ans contre l’hépatite B ou le tétanos, le don de votre sang est particulièrement intéressant pour fabriquer des produits qui peuvent aider des personnes malades. Les anticorps présents dans votre sang suite à une vaccination contre l’hépatite B ou le tétanos peuvent protéger des personnes qui ne sont pas ou ne peuvent pas se faire vacciner contre ces maladies.

Informations supplémentaires

  • Le vaccin contre la fièvre jaune ne s’achète pas en pharmacie. Les médecins traitants ne peuvent pas faire le vaccin contre la fièvre jaune, sauf en Guyane. Il faut se rendre dans un centre de vaccinations internationales (CVI). Il en existe au moins un par département.
  • Le prix du vaccin contre la fièvre jaune s’élève à 80 euros par personne environ, en incluant la consultation médicale. C’est un budget à prendre en compte dans votre voyage car l’assurance maladie ne fait aucun remboursement du vaccin contre la fièvre jaune, excepté en Guyane.
  • Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique au virus de la fièvre jaune. Sur un plan individuel, si l’on doit séjourner ou résider en zone d’endémie, le vaccin contre la fièvre jaune est indispensable. Il est obligatoire pour certains pays. Il est réalisé, dans presque tous les pays, dans des centres accrédités qui délivrent un certificat international.

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