L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), reconnue mondialement comme un centre hospitalier universitaire de dimension européenne, déploie des initiatives novatrices pour répondre aux besoins de santé spécifiques de la population. Parmi ces initiatives, l'ouverture d'une unité de psychiatrie périnatale commune à plusieurs hôpitaux de l'AP-HP constitue une avancée significative.
L'Unité de Psychiatrie Périnatale : Une Réponse aux Besoins des Mères et des Enfants
Avec le soutien de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, l’AP-HP a mis en place une unité de psychiatrie périnatale commune aux hôpitaux Pitié-Salpêtrière, Tenon et Armand-Trousseau AP-HP. Placée sous la responsabilité médicale du Dr Lucie Joly, cette nouvelle unité vise à renforcer l’offre de soin en psychiatrie à destination des mères et des enfants. L'objectif principal est de prévenir les situations d’urgence et de crise, tout en améliorant l’accessibilité et le parcours de soins parents-enfants en évitant les ruptures de prise en charge.
Cette structure pilote, sans équivalent à l’échelle nationale, s’inscrit en cohérence avec les recommandations de la commission des 1 000 premiers jours, formulées en septembre 2020. Le projet est porté par le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, qui comprend une unité « petite enfance et parentalité », le Centre médico-psychologique Vivaldi, associée aux services de psychiatrie adulte des hôpitaux Pitié-Salpêtrière et Saint-Antoine et Tenon AP-HP.
Au sein du département médico-universitaire ORIGYNE, cette unité entretient des liens étroits avec les trois maternités et le service de Médecine Fœtale du groupe hospitalier APHP. Sorbonne Université, où l'on recense 20 à 30% de situations mère-enfant à haut risque psycho-social.
Les Deux Pôles d'Activité de l'Unité
La nouvelle unité de psychiatrie périnatale comprend deux pôles principaux d’activité, chacun répondant à des besoins spécifiques :
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Activité de Psychiatrie Périnatale en Maternité
Cette activité est assurée par un binôme composé d’un psychiatre adulte et d’un pédopsychiatre dans chaque maternité. Elle comprend des consultations spécialisées de psychiatrie périnatale (suivi, avis thérapeutique, soutien à la parentalité, travail du lien mère-enfant) et une activité de psychiatrie de liaison dans les services des suites de couche, grossesse pathologique, néonatologie et réanimation néonatale, permettant ainsi une continuité de soins.
Dans cette optique, un « groupe de psychothérapie métacognition en périnatalité » et un « groupe père » ont été mis en place dès novembre 2021 à la maternité de l’hôpital Pitié Salpêtrière AP-HP.
Activités de l’Unité Petite Enfance et Parentalité
Les activités de l’unité petite enfance et parentalité, rattachée au Centre médico-psychologique Vivaldi de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, incluent une équipe mobile d’intervention précoce. Cette équipe permet de prendre en charge rapidement les situations de post-couches à risque psychiatrique ou psychosocial avéré. Elle propose un soutien à domicile renforcé dans une approche globale et positive de la santé et du bien-être de l’enfant, avec une possible orientation vers la protection maternelle et infantile et les services psychiatriques adéquats le cas échéant.
L’unité de psychiatrie périnatale permet ainsi une prise en charge de la mère et de l’enfant depuis la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant.
Coordination et Formation
Un staff médical inter-sites, réunissant psychiatres et pédopsychiatres, se tient tous les 15 jours. Cette initiative favorise la discussion collégiale de situations complexes, l'élaboration d'une politique de formation concertée pour l'ensemble des acteurs et l'organisation d'un recueil de l'activité.
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Dimension Académique et Recherche
L’équipe de l’unité souhaite également promouvoir la dimension académique par l’enseignement et par la recherche en développant des projets de recherche transdisciplinaires conjuguant les outils utilisés en psychiatrie adulte, en pédopsychiatrie et en gynécologie-obstétrique. L’unité favorisera également la recherche pour les professionnels psychologues et sages-femmes notamment.
La Commission des 1 000 Premiers Jours
La préparation du parcours 1 000 jours s’appuie sur une commission de 18 experts, présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Elle regroupe des experts de spécialités différentes avec une conviction commune : l’importance décisive des 1000 premiers jours de l’enfant. Ils et elles sont neuropsychiatres, spécialistes de l’éducation ou de l’éveil des enfants, acteurs de terrain de l’accompagnement social des parents, pédiatres et praticiens hospitaliers, sage-femme. Fruit du travail de la commission, le mardi 8 septembre 2020, Boris Cyrulnik a remis le rapport des « 1 000 premiers jours » au secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, Adrien Taquet.
L'AP-HP : Un Acteur Majeur de la Santé en Île-de-France
L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire à dimension européenne mondialement reconnu. Elle s’organise en six groupements hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre - Université de Paris ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Nord - Université de Paris ; AP-HP. Université Paris Saclay ; AP-HP. Hôpitaux Universitaires Henri Mondor et AP-HP. Hôpitaux Universitaires Paris Seine-Saint-Denis) et s’articule autour de cinq universités franciliennes. Ses 39 hôpitaux accueillent chaque année 8,3 millions de personnes malades : en consultation, en urgence, lors d’hospitalisations programmées ou en hospitalisation à domicile. Elle assure un service public de santé pour tous, 24h/24, et c’est pour elle à la fois un devoir et une fierté. L’AP-HP est le premier employeur d’Ile de-France: 100 000 personnes - médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers - y travaillent.
Covid Long : Prise en Charge et Suivi en Île-de-France
Au-delà des initiatives en psychiatrie périnatale, l'AP-HP et l'Agence Régionale de Santé d'Île-de-France sont également mobilisées pour répondre aux besoins des patients souffrant de symptômes prolongés de la Covid-19.
Symptômes Prolongés ou Post-Covid
Les symptômes post-Covid peuvent durer au-delà de la phase initiale de la maladie. Ces situations sont celles qu’on peut observer parmi certains patients ayant connu un épisode de Covid-19, même chez ceux ayant eu des formes peu sévères. Il s’agit de personnes confrontées à des symptômes et signes cliniques plus ou moins invalidants qui s’étendent au-delà de 4 semaines après le début de la maladie.
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Ces symptômes, nombreux et très divers d’une personne à l’autre, peuvent concerner tous les organes. Il peut s’agir de :
- Signes et symptômes « généraux » : fatigue durable, douleurs, maux de têtes, faiblesse musculaire, essoufflement à l’effort, tachycardie, douleurs thoraciques, problèmes cutanés, anxiété, troubles du sommeil, troubles de la mémoire et de la concentration, dénutrition …
- Signes neurosensoriels : perte du goût et/ou de l’odorat persistante ;
- Complications rénales, digestives, pulmonaires ou neurologiques, nutritionnelles, notamment à l’issue d’une hospitalisation en réanimation.
Il est important de noter que même si les symptômes peuvent durer plusieurs mois, la contagiosité à la Covid-19 s’arrête après la phase aiguë de la maladie (délai moyen de contagiosité = 10 jours). De plus, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’y a pas de contre-indication à la vaccination des patients présentant des symptômes prolongés de la Covid-19. Au contraire, dans le cas de symptômes prolongés de la Covid-19 liés à une infection non contrôlée, la vaccination pourrait même contribuer à la guérison. Par conséquent, les personnes atteintes de symptômes prolongés de la Covid-19 peuvent se faire vacciner selon un schéma à une dose à partir de deux mois après l’apparition des premiers symptômes.
Vers qui se tourner et quel suivi bénéficier ?
Si vous êtes concerné par des symptômes prolongés de la Covid-19, parlez-en à votre médecin traitant, ou si vous n'en avez pas, prenez contact avec un médecin généraliste. Quels que soient les symptômes persistants que vous ressentez et pensez pouvoir rattacher à un épisode de la Covid-19, le bon réflexe c’est d’alerter.
Le médecin pourra par exemple :
- Réaliser une primo-évaluation de votre situation, prendre en charge directement vos symptômes, proposer en cas de besoin, des examens complémentaires et identifier les traitements les plus appropriés ;
- Vous aider à mieux comprendre la situation, identifier les circonstances déclenchant et/ou aggravant les symptômes, vous rassurer et vous donner des conseils adaptés à vos besoins et de l’information pour autogérer vos symptômes;
- Solliciter au besoin un avis spécialisé en vous orientant vers le médecin spécialiste adapté à la prise en charge de vos symptômes ;
- Proposer un soutien psychologique, par exemple une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en cas de troubles somatiques fonctionnels, anxieux ou dépressifs et, si nécessaire, un suivi psychiatrique ;
- Proposer des objectifs de rééducation personnalisés (par exemple : rééducation respiratoire en cas de syndrome d’hyperventilation, ré-entrainement à l’effort et aide à la reprise de l’activité physique, rééducation cognitive (mémoire, attention) ou rééducation olfactive en cas de troubles de l’odorat) ;
C’est aussi lui qui pourra en cas de nécessité vous orienter vers :
- Une cellule d’appui et de coordination Covid long si votre situation nécessite un suivi pluri professionnel renforcé et/ou ;
- Un hôpital de jour de rééducation hospitalier, ou un centre ambulatoire « Covid long » dédié, si votre situation médicale est plus complexe et nécessite une approche pluridisciplinaire.
L’état de santé d’une part importante des patients semble s’améliorer de façon progressive, en général en quelques mois, avec une prise en charge globale, pouvant inclure des traitements symptomatiques, du repos et une réadaptation respiratoire et/ou un ré-entraînement progressif à l’effort.
Si vous n’avez pas de médecin traitant, rendez-vous sur la page dédiée de l'Assurance maladie pour connaître les solutions existantes.
Cellules d'Appui et de Coordination Covid Long
Les cellules d’appui et de coordination Covid long sont joignables par les professionnels, les patients et les aidants. Elles peuvent vous informer, vous orienter vers les ressources adaptées, évaluer vos besoins, identifier des intervenants médico-sociaux et aider à les mettre en place et les coordonner. Dans la plupart des départements, les cellules sont portées par les dispositifs d'appui à la coordination (DAC) financés par l'ARS.
Le médecin traitant reste la première porte d’entrée pour votre prise en charge. Avant d'appeler la cellule d'appui, il vous est fortement recommandé de prendre contact avec lui.
Ressources Utiles
Plusieurs ressources sont disponibles pour les personnes concernées par le Covid long :
- Apresj20 : Association Covid Long France : Association de patients touchés par les symptômes longs de Covid-19. Informent, écoutent et travaillent avec la communauté scientifique pour une meilleure prise en charge des patients concernés.
- France Assos Santé : Webinaires organisés par France Assos Santé sur Covid Long.
- Haute autorité de santé (HAS), National Health Service (NHS) au Royaume-Uni : La HAS et le NHS ont élaboré un dossier pour accompagner les personnes présentant des symptômes prolongés de la COVID-19. Ce dossier propose des informations sur les effets post-Covid, les conséquences physiques et mentales, ainsi que des conseils aux personnes présentant des symptômes prolongés pour retrouver leur bien-être physique et psychologique.
- Groupe de travail Prévention Dénutrition Post COVID mis en place par l’ARS Ile-de-France : Le Dispositif régional de dépistage précoce et prise en charge pluridisciplinaire de la dénutrition post COVID est mis en place par l’Agence Régionale de Santé Île-de-France et porté par le dispositif régional spécialisé obésité adulte ROMDES. Ce groupe de travail a construit une fiche alerte dénutrition à destination du plus grand nombre : patient, entourage et soignants pour que chacun ait le réflexe “dénutrition” et oriente vers la prise en charge adéquate.
- PSYCOMSanté Mentale infoPsycom : Propose des informations sur les ressources santé mentale pendant la période de crise.
- Réseau Lutte Contre la Douleur « LCD » : Le réseau LCD a mis à disposition des patients et des professionnels un auto-questionnaire douleur. Ce questionnaire est un système d’aide en ligne pour l’orientation des personnes adultes souffrant de douleurs chroniques.
Rééducation et Prise en Charge Ambulatoire
La rééducation a une place centrale dans la prise en charge des patients avec des symptômes prolongés de Covid. Suivant l’évaluation du médecin traitant, les patients les plus complexes seront orientés dans les établissements SSR sélectionnés par l'ARS IDF, poursuivant plusieurs objectifs : rééducation respiratoire ; rééducation nutritionnelle et olfactive en cas de dénutrition et troubles de l’odorat persistants ; réentrainement à l’effort de façon progressive et adaptée aux possibilités de chaque patient ; rééducation cognitive pour les patients souffrant de troubles de la mémoire et de l’attention ; soutien psychologique.
Dans ces établissements, une prise en charge ambulatoire sera organisée en hôpital de jour (HDJ) SSR, selon un rythme adapté à chaque patient (en moyenne 2 à 3 séances par semaine pendant quelques semaines) par des équipes pluridisciplinaires (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues / neuropsychologues, enseignants d’activité physique adaptée, diététiciens…). Il pourra s’agir de séances individuelles ou collectives. Pour bénéficier de l’HDJ SSR, il est nécessaire d’avoir une prescription médicale.
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