Introduction
Le rang de lactation est un indicateur clé dans la gestion d'un troupeau laitier. Il influence directement la production, la composition du lait et la rentabilité de l'exploitation. Cet article explore la définition du rang de lactation, son impact sur divers aspects de la production laitière et les stratégies pour l'optimiser.
Définition du Rang de Lactation
Le rang de lactation fait référence au nombre de lactations qu'une vache a complétées. Il est important de noter que, comme indiqué dans le règlement, les animaux sont classés par rang de lactation terminé, et non par rang de lactation en cours. Le rang de lactation moyen est de 2,5.
Importance du Stade de Lactation
Le stade de lactation, souvent mesuré en jours en lactation (JEL), est un facteur déterminant de la production laitière. Il représente le nombre de jours écoulés depuis le vêlage d'une vache. Les Anglo-Saxons utilisent l'expression "Day In Milk" (DIM) pour désigner ce concept. En début de lactation, les hormones favorisant la lactation, comme la somatropine, sont à leur maximum, environ 80 à 100 jours après le vêlage.
Impact du Stade de Lactation sur la Production Laitière
Courbe de Lactation et Production
La courbe de lactation illustre la production laitière d'une vache au cours d'une lactation. Elle montre que la production est maximale en début de lactation, puis diminue progressivement. Ainsi, un troupeau avec un stade de lactation moyen plus court aura tendance à produire plus de lait.
Par exemple, passer de 6,5 à 5,5 mois de mois moyen de lactation (MML) peut augmenter la production de lait de 9 % sans coût supplémentaire. En réduisant le stade moyen à 150 jours (5 mois de MML), la production peut augmenter de 6 % supplémentaires, soit un gain total de 15 % par rapport à une situation initiale de 6,5 mois.
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Exemple Concret
Un élevage produisant en moyenne 30 litres de lait avec un MML de 6,5 mois pourrait mécaniquement produire 32,5 litres à 5,5 mois, avec un coût de ration quasiment identique. En effet, le potentiel de production est plus élevé à 5,5 mois qu'à 6,5 mois. Pour un troupeau de 100 vaches laitières, gagner un mois de MML peut générer 30 000 € de revenus supplémentaires. L'objectif serait d'atteindre 5,5 à 6 mois (170-175 jours). La moyenne française se situe souvent autour de 7 mois.
En comparaison, un élevage avec un MML de 5,5 mois (environ 168 jours) pourrait atteindre un potentiel de 36 litres par vache. Le gain de marge sur coût alimentaire serait alors assuré.
- 36 litres x 0,32 € - 4,20 € = 7,32 € par vache par jour
- Gain net : 0,96 € par vache et par jour
- Sur un élevage de 100 vaches laitières : +2 880 € par mois et +34 560 € par an
Pièges à Éviter
Il est crucial de considérer un "mois moyen" stable sur l'année entière. Des scores provisoires peuvent être trompeurs en cas de pic de vêlages, donnant l'illusion d'un MML bas pendant quelques mois. Cependant, à l'échelle de l'année, le stade de lactation ne sera pas aussi favorable et les bénéfices attendus ne seront pas au rendez-vous.
Impact du Stade de Lactation sur la Composition du Lait
Le stade de lactation influence également la composition chimique du lait, notamment les taux butyreux (TB) et protéiques (TP).
- Saisonnalité : À stade de lactation constant, les TB et TP sont les plus faibles en été et les plus élevés en hiver, inversement à la production laitière. Les écarts entre les mois extrêmes peuvent atteindre 3 g/kg pour le TB, 2 g/kg pour le TP et 2,5 kg/j pour la production laitière.
- Début de Lactation : Les paramètres d'aptitude du lait à la coagulation varient considérablement au cours des 2 à 3 premiers mois de lactation. Les temps de coagulation augmentent de 30 à 40 %, le temps de raffermissement double pratiquement et la fermeté du gel diminue de moitié.
- Fin de Gestation : Des variations encore plus importantes sont observées en fin de gestation. Les temps de coagulation et de raffermissement sont divisés par 4 entre la 5e et la dernière semaine avant le vêlage. Ces variations semblent dues en grande partie aux variations du pH du lait.
- Lipolyse Spontanée : La lipolyse spontanée du lait dépend essentiellement du stade de gestation et du niveau de production. En absence de tarissement, elle est maximale 2 semaines avant le vêlage (40 fois son niveau normal) et redevient normale dès le premier jour de lactation.
Stratégies pour Optimiser le Stade de Lactation
Réduction de l'Intervalle Vêlage-Vêlage (IVV)
Pour améliorer le stade de lactation du troupeau, il est essentiel de réduire l'IVV, avec un objectif de passer sous les 410 jours en race Prim’Holstein. En 2016, l'IVV avoisinait les 429 jours. L'IVV a tendance à augmenter avec le niveau de production, gagnant 10 jours par tranche de 500 kg pour atteindre 430 jours à 10 500 kg.
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Amélioration de la Reproduction
Rares sont les races laitières qui parviennent à faire un veau par vache et par an. La reproduction est un élément essentiel pour les élevages qui cherchent à grouper les vêlages, mais moins crucial pour les élevages avec des vêlages étalés à fort niveau de production, qui cherchent plutôt à limiter les jours improductifs.
Les intervalles vêlage-vêlage (IVV) les plus courts sont détenus par la Normande (405 jours) avec un temps de tarissement de deux mois, et par les races de montagne, mais avec un nombre de jours improductifs dépassant les trois mois entre deux lactations. Sélectionnée pour sa persistance de traite, la Prim’holstein a les lactations les plus longues avec 348 jours, pour un IVV de 429 jours (1 an et deux mois) et la durée de tarissement la plus courte avec 58 jours, soit 10 jours improductifs de moins que la Montbéliarde.
Importance de l'Alimentation
L'alimentation joue un rôle crucial dans la production laitière et le profil hormonal. Les protéines de la ration déterminent les acides aminés disponibles pour stimuler la synthèse des hormones, dont la somatotropine. Il est recommandé d'être particulièrement vigilant avant la mise bas. Une bonne lactation se prépare pendant le tarissement, en minimisant la dégradation du bilan énergétique en début de lactation. La sub-acidose reste le principal désordre métabolique.
Gestion du Confort et du Stress
La relaxine augmente en fin de gestation pour préparer la mise bas, mais elle augmente également la sensibilité aux traumatismes. Il est donc essentiel de faire particulièrement attention aux besoins de confort à ce stade. Le stress et l'inconfort baissent l'ingestion et dégradent un bilan énergétique qui sera déjà négatif en début de lactation. Pour la future lactation et pour la remise à la reproduction, l'éleveur devra minimiser cette dégradation.
Analyse des Races Laitières et du Rang de Lactation
Performance des Races
La Prim’holstein conserve sa place de leader en termes de performances laitières avec une production moyenne brute de 9 352 kg de lait en 348 jours, soit 2 tonnes de plus que les croisées et les Brunes. Elle s’impose également en matière grasse (365 kg) et en matière protéique (297 kg), soit 662 kilos de matière utile, largement devant les autres races.
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Les laits les plus riches sont produits par la Jersiaise (93,7 g/kg TMU), la Normande (76,7 g/kg TMU), la Pie Rouge et la Brune (75,8 g/kg TMU). Les laits les moins riches en matières utiles sont ceux de la Tarentaise (68,9 g/kg), l’Abondance (70,2 g/kg), la Prim’holstein (70,8 g/kg) et la Montbéliarde (71,6 g/kg), soit par effet de dilution et/ou sans doute par manque de sélection sur ces postes rémunérateurs.
La Normande conserve l’avantage des taux protéiques (TP : 34,6 g/kg) avec la Brune (TP 34,2) et la Jersiaise (TP 38,4) devant la Montbéliarde (TP 32,9) et les croisées (TP 32,4).
Longévité et Âge au Premier Vêlage
L’âge au premier vêlage varie selon les races : 26 mois pour la Jersiaise, 30 mois en Prim’holstein et Pie Rouge, 32 mois en Brune, 33 mois en Montbéliarde et Normande, 34 en Simmental et jusqu’à trois ans en Abondance et Tarentaise.
Les vaches en quatrième lactation et plus représentent 22,9 % de l’effectif des troupeaux, tandis que les primipares sont 33,5 %.
Amélioration de la Situation Cellulaire
La situation cellulaire s’est fortement améliorée par rapport à l’année précédente. La proportion de lactations qui présentent au moins deux contrôles avec une numération cellulaire supérieure à 800 000 cellules baisse significativement (- 1 %) et retrouve un niveau jamais atteint depuis 2007. Dans le même temps, l’amélioration est encore plus marquée pour la part des lactations avec l’ensemble des contrôles inférieurs à 300 000 cellules (+ 2,4 % par rapport à 2014). Là encore, il faut remonter à 2005 pour trouver un résultat aussi favorable. Pour les races nationales, l’embellie concernant la situation cellulaire est plus significative en Prim’Holstein et Normande.
Contrôle Laitier et Tendances Actuelles
L’Institut de l’élevage a publié les résultats du contrôle laitier 2015, portant sur 2,5 millions de vaches laitières contrôlées dans 42 000 exploitations françaises adhérentes. Les trois principales races laitières (Prim’holstein, Montbéliarde et Normande) représentent 92,3% du total des lactations qualifiées.
Le nombre d’élevages adhérents au contrôle laitier continue de baisser, avec 41 830 exploitations en 2015 (contre 63 000 en 2005). Parallèlement, le pourcentage d’élevages avec plus de 60 lactations qualifiées continue de progresser (38,8 % en 2015) et représente désormais 58,7 % des lactations qualifiées.
Dans le même temps, les taux butyreux (TB) et protéiques (TP) baissent de 0,1 g à 39,2 g/kg et 32,2 g/kg. À noter que depuis 2010, le TB a baissé de 0,7 g/kg et le TP est resté stable.
La moyenne pondérée des effectifs est de 8 518 kg de lait brut par lactation. La Montbéliarde, ainsi que les races à effectifs réduits (Abondance, Simmental et Vosgienne), poursuivent leur progression. La Jersiaise voit ses modestes effectifs grimper en flèche, cette race anglo-normande a doublé en dix ans. À l’inverse, les effectifs en race normande et salers traite sont à la baisse. Les races prim’holstein et brune restent stables, tout comme la pie rouge des plaines et la tarentaise.
Répartition Géographique de la Production Laitière
Les élevages les plus productifs se trouvent dans les zones de polyculture, par exemple les départements de l’Yonne, la Marne, l’Aube, la Meuse, l’Indre, l’Indre-et-Loire, le Loiret, le Bas-Rhin, les Deux-Sèvres, dépassent les 9 000 kilos de lait par vache. La moyenne bretonne oscille autour de 8 000 kg/VL avec une intensification à mesure que l’on s’approche des Pays de Loire (8 200 à 8 700 kg/VL). En Normandie, plus herbagère, les vaches produisent autour de 7 700 kilos de lait. Le lait à Comté du Doubs est du Jura affiche les niveaux de productions parmi les moins élevées avec 6 250 kg de lait, tout comme la Savoie (4 900) ou la Haute-Savoie (6 100).
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