Introduction
La question des origines de l'humanité a toujours fasciné et suscité de nombreux débats scientifiques. L'Afrique, et plus particulièrement l'Éthiopie et la Tanzanie, sont souvent désignées comme les berceaux de l'humanité en raison des nombreuses découvertes de fossiles d'hominidés anciens sur ces territoires. Cet article vise à comparer ces deux régions clés pour comprendre l'évolution humaine et les contributions spécifiques de chacune à notre histoire.
L'Afrique : Un Berceau Tropical
Yves Coppens souligne que tous les primates sont d'origine tropicale. Les humains, étant des primates, partagent cette origine. La biologie moléculaire confirme que les grands singes d'Afrique sont nos plus proches parents. Il est donc fort probable que l'humanité soit issue des tropiques africains. Nos ancêtres directs, les mêmes que ceux des chimpanzés et des gorilles, vivaient en Afrique il y a environ 10 millions d'années. C'est également en Afrique que l'on trouve les premiers spécimens du genre Homo, datant d'environ 2,6 millions d'années. Ces individus étaient principalement bipèdes, avec un cerveau presque deux fois plus gros que celui du chimpanzé et des dents d'omnivore.
Aujourd'hui, on connaît une quinzaine de « préhumains », tous découverts en Afrique. Les recherches ailleurs n'ont rien donné. Le plus ancien est Samburupithecus, au Kenya, datant de 9,5 millions d'années, mais son statut de préhumain est contesté. Ensuite, il y a Toumaï, datant d'environ 7 millions d'années, découvert au Tchad en 2001, un crâne magnifique mais sans squelette. Puis, Orrorin, au Kenya, datant de 6 millions d'années, dont le fémur montre des traces de marche. Ardipithecus, découvert en Éthiopie, date de 5,8 millions d'années à 4,4 millions d'années. Il annonce la famille des australopithèques, à partir de 4,2 millions d'années, dont Lucy, découverte en Éthiopie en 1974, est un membre emblématique. Lucy se situe au cœur d'une période de 2 millions d'années où plusieurs espèces d'hominidés coexistent. À la même époque que Australopithecus afarensis, l'espèce de Lucy, on trouve Australopithecus anamensis, plus bipède, et Kenyanthropus platyops, sans prognathisme.
Vers 3 millions d'années, en Afrique, on observe une collection d'ancêtres potentiels, un véritable « bouquet » d'espèces. Les paléontologues sont confrontés à un paysage comparable pour l'évolution des équidés, des bovidés ou des éléphants. Vers 2,5 millions d'années, au moins deux espèces ou sous-espèces apparaissent simultanément : Homo habilis, trouvé au Kenya et en Afrique du Sud, et Homo rudolfensis, au Kenya. Le passage de l'australopithèque à Homo marque un changement de genre, d'une famille d'espèces à une autre. Les Homo ont un crâne plus rond et un cerveau plus complexe que les australopithèques. Habilis et Rudolfensis se distinguent par leur crâne et leur démarche. À côté d'eux, il y a les paranthropes, avec un autre type de crâne et de démarche, dont on connaît au moins trois types différents.
Les premiers outils connus précèdent l'apparition d'Homo. Les plus anciens, découverts par Yves Coppens dans la vallée de l'Omo, en Éthiopie, datent de 3,3 millions d'années. Ces petits outils en quartz, jaspe et calcédoine ont probablement été taillés par des australopithèques.
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L'Éthiopie : Un Site Clé pour Comprendre la Bipédie
L'apparition de la bipédie est liée à des facteurs environnementaux. L'Afrique a connu des changements climatiques entraînant des épisodes d'assèchement. L'apparition d'Homo coïncide avec l'un de ces épisodes, appelé « Homo event » par Coppens. L'Est africain a subi d'importants mouvements géologiques vers 8 millions d'années, avec l'érection de chaînes montagneuses nord-sud qui ont bloqué les pluies venant de l'ouest. Ces mouvements ont coïncidé avec un refroidissement du climat de la Terre, cantonnant la forêt à l'Ouest et asséchant l'Est, influençant l'évolution des hominidés. Les grands singes sont restés dans les forêts de l'Ouest, tandis que leurs cousins, confrontés à la sécheresse, ont dû s'adapter. Cette thèse de l'East Side Story, formulée par Coppens en 1982, est remise en question par la découverte de Toumaï plus à l'ouest.
Au terme de cette évolution de 5 millions d'années, Homo apparaît en Afrique. Homo, avec de bons outils, un bon cerveau, de bonnes jambes, de bonnes dents pour manger de la viande, est un chasseur mobile capable de se déplacer rapidement, poussé par l'environnement ou la curiosité. Il agrandit sa niche écologique et en conquiert d'autres. Mieux nourrie, mieux capable de protéger ses petits, la population croît. Vers 2 millions d'années, Homo ergaster et Homo erectus apparaissent, parfaitement bipèdes, aussi grands que nous, avec un cerveau presque aussi gros que le nôtre.
Selon les généticiens, Homo sapiens sapiens est apparu très récemment en Afrique, vers 200 000 ans. Cette nouvelle population aurait quitté l'Afrique et remplacé toutes les populations existantes, sans métissage (modèle Out of Africa). Cependant, l'archéologie est continue en Afrique, en Asie et en Europe. De plus, dans plusieurs régions du monde, on observe une continuité morphologique entre les Erectus et les Sapiens. Au Maroc, par exemple, les fossiles montrent une évolution progressive d'Erectus à Sapiens.
Certains paléontologues insistent sur la multiplicité des espèces d'Homo entre Erectus et Sapiens. Cependant, il s'agit plutôt d'un processus évolutif classique qui s'est déroulé sur tous les continents, sauf en Europe, isolée par les glaciations, où le processus a abouti à l'homme de Neandertal. Il ne s'agit pas d'une cascade d'espèces différentes, mais d'une évolution douce au sein de la même espèce.
L'Europe, comme Java, est un cul-de-sac pour les grands flux migratoires et devient un isolat. En cas d'isolement géographique, les populations dérivent rapidement. Les Erectus de Java et d'Europe prennent une allure particulière, se démarquant de leurs congénères qui continuent de circuler librement en Asie et en Afrique. Les derniers de ces Erectus bizarres sont Neandertal en Europe et l'homme de Solo à Java. Neandertal n'est pas un Sapiens, mais un cousin. Apparu depuis longtemps ailleurs en Afrique et en Asie, Sapiens est arrivé en Europe tardivement, vers 50 000 ou 40 000 ans, alors que Neandertal y était installé depuis des centaines de millénaires.
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La Tanzanie : Découvertes Fondamentales et Datation Précise
L'idée de Darwin que le berceau puisse être en Afrique n'a pas eu d'écho à l'époque. Dans un premier temps, tous les hommes préhistoriques ont été trouvés en Europe. L'origine, le « chaînon manquant » entre le singe et l'homme, devait donc se trouver en Europe. Lorsqu'un fossile beaucoup plus ancien que tous ceux découverts en Europe, un Erectus, fut mis au jour par un Hollandais à Java, en 1891, personne n'y crut. Et quand le premier crâne d'australopithèque, l'enfant de Taung, fut trouvé en Afrique du Sud en 1924, on n'y crut pas davantage.
Les découvertes d'australopithèques en Afrique du Sud se sont multipliées dans les années 1930, mais cela ne suffisait toujours pas. Les nouvelles grandes découvertes africaines ont eu lieu à partir de 1959, quand Louis Leakey trouva un australopithèque en Tanzanie. La physique atomique introduisit une révolution : la datation précise des gisements. Ce fut le début d'une véritable chasse à l'os en Afrique de l'Est, qui aboutit en 1964 à la découverte du premier Homo habilis, puis à celle de Lucy et de bien d'autres à cette époque et depuis lors.
Les plus anciens représentants du genre Homo ont vécu entre 2,4 et 1,5 million d’années en Afrique, le long de la vallée du Rift, en Afrique de l’Est (Éthiopie, Kenya, Tanzanie, Malawi) et en Afrique du Sud. Comme on ne connaît aucun fossile de ces premiers Homo hors d’Afrique, ce continent est considéré comme le berceau de l’humanité. C’est en 1959 que le premier fossile attribué aux premiers hommes a été mis au jour.
Caractéristiques des Premiers Homo
Près de 150 restes, dont les deux tiers sont des dents et des fragments crâniens, ont été attribués à ces tout premiers hommes. Ils se distinguent des australopithèques et des paranthropes par un volume du cerveau plus important (entre 510 et 750 cm3 au lieu de 350 à 500 cm3 pour les australopithèques), une face moins projetée vers l’avant, un front bombé, une mandibule en forme de V, des molaires allongées et une dentition adaptée à un régime alimentaire omnivore. Les premiers hommes étaient des chasseurs-cueilleurs, récupérant de la viande sur les animaux morts. Leur squelette locomoteur montre qu’ils étaient bipèdes avec une aptitude à grimper aux arbres. Leur stature a été estimée entre 1,2 et 1,6 mètre et leur poids entre 30 et 50 kilogrammes selon les espèces. Les plus anciens outils en pierre taillée sont des galets aménagés, datés de 2,6 millions d’années en Éthiopie.
Le Débat sur l'Origine des Hominidés
Aujourd'hui, le débat porte sur l'origine des hominidés : Tchad, Afrique orientale, Afrique australe ou Eurasie ? Les données convergent vers une origine africaine. Au sein de l’Afrique, l’Afrique orientale apparaît comme un très bon candidat. Les premières preuves incontestées de bipédie proviennent des dépôts du Rift est-africain, datés de 6 millions d’années. En près de quatre-vingts ans de recherches, les descendants directs de ces hominoïdes sont exclusivement africains et à plus de 80 % est-africains.
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Actuellement, trois problématiques suscitent des débats animés : l’origine des hominidés, l’origine du genre Homo et l’origine de l’Homo sapiens. L’Afrique s’avère un continent clé pour traiter les trois.
Les grands singes actuels se différencient facilement des hominidés par leur morphologie crânienne, dentaire et locomotrice. Toutefois, plus on recule dans le temps, plus les différences s’estompent.
Pendant longtemps, les dates de divergence entre les grands singes africains et l’homme ont varié. Jusqu’à la fin des années 1990 a prédominé l’hypothèse selon laquelle cette dichotomie devait se situer vers 6 millions d’années. Mais la découverte en 2000 d’Orrorin tugenensis, daté de 6 Ma, témoigne du fait que la divergence doit être encore plus ancienne. Puis celles d’Ardipithecus ramidus kadabba et de Sahelanthropus tchadensis sont venues confirmer cette ancienneté.
Les Hominidés les Plus Anciens
Les hominidés de la formation de Lukeino (6 Ma) : Orrorin tugenensis, connus depuis 1974 sur le site de Cheboit, sont bien représentés aujourd’hui sur quatre sites. Leur anatomie dentaire et postcrânienne présente des caractères clairs d’hominidés, tout en conservant des caractères plus archaïques.
Ardipithecus kadabba, selon son inventeur, Haïlé-Sélassié, pourrait être un hominidé ancien bipède. Cependant, trop peu d’éléments sont conservés pour conclure avec certitude aujourd’hui.
Les hominidés de la formation de Mabaget (5,1-4,5 Ma) : Australopithecus praegens. À Tabarin, un fragment de mandibule a été attribué à Australopithecus afarensis. Toutefois, la mandibule est plus petite que celles rapportées généralement à cette espèce.
L’hominidé indéterminé de Lothagam, découvert en 1967, est une mandibule fragmentaire d’un hominoïde. Son âge est plus probablement situé entre 4,2 et 5 Ma.
Les données éthiopiennes du site d’Aramis : Ardipithecus ramidus, découvert en 1994, est considéré comme l’ancêtre de tous les hominidés ultérieurs. Le matériel provenait de sédiments vieux de 4,4 millions d’années.
La Bipédie : Un Caractère Clé
La bipédie est le caractère le plus robuste pour définir l’homme. Toutes les données fossiles suggèrent que la bipédie est bien un caractère incontournable de la définition de l’homme.
Les premières traces de bipédie sont attestées chez Orrorin tugenensis provenant de la formation de Lukeino, vieille de 6 Ma, avec la découverte de plusieurs restes de fémurs qui présentent les caractères définis chez l’homme. Cette première bipédie est liée à une forme de grimper, probablement héritée des ancêtres. Les australopithèques, bien que bipèdes, présentent une bipédie différente de celle d’Orrorin et également distincte de celle de l’homme. En outre, comme Orrorin, ils restent en partie inféodés aux arbres. Avec l’assèchement du milieu, on observe des êtres dont la bipédie est plus affirmée, jusqu’à ce que les hominidés se libèrent totalement du milieu arboré.
Les Australopithèques
Le groupe des Australopithèques, ou « pré-humains », a été considéré pendant près de soixante-dix ans comme des ancêtres directs de l’homme, mais leur position phylogénétique semble moins assurée aujourd’hui. On regroupe aujourd’hui sous le nom général d’australopithèques les genres Australopithecus, Paranthropus et certains autres comme Kenyanthropus ou même pour certains Ardipithecus. Les australopithèques ont vécu entre 4,5 et 1,4 millions d’années environ, exclusivement en Afrique où ils ont été concentrés le long du Rift entre la mer Rouge et le Transvaal, et on les trouve aussi bien en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie qu’au Malawi, et jusqu’en Afrique du Sud avec les célèbres gisements du Gauteng. En dehors de l’Afrique australe et orientale, une seule espèce est connue au Tchad.
C’est à Raymond Dart que l’on doit leur reconnaissance, avec la publication en 1925 de l’espèce Australopithecus africanus, qu’il a créée à partir d’un crâne partiel d’enfant découvert en Afrique australe. Avec cette découverte, Dart met à bas les dogmes de l’époque sur l’origine des hominidés.
Toumaï : Une Découverte Révolutionnaire au Tchad
Découverts au début des années 2000, les fossiles de Sahelanthropus tchadensis, vieux de 7 millions d’années, suscitent encore de vifs débats. De la découverte de Lucy en 1974 aux années 1990, les paléoanthropologues s’accordaient généralement sur l’hypothèse que l’humanité était apparue en Afrique de l’Est (Éthiopie, Kenya, Tanzanie…) il y a cinq à dix millions d’années, après un bouleversement climatique et environnemental. Au Tchad, l'équipe de Michel Brunet a mis au jour les fossiles d’un australopithèque - surnommé Abel et vieux d’environ 3,5 millions d’années, donc plus ancien que Lucy - et surtout du crâne d’un spécimen d’un genre inconnu jusque-là : Sahelanthropus tchadensis, daté d’environ sept millions d’années.
Selon Clément Zanolli, Sahelanthropus tchadensis est l’un des trois seuls genres d’hominidés connus ayant existé il y a cinq à dix millions d’années en Afrique, avec Ardipithecus et Orrorin. Cela en fait en théorie un ancêtre possible de la sous-tribu des Hominines, qui comprend les humains actuels.
Au début des années 2000, Michel Brunet et ses équipes publient une première analyse du crâne et des fragments de mâchoire découverts sur le site. Selon eux, cette nouvelle espèce ressemble davantage aux humains qu’aux chimpanzés, ce qui la rattache à notre lignée. L’architecture du crâne Toumaï leur paraît notamment cohérente avec une locomotion essentiellement bipède, tandis que les grands singes non humains se déplacent le plus souvent sur leurs quatre membres.
Controverses Autour de Toumaï
Des controverses existent quant à la bipédie de Toumaï, notamment autour d’un fémur et de deux avant-bras (ulnae). D’après une étude, pilotée par l’anthropologue Roberto Macchiarelli et publiée en 2020, le fémur semble avoir une courbure marquée, plus proche de celle des grands singes marchant habituellement sur quatre membres. Un autre article scientifique, publié en 2023 par l’anthropologue Marc Meyer et ses collaborateurs, soutient que les ulnae ressemblent davantage à celles des grands singes prenant appui sur leurs phalanges pour se déplacer - ce que les primatologues appellent le « knuckle-walking ».
La position du trou occipital, faisant le lien entre le crâne et la colonne vertébrale, a été le premier argument proposé comme preuve de bipédie de Sahelanthropus. Cependant le crâne est très déformé et la reconstitution du crâne Toumaï par imagerie 3D a été réalisée il y a plus de vingt ans.
En 2022, Les paléoanthropologues Guillaume Daver et Franck Guy publient un nouvel article dans la revue Nature sur les fossiles de Sahelanthropus tchadensis et son mode de locomotion. Selon cette étude, l’anatomie de Sahelanthropus tchadensis présente davantage de points communs avec des hominines bipèdes, comme les australopithèques, Orrorin, Ardipithecus, qu’avec des chimpanzés ou des gorilles. En revanche, cela n’exclut pas d’autres modes de déplacement. L’étude envisage que Sahelanthropus tchadensis adoptait une bipédie dite « assistée » dans les arbres, prenant appui avec ses membres inférieurs et s’aidant de prises de main fermes.
Un nouvel article paru cette année dans Journal of Human Evolution propose une critique de l’étude de Guillaume Daver et Franck Guy, et soutient plus généralement que Toumaï « n’était probablement pas un bipède habituel ». Les chercheurs constatent notamment que le fémur est robuste et courbé, comme chez les grands singes quadrupèdes.
Si le débat fait rage, c’est que la bipédie demeure un critère au poids symbolique fort : dans l’imaginaire collectif, il reste associé au passage de l’animalité à l’humanité.
Australopithecus Sediba : Une Mosaïque Évolutive
Publiée dans Science, l’étude détaillée des fossiles d’une espèce d’Australopithèque découverte en 2008 en Afrique du Sud, Australopithecus sediba, pose un problème de positionnement de ces homininés dans l’arbre phylogénétique de la famille humaine, tant leurs caractéristiques sont inhabituelles.
En 2008, le Pr. Lee Berger découvre une clavicule fossilisée d’homininé. Les fouilles entreprises ont permis ensuite de dégager plus de 220 ossements appartenant à au moins cinq individus jeunes et adultes des deux sexes, et bien conservés. Il s’agissait d’une espèce préhumaine encore inconnue vieille de 1,98 millions d’années, qui a été baptisée Australopithecus sediba.
Une étude détaillée de ces fossiles montre chez eux un spectaculaire mélange de caractères, certains typiques des grands singes ou bien d’autres espèces d’Australopithèques, d’autres encore très humains, et certains, enfin, qu’on peut qualifier de ‘mixtes’. Lee Berger propose que A. sediba pourrait avoir évolué en Homo erectus, notamment au vu de sa main, plus ‘humaine’ encore que celle d’Homo habilis.
Le cerveau, chétif, avait un volume d’environ 440 cm3, mais sa structure semble très moderne, avec un pôle frontal et un lobe olfactif élargis, proches de ceux des hommes, chez qui ils sont associés à des capacités cognitives, comme la planification. Une réorganisation du cerveau suivant un modèle humain très précoce, donc, et précédant l’augmentation du volume cérébral. La structure faciale est, elle aussi, plus ‘moderne’ que celle des autres Australopithèques.
Le bassin est assez large et proche du nôtre, ce qui porte un coup à la théorie voyant l’élargissement du bassin comme une adaptation pour faciliter l’accouchement de bébés à gros cerveau. Cette forme de bassin serait donc essentiellement liée à la pratique de la bipédie, laquelle est confirmée par l’orientation de la jambe et l’os de la cheville, quasi humain. Les pieds, toutefois, et certains aspects des tibias, sont proches de ceux du chimpanzé, dont on retrouve aussi les longs bras. A. Sediba devait donc utiliser les deux modes de locomotion : la marche (érigée) au sol, et le déplacement dans les arbres.
Les mains étonnent les chercheurs : des doigts plus courts que ceux des autres espèces d’Australopithèques, un pouce fort, un métacarpe puissant, autant de signes d’une bonne préhension des objets, et peut-être une grande capacité à fabriquer et utiliser des outils - bien qu’aucun n’ait été trouvé à proximité.
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