La radiographie est un examen d’imagerie médicale couramment utilisé pour visualiser les structures internes du corps humain, notamment les os. Bien qu'elle soit souvent prescrite chez les bébés et les enfants, elle suscite des inquiétudes légitimes chez les parents concernant l'exposition aux rayonnements ionisants. Cet article vise à clarifier les indications de la radiographie thoracique pédiatrique, le déroulement de l'examen, les précautions prises pour minimiser les risques et comment préparer au mieux votre enfant.

Qu'est-ce que la radiographie et comment ça marche ?

La radiographie est un type d'examen d'imagerie médicale qui utilise des rayons X. Ces rayons invisibles traversent le corps humain, mais sont atténués différemment selon les tissus (os, muscles, poumons, etc.). Cette variation d'atténuation permet de créer une image radiographique. Les radiographies sont principalement utilisées pour détecter des malformations ou des infections. Elles permettent de visualiser de manière fine les os, les vaisseaux, les tissus et les différents organes. Cet examen d’imagerie médicale permet d’explorer avec précision la structure de différents organes afin de localiser la lésion et déterminer son étendue.

Indications de la radiographie thoracique chez l'enfant

La radiographie pulmonaire est particulièrement utile chez le bébé et l'enfant dans diverses situations cliniques, notamment :

  • Infections pulmonaires ou bronchiques : La radiographie permet de visualiser l'étendue de l'infection et d'aider au diagnostic.
  • Asthme et bronchiolite : Elle peut aider à évaluer l'inflammation des voies respiratoires et la présence de complications.
  • Suspicion de scoliose : La radiographie de la colonne vertébrale est indiquée pour les enfants plus grands, à partir de 8 à 10 ans, lorsqu’une scoliose est suspectée à l’examen clinique.

Plus généralement, les radiographies sont souvent réalisées dans le cadre des pathologies osseuses pour le diagnostic et le suivi des scolioses, des fractures, des malformations… Elles peuvent aussi être réalisées dans le cadre des pathologies pulmonaires telles que l'asthme, la bronchiolite, les infections respiratoires…

Déroulement de l'examen

La radiographie est un examen rapide, durant environ 10 minutes, mais il faut prévoir le temps d’accueil, l’attente et une éventuelle injection de produit de contraste. En fonction de l’âge et de la condition de l’enfant, il peut être allongé, assis ou debout. "C’est un examen un peu délicat, surtout chez les plus petits, car pour bien visualiser les poumons, il faut qu’ils soient remplis d’air. Le cliché doit donc être pris à la fin de l’inspiration" explique le Dr Breton. Chez les bébés, les pleurs peuvent aider, car le tout-petit gonfle alors ses poumons de façon bien visible et le radiologue en profite pour prendre le cliché.

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Avant l'examen, le manipulateur ou le radiologue explique à votre enfant comment va se passer l'examen, ce qu'il va faire et pourquoi. "En fonction de la région à explorer, votre enfant doit retirer certains vêtements et tous les objets métalliques qui se verraient sur la radiographie : bijoux, montres, lunettes, prothèses auditives… Pensez donc à l'habiller de vêtements faciles à mettre et à enlever", recommande le radiologue.

Pendant l'examen, il est crucial que l'enfant reste immobile pour garantir la netteté des clichés. Le radiologue peut demander à l'enfant de changer de position ou d'inspirer profondément pour mieux visualiser certains organes. Pour éviter qu'il ne bouge, le radiologue peut venir le maintenir et l'aider. Si votre enfant présente des allergies telles que de l’urticaire ou de l’asthme, il est important de le signaler à l’équipe médicale afin que des mesures particulières soient prises.

Après l'examen, le médecin radiologue vous donne un premier résultat et vous remet les images.

Radioprotection en pédiatrie : minimiser les risques

L'exposition aux rayons X est une préoccupation légitime, en particulier chez les enfants, car leur sensibilité aux rayonnements est plus élevée. Les cellules en croissance rapide seraient en effet plus radiosensibles que les cellules quiescentes. La radioprotection en pédiatrie est donc une priorité absolue.

Principes de base

Les principes de base de la radioprotection que sont la justification des examens et leur optimisation doivent être appliqués en pédiatrie avec beaucoup de rigueur, la radiosensibilité des enfants étant plus grande que celle des adultes.

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Justification : Un examen utilisant des RI ne doit être réalisé, notamment chez l’enfant, que s’il modifie la prise en charge et qu’il n’existe pas d’examen non irradiant susceptible de fournir la même information. Le choix de l’examen d’imagerie le plus approprié à la question posée et à l’état de l’enfant est sous la responsabilité légale du radiologue ou du médecin nucléaire (prescripteur de l’examen), sur la base des informations qui lui sont fournies, par écrit, par le clinicien demandeur qui a l’obligation de s’identifier lisiblement pour permettre d’éventuelles discussions.

Optimisation : L’optimisation de l’examen relève du prescripteur, puisqu’il s’agit de réaliser un examen de la meilleure qualité possible, délivrant une dose aussi faible que possible. Le choix du spécialiste portera sur le matériel employé, sur le protocole de réalisation et le choix des paramètres d’acquisition des examens, en tenant compte des recommandations internationales quand elles existent.

Mesures de protection

Plusieurs mesures sont prises pour minimiser l'exposition aux rayonnements :

  • Doses faibles : Les radiographies utilisent de faibles doses de rayons X.
  • Protections : Des protections plombées sont utilisées pour protéger les parties du corps qui ne sont pas examinées, comme les testicules chez les garçons.
  • Techniques d'imagerie alternatives : Lorsque cela est possible, des techniques d'imagerie non irradiantes, comme l'échographie, sont privilégiées, surtout chez l’enfant. L’échographie est l’examen de première intention pour explorer l’abdomen, car la faible épaisseur du tissu graisseux et musculaire de la paroi abdominale de l’enfant permet d’explorer l’abdomen dans son ensemble avec une grande précision. De plus, l’échographie a l’avantage d’être non irradiante, non invasive et rapide à mettre en œuvre, ne nécessitant pas de préparation particulière.
  • Limitation des examens : Le médecin évalue toujours la nécessité de l'examen et évite de le répéter inutilement. "Si votre enfant a récemment passé un examen d'imagerie médicale, informez-en votre médecin, recommande notre expert. Conservez tous ses résultats d'examens (images et comptes rendus) et apportez les le jour de votre rendez-vous d'examen. Parfois, il n'est pas nécessaire de refaire cet examen".

Risques et bénéfices

Il est important de noter que nous sommes quotidiennement exposés à des rayonnements ionisants d'origine naturelle (rayons cosmiques, radon, etc.). Les rayons X utilisés en radiographie sont artificiels, mais ils sont utilisés à faible dose. Bien que les effets indésirables de ces faibles doses soient difficiles à mettre en évidence, il est reconnu que l'accumulation des doses de rayons X augmente le risque d'effets secondaires. C'est pourquoi le médecin prend toujours des précautions pour limiter la dose d'exposition au minimum, en contrôlant ainsi le risque et le maintenant bien inférieur au bénéfice médical de l'examen.

Préparation de l'enfant à l'examen

Préparer votre enfant à une radiographie peut aider à réduire son anxiété et à faciliter le déroulement de l'examen.

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  • Explication simple : Expliquez-lui que l'examen est rapide, indolore et qu'il ne sera pas seul.
  • Déroulement : Décrivez-lui ce qui va se passer, en lui précisant qu'il devra rester immobile.
  • Objets métalliques : Informez-le qu'il devra retirer ses bijoux et autres objets métalliques.
  • Présence parentale : Rassurez-le en lui disant que vous serez à ses côtés, si possible. Les parents sont toujours autorisés à rester avec leur enfant pendant toute la durée de la radio, parfois pour aider le manipulateur en maintenant le bébé dans une position précise, mais surtout pour lui offrir une présence rassurante.
  • Récompense : Prévoyez une petite collation ou un jeu après l'examen pour le récompenser de sa coopération. Lui proposer une petite collation ou un jeu peut être un moyen de garder votre enfant calme.

Radiographie du bassin chez le bébé

La radiographie du bassin chez le bébé a pour but de diagnostiquer une luxation congénitale de hanche, plus connue sous le nom de dysplasie. Cet examen n’est pas systématique, mais est éventuellement prescrit après l’examen clinique du bébé, qui est un examen de dépistage obligatoire. La radio de la hanche n’est proposée qu’en présence de facteurs de risques, ou en cas de doute à l’examen clinique et en seconde intention après l’échographie des hanches, si les résultats de cette dernière ne sont pas très clairs.

Dans le cadre de la radiographie du bassin : l’enfant ne doit rien avoir de métallique sur lui, car le métal arrête tous les rayons X et peut donc cacher la visibilité de la radiographie. Le bébé est donc entièrement déshabillé, et sans couche. "Si c’est un garçon, ses testicules seront abritées derrière un petit cache plombé, afin d’éviter leur irradiation. Le bébé est ensuite allongé sur la table de radio, et des coussins ou des sacs de sables sont utilisés pour qu’il ne bouge pas trop. Le manipulateur ou un parent se tient à côté pour lui maintenir les jambes dépliées afin que l’angle de prise de vue soit le bon. "La personne qui se tient à côté du bébé pour le maintenir en position porte un tablier plombé afin d’être protégé des irradiations" précise le radiologue. Une fois l’enfant installé dans la bonne position, le médecin radiologue situé à distance de la console et derrière une vitre plombée enclenche la machine.

Radiographie du crâne chez le bébé

La radiographie du crâne est proposée aux bébés en cas de suspicion de craniosténose.

Interprétation des résultats

L’interprétation d’un examen est nuancée par l’âge et par le contexte clinique, dont l’intérêt est primordial en imagerie pédiatrique. Connaître l’aspect normal d’une radiographie thoracique normale en pédiatrie est crucial. Plusieurs éléments sont à prendre en compte. La taille et la forme du cœur apparaissent relativement plus grandes en raison de la réalisation du cliché en projection antéro-postérieure. Les contours cardiaques, y compris le thymus, doivent être bien définis (Illustration 1). Les champs pulmonaires doivent être homogènes, avec une trame vasculaire plus prononcée en raison de la minceur de la paroi thoracique. Les angles costo-phréniques doivent être nets. Les artefacts liés à la respiration doivent être connus, tout comme le bon positionnement symétrique du patient, en inspiration.

Alternatives à la radiographie

Il existe des alternatives à la radiographie, notamment l'échographie et l'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), qui n'utilisent pas de rayonnements ionisants. L'échographie est souvent utilisée en première intention pour explorer l'abdomen chez l'enfant. L’échographie est l’examen de première intention pour explorer l’abdomen, car la faible épaisseur du tissu graisseux et musculaire de la paroi abdominale de l’enfant permet d’explorer l’abdomen dans son ensemble avec une grande précision. De plus, l’échographie a l’avantage d’être non irradiante, non invasive et rapide à mettre en œuvre, ne nécessitant pas de préparation particulière. Les indications de l’IRM abdominale chez l’enfant sont en progression. L’IRM permet de diagnostiquer et de surveiller les anomalies de la paroi intestinale et les fistules anopérinéales. C’est l’outil d’imagerie de référence dans le bilan des pathologies complexes des voies biliaires grâce à l’utilisation de séquences fortement pondérées en T2 qui permettent d’analyser les liquides stagnants.

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