La question du poids du bébé à la sortie de la maternité est une préoccupation majeure pour de nombreux parents. Cet article vise à fournir des informations complètes et précises sur ce sujet, en abordant les différents aspects liés au poids du nouveau-né, de la prématurité aux retards de croissance intra-utérins, en passant par la perte de poids physiologique après la naissance.

Prématurité et poids de naissance

Un bébé est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse, car ses organes ne sont pas encore tout à fait prêts pour affronter la vie extérieure. On parle de naissance prématurée lorsqu’elle se déroule avant 37 semaines d’aménorrhée (SA), c’est-à-dire 8 mois et demi de grossesse. Il existe différents degrés de prématurité :

  • Prématurité moyenne: entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée, c’est-à-dire 7 à 8 mois de grossesse révolus.
  • Grande prématurité: entre la 28ème et la 32ème semaine d’aménorrhée (6 à 7 mois de grossesse).
  • Très grande prématurité: lorsque la naissance se passe avant la 28ème semaine d’aménorrhée, c’est-à-dire avant 6 mois de grossesse.

Les professionnels de santé calculent le terme de la grossesse en semaines d’aménorrhée pour être plus précis. Ce calcul démarre au premier jour des dernières règles de la femme enceinte.

Les défis des bébés prématurés

Le nouveau-né venu au monde prématurément subit un arrêt précoce de son développement in utero. Si la plupart de ses organes vitaux sont déjà formés, ils demeurent toutefois immatures.

  • Problèmes respiratoires: Ils font partie des possibles complications. Le nouveau-né a besoin d’une assistance par ventilation nasale ou par sonde. On peut lui donner un surfactant à l’aide d’une sonde, cette substance qui permet le bon fonctionnement des poumons et qui n’a parfois pas eu le temps d’être développée chez les bébés prématurés. La maman, quant à elle, peut se voir administrer des corticoïdes intraveineux.
  • Réflexe de succion: Il n’est pas toujours développé chez les bébés prématurés, notamment ceux nés avant 34 semaines.
  • Immaturité immunologique: Les bébés prématurés n’ont souvent pas la même maturité immunologique que les bébés nés à terme, ce qui les rend plus vulnérables face aux microbes et bactéries.
  • Autres soucis: Si votre bébé est né entre 35 et 32 semaines, certaines des fonctions de son organisme sont immatures et les problèmes qu'il rencontre peuvent être multiples. Il est fréquemment sujet à des jaunisses, du fait de l'immaturité de son foie. Le bébé prématuré est parfois incapable de téter pour prendre le lait de sa mère. Il n'a pas non plus le réflexe de succion ni de déglutition et son estomac a une faible capacité. Il faut donc le nourrir fréquemment, par sonde ou par perfusion. Les bébés prématurés ont du mal à se réchauffer car leur système de thermorégulation ne fonctionne pas encore correctement. C'est pourquoi on les place dans un incubateur ou en couveuse (à environ 35°C), afin de surveiller leur température en permanence. Son système immunitaire étant défaillant, des infections sont fréquentes et potentiellement graves. Le bébé doit donc être isolé et manipulé en milieu stérile. L’enfant prématuré ne transpire pas : ses glandes sudoripares n'étant pas encore formées, il est nécessaire de le placer dans une atmosphère humide. Il ne fabrique pas assez de sang : il peut être nécessaire de le transfuser. Il cicatrise mal.

Durée d'hospitalisation et sortie de la maternité pour un bébé prématuré

La durée d’hospitalisation dépend de chaque bébé et de son état de santé. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’enfant peut sortir de l’hôpital une fois que son système respiratoire et digestif est devenu pleinement autonome. En ce qui concerne la couveuse, il peut en sortir dès qu’il pèse au moins 2 kilos.

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Accompagnement et suivi après la sortie

Comme tous les bébés, le retour au domicile peut perturber le nourrisson prématuré en termes de sommeil, d’alimentation ou de digestion. Par ailleurs, les bébés prématurés et leurs parents ont vécu des premières semaines difficiles, qui n’ont pas pu permettre un contact rapproché. Il faut donc avant tout créer le lien lors du retour à la maison, en favorisant notamment les moments peau à peau. Ces contacts avec les parents rassurent fortement bébé et réduisent son stress. Surtout, il est important de se faire accompagner lors des premiers jours, qu’il s’agisse d’un professionnel de la PMI pour un suivi psychologique ou d’une infirmière puéricultrice pour les éventuels soins du bébé, par exemple. La plupart des enfants prématurés bénéficient d’un suivi médical spécifique, soit mené par un médecin membre d’un réseau de périnatalité, soit par le médecin d’un CAMSP.

Faible poids de naissance et hypotrophie

L’enfant de faible poids de naissance (PN) est un enfant de PN < 2 500 g. Cette entité correspond à une population extrêmement hétérogène composée de nouveau-nés prématurés et hypotrophes. Il ne faut donc pas confondre « faible poids à la naissance » et « hypotrophe ». On parle de bébé hypotrophe si le poids de votre bébé est inférieur à ce qu’il devrait être par rapport à l’âge gestationnel. Par exemple, un bébé de 2000g qui naît à 40 semaines de grossesse est hypotrophe, un autre bébé du même poids qui naît à 35 semaines ne l’est pas, il est prématuré et normotrophe. Environ 5% des bébés naissent hypotrophes.

Retard de croissance intra-utérin (RCIU)

Les obstétriciens mesurent la croissance de votre bébé pendant la grossesse et s’ils observent que votre enfant ne grandit plus ou ne prend plus de poids (il y a des courbes pour estimer cela), ils vont chercher à savoir ce qui se passe. On va alors parler de retard de croissance intra-utérin (RCIU). Parfois, ce peut-être une cause de déclenchement de l’accouchement, car les conséquences peuvent être néfastes et pour le bébé et pour la maman. Seuls 20 % des RCIU sont diagnostiqués pendant la grossesse grâce à la surveillance échographique. Les courbes de croissance par rapport à l’âge gestationnel permettent de définir si le nouveau-né est eutrophe ou hypotrophe. L’hypotrophie est définie statistiquement : biométrie inférieure à une norme pour un âge gestationnel donné. Plus elle est modérée (entre 5e et 10e percentile), plus l’enfant est susceptible d’être simplement constitutionnellement petit et donc à faible risque de morbidité. Un PN inférieur au 3e percentile (équivalent à -2DS) a plus de probabilité de correspondre à un RCIU.

Risques et suivi du RCIU

L’enfant RCIU est exposé à une morbidité néonatale accrue. À plus long terme, il expose au retard statural, à des complications neurologiques et à un syndrome métabolique. L’allaitement maternel exerce un effet protecteur vis-à-vis de ces risques. Parmi les enfants de faible PN, le RCIU présente des risques accrus en période néonatale, mais aussi à long terme, à type de petite taille, troubles du développement neurologique, syndrome métabolique. Il est important de les distinguer des enfants petits constitutionnellement. L’allaitement maternel est un élément protecteur important de toutes ces complications. Il ne faut pas faire de forçage alimentaire. Le rattrapage staturo-pondéral dans les 2 premières années est associé à une amélioration du développement statural et neurologique, mais ne doit pas conduire à du forçage alimentaire.

Perte de poids physiologique après la naissance

Le poids de naissance est pris en salle d'accouchement, puis le bébé sera à nouveau pesé 24 heures après. Tout bébé à la naissance perd du poids. La principale raison ? Dans le ventre, le fœtus évolue dans un milieu liquide et se charge en eau, surtout lors du dernier dernier trimestre de la grossesse. Il naît donc avec des œdèmes, notamment au niveau des paupières, des organes génitaux externes et des mamelons qui, en se dissipant, occasionnent une petite perte de poids. Toutefois, cette perte ne doit pas dépasser 10 % de son poids de naissance. Le matin du départ de la maternité, si la perte de poids du bébé s'est stabilisée (il ne perd plus) ou qu'il commence à reprendre du poids, en principe le nouveau-né peut rentrer à la maison. Si sa perte de poids est trop rapide ou qu'il n'amorce pas une remontée de sa courbe, le personnel hospitalier vous suggérera sans doute de retarder votre retour à la maison de 24 heures à 48 heures, le temps d'observer l'enfant. L'impératif, ensuite, est que si votre enfant est né à terme, il ait repris sont poids de naissance au plus tard au quinzième jour, lors du premier rendez-vous de suivi chez le pédiatre.

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Surveillance de la prise de poids

Un bébé moyen né à terme (c'est-à-dire qui pèse 3 kilos au moins à la naissance) doit prendre environ 800 grammes le premier mois et entre 800 grammes et 1 kilo lors du second mois. Grosso modo, les deux premiers mois, il prend entre 20 et 30 grammes par jour.

En outre, au-delà de la courbe de poids, il y a des signes auxquels vous devez prêter attention. Votre enfant est-il joyeux ou au contraire pleure-t-il en permanence ? Est-il calme et apaisé après son repas ou énervé et agité ? Urine-t-il régulièrement dans sa couche ? Si vous allaitez et que votre bébé perd du poids ou n'en reprend pas suffisamment vite, la sage-femme ou le médecin va observer comment la tétée se déroule. Saisit-il bien le mamelon ? Car parfois, une mauvaise posture ou un mamelon rétracté peut empêcher l'enfant de bien téter. Idem en cas de mammite (infection de la mamelle) ou de crevasse. D'où l'importance d'être bien conseillée par sa sage-femme ou de faire appel à une conseillère en lactation.

L'autre question qui se pose si le poids de votre enfant peine à remonter : la montée de lait a-t-elle eu lieu ? Celle-ci succède généralement au colostrum d'ici le troisième jour suivant la naissance. Un séjour plus long pourrait en effet s'avérer stressant ce qui aurait pour résultat de compliquer le bon déroulement de l'allaitement. La perte de poids chez le nourrisson peut aussi être due à un problème de frein intérieur ou postérieur de la langue chez le bébé l'empêchant de prendre le sein correctement. Une intolérance au lait peut aussi être la source d'une perte de poids chez le nouveau-né. Ainsi, en cas de reflux abondants, votre médecin pourra vous indiquer un lait infantile premier âge spécifique.

Conditions générales de sortie de la maternité

Plusieurs critères vont permettre au personnel médical d’autoriser la sortie de la maman et du bébé. Les critères dépendront de si la maman a déjà eu un enfant ou pas. On considère que si la maman est primipare (c’est son premier enfant), on doit attendre que le bébé ait repris du poids après la perte de poids normal post-naissance. On va être plus inquiet si le bébé perd plus de 10 % de son poids de naissance. Lors de votre sortie, vous et votre enfant serez examinés par l’équipe médicale (la sage-femme et le pédiatre). La plupart du temps, on estime qu’une femme qui accouche par voie basse peut sortir de 72 heures à 96 heures après l’accouchement et qu’une femme qui accouche par césarienne peut sortir de 96 heures à 120 heures après l’accouchement.

Conseils pratiques pour les premiers jours à la maison

  • Soins du bébé: Dans la mesure du possible, il est important de respecter le sommeil et le repos de l’enfant. Le crâne du bébé peut être aplati (plagiocéphalie) : ce n’est pas un problème grave, qui s’arrange tout seul dans la majorité des cas. Cela apparaît lorsque le bébé garde la tête dans la même position. Il faut savoir qu’un bébé peut régurgiter après son repas. prescrits par les professionnels. Au cours du repas, proposer éventuellement des pauses au bébé (rôts). Après le repas, garder l’enfant en position verticale un petit moment. Les selles peuvent varier de 1 à 5 par jour. Un jour sans selles n’est pas inquiétant.
  • Hygiène: La durée du bain, courte au départ, pourra augmenter avec l’âge de l’enfant. Afin d’en profiter au maximum, chauffer la salle de bain aux environs de 22°C pour que bébé n’ait pas froid. Les soins de visage se font le plus souvent à l’eau. Il n’est pas nécessaire de faire systématiquement des soins d’yeux, de nez ou d’oreilles. Quelquefois, il peut se former des ‘‘croûtes de lait’’.
  • Change: Le change peut se faire avant ou après le repas du bébé, voire plus si nécessaire. Laver le siège à l’eau puis bien sécher en tamponnant. En cas d’aggravation (lésions), utiliser une lotion asséchante. Chez le petit garçon, inutile de chercher à décalotter la verge.
  • Soins du cordon: Les soins du cordon sont à continuer au retour à domicile au moins une fois par jour, tant qu’il n’est pas tombé, et à chaque fois s’il est sale. Le cordon se détache entre 5 jours et 3 semaines, il faudra alors poursuivre les soins une fois minimum par jour jusqu’à complète cicatrisation. Bien décoller le cordon pour permettre un bon nettoyage de la base.
  • Ongles: Les ongles sont souples.
  • Température: La prise de température du bébé se fait en axillaire (sous le bras), les autres systèmes ne sont pas adaptés. Si la température est inférieure à 36,3°C, le bébé a froid, il faut le couvrir.
  • Suivi médical: Le poids du bébé doit être vérifié au moins une fois dans la première semaine suivant la sortie, de préférence par un professionnel. Parallèlement, une consultation par un médecin (pédiatre ou généraliste) est recommandée entre le 6ème jour et le 10ème jour de l’enfant.

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