En France, la prématurité est une réalité qui touche de nombreuses familles, avec un bébé naissant prématurément toutes les 8 minutes. Un accouchement est considéré comme prématuré lorsqu'il survient avant 37 semaines d'aménorrhée, soit avant le terme complet de la grossesse, qui est normalement de 40 semaines. Cette naissance anticipée peut entraîner des complications pour le nouveau-né, car son corps n'a pas eu le temps de se développer complètement dans l'utérus. Il est donc crucial de connaître les facteurs de risque, les signes d'alerte et les mesures préventives pour réduire ce risque.
Qu'est-ce qu'un accouchement prématuré ?
Un accouchement est considéré comme prématuré quand le bébé naît avant que la grossesse n'atteigne le terme complet, soit avant 37 semaines d’aménorrhée (37 semaines depuis le premier jour des dernières règles). Normalement, une grossesse dure en moyenne 40 semaines d’aménorrhée. Lorsqu'un bébé naît prématurément, son corps n'a pas eu le temps de se développer complètement dans l'utérus, ce qui peut entraîner des complications de santé pour le nouveau-né, comme des problèmes respiratoires, cardiaques ou neurologiques. Les accouchements prématurés peuvent être spontanés, survenant sans avertissement, ou induits dans certains cas pour des raisons médicales.
Facteurs de risque d'un travail prématuré
Plusieurs facteurs peuvent favoriser un accouchement prématuré :
- Antécédents d'accouchement prématuré : Si une femme a déjà eu un bébé prématuré, elle présente un risque accru pour les grossesses suivantes.
- Problèmes médicaux : Des pathologies comme le diabète, l'hypertension et les infections peuvent augmenter le risque d'accouchement prématuré. Une infection urinaire (fréquente pendant la grossesse) peut être à l’origine d’une menace d’accouchement prématuré. En cas d’envies fréquentes d’uriner, de sensations de brûlure ou de douleurs à la miction, il est important de consulter son médecin. Une infection du col de l’utérus et du vagin peut aussi être responsable d’une MAP. Pour la diagnostiquer, votre gynécologue procédera à un examen gynécologique et à un prélèvement pour rechercher la présence d’un agent microbien.
- Tabagisme, alcool et drogues : La consommation de ces substances peut augmenter le risque d'accouchement prématuré.
- Stress : Un niveau élevé de stress chez la mère peut contribuer à déclencher un accouchement prématuré. Afin d'éviter un accouchement prématuré dû au stress, aucun traitement dentaire n'est généralement effectué au troisième trimestre.
- Âge maternel : Les adolescentes et les femmes de plus de 35 ans ont un risque légèrement plus élevé d'accouchement prématuré.
- Grossesses multiples : Les femmes attendant des jumeaux, triplés ou plus ont un risque plus élevé d'accouchement prématuré. Le risque d’accouchement prématuré est plus important lorsque la future maman attend des jumeaux ou des triplés. « L’utérus est un peu trop petit pour contenir deux ou trois enfants, expliquent les auteurs du Grand livre de ma grossesse. Cet accouchement prématuré peut être prévenu et retardé par un repos plus important et un arrêt de travail avant l’accouchement précoce (12 semaines avant le terme pour des jumeaux, 24 semaines pour des triplés).
- Problèmes utérins ou cervicaux : Les anomalies anatomiques peuvent parfois entraîner un accouchement prématuré. La béance du col est parfois connue avant la grossesse, et a été diagnostiquée par hystéroscopie ou hystérographie.
- Décollement prématuré du placenta : Lorsque le placenta se détache trop tôt, cela peut conduire à un accouchement prématuré. Lorsque le placenta est inséré près du col, les contractions utérines risquent de déclencher un décollement du placenta plus ou moins important et donc un saignement plus ou moins abondant selon l'âge de la grossesse. Il faudra donc limiter au maximum les situations capables de déclencher des contractions utérines.
Parfois, l'accouchement prématuré peut survenir sans qu'aucune cause spécifique ne puisse être identifiée.
Signes d'un travail prématuré
Certains signes, s'ils sont présents avant la 37ème semaine d'aménorrhée, peuvent indiquer un risque d'accouchement prématuré :
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- Contractions utérines fréquentes : Lorsqu’une femme ressent des contractions régulières (plus de 4 par heure), cela peut indiquer que le travail a commencé.
- Douleurs abdominales ou pelviennes : Des douleurs persistantes ou une sensation de pression accrue dans le bas de l'abdomen ou dans la région pelvienne peuvent indiquer un début de travail.
- Saignements vaginaux : Des saignements vaginaux, même légers, avant la date prévue d'accouchement peuvent être un signe de début de travail. En début de grossesse : la grande majorité des saignements qui surviennent en début de grossesse sont la conséquence d'un placenta bas inséré. A l'inverse, très peu de placenta bas inséré occasionnent des saignements.
Si vous êtes enceinte et que vous ressentez l'un de ces symptômes, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé pour évaluer la situation. L'identification précoce des signes d'accouchement prématuré peut permettre de prendre des mesures pour retarder le travail et donner au bébé plus de temps pour se développer dans l'utérus.
Comment ralentir le travail prématuré ?
Pour réduire le risque d’accouchement prématuré, les médecins peuvent utiliser plusieurs méthodes, selon la situation et le stade de la grossesse :
- Alitement : Le repos au lit est souvent recommandé pour réduire l'activité physique et soulager la pression sur le col de l'utérus. Un alitement plus ou moins strict à domicile.
- Médicaments : Des médicaments appelés tocolytiques peuvent être prescrits pour détendre l'utérus et arrêter les contractions. Devant des contractions peu importantes et un col peu modifié, la mise au repos strict peut suffire. « Si les contractions sont nombreuses et persistent avec le repos, on mettra en place un traitement (tocolytique) par voie intraveineuse afin de stopper les contractions.
- Cerclage cervical : Il s’agit d’une intervention chirurgicale où un cerclage est placé autour du col de l'utérus pour le maintenir fermé et retarder le travail. Afin d’y remédier, votre gynécologue peut vous proposer de réaliser un cerclage. « Cette intervention, réalisée vers 12-14 SA sous anesthésie locale ou péridurale, consiste à passer un gros fil non résorbable entre la muqueuse et le muscle utérin de façon à faufiler le col utérin, explique le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Le fil est serré et noué, de façon à fermer le col. Bien entendu, ce fil sera retiré vers 37 SA, voire avant, si, malgré le cerclage, un accouchement prématuré survient. L’ablation du fil est simple et indolore : pour le praticien, il suffit de mettre un spéculum pour voir le bout du fil au-dessus du nœud et de le sectionner avec des ciseaux.
- Hospitalisation : Dans les cas les plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour surveiller de près la mère et le bébé. De la même façon, si votre médecin estime que le traitement et la surveillance à domicile ne sontpas suffisants, il peut prendre la décision de vous transférer vers une unité de soins qui possède un service de néonatologie (Maternité niveau II ou III en fonction de votre terme). Si la menace d’accouchement prématuré est confirmée, il peut être nécessaire d’hospitaliser la future maman. « La prise en charge va dépendre de la modification du col, de l’importance des contractions et des causes de la menace d’accouchement prématuré, poursuit le spécialiste. Une hospitalisation permet de mettre un coup d’arrêt à l’activité de la future maman - rappelons que la menace d’accouchement prématuré survient souvent dans un contexte de suractivité !
- Corticostéroïdes : Ils sont administrés pour stimuler le développement pulmonaire du fœtus en cas de risque d'accouchement prématuré imminent. Si le risque d'accoucher paraît important et intervient avant 34 semaines d'aménorrhée, des corticoïdes sont injectés à la future maman pour accélérer la maturation des poumons du bébé. Outre un antagoniste de l’ocytocine pour arrêter les contractions, on lui administrera également des corticoïdes afin d’accélérer la maturation des alvéoles pulmonaires du fœtus.
Chaque grossesse est unique et nécessite une approche personnalisée en fonction notamment de la santé de la mère, de l'âge gestationnel et de différents paramètres médicaux. Si le travail prématuré ne peut être arrêté, les professionnels de santé veilleront à gérer la situation de manière à minimiser les risques pour la mère et le bébé.
Méthodes préventives à adopter durant la grossesse
Certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d’accouchement prématuré :
- Suivi médical régulier : Assurez-vous de vous rendre à tous vos examens prénataux mensuels et suivez les recommandations du médecin qui suit votre grossesse. Fais absolument les examens préventifs pendant la grossesse.
- Adopter un mode de vie sain : Manger équilibré et rester active (avec l'approbation de votre médecin).
- Éviter les substances : Arrêter ou réduire drastiquement sa consommation de tabac, d'alcool et de drogues peut contribuer à réduire le risque.
- Gestion du stress : Trouver des moyens efficaces pour gérer le stress peut être bénéfique. Des techniques de relaxation ou des activités apaisantes telles que le yoga prénatal peuvent aider.
- Éviter les infections : Prenez des précautions en adoptant une bonne hygiène des mains afin de réduire le risque de transmission virale. Pendant la grossesse, il est également nécessaire d’adapter ses habitudes alimentaires afin d’éviter toute infection alimentaire (nettoyage des fruits et légumes, pas de consommation d’aliment à base de lait cru, éviter certains aliments crus tels que la viande, le poisson et l’œuf…).
- Traitement des problèmes médicaux : Si vous vous présentez des problèmes médicaux comme du diabète ou de l'hypertension, assurez-vous de bien les contrôler avec l'aide de votre médecin.
- Éviter les grossesses rapprochées : Un intervalle d’au moins 12 mois entre les grossesses peut aider à réduire le risque de travail prématuré.
- Prenez des précautions supplémentaires si vous êtes à risque : Si vous avez des antécédents d’accouchement prématuré, une pathologie gynécologique ou d'autres facteurs de risque, discutez-en avec votre gynécologue ou votre sage femme afin d’élaborer un plan de prévention adapté.
Risques d'un accouchement prématuré
Un accouchement prématuré peut engendrer de nombreux risques pour la santé de l'enfant :
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- Problèmes respiratoires : Les poumons du bébé prématuré peuvent ne pas être suffisamment développés, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires, nécessitant parfois une assistance respiratoire.
- Problèmes cardiaques : Certains bébés prématurés peuvent avoir des troubles cardiaques en raison de l'immaturité de leur système cardiovasculaire.
- Problèmes neurologiques : Un accouchement prématuré peut augmenter le risque de troubles neurologiques chez le bébé, tels que des saignements dans le cerveau.
- Difficultés alimentaires : Les bébés prématurés peuvent avoir des difficultés à téter ou à avaler, nécessitant parfois une alimentation spéciale ou une nutrition par sonde. L'immaturité de l'appareil digestif peut l’amener à être nourri par sonde gastrique ou duodénale, car il n'a pas la force de téter et ne coordonne pas succion et déglutition.
- Infections : Les bébés nés prématurément peuvent être plus sensibles aux infections en raison d'un système immunitaire moins développé. La prévention de ces infections passe par une hygiène rigoureuse des mains (lavage et gel hydro-alcoolique). Les soins peuvent nécessiter le port de masques, de blouses, de gants, un isolement momentané ou prolongé.
- Problèmes de croissance et de développement : Les prématurés peuvent avoir un retard de croissance ou des retards dans le développement moteur, cognitif ou sensoriel.
Il est important de noter que tous les bébés prématurément ne présentent pas nécessairement ces complications et que de nombreux prématurés se développent normalement avec des soins médicaux appropriés. Cependant, le risque de pathologies est plus élevé chez les bébés nés prématurément par rapport à ceux nés à terme.
Un accouchement prématuré peut également comporter des risques pour la santé de la mère :
- Stress émotionnel : L'expérience d'un accouchement prématuré peut être très stressante et émotionnellement difficile pour la jeune mère, en raison des préoccupations pour la santé de son enfant né prématurément
- Risque accru pour les grossesses futures : Les femmes ayant déjà eu un accouchement prématuré ont un risque plus élevé de connaître des accouchements prématurés pour leurs grossesses futures.
- Problèmes de santé mentale : Le stress et l'anxiété liés à un accouchement prématuré peuvent augmenter le risque de problèmes de santé mentale tels que la dépression post-partum.
Suite à une naissance prématurée, il est important d’avoir un soutien médical et émotionnel approprié pour récupérer au mieux de l’accouchement.
Quand consulter ?
Il est essentiel de consulter immédiatement un professionnel de santé ou la maternité dans laquelle l’accouchement est prévu si vous pensez être en train d'accoucher prématurément ou si vous présentez des signes de travail prématuré, tels que :
- des contractions régulières, douloureuses ou non, toutes les 10 minutes ou plus fréquentes,
- des saignements vaginaux ;
- une pression dans le bas de l'abdomen ou une sensation de pesanteur dans le bassin
- des douleurs abdominales persistantes ;
- toute autre préoccupation ou symptôme inhabituel durant la grossesse.
Même si les signes peuvent sembler mineurs, il est préférable de contacter immédiatement le professionnel de santé qui suit votre grossesse, d’appeler votre maternité ou de se rendre aux urgences obstétricales pour une évaluation médicale. Surtout pas d'auto médication ! Consultez immédiatement votre médecin en cas de fièvre.
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Menace d'accouchement prématuré : diagnostic et prise en charge
Première cause d’hospitalisation pendant la grossesse, la menace d’accouchement prématuré (MAP) survient avant la 37e semaine d’aménorrhée. Certains signes comme des contractions utérines régulières ou un col raccourci avant la 37e semaine d’aménorrhée peuvent faire craindre un accouchement prématuré. Le diagnostic de la menace d’accouchement prématuré est avant tout clinique. « On utilise également l’échographie par voie endo-vaginale pour mesurer la longueur du col utérin », ajoute le Dr Multon. Face à une MAP, l'objectif de l’équipe médicale est de retarder le plus possible l'accouchement spontané et de réduire le risque de complications pour le bébé.
Vivre une menace d'accouchement prématuré
Vivre une situation de menace d'accouchement prématuré est angoissant. Ce n'est pas une situation qui trouve sa situation immédiatement. Les jours qui s'enchaînent sans savoir si les "choses" vont s'arranger, suspendue aux contrôles médicaux, contrainte à un repos forcé qui entraine des soucis d'organisation dans la vie quotidienne, tout cela rend la situation éprouvante. Même si "c'est pour le bien du bébé" comme on l'entend si souvent, et même si on le sait jusqu'au plus profond de soi, ces jours et, pour certaines, ces mois qui s'enchaînent restent difficiles à vivre. La solution … ne pas rester seule, se faire aider, consulter si besoin une psychologue et/ou partager ses état d'âme sur un blog.
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