La progestérone, une hormone stéroïdienne essentielle, joue un rôle vital dans la régulation du cycle menstruel et le maintien de la grossesse. Initialement produite par le corps jaune, une structure ovarienne temporaire, sa production est progressivement assurée par le placenta au cours de la grossesse. Cet article explore en détail le passage de relais entre le corps jaune et le placenta dans la production de progestérone, ainsi que les implications de ce changement hormonal.

Le rôle initial du corps jaune

Au début de la grossesse, la sécrétion d'œstrogènes et de progestérone est d'origine ovarienne. Après l'ovulation, le follicule ovarien se transforme en corps jaune, qui commence à produire de la progestérone en plus de l'œstradiol. La progestérone est indispensable pour l’obtention et le maintien d’une grossesse. En présence d’un embryon, la production de progestérone va augmenter progressivement et permettre le maintien de la grossesse.

Dès le 6ème jour après la fécondation, le trophoblaste, précurseur du placenta, sécrète une hormone, la gonadotrophine chorionique HCG, en quantités rapidement croissantes. Cette hormone s'oppose à la lutéolyse, la dégénérescence du corps jaune, et assure la transformation du corps jaune cyclique en corps jaune gravidique, maintenant ainsi la production de progestérone.

La transition vers le placenta

Vers la fin du premier trimestre de la grossesse, la sécrétion d'HCG diminue, entraînant la lyse du corps jaune gravidique. C'est à ce moment que le placenta prend le relais dans la production de progestérone. Plus tard pendant la grossesse (à partir du troisième mois), c’est le placenta qui remplace l’ovaire comme lieu de synthèse de cette hormone.

Le placenta, un organe temporaire qui se développe pendant la grossesse, assure les échanges entre la mère et le fœtus. Il sécrète également diverses hormones, dont la progestérone et les œstrogènes, essentielles au maintien de la grossesse.

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Importance de la progestérone pendant la grossesse

La progestérone inhibe les contractions de l’utérus, aussi bien pendant la phase lutéale que pendant la grossesse. La progestérone, par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, diffuse dans l’ensemble du corps et va agir sur différents tissus du corps, en particulier l’utérus et le col (transformation de l’endomètre et diminution des contractions utérines), mais également sur le cerveau. Elle prépare l’utérus pour recevoir l’embryon et veiller à ce que la grossesse arrive à terme. Grâce à elle, les parois de l’utérus sont stables et ont une grosseur adéquate. En cas de grossesse, le placenta libère de la progestérone pour maintenir le tissu utérin dans de bonnes conditions.

La progestérone prépare également les glandes mammaires pour l’allaitement. Tout au long de la grossesse, les glandes mammaires se préparent à sécréter et excréter du lait. La progestérone se charge surtout d’augmenter la taille des seins.En d’autres termes, des niveaux élevés de progestérone permettent aux seins de se préparer à produire et libérer du lait.

Supplémentation en progestérone

Un traitement par progestérone est quasiment systématiquement proposé après une stimulation de l’ovulation, en particulier car le mécanisme de la stimulation ovarienne va entrainer une perturbation des sécrétions de FSH et LH qui sont indispensables à une bonne production de progestérone. Probablement qu’un certain nombre de femmes n’en ont pas vraiment l’utilité, mais c’est impossible de le déterminer avant que cela ne soit trop tard. La progestérone peut également être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel. Ici, elle permet de remplacer totalement la progestérone naturelle, soit pour obtenir des règles (en général elle est arrêtée au bout de 10 jours) soit pour permettre une grossesse. En cas de menace de fausse couche quand une grossesse a débuté naturellement, il arrive que de la progestérone soit prescrite.

La progestérone est disponible sous plusieurs formes qui sont équivalentes, mais dont la voie n’est pas interchangeable. Par exemple, les capsules très efficaces par voie vaginale ne sont pas aussi efficaces quand elles sont prises par voie orale, leur utilisation par voie orale est pour d’autres usages que l’AMP. Par voie vaginale, il existe également un gel. Il existe de la progestérone orale (la dydrogestérone) et de la progestérone en injection sous-cutanée.

Dans la grande majorité des cas, dès le test de grossesse positif, la production de progestérone par l’ovaire est suffisante et le traitement externe pourrait être arrêté. En revanche, dans certains cas il est absolument indispensable de poursuivre la progestérone jusqu’à 10-12 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire à la fin du premier trimestre) au risque de déclencher une fausse couche. Ce sont en particulier les cas du transfert d’embryon congelé quand la préparation du cycle a été faite uniquement par les hormones (cycles artificiels), et pas par une ovulation.

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Effets secondaires et administration de la progestérone

Il y a peu d’effets secondaires de la voie orale et sous-cutanée en dehors des réactions locales. Pour la voie vaginale, le principal désagrément sont les pertes vaginales qui peuvent varier d’une femme à l’autre et être parfois très abondantes. Il est important d’essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l’absorption de la nouvelle capsule. Rassurez-vous, l’importance de ces pertes n’a pas de rapport avec un manque d’absorption. Attention la progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (efficacité moindre) mais dans ce cas elle entraine souvent des problèmes d’étourdissement ou de somnolence.

D’une manière générale, privilégiez les horaires fixes et suffisamment espacés pour être répartis sur la journée. Mais vous n’avez pas besoin de mettre votre réveil la nuit pour autant ! Dans le doute, demandez conseil au centre qui vous suit.

Progestérone et contraception d'urgence

Il existe divers dérivés, naturels ou de synthèse, de la progestérone. En particulier, deux dérivés de synthèse sont utilisés dans la contraception d’urgence : le RU-486 (aussi nommé mifépristone), et le lévonorgestrel.

Le lévonorgestrel est un progestatif, c’est-à-dire une molécule capable de se fixer sur le récepteur à la progestérone, et de l’activer. Ce composé possède une activité contraceptive au long court et d’urgence, explicable par plusieurs effets. Suppression de l’activité proliférative de l’endomètre utérin, qui est sous contrôle œstrogénique, ce qui participe à l’effet contraceptif en empêchant la nidation.

Le RU-486 (mifépristone) est un analogue structural de la progestérone, capable de se fixer sur son récepteur. Les modes d’action du RU-486 dans le cadre de la contraception d’urgence sont encore très hypothétiques, et n’ont pas été démontrés de manière rigoureuse.

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