La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui a révolutionné la vie de nombreux couples confrontés à des problèmes de fertilité. Ce processus, bien que très efficace, nécessite une bonne compréhension du déroulement et du vécu physique et émotionnel qu’elle implique. La FIV consiste à reproduire en laboratoire ce qui se passe naturellement dans les trompes lors de la fécondation. Cette méthode complexe est pratiquée dans des centres spécialisés et agréés.

Comprendre l'Infertilité et la FIV

L’infertilité représente actuellement un réel problème de santé publique puisqu’environ 15 % à 25 % des couples en âge de procréer consultent pour infertilité. La majorité des grossesses spontanées survient dans les 6 premiers mois de rapports sexuels réguliers non protégés et l’infertilité se définit par une absence de conception après 12 mois ou plus. Il est important de rappeler que les chances de concevoir naturellement sont de 25 % à 25 ans, 12 % à 35 ans et seulement de 6 % à 40 ans. Il est donc actuellement recommandé de débuter les explorations pour infertilité après 1 an d’essai de grossesse et bien sûr avant en cas de troubles patents. Par ailleurs, si la femme a plus de 35 ans, une prise en charge dès 6 mois est nécessaire, voire même sans délai pour les femmes de plus de 38 ans.

Actuellement, pour une femme, l’infertilité est définie par l’absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers. En effet, la probabilité de conception par cycle naturel est de l’ordre de 20 à 25%. Ainsi, après 1 an d’essai 70 à 80% des couples auront une grossesse. Ainsi, avant 35 ans il est recommandé de consulter en cas d’absence de grossesse après 1 an d’essai. Elle est estimée à 30% des cas d’infertilité. Les causes mixtes. L’infertilité idiopathique. Elle concernerait environ 20% des couples.

Pourquoi Recourir à la FIV ?

La FIV est envisagée lorsque la grossesse naturelle n'est pas possible en raison de divers facteurs affectant les étapes clés de la reproduction.

  • Problèmes d'Ovulation : Si une femme n’ovule pas, l’ovocyte ne peut pas être fécondé, ce qui empêche toute grossesse. La FIV remédie à cela à l’aide de médicaments qui aident les ovules à se développer jusqu’à maturité. Ils peuvent alors être ponctionnés chirurgicalement dans l’ovaire pour être fécondés en laboratoire. Si une femme ne dispose que d’un petit nombre d’ovocytes de bonne qualité, la stimulation ovarienne peut aider en augmentant la quantité d’ovocytes disponibles. Cela augmente ainsi les chances de trouver un ovocyte « viable ».

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  • Problèmes Spermatiques : Si un homme ne produit pas suffisamment de spermatozoïdes de bonne qualité, il est peu probable que ceux-ci survivent au voyage depuis le vagin, à travers le col de l’utérus et jusqu’à la trompe de Fallope pour féconder un ovule. La FIV contourne ces difficultés : on place les ovocytes de la femme dans une boîte de Pétri et on les entoure de spermatozoïdes, ou on injecte un spermatozoïde directement dans l’ovule (ICSI).

  • Obstruction des Trompes de Fallope : Si les trompes de Fallope sont bloquées, une fécondation naturelle est impossible, car l’ovule et les spermatozoïdes ne peuvent pas se rencontrer. Comme mentionné, la fécondation in vitro (« in vitro » signifie « dans du verre » en latin) consiste à prélever ovocytes et spermatozoïdes pour les placer dans une boîte de pétri, où aura lieu la fécondation.

  • Problèmes Utérins : L’utérus doit être capable d’accueillir et de nourrir l’embryon. La FIV peut aider à garantir une bonne « synchronisation endométriale », c’est-à-dire que l’embryon arrive dans l’utérus au moment où celui-ci est le plus apte à le recevoir. Cependant, la plupart des problèmes qui empêchent la grossesse sont d’ordre structurel (fibromes, polypes ou cicatrices issues d’un curetage…).

Indications Spécifiques de la FIV et de l'ICSI

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas obligatoire d’avoir recours aux IIU avant le recours à la FIV/ICSI. Initialement employée dans des indications tubaires absolues ou relatives, la FIV est aujourd’hui indiquée également en cas d’infertilité inexpliquée, masculine sévère, liée à une endométriose sévère ou après échecs des IIU. L’indication de la FIV doit être portée d’emblée si le test de migration survie retrouve moins d’1 million de spermatozoïdes mobiles.

  • FIV Classique : La FIV classique peut être proposée dans les cas suivants :

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    • Les trompes sont altérées, imperméables ou absentes.
    • Le sperme est de qualité insuffisante pour réaliser des inséminations (IAC).
    • Dans les infertilités inexpliquées de longue durée ou après échec de différents traitements antérieurs (stimulation de l'ovulation, IAC). On ne sait pas toujours pourquoi la FIV peut être efficace (correction d'atteintes tubaires ou spermatiques non détectées par les examens usuels ?), mais c'est une constatation !
  • ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes) : L'ICSI peut être proposée dans les cas suivants :

    • Dans les infertilités masculines majeures, au cours desquelles le nombre de spermatozoïdes de bonne qualité disponibles après le recueil est trop faible et ne permet pas une FIV classique.
    • En cas d'azoospermie (absence totale de spermatozoïdes dans le sperme), par obstruction ou absence des voies génitales masculines qui assurent le transport des spermatozoïdes, ou suite à une altération sévère de la spermatogénèse (formation des spermatozoïdes). Dans ce cas, les spermatozoïdes sont recueillis dans l'épididyme ou le testicule lors d'une intervention chirurgicale.
    • Après échecs répétés de FIV classique ou en l'absence de fécondation en FIV classique alors que le sperme paraît peu altéré.

Déroulement d'un Cycle de FIV

La FIV se passe en quatre étapes qui forment un cycle d’environ deux semaines.

  1. Stimulation ovarienne : La stimulation ovarienne par traitement hormonal. À l’aide de médicaments inducteurs de l’ovulation, injectables ou par voie orale, le médecin stimule la production de follicules par les ovaires. Il surveille l’effet des médicaments inducteurs à l’aide de prises de sang et d’échographies. L’objectif de la stimulation, un traitement hormonal administré par injection, est d’une part d’obtenir le développement simultané de plusieurs follicules et d’autre part de pouvoir prélever des ovocytes avant l’ovulation. Ce traitement est surveillé de façon adaptée par des échographies et des dosages hormonaux. Lorsque les follicules seront matures, le déclenchement de l’ovulation.
  2. Prélèvement des ovocytes et du sperme : Le prélèvement des ovocytes et du sperme. Entre 32 et 36 heures après l’ovulation, les ovocytes produits par les ovaires sont prélevés. Elle est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique, et sous anesthésie ou analgésie. Après la ponction, les liquides folliculaires contenant les ovocytes (ou ovules) sont transmis au laboratoire. Tous les follicules. Le recueil du sperme par masturbation a lieu au laboratoire. Le sperme est ensuite préparé sur place le jour de la ponction ovarienne. Dans des situations particulières, des spermatozoïdes préalablement congelés seront utilisés.
  3. Fécondation : La fécondation. Les ovocytes sont placés dans un incubateur qui reproduit les conditions rencontrées dans la trompe. Après le recueil et la préparation, les spermatozoïdes sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37° C. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte. Un seul spermatozoïde fécondera celui-ci. Dans certaines situations, la technique de la FIV peut être associée à l’ICSI : un seul spermatozoïde. Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (ou zygotes) sont identifiables par la présence de 2 noyaux, appelés pronucleï : l’un provient de l’ovocyte, l’autre du spermatozoïde. Tous les ovocytes ne sont pas forcément fécondés.
  4. Transfert embryonnaire : Le transfert des embryons dans l’utérus maternel. Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction dans l’utérus. Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore qui est parfois pratiqué sous contrôle échographique. Il est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus, la patiente étant allongée en position gynécologique. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus. Environ 15 jours plus tard, une prise de sang sera faite pour doser l’hormone de grossesse.

Techniques Associées à la FIV

  • ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes) : L’ICSI (acronyme du nom anglais de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est une variante de la FIV où la fécondation ne se fait pas en laissant les spermatozoïdes féconder les ovocytes dans le liquide de culture, mais en injectant directement un spermatozoïde dans un ovocyte. Cette technique est utilisée lorsque les spermatozoïdes ne semblent pas suffisamment robustes ou présentent des anomalies qui empêchent la fertilisation spontanée des ovocytes. Parfois, le spermatozoïde injecté a d’abord été sélectionné à l’aide d’un microscope à haute résolution pour s’assurer de l’absence d’anomalies. Le ICSI a représenté une véritable révolution des techniques de reproduction assistée puisqu’il résout la plupart des problèmes de stérilité masculine. La fécondation emploie cette technique quand le sperme présente un numéro mauvais, une morphologie altérée, une motilité réduite ou quand le sperme est incapable de féconder par une FIV conventionnelle. Le procédé est réalisé avec un microscope et il emploie divers équipes de micromanipulation qui nous permettent de stabiliser doucement l’ovule et postérieurement introduire et déposer le spermatozoïde à son intérieur. La sélection du spermatozoïde se base fondamentalement sur les caractéristiques morphologiques, bien que nous puissions employer des méthodes complémentaires dans certains cas (MACS, IMSI, PICSI).
  • Diagnostic Préimplantatoire (DPI) : Lorsque les chromosomes d’un des parents (ou des deux) sont porteurs d’une mutation responsable d’une maladie génétique (par exemple, la mucoviscidose), il est possible de n’implanter dans l’utérus que les embryons qui ne présentent pas cette mutation. Au tout début de la multiplication des cellules embryonnaires, il est possible de prélever une cellule sans interférer avec la croissance de l’embryon et du futur fœtus. Sur cette cellule, il est alors possible de faire une analyse génétique à la recherche de la mutation. Si cette recherche est négative, l’embryon peut être implanté.

Facteurs Influencant le Succès de la FIV

La FIV est le traitement de PMA le plus efficace, mais cela ne signifie pas qu’elle fonctionne à tous les coups. En effet, la majorité des cycles de FIV n’aboutissent pas. De ce fait, les femmes qui s’orientent vers la FIV suivent souvent plusieurs cycles. Comme l’indiquent les données nationales américaines ci-dessous, le taux de réussite de la FIV est étroitement lié à l’âge. Même chez les femmes de moins de 35 ans (celles qui ont le meilleur pronostic), un cycle de FIV n’aboutit à une naissance vivante que dans moins de la moitié des cas. Pour cette raison, comme l’illustrent les données ci-dessous, publiées dans le Journal of the American Medical Association, la plupart des patientes en FIV doivent recourir à plusieurs cycles avant d’avoir un enfant. On constate également que le premier cycle de FIV est celui qui a le plus de chances de réussite, et que chaque cycle supplémentaire a un taux de succès légèrement inférieur au précédent. De manière générale, chez les patientes plus jeunes, réaliser deux à quatre cycles supplémentaires peut encore augmenter significativement les chances de succès.

  • L'âge de la patiente : La femme doit avoir moins de 43 ans pour pouvoir réaliser une FIV en cas d’indication médicale. La congélation d’ovocytes, d’indication non médicale (dite sociétale), quant à elle, est ouverte aux femmes âgées de 29 à 36 ans inclus.
  • La qualité du sperme : Une étude du couple est faite dans laquelle on évalue la qualité du sperme de l’homme.
  • L'individualisation du traitement : A l’Instituto Bernabeu, l’étude de fertilité est réalisée de façon personnalisée dans le but d’individualiser le traitement et optimiser ainsi son résultat. Chaque patiente est unique, c’est pour cela qu’à l’Instituto Bernabeu chaque traitement est individualisé. L’intention est déterminer l’origine de la stérilité dans le couple et concevoir le traitement le plus approprié. Chez la femme, nous explorons le col utérin, l’endomètre, les altérations des trompes de Fallope et le patron des cycles menstruels. Le but final est de déterminer que la FIV est le procédé de choix pour traiter le problème de la stérilité et que le couple se trouve physiquement et psychologiquement prêt pour le commencer. Dans le cas contraire, nous orientons les patients vers d’autres traitements plus appropriés.

Risques et Effets Secondaires Potentiels

  • Effets Indésirables Courants : En cours de traitement, il est fréquent que les femmes ressentent plusieurs effets indésirables mais sans gravité (bouffées de chaleur, douleurs abdominales, nausées, vomissements, …).
  • Risques Accrus : Le recours à la FIV peut majorer certains risques comme le développement d’une grossesse extra-utérine, des naissances multiples, un accouchement prématuré ou encore le recours à la césarienne.Il existe des risques accrus de malformations et de prématurité chez les enfants conçus par FIV.
  • Syndrome d'Hyperstimulation Ovarienne (SHO) : Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne est un effet indésirable rare du traitement destiné à stimuler les ovaires lors d'une FIV. Chez 1 à 3 % des femmes traitées, le prélèvement des ovocytes est suivi de symptômes liés à une activité intense des ovaires sous l'action des hormones : maux de ventre, ballonnements, fièvre, nausées, vomissements, diarrhée, etc. Le plus souvent, l’hyperstimulation se manifeste par une augmentation de la taille des ovaires, une gêne ou des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une diarrhée. Exceptionnellement, l’hyperstimulation ovarienne peut avoir des conséquences sévères (formation de caillots sanguins).
  • Autres Risques : On observe généralement un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées chez les enfants conçus par FIV. Comme tout geste chirurgical, la ponction ovarienne. Outre le syndrome d’hyperstimulation ovarienne, la FIV semble être associée à un risque plus élevé de naissance prématurée ou par césarienne, et, dans de rares cas, à un risque plus élevé de cancer des ovaires.

Alternatives à la FIV

Le choix du traitement de l’infertilité se fera donc en fonction de l’âge de la patiente et des résultats du bilan complet d’infertilité, tout en tenant compte également de la préférence du couple.

  • Induction de l’ovulation par le Citrate de Clomifène (CC) : L’induction de l’ovulation par le Citrate de Clomifène (CC) suivie de rapport sexuel programmé est recommandée comme traitement de première intention de l’infertilité par anovulation ou dysovulation de la classe 2 de l’OMS : c’est-à-dire le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et les anovulations normogonadotropes sans autres causes d’infertilité associée chez la femme jeune. En revanche chez les femmes à ovulation normale, et notamment dans l’infertilité inexpliquée, il n’est pas montré de bénéfice d’un traitement par CC seul sur les chances de survenue d’une grossesse.

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    Le citrate de clomifène bloque les récepteurs œstrogéniques au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire et provoque ainsi une augmentation de sécrétion GnRH, FSH et LH. Son mode d’action justifie donc une prescription en début de cycle, au moment où les follicules sensibles aux gonadotrophines ont besoin de FSH pour amorcer leur croissance terminale. L’action anti-œstrogène serait, par contre, néfaste pour la topicité endométriale et la sécrétion de glaire cervicale.

    Il est recommandé de débuter le traitement le plus tôt possible dans le cycle par 50 à 150 mg/jour pendant 5 jours, de l’adapter au poids et à la réponse de la patiente et de pratiquer une surveillance échographique et hormonale de l’efficacité et du risque de grossesses multiples. Le citrate de clomifène permet de rétablir une ovulation chez 60 % à 80 % des patientes avec des taux de grossesses de 15 % à 25 % par cycle. Il est recommandé de ne pas dépasser 6 cycles pour des raisons d’efficacité et de sécurité.

  • Gonadotrophines : L’ovulation peut également être induite par des gonadotrophines notamment en alternative à la pompe à LHRH dans l’anovulation hypothalamo-hypophysaire ou en cas d’échec au CC. Il existe à l’heure actuelle plusieurs types de gonadotrophines commercialisées qui ne semblent pas présenter de différences significatives en termes de grossesses lorsqu’elles sont utilisées dans l’induction de l’ovulation. Le schéma thérapeutique sera adapté en fonction de l’indication, de l’âge de la patiente et de sa réponse ovarienne. En cas de syndrome des ovaires polykystiques, le protocole «step-up chronic low dose» avec des doses de départs modérées, augmentées lentement et prudemment par paliers est recommandé. Une surveillance par le dosage de l’œstradiol et de la LH et une échographie folliculaire, ainsi que le respect des critères de déclenchement de l’ovulation, sont indispensables pour prévenir le risque de grossesse multiple et d’hyperstimulation.

  • Chirurgie de l'Infertilité Féminine : Les indications chirurgicales de l’infertilité féminine doivent impérativement intégrer tous les facteurs associés comme l’âge et les autres causes d’infertilité du couple qui pourraient remettre en question l’efficacité du geste chirurgical dans l’amélioration de la fertilité.

    • Drilling Ovarien : En cas d’échec du citrate de clomifène, lorsqu’il existe un risque élevé d’hyperstimulation ou une contre-indication à la grossesse multiple, un drilling ovarien cœlioscopique peut être proposé comme alternative aux gonadotrophines. Il a effectivement été montré, dans une méta-analyse récente, l’absence de différence des taux de grossesses entre ces deux alternatives en 2e intention, néanmoins il était retrouvé moins d’hyperstimulation ovarienne et de grossesses multiples en cas de pratique du drilling ovarien.
    • Chirurgie Tubaire : En cas d’infertilité tubaire, les recommandations varient selon le type de lésions. En cas d’obstruction distale, la pratique d’une fimbrioplastie ou d’une néosalpingostomie, en cas de bon pronostic tubaire et si les autres paramètres de fertilité du couple le permettent, est recommandée. Il n’existe néanmoins aucune donnée dans la littérature comparant la chirurgie tubaire distale à la FIV d’emblée. En cas d’hydrosalpinx, il est démontré que la salpingectomie ou l’occlusion tubaire proximale améliorent les résultats en FIV, et ce d’autant plus que l’hydrosalpinx est visible à l’échographie. En cas d’absence d’obstruction proximale et en dehors d’un contexte infectieux pelvien, un cathétérisme sélectif peut être envisagé si la patiente est jeune et qu’il n’existe aucune autre cause d’infertilité.
    • Prise en Charge de l'Endométriose : En ce qui concerne la prise en charge de l’endométriose, dans un contexte d’infertilité, en cas de lésions péritonéales minimes ou légères (stades I/II de l’AFS), le bénéfice en terme de fertilité de la destruction cœlioscopique des lésions est discuté dans la littérature. Lorsque les lésions sont sévères et profondes, le traitement cœlioscopique améliore la fertilité mais expose à des complications. Il faut donc adapter la stratégie au rapport bénéfice/risque individuel de la patiente en tenant compte de tous les paramètres de fertilité associés. L’existence d’un endométriome de plus de 3 à 5 cm est reconnue comme alertant la fertilité spontanée et plusieurs études de cohorte rétrospectives montrent un bénéfice à la kystectomie cœlioscopique, avec la survenue de grossesses spontanées dans 30 à 67 % des cas, dans les 12 mois en moyenne suivant l’intervention.
  • Insémination Intra-Utérine (IIU) : L’insémination intra-utérine est, à ce jour, la technique d’AMP la moins invasive, contraignante et coûteuse. L’indication «historique» de l’IIU est l’infertilité cervicale, mise en évidence par l’absence de migration des spermatozoïdes dans la glaire cervicale grâce au test post-coïtal (TPC). Ce test souffre d’une grande hétérogénéité dans la définition de sa positivité dans la littérature ainsi que d’une grande variabilité inter-opérateur. Les principales études ne montrent pas de bénéfice du TPC pour la prédiction de grossesse naturelle. Il n’est plus recommandé, en France, que dans l’infertilité inexpliquée, pour distinguer les infertilités cervicales des vraies inexpliquées. Aucune IIU ne doit être réalisée sans avoir vérifié la perméabilité tubaire et le spermogramme. La loi de bioéthique de 2011 exige un test de survie, une spermoculture et des sérologies (HIV, hépatites B et C, syphilis) datant de moins de 3 mois avant la première IIU. La loi précise qu’il faut un nombre de spermatozoïdes mobiles après migration supérieur à 1 million, sinon le couple doit être adressé en FIV/ICSI. Lorsque le délai d’infertilité est court, que la femme est jeune et qu’il n’existe aucune autre cause d’infertilité, une IIU sur trompe unilatérale peut être envisagée tout en ne méconnaissant pas le risque de GEU. La plupart des études ont démontré que la grande majorité des grossesses surviennent dans les 3 à 4 premiers cycles d’IIU. Bien que l’assurance maladie prenne en charge 6 tentatives d’IIU, il convient donc de réévaluer l’indication après l’échec de 4 cycles. En ce qui concerne l’efficacité des IIU, un rapport récent de l’ABM, publié fin 2015, fait état d’un taux d’accouchement de 10 % parmi les 52 560 IIU intraconjugales réalisées en 2013 en France. Cette technique a donc comme inconvénient d’avoir des taux de succès par tentative plus faibles par rapport à la FIV ainsi qu’un risque de grossesse hyper-multiple moins bien contrôlé. Enfin, elle n’a pas l’apport diagnostique que peut avoir la FIV sur les causes possibles d’une infertilité inexpliquée telle que la qualité ovocytaire ou l’absence de fécondation.

Après le Transfert et Suivi de Grossesse

Environ 15 jours plus tard, une prise de sang sera faite pour doser l’hormone de grossesse. Le premier test de grossesse est réalisé environ quinze jours après l’insémination ou la ponction (ou grossesses extra-utérines). Une première échographie est faite environ un mois après l’insémination ou le transfert. De légers saignements peuvent survenir au cours des premiers mois de grossesse. Contactez aussitôt votre médecin même si cela ne signifie pas systématiquement un arrêt de la grossesse. Un suivi spécifique peut parfois être instauré. Sachez que pour votre projet d’enfant, il est préférable de ne pas trop attendre pour programmer le transfert des embryons. C’est pourquoi, il est important de lui communiquer la technique de conception par assistance médicale à la procréation.

FIV Douce

La FIV douce présente une alternative à la stimulation ovarienne conventionnelle. Le but est limiter le nombre d’ovules à obtenir et, de cette manière, réduire la charge du traitement chez la patiente et sans compromettre les options accumulées de gestation. Le SOFT-FIV précise beaucoup moins de médication et -contrairement à la stimulation classique-, presque toute elle n’est pas injectable. Le SOFT-FIV naît de l’inquiétude pour offrir des protocoles plus simples et sûrs.

Conservation des Embryons

Le nombre d’embryons obtenus peut être supérieur au nombre d’embryons transférés. Dans ce cas, les embryons non transférés dits « surnuméraires » et qui présentent des critères de développement satisfaisants peuvent être congelés. Ces embryons, après décongélation, pourront être placés dans l’utérus. Les couples dont certains embryons ont été congelés après une FIV doivent, chaque année, confirmer le renouvellement de la conservation de ces embryons. La conservation des embryons congelés peut aussi être interrompue en cas de séparation ou de désaccord des conjoints ou à l’issue de cinq ans de conservation. Après leur identification, ils sont placés exclusivement dans les réservoirs cryogéniques de nos laboratoires. Pour une sécurité totale, cet emplacement n’est pas partagé avec d’autres échantillons, ni avec d’autres patients, afin de les protéger d’une éventuelle contamination croisée ou d’altérations.

Interruption du Processus de FIV

Il peut arriver que le processus soit interrompu pour diverses raisons (non-réponse des ovaires à la stimulation, maturité des ovocytes (ou ovules), caractéristiques du sperme, potentiel évolutif des embryons. Malgré toutes les précautions mises en place, la possibilité d’une altération de la qualité du sperme, des ovocytes ou des embryons. S’il existe des embryons. Dans le cas contraire, l’analyse des données de votre tentative par votre médecin lui permettra d’envisager avec vous la poursuite ou non des traitements.

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