Les infections urinaires (IU) sont un problème de santé courant, particulièrement chez les femmes. Bien que souvent bénignes, elles peuvent entraîner des complications sérieuses si elles ne sont pas traitées rapidement. Cet article explore la relation entre la pyélonéphrite, une complication des infections urinaires, et le cycle menstruel, en mettant en lumière les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives.
Infections Urinaires : Un Aperçu
Une infection urinaire, également appelée infection des voies urinaires (IVU), affecte une partie du système urinaire, qui comprend les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Les infections urinaires peuvent survenir dans n’importe quelle partie de ce système, mais elles sont plus courantes dans la vessie (cystite) et l’urètre. Les femmes sont particulièrement susceptibles en raison de leur anatomie. Leur urètre étant plus court, les bactéries peuvent plus facilement atteindre leur vessie et remonter progressivement vers les reins.
Causes et Facteurs de Risque
Les infections urinaires sont le plus souvent causées par des bactéries intestinales, notamment Escherichia coli (E. coli), qui migrent vers les parois de la vessie et de l’urètre. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infections urinaires :
- Anatomie féminine : L'urètre féminin, plus court, facilite l'accès des bactéries à la vessie.
- Activité sexuelle : Le rapport sexuel peut augmenter le taux de bactéries dans l’urine.
- Hygiène : Un mauvais essuyage après être allé aux toilettes peut favoriser la propagation des bactéries de l'anus vers l'urètre.
- Grossesse : La grossesse entraîne des changements physiologiques qui augmentent le risque d’infections urinaires.
- Ménopause : La diminution des œstrogènes pendant la ménopause peut affecter la tonicité des muscles pelviens et de la paroi de la vessie, augmentant ainsi le risque d’incontinence.
- Autres facteurs : L'âge (à partir de 50-60 ans chez les hommes), les problèmes de prostate, et certaines conditions médicales comme le diabète peuvent également augmenter le risque.
Symptômes des Infections Urinaires
Les symptômes d’une infection urinaire peuvent varier en fonction de la partie du système urinaire affectée. Les symptômes courants incluent :
- Besoin fréquent d’uriner
- Sensation de brûlure en urinant
- Urine trouble ou malodorante
- Douleurs pelviennes
- Présence de sang dans l’urine (hématurie)
Pyélonéphrite : Une Complication Sévère
Si une infection urinaire n'est pas traitée, elle peut se propager aux reins, entraînant une pyélonéphrite. La pyélonéphrite est une infection bactérienne qui survient souvent après une infection urinaire (cystite) et qui peut avoir des conséquences graves. Elle est définie comme une infection urinaire haute, partant d’un rein jusqu’à la vessie.
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Symptômes de la Pyélonéphrite
Les symptômes de la pyélonéphrite aiguë peuvent inclure :
- Fièvre
- Douleurs lombaires
- Frissons
- Nausées et vomissements
- Douleur dans le flanc
- Symptômes d'infection urinaire (miction fréquente, douleur en urinant)
Il est important de consulter un médecin rapidement si vous présentez ces symptômes, car la pyélonéphrite peut entraîner des complications graves, telles que des abcès rénaux, des cicatrices rénales et une insuffisance rénale chronique.
Diagnostic et Traitement de la Pyélonéphrite
Le diagnostic de la pyélonéphrite repose généralement sur :
- Analyse d’urine (ECBU) : L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) est indispensable pour trouver la bactérie responsable de l’infection des reins et adapter le traitement antibiotique. Elle vise à détecter la présence de leucocytes et de nitrites produits par les bactéries dans les urines.
- Examen clinique : Évaluation des symptômes et des antécédents médicaux.
- Imagerie médicale : Si une anomalie est suspectée, vous serez amené à réaliser une imagerie (échographie, TDM hélicoïdale ou urographie intra-veineuse). L’échographie est une technique d’imagerie médicale qui permet de visualiser les reins ainsi que l’appareil urinaire.
Le traitement de la pyélonéphrite aiguë implique généralement :
- Antibiotiques : Différents médicaments antibiotiques peuvent être prescrits pour soigner l’infection urinaire de la pyélonéphrite, selon la bactérie identifiée comme responsable. La durée du traitement dépend de la gravité de l’infection. En cas de pyélonéphrite aiguë simple, le seul remède est une antibiothérapie adaptée au germe, à prendre le plus souvent pendant 14 jours. Vous devrez de toute façon consulter votre médecin 2 à 3 jours après le début du traitement pour vérifier son efficacité et s’assurer de la cohérence du traitement vis-à-vis de l’antibiogramme issu de l’ECBU.
- Hospitalisation : Dans certains cas, la pyélonéphrite aiguë s’aggrave et peut nécessiter une hospitalisation, notamment lorsqu’elle est due à une anomalie au niveau des voies urinaires (ex : malformation). Vous serez alors amené à subir un drainage des voies urinaires.
Cycle Menstruel et Infections Urinaires
Les fluctuations hormonales au cours du cycle menstruel peuvent influencer la susceptibilité aux infections urinaires. Les œstrogènes jouent un rôle important dans le maintien de la santé de la muqueuse vaginale et urétrale. Une diminution des œstrogènes, comme celle qui se produit pendant la menstruation, peut rendre les femmes plus vulnérables aux infections.
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Douleurs Rénales et Règles
De nombreuses femmes souffrent de douleurs de dos ou mal de reins durant leurs règles. Ces douleurs peuvent être dues à plusieurs facteurs :
- Contractions utérines : Pendant les règles, l’endomètre, c’est-à-dire la paroi de l'utérus, se désagrège et est évacué par le vagin sous forme de pertes sanguines. Dans certains cas, il arrive que ces contractions bloquent la circulation dans les vaisseaux sanguins alentour. Cela a pour conséquence de couper l’apport en oxygène de certains muscles et notamment ceux du dos qui se trouvent à proximité de l’utérus.
- Syndrome prémenstruel (SPM) : Certaines femmes ressentent des douleurs dans le dos, au niveau des lombaires, ou ont mal aux reins quelques jours avant l’arrivée de leurs menstruations, durant leur syndrome prémenstruel.
Il est important de distinguer entre les douleurs dorsales lombaires et les douleurs rénales, qui peuvent indiquer une infection rénale, une cystite, une pyélonéphrite ou une IST.
Infections Urinaires et Retard de Règles
Une infection urinaire bénigne n'a généralement pas d'impact sur les cycles menstruels ou les règles. Cependant, il est essentiel de s'assurer que l'infection urinaire n'est pas liée à une infection génitale. Si l'infection urinaire s'accompagne de fièvre, il est important de consulter un médecin.
Prévention des Infections Urinaires
La prévention des infections urinaires est essentielle pour maintenir la santé. Voici quelques mesures préventives :
- Boire beaucoup d’eau : Une bonne hydratation est essentielle ! Il est recommandé de boire environ 1.5 litres d’eau pour équilibrer les apports liquides et leurs sorties (transpiration, urines…).
- Uriner fréquemment : Ne pas se retenir d'uriner.
- S’essuyer d’avant en arrière après être allé aux toilettes : Pour éviter la propagation des bactéries de l'anus vers l'urètre.
- Éviter les douches vaginales et les produits d’hygiène irritants : Une toilette intime douce pour les femmes et sans produits agressifs (évitez ceux à base de savon ou d’alcool). Ce soin lavant est enrichi en prébiotique pour nourrir les bonnes bactéries.
- Uriner après les rapports sexuels : Pour éliminer les bactéries qui pourraient être entrées dans l'urètre.
- Porter des sous-vêtements en coton : Pour favoriser la circulation de l'air et éviter l'humidité.
- Consommer des canneberges (cranberry) : De manière plus naturelle, la canneberge (ou cranberry) est connue comme un remède efficace pour prévenir des infections urinaires. Votre meilleure alliée naturelle pour prévenir les cystites est la cranberry.
- Probiotiques : Une cure de probiotiques spécifiques à la flore intime permet une meilleure défense contre les mauvaises bactéries.
Troubles Urinaires et Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)
Selon la médecine traditionnelle chinoise, les troubles urinaires sont souvent le résultat de déséquilibres dans l'énergie vitale (Qi) et de dysfonctionnements des organes internes, principalement le Rein et la Vessie. Ces déséquilibres peuvent être provoqués par divers facteurs, tels que des excès ou des déficiences de chaleur, de froid, de sécheresse, d'humidité ou encore de stase sanguine.
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Organes Impliqués
- Rein : En MTC, le Rein est l'organe central de la gestion de l'eau. Il joue un rôle crucial dans la filtration et la gestion de l'urine.
- Vessie : La Vessie en MTC est l'organe qui stocke l'urine et régule son élimination.
- Foie : Le Foie est responsable de la circulation du Qi dans tout le corps. En cas de stagnation du Qi du Foie, cela peut affecter la fonction de la vessie.
- Rate : La Rate est responsable de la transformation et du transport des liquides dans l'organisme.
- Cœur : Bien que le Cœur ne soit pas impliqué dans l'élimination de l'urine, il joue un rôle dans la circulation du sang et des fluides.
Phytothérapie Chinoise
La phytothérapie chinoise utilise une grande variété de plantes pour traiter les troubles urinaires en rééquilibrant les énergies des organes concernés. Voici une sélection de plantes traditionnellement utilisées :
- Racine de Rehmannia préparée (Radix Rehmannia praeparatae) : Utilisée pour nourrir le Yin et renforcer le Yang du Rein.
- Fruit du Cornouillier (Fructus Cornus officinalis) : Utilisé pour tonifier les Reins et renforcer la capacité du corps à retenir l'urine.
- Tubercule de Yam (Radix Dioscorea opposita) : Utilisé pour nourrir les Reins et renforcer le Qi.
- Rhizome de Plantain d'eau (Rhizoma Alismatis orientalis) : Utilisé pour éliminer l'humidité et la chaleur dans la vessie.
- Pachyme sclérote (Sclerotium Poria cocos) : Utilisé pour drainer l'humidité et renforcer la Rate.
- Pivoine en arbre racine (Radix Paeoniae suffruticosae) : Utilisée pour réguler le Qi et soulager la stagnation.
- Ecorce de Phellodendron (Cortex Phellodendron amurense) : Utilisée pour éliminer la chaleur et l'humidité en cas d'infections urinaires.
- Rhizome d'Anemarrhena (Rhizoma Anemarrhena) : Utilisée pour nourrir le Yin et éliminer la chaleur interne.
Pathologies Ovariennes et Cycle Menstruel
Les ovaires sont les glandes sexuelles féminines qui sécrètent deux hormones, la progestérone et l’œstrogène, et produisent un ovule chaque mois. Plusieurs pathologies peuvent affecter les ovaires et influencer le cycle menstruel :
- Kystes ovariens : Dans la grande majorité des cas, les kystes de l’ovaire sont bénins et disparaissent seuls. Toutefois, il arrive qu’une opération chirurgicale soit nécessaire pour les retirer.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Ce trouble hormonal se manifeste par de très nombreux symptômes qui impactent directement le déroulement normal du cycle menstruel.
- Ovaire multifolliculaire : L’ovaire multifolliculaire se caractérise par un ovaire contenant un nombre de follicules plus élevé que dans une situation physiologique normale.
- Endométriose : La chanteuse et comédienne Lorie Pester, souffrant d’endométriose, a pu congeler ses ovocytes.
- Anovulation : L’absence d’ovulation peut rendre compliqué le chemin menant à la maternité.
Infections Urinaires et Grossesse
Les infections urinaires sont un problème de santé courant et potentiellement grave pendant la grossesse. La grossesse entraîne des changements physiologiques qui augmentent le risque d’infections urinaires. La pyélonéphrite pendant la grossesse entraîne un risque d’infection grave pour la femme, d’accouchement précoce et de transmission à l’enfant à naître des germes, avant ou pendant l’accouchement. Il est essentiel de reconnaître les symptômes, de prendre des mesures préventives et de suivre un traitement approprié pour protéger la santé de la mère et du bébé.
Infections Urinaires et Ménopause
Si le bouleversement hormonal qui s’opère durant cette étape clé de la vie des femmes n’a en soit pas d’incidence sur la santé des reins, la prise de poids qu’il peut engendrer peut en revanche, favoriser l’apparition du diabète ou de cholestérol, deux facteurs de risque de développer une insuffisance rénale.
Conseils Généraux pour la Santé Rénale
- Avoir une alimentation équilibrée : Limiter sa consommation de sel qui favorise l’hypertension artérielle, éviter les aliments trop gras ou trop sucrés. Préférez des aliments plus sains, comme des fruits et des légumes. La viande et le poisson doivent être consommés 2 à 3 fois par semaine mais pas plus, car ils sont très riches en protéines.
- Surveiller son poids.
- Équilibrer son diabète.
- Pratiquer une activité physique régulière. Le surpoids favorise le développement du diabète ou d’une maladie cardiovasculaire qui sont étroitement responsables d’un dysfonctionnement rénal.
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