La pyélonéphrite est une infection rénale qui nécessite une attention particulière, surtout pendant la grossesse. Cet article explore les symptômes, les causes, les risques et les méthodes de prise en charge de la pyélonéphrite chez les femmes enceintes, en mettant l'accent sur l'importance d'un diagnostic et d'un traitement rapides pour prévenir les complications.

Qu'est-ce que la pyélonéphrite ?

Le terme de pyélonéphrite désigne une inflammation du rein, le plus souvent due à une infection bactérienne. La pyélonéphrite aiguë est le plus souvent liée à la progression d’une infection urinaire « basse » (vessie et urètre) vers les reins. L’infection passe d’abord dans un uretère puis progresse et s’installe dans un rein (plus rarement, les deux reins sont touchés). Les agents pathogènes (tel qu’E.coli) peuvent atteindre les reins soit par le sang, soit par l'appareil urinaire. On parle alors de pyélonéphrite (infection du rein). Le plus souvent, un seul rein (souvent droit) est affecté par l’infection. La pyélonéphrite est une infection des reins fréquemment causée par une infection urinaire basse (cystite) mal soignée. Elle peut être aiguë ou chronique, avec des conséquences graves si elle n’est pas traitée rapidement.

Causes et facteurs de risque

Les pyélonéphrites aiguës sont dues à des bactéries, essentiellement E. coli. Naturellement présente dans la flore intestinale, cette bactérie est capable de remonter les voies urinaires jusqu’aux reins. Le risque augmente si la vessie n’est pas vidée après un rapport sexuel, en cas de mauvaise hydratation ou de traitement interrompu.

Plus d'une femme sur trois connaît des infections urinaires sans gravité au cours de sa vie et 10% des femmes enceintes sont touchées. Cependant, pendant la grossesse, une cystite peut être plus embêtante et entraîner des complications.

Les femmes enceintes sont plus à risque de pyélonéphrite que la population générale pour plusieurs raisons, et notamment du fait que l’uretère, le canal allant du rein à la vessie, se vidange moins bien, car l’utérus appuie dessus. Un phénomène qui serait particulièrement le cas du côté droit.

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Pendant la grossesse, l'utérus se développe fortement, le taux de progestérone augmente. L'utérus élargi exerce une forte pression sur les voies urinaires, de sorte que l'écoulement de l’urine se fait plus difficilement. La progestérone accentue encore cet effet en modifiant les propriétés du tractus urinaire inférieur.

De plus, les changements liés à la grossesse influent également sur la composition de l’urine qui devient moins acide et plus sucrée. Tous ces changements favorisent la multiplication des bactéries et la probabilité d'infection augmente. Cela explique aussi pourquoi l'incidence de pyélonéphrite, qui correspond à une infection urinaire ayant évolué vers les reins, est plus élevée dans le dernier trimestre de grossesse.

Notons également que les femmes sujettes aux pyélonéphrites avant leur grossesse, ou précédemment durant leur grossesse sont plus à risque de pyélonéphrite enceinte, et doivent donc être particulièrement vigilantes au moindre symptôme évocateur. En cas de maladie rénale congénitale, d’insuffisance rénale chronique sévère ou d’immunodépression grave, le risque d’infection rénale est augmenté. Le risque d’avoir une infection urinaire compliquée est plus élevé chez la femme enceinte comme nous l’avons vu, mais aussi chez les hommes et chez les personnes âgées.

Symptômes de la pyélonéphrite pendant la grossesse

Lors de pyélonéphrite aiguë, on retrouve les symptômes habituels des infections urinaires : douleur en urinant (brûlures), envies d’uriner anormalement fréquentes (pour de petites quantités). Lors de pyélonéphrite aiguë, ces signes s’accompagnent souvent de frissons et de fièvre, de douleurs dans la région des reins (le plus souvent d’un seul côté), parfois d’une pression sanguine (« tension ») anormalement basse ou de signes digestifs (vomissements, diarrhées, maux de ventre). Les symptômes de la pyélonéphrite peuvent associer : fièvre, frissons, malaise, douleur au flanc (généralement d’un seul côté), envie constante d'uriner, Difficultés à uriner, Parfois des symptômes digestifs tels que vomissements, diarrhée. Il peut arriver que les symptômes ne soient pas aussi flagrants et ne laissent pas immédiatement penser à une pyélonéphrite, entraînant parfois un diagnostic tardif , lorsque la fonction rénale est déjà touchée.

Chez les nourrissons, les symptômes de la pyélonéphrite aiguë sont peu caractéristiques : fièvre, perte d’appétit, vomissements, diarrhée, pleurs (en particulier en urinant), urines de couleur ou d’odeur inhabituelle, maux de ventre, déshydratation, dégradation de l’état général. Chez la femme enceinte, les douleurs peuvent être confondues avec celles de la grossesse. Les douleurs lombaires provoquées par une pyélonéphrite peuvent être trompeuses, car elles sont fréquemment attribuées aux modifications posturales ou aux douleurs ligamentaires de la grossesse. Chez l’enfant, et en particulier chez le nourrisson, les signes peuvent être très peu spécifiques : une fièvre isolée, une irritabilité marquée, une perte d’appétit ou des vomissements répétés sont parfois les seuls indicateurs d’une infection rénale sous-jacente. Une hypotension, des troubles de la conscience, des vomissements incoercibles ou fièvre persistante malgré un traitement antibiotique sont des signes de complication ou de forme sévère.

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« La cystite se manifeste généralement par des brûlures en urinant - ce qui est compliqué pour les femmes enceintes, qui urinent souvent - mais sans fièvre », détaille le Pr Nizard. « Et lorsque l’on fait un bilan sanguin, on n’a pas de signe d’inflammation ou d’infection, contrairement à la pyélonéphrite », poursuit le spécialiste, car la cystite est une infection très localisée.

Diagnostic

Le diagnostic de la pyélonéphrite repose sur l’analyse d’urines, appelé ECBU : examen cytobactériologique des urines. Une prise de sang y est souvent ajoutée, afin de rechercher des signes, dans le sang, d’infection et d’inflammation. Le médecin commence par une évaluation ciblée des symptômes : douleurs, frissons, fréquence urinaire, antécédents. Cet interrogatoire permet alors de suspecter une pyélonéphrite. Le diagnostic repose ensuite sur l’examen cytobactériologique des urines (ECBU), qui permet d’identifier le germe en cause et choisir l’antibiotique adapté.

Dès lors que l’on soupçonne une infection urinaire, du fait de symptômes évocateurs (brûlures en urinant, douleur dans le bas-ventre), il est conseillé de consulter un professionnel de santé, a minima un pharmacien. Car les traitements dits « naturels » peuvent ne pas suffire ou être contre-indiqués avec une grossesse. Rappelons que la fièvre est à elle seule un motif de consultation, car révélatrice d’une infection en cours.

Le diagnostic se fait grâce à une bandelette urinaire, et si la présence de leucocytes ou nitrites est détectée dans l’urine, il vous sera demandé de réaliser un ECBU (Examen CytoBactériologique des Urines) pour déterminer le traitement adapté en fonction des germes trouvés.

Risques et complications pendant la grossesse

La pyélonéphrite aiguë est grave par ses complications. L’infection, lorsqu’elle atteint les reins, provoque la formation de pus, voire d’abcès locaux qui vont laisser des cicatrices et réduire la capacité des reins à remplir leur fonction. Dans les cas les plus sévères, l’infection peut gagner le sang et le reste du corps (choc septique, septicémie). Pour ces raisons, une pyélonéphrite aiguë peut justifier une hospitalisation en urgence. Cette hospitalisation est systématique chez les femmes enceintes qui présentent de signes de pyélonéphrite aiguë, même en l’absence de signes de gravité.

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« En cas de pyélonéphrite chez la femme enceinte, il y a, pour le fœtus, un risque de naissance prématurée, du fait du syndrome fébrile et inflammatoire qu’entraîne la maladie. Une infection urinaire simple est en elle-même sans danger pour la maman et le bébé tant qu’elle est traitée correctement. La raison pour laquelle on parle beaucoup du risque d’infection urinaire pendant la grossesse est que mal traitée ou non diagnostiquée, une infection urinaire peut se compliquer d’une pyélonéphrite, une infection du rein. La pyélonéphrite peut favoriser les contractions entraîner un accouchement prématuré et dans les plus graves, heureusement rares, à une mort in utéro.

Une infection urinaire non traitée peut évoluer vers une pyélonéphrite aiguë, qui peut à terme nécessiter une hospitalisation. Cette complication est non seulement douloureuse pour la patiente, mais elle augmente également le risque de contractions prématurées, pouvant mener à un accouchement prématuré. Les répercussions sur le fœtus peuvent être significatives. Une infection urinaire non maîtrisée peut entraîner un retard de croissance intra-utérin (RCIU) en réduisant l'apport en oxygène et en nutriments au fœtus.

Si l’infection urinaire n’est pas traitée, cela peut donner une pyélonéphrite aigue, une infection des reins pour la maman. Cette infection peut se généraliser. Par ailleurs, l’infection urinaire (même une cystite) peut provoquer des contractions. Cela peut entraîner un accouchement prématuré.

Traitement et prise en charge

Une pyélonéphrite chez une femme enceinte nécessite une hospitalisation en urgence. Une femme enceinte atteinte de pyélonéphrite est en général hospitalisée. Le traitement est antibiotique avec une thérapie ciblée contre les agents pathogènes responsables de l’infection. Le traitement de la pyélonéphrite aiguë repose sur une antibiothérapie ciblée, orale ou injectable, selon la gravité, pendant 7 à 14 jours. Une hospitalisation est nécessaire dans les formes sévères ou à risque (femme enceinte, obstruction urinaire, immunodépression). Le traitement long par antibiotique pour la pyélonéphrite est en général de 10 à 14 jours et doit s’accompagner d’une hydratation suffisante ainsi généralement que d’analgésiques pour atténuer la douleur.

Dans la plupart des cas, le médecin prescrira des antibiotiques spécifiques (qui ne présentent pas de danger pour le bébé) et l'infection passera en quelques jours.

Car attention, tous les antibiotiques ne sont pas adaptés à la femme enceinte et peuvent sérieusement endommager la santé de votre bébé si le traitement n’est pas adéquat. Demandez toujours conseil à votre médecin si vous êtes enceinte et que vous avez besoin d’un traitement contre l'infection urinaire.

Après traitement, il vous sera demandé de continuer les tests urinaires pour vérifier l’efficacité du traitement et prévenir une nouvelle infection. Les dépistages réguliers peuvent permettent d’éviter des infections urinaires compliquées. Dans tous les cas, le médecin vous prescrira un antibiotique spécialement adapté pour la femme enceinte qui ne devrait pas mettre en danger la santé de votre enfant.

Prévention des infections urinaires pendant la grossesse

Pour éviter les récidives, la prévention est nécessaire et repose sur une bonne hygiène de vie : hydratation abondante, miction post-rapports, complétion du traitement. Il est nécessaire de consulter dès l’apparition de douleurs lombaires, de fièvre au-dessus de 38,5 °C ou de troubles urinaires inhabituels.

L’hydratation joue un rôle clé dans la prévention des infections urinaires, en particulier pendant la grossesse. Pour réduire le risque de développer une infection, il est recommandé aux femmes enceintes de consommer au moins 2 litres d’eau par jour. Pour minimiser le risque d'infections urinaires, il est essentiel d'adopter certaines habitudes de vie simples mais efficaces en cas d’infections urinaires. Ne pas retenir l'envie d'uriner : il est crucial d'aller aux toilettes dès que le besoin se fait sentir. Porter des vêtements amples en coton : optez pour des sous-vêtements en coton et des vêtements amples pour favoriser la circulation de l'air autour des zones intimes.

Pour prévenir une infection urinaire, il est important de boire suffisamment. Il est recommandé de s’hydrater tout au long de la journée et de boire un litre et demi d’eau par jour. Allez aux toilettes quand vous en avez envie ! Si l’infection urinaire survient juste après les rapports, c’est un phénomène assez fréquent car des germes peuvent se déposer sur l’urètre et remonter jusqu’à la vessie.

Infections urinaires : cystite vs pyélonéphrite

Il est important de distinguer la cystite de la pyélonéphrite, car leurs symptômes et leurs traitements diffèrent. La cystite est une infection urinaire dite “classique”, c’est l’infection de la vessie. La cystite est une infection basse, sans fièvre, localisée à la vessie.

« Chez la femme enceinte, il y a un phénomène qu’on appelle bactériurie asymptomatique : il s’agit de femmes qui ont des bactéries dans leurs urines, mais qui n’ont pas de symptôme d’infection urinaire ou rénale », explique le Pr Nizard, gynécologue-obstétricien, rappelant que des analyses sont faites en début de grossesse pour les repérer.

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Contrairement à d'autres infections urinaires plus graves, comme la pyélonéphrite, une cystite n'entraîne généralement pas de fièvre, de frissons, ni de douleurs lombaires. Chez les femmes enceintes, les symptômes d'une infection urinaire peuvent être moins apparents ou plus discrets, ce qui complique leur détection.

Importance du suivi médical

Une infection urinaire pouvant parfois passer inaperçue, vous serez régulièrement surveillée durant votre grossesse afin de pouvoir dépister au plus tôt la présence de bactéries dans votre urine et éviter ainsi qu’une infection ne se développe. De ce fait, il n’est pas fréquent que les infections urinaires se compliquent durant la grossesse car elles sont généralement détectées assez tôt.

En cas d’apparition des symptômes ou si vous avez le moindre doute d’avoir une infection urinaire au cours de votre grossesse, prévenez immédiatement le professionnel chargé de votre suivi. A noter : la présence de fièvre indique une infection urinaire plus sévère. Téléconsultez dès aujourd’hui un gynécologue. Grâce aux tests d’urine réguliers, les cystites sont généralement soignées à temps. Mais dans de rares cas, l’infection bactérienne se propage. La contamination remonte jusque dans les reins et se transforme en pyélonéphrite.

Si vous êtes enceinte et que vous pensez avoir une infection urinaire, prenez rendez-vous rapidement chez votre médecin traitant pour une consultation physique. Quand il y a une infection urinaire, il est impératif de la traiter. Pour cela, il est donc important de consulter la personne qui suit votre grossesse au moindre doute. Un diagnostic doit être posé par le personnel médical et vous ne devez pas faire d’automédication. Cela peut être dangereux pour bébé.

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