Dans l'Islam, la connaissance des règles relatives au cycle menstruel est d'une importance capitale pour les femmes, en particulier lorsqu'elles sont confrontées à des situations inhabituelles telles que des pertes marron. Cet article vise à fournir un guide complet sur les règles de la prière pendant les menstruations et les métrorragies (saignements non menstruels), en tenant compte des différentes opinions juridiques et des éclaircissements sur les pertes marron.

Comprendre les pertes marron

Les pertes marron se caractérisent généralement par un écoulement vaginal de couleur brunâtre, composé principalement de sang oxydé et de tissus endométriaux. De nombreux facteurs peuvent provoquer des pertes marron chez une femme.

Menstruations (Hayd) vs. Métrorragies (Istihadah)

En Islam, les règles relatives à la prière diffèrent selon qu'il s'agit de menstruations (hayd) ou de métrorragies (istihadah). Les menstruations sont le flux sanguin mensuel naturel d'une femme, tandis que les métrorragies sont des saignements non menstruels qui surviennent en dehors du cycle régulier. Les métrorragies peuvent être légères ou abondantes, continues ou intermittentes, et leurs causes sont variées.

Interdictions pendant les menstruations

Pendant les menstruations, il est interdit aux femmes de prier, de jeûner et d'avoir des relations sexuelles avec leur mari. Après la fin des menstruations, la femme doit effectuer une purification complète du corps (ghusl) avant de pouvoir reprendre ses obligations religieuses.

Règles pour les métrorragies

Si une femme a des saignements non menstruels (métrorragies), elle est autorisée à prier et à jeûner, à condition d'accomplir la purification mineure (wudu) avant chaque prière. Le wudu consiste à se laver certaines parties spécifiques du corps, notamment les mains, le visage, les bras, la tête et les pieds.

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Distinguer les pertes marron menstruelles et non menstruelles

Il peut parfois être difficile pour une femme de faire la distinction entre des pertes marron menstruelles et non menstruelles. Cependant, il est essentiel qu'elle le fasse afin de déterminer les règles appropriées concernant la prière et le jeûne.

Purification avant la prière

Que les pertes marron soient considérées comme des menstruations ou des métrorragies, il est essentiel pour une femme de se purifier correctement avant d'accomplir la prière. Cela implique soit le ghusl (purification complète du corps) après la fin des menstruations, soit le wudu (purification mineure) avant chaque prière en cas de métrorragies.

Avis islamiques sur les menstruations et la prière

Le prophète عليه الصلاة والسلام a dit à propos des femmes : « N'est-ce pas que la femme qui a ses règles ne prie pas et ne jeûne pas ? ». Les musulmans sont unanimes sur le fait qu'il est interdit aux femmes en état de menstrues de prier et de jeûner. Allah a dit : وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى → "Et ils t'interrogent sur la menstruation des femmes. Dis: "C'est un mal"".

Durée des menstruations

Les érudits musulmans ont divergé sur la durée maximale des menstruations. En effet, certaines femmes peuvent avoir des règles plus longues que d'autres. Pour d'autres, aucune durée n'est estimée. La fin de vos menstrues sera considérée au moment de la pureté de celles-ci. La pureté se caractérise par un liquide épais et blanchâtre, dénué de sang ou de tâches.

Saignements extraordinaires

Il existe également des saignements extraordinaires indépendants du sang des règles. Il diffère de la menstruation. De ce fait, s’applique sur eux un règlement différent de celui de la menstruation. Ces caractéristiques permettent de distinguer le sang des règles du reste des saignements. La purification de la femme musulmane dépend notamment de ces caractéristiques puisqu’elles permettent de définir si elle doit faire son ghusl (grande ablution) ou pas.

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Que faire après la propreté ?

Après la propreté, la femme ne doit pas prendre en compte la présence de liquide jaunâtre et noirâtre. En effet, ils n’impliquent pas d’impureté rituelle et elle ne doit pas abandonner la prière. En revanche, si après avoir cru qu’elle était propre, alors, elle doit appliquer l’observation des caractéristiques mentionnées plus haut.

Avis juridiques sur des cas spécifiques

Voici quelques avis juridiques concernant des cas spécifiques liés aux menstruations et aux saignements anormaux :

  • Saignements après une opération : Si une femme a des saignements noirs non liés à sa période habituelle après une opération, elle doit consulter un médecin. Si le saignement est dû à l'opération, il ne suit pas les règles des menstruations.
  • Menstruations irrégulières : Si une femme a ses règles, puis se purifie et a de nouveau ses règles après une courte période, elle doit cesser de prier pendant cette période, car il s'agit de menstruations.
  • Traces troubles ou jaunâtres après la pureté : Oummou ‘Atiyyah (ra) a dit : « Nous (les femmes) ne prenions pas en compte les traces troubles et les traces jaunâtres ». Tout ce qui survient après la pureté certaine parmi les choses de ce genre, ne fait aucun mal à la femme, et ne l’empêche ni de prier ni de jeûner ni n’empêche son mari d’avoir un rapport avec elle, mais elle ne doit pas s’empresser jusqu’à ce qu’elle voit la pureté ; car certaines femmes, lorsque le sang diminue, s’empressent et font le ghousl avant de voir la pureté.
  • Liquides sortant du conduit urinaire : Ce qui sort du conduit urinaire est impur car il suit la même règle que l’urine et Allah a mis en la femme deux conduits : un conduit par lequel l’urine sort, et un conduit par lequel sort l’enfant.
  • Liquide jaunâtre ou glaireux : Ce liquide jaunâtre ou glaireux suit les règles s’appliquant au sang tant que la pureté claire et évidente n’apparaît pas, et donc la femme n’est pas pure tant qu’elle n’est pas débarrassée de ce liquide. Et si elle est pure et qu’elle voit la pureté claire, il lui est obligatoire de faire le ghousl et la prière, même si cela survient avant 40 jours. Quant à ce que pensent certaines femmes, que la femme doit attendre la fin des 40 jours même si elle est pure avant cela, ceci est une erreur.
  • Lochies (saignements post-partum) : Elle n’a rien à faire car parfois le sang des lochies se coupe un jour ou un jour et une nuit, puis revient.

Jeûne pendant le Ramadan

L'Islam interdit aux femmes en période de menstrues d'observer le jeûne, que ce soit un jeûne obligatoire comme celui du Ramadan ou un jeûne surérogatoire. « Nous étions ordonnées de rattraper le jeûne, mais nous ne l’étions pas pour la prière. Ainsi, une femme en état de menstrues doit interrompre son jeûne et ne peut pas prier. Bien que le jeûne soit interrompu durant les règles, la femme est tenue de rattraper les jours manqués après la fin du Ramadan.

Retarder les menstruations pour le Ramadan

Certaines femmes envisagent de prendre des médicaments pour retarder leurs règles afin de pouvoir jeûner tout le mois de Ramadan sans interruption. Les savants de l’école ḥanbalite, ainsi qu’Ibn Bāz, permettent l’usage de médicaments pour retarder les menstruations, à condition que cela ne cause aucun préjudice à la santé.

Récitation du Coran pendant les menstruations

Bien qu'il soit interdit aux femmes en période de menstruations d'accomplir la prière obligatoire, la question de la récitation du Coran fait l'objet de débats. Certains érudits autorisent la récitation silencieuse ou la méditation sur le Coran, tandis que d'autres interdisent la récitation à voix haute.

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Opinions des érudits

  • Autorisé : Al-Boukhâri rapporte d'après Ibrahim Ennakh'ï qu'il n'y a aucun mal à cela si elle récite un verset. Al-Islam Ibn Taymiyya a dit dans ses avis religieux « Fatâwa » : « Il n'y a rien dans le Coran et la sunna qui justifie cette interdiction.
  • Interdit : La majorité des savants considère la récitation du Coran à voix haute pendant les menstruations comme interdite.

Autres règles liées aux menstruations

Outre la prière et le jeûne, il existe d'autres règles liées aux menstruations en Islam :

  • Relations conjugales : Il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec l'épouse en état de menstrues. Echafi'ï dit que celui qui commet un tel acte aura commis un pêché capital.
  • Divorce : Le divorce est interdit à l'homme tant que sa femme est en état de menstrues, jusqu'à ce que tout soit clair pour eux.
  • Période de viduité : La période de viduité des femmes qui ont atteint l'age de la ménopause sera de trois mois, pour plus de sureté.

La notion d'impureté en Islam

Si en Islam la question de l’impureté est d’ordre général, il n’est pas moins vrai que du point de vue rituel elle concerne sous bien des aspects les femmes.

Impuretés matérielles

Pour les impuretés matérielles, malgré certaines divergences d’École, sont concernés grosso modo les grands interdits alimentaires : le sang, les bêtes mortes, le porc, le vin, auxquels sont ajoutées toutes les émissions du corps humain, hormis le lait, et des animaux dits impurs par l’Islam.

Impuretés rituelles

Concernant ce que nous qualifierons d’impuretés rituelles, citons principalement l’impureté de l’homme et de la femme suite à des rapports sexuels et l’impureté de la femme liée au sang menstruel. Pour cette dernière, selon l’Islam cet état d’impureté lui interdit principalement de prier, de jeûner, de toucher le Coran, de séjourner dans une mosquée.

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