La ménopause est une étape naturelle dans la vie d'une femme, marquée par la fin de la menstruation et de la fertilité. Bien qu'elle soit vécue comme un soulagement par certaines femmes, d'autres la considèrent comme un calvaire en raison des symptômes désagréables qui l'accompagnent. Cet article se penche sur les aspects de la ménopause, en explorant ses causes, ses symptômes, son diagnostic et ses options de traitement, tout en tenant compte des études et des recherches récentes dans le domaine.
Qu'est-ce que la ménopause ?
La ménopause est définie comme l'arrêt permanent des menstruations, confirmée après 12 mois consécutifs sans règles. Elle survient généralement autour de l'âge de 50 ans, mais peut varier considérablement d'une femme à l'autre. La ménopause est causée par une diminution de la production d'hormones féminines, les œstrogènes et la progestérone, par les ovaires.
Selon le Groupe d’étude de la ménopause et du vieillissement hormonal (GEMVi), la ménopause correspond à l’arrêt du fonctionnement de l’ovaire, qui survient vers l’âge de 50 ans, et qui se traduit par l’arrêt des règles et la perte de la fonction de reproduction. Ce phénomène est lié à une baisse du stock d’ovocytes, les gamètes féminins, dans les ovaires. Les filles naissent en effet avec une réserve d’ovocytes fixe, la réserve ovarienne. Celle-ci diminue au cours du temps : chaque mois lors de l’ovulation, environ 400 ovules sont libérés pour être fécondés. La ménopause débute lorsqu’il reste peu d’ovocytes dans ce stock. Elle entraîne une chute de la production des hormones féminines, les œstrogènes et la progestérone, naturellement sécrétées en vue de préparer la muqueuse utérine à accueillir l’ovule fécondé.
En France, on estime que chaque année, 500 000 femmes sont concernées par le début de l’installation de la ménopause. 14 millions de françaises sont actuellement ménopausées.
Les symptômes de la ménopause
La ménopause est une période de transition hormonale marquée par une chute progressive des œstrogènes et de la progestérone. Cette modification du fonctionnement ovarien entraîne l’apparition de symptômes climatériques, qui varient en intensité et en durée selon les patientes. Parmi les manifestations les plus caractéristiques figurent :
Lire aussi: hCG et la santé féminine
- Bouffées de chaleur : Une sensation soudaine de chaleur intense, accompagnée de rougeurs sur le visage, de palpitations et de sueurs abondantes. Elles surviennent habituellement la nuit, provoquant des sueurs nocturnes susceptibles de perturber le sommeil.
- Troubles du sommeil : Difficulté à s'endormir ou à rester endormie, souvent exacerbée par les sueurs nocturnes.
- Sécheresse vaginale : Liée à l’atrophie des muqueuses, elle peut rendre les rapports sexuels inconfortables, voire douloureux, entraînant une baisse de la libido.
- Troubles de l'humeur : Anxiété, irritabilité, voire des moments de tristesse injustifiée.
- Douleurs articulaires : Sensation de fatigue persistante.
- Troubles de la concentration et de la mémoire : Ils sont généralement transitoires, mais peuvent être source d’inquiétude.
- Troubles gynéco-urinaires : Infections à répétition ou une incontinence d’effort.
Selon l’Inserm, 87 % des femmes ménopausées ont au moins un symptôme gênant à la suite de l’arrêt définitif de leurs règles.
La périménopause : une phase de transition
La ménopause s’installe progressivement : ses manifestations peuvent apparaître plusieurs années avant l’arrêt complet des menstruations. Ainsi, les cycles se font plus irréguliers ou peuvent raccourcir. De premiers symptômes peuvent alors se présenter, comme les bouffées de chaleur qui deviennent vite incommodantes pour la plupart des femmes. Cette période de transition, appelée périménopause, est marquée par des fluctuations hormonales importantes qui peuvent entraîner des cycles menstruels irréguliers, des sautes d'humeur et d'autres symptômes désagréables.
Ménopause précoce : quand la ménopause survient plus tôt
On considère comme précoce une ménopause qui arrive avant l’âge de 40 ans. La ménopause précoce, ou insuffisance ovarienne prématurée, reste très rare avant l’âge de 20-25 ans. La ménopause précoce peut avoir de nombreuses causes. À l’image de l’arrivée des menstruations ou de la ménopause naturelle, le facteur héréditaire joue un grand rôle dans la ménopause précoce. Une jeune fille se base souvent sur l’âge auquel sa mère ou sa grand-mère a eu ses règles pour la première fois. Une étude australienne publiée en 2020 dans la revue Human Reproduction, a conclu que la ménopause précoce multipliait par trois le risque de contracter des maladies. L’ostéoporose (perte de tissu osseux). L’arrêt des menstruations (et de l’ovulation) lors d’une ménopause précoce a, bien entendu, des conséquences sur la fertilité.
Plusieurs approches peuvent être engagées pour diagnostiquer une ménopause précoce. Pour diagnostiquer une ménopause précoce chez une femme de moins de 35 ans, des analyses génétiques et chromosomiques sont souvent réalisées. Les manifestations de la ménopause précoce peuvent aussi être régulées grâce à des traitements « naturels ».
Impact de la ménopause sur la santé
La ménopause a un impact sur le tissu osseux, et le risque d’ostéoporose. Le manque d’œstrogène déséquilibre ce remodelage, au profit de la dégradation osseuse. La ménopause peut entraîner des troubles gynéco-urinaires, des infections à répétition ou une incontinence d’effort. La ménopause peut enfin altérer la fonction cognitive. Le GEMVi précise que le manque d’œstrogènes est suspecté dans la dégradation des fonctions cognitives après la ménopause, comme les capacités de mémorisation, les performances verbales et le raisonnement. Il serait aussi impliqué dans la survenue de la maladie d’Alzheimer.
Lire aussi: Tomber enceinte : comprendre les obstacles
Prise en charge de la ménopause
Comme pour beaucoup d’affections, la prise en charge de la ménopause passe par des moyens médicamenteux et non médicamenteux.
Approches non médicamenteuses
Les approches non médicamenteuses sont adaptées pour réduire les symptômes liés à cette période de la vie. Ainsi, il est conseillé d’avoir un régime alimentaire équilibré, de pratiquer une activité physique régulière et d’arrêter le tabac et l’alcool pour éviter les maladies cardiovasculaires et la prise de poids. La lutte contre l’ostéoporose passe par une augmentation de l’apport alimentaire en calcium et par la supplémentation en vitamine D, deux facteurs indispensables au maintien d’une bonne densité osseuse.
Traitement hormonal substitutif (THS)
Si le praticien le juge nécessaire et en cas de rapport bénéfices-risques favorable, un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être instauré. Comme son nom l’indique, ce traitement vise à remplacer les hormones qui ne sont plus produites lors de la ménopause. Il comprend ainsi un œstroprogestatif, en association ou non avec un progestatif. Il est efficace pour réduire les symptômes de la ménopause, et en prévention de l’ostéoporose post-ménopausique. Cependant, les THM majorent le risque de survenue d’affections. Ils sont donc prescrits lorsque des symptômes trop sévères altèrent la qualité de vie, à une dose minimale, sur une période la plus réduite possible, et pas au - delà de 10 ans après le début de la ménopause. Ce type de traitement est contre-indiqué chez certaines femmes, notamment en cas de cancers hormono-dépendants, de pathologies thromboemboliques ou de maladies cardiovasculaires avérées. Des alternatives, telles que les phytoœstrogènes, des substances naturelles proches des œstrogènes présentes dans le soja et d’autres plantes, sont parfois proposées.
Des études ont mis en évidence des risques liés à l’utilisation du traitement hormonal substitutif (THM) de la ménopause. L’Institut national du cancer (INCa) partage une synthèse montrant que le risque de cancer varie selon les traitements prescrits. Pour les œstrogènes seuls, le risque de cancer de l’endomètre et de cancer de l’ovaire est majoré, et celui du cancer du sein suspecté d’être augmenté. Pour les œstrogènes associés à la progestérone, les risques de cancer du sein sont accrus au-delà de 5 ans de traitement, tout comme ceux du cancer de l’endomètre. Pour les œstrogènes associés à un autre progestatif, il y a également majoration des risques de cancer du sein et de l’endomètre. Le THM peut aussi avoir des retentissements cardiovasculaires. Selon Ameli, les œstrogènes augmentent le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de thrombose veineuse correspondant à la formation de caillots dans les veines. Le risque de thrombose est néanmoins amoindri lors de l’administration transdermique du traitement.
Recherche et perspectives d'avenir
Les chercheurs s’attachent à mieux comprendre les mécanismes de l’atrésie folliculaire, ou disparition des ovocytes, et à identifier les facteurs génétiques qui déterminent l’âge de la ménopause. Des études récentes ont permis d’identifier une centaine de gènes impliqués dans la ménopause précoce ou l’insuffisance ovarienne prématurée. La plupart sont en lien avec la réparation de l’ADN. Il n’existe à ce jour aucun biomarqueur fiable pour prédire précisément l’âge de la ménopause, mais la génétique ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir.
Lire aussi: Lait maternel : suffisance et durée
La recherche tente de décrypter les conséquences de la ménopause sur la santé globale des femmes, notamment sur le vieillissement, la santé cardiovasculaire, les maladies neurodégénératives, les cancers et la qualité de vie. Un axe de recherche majeur vise à développer des traitements substitutifs de la ménopause générateurs de moins d’effets secondaires que ceux actuellement utilisés, en particulier du point de vue cardiovasculaire. Les scientifiques travaillent aussi sur des traitements sans hormones pour prendre en charge les signes de la ménopause tels que les bouffées de chaleur. Des équipes sont par exemple parvenues à identifier les neurones et les récepteurs en cause dans ce symptôme. Les chercheurs s’intéressent enfin à une voie alternative : pourquoi ne pas retarder l’âge d’entrée dans la ménopause ? Des travaux se penchent sur l’autogreffe de tissu ovarien. Il s’agit de prélever ce tissu chez la femme jeune, avant 40 ans, puis de le congeler en vue d’une réimplantation ultérieure, permettant de rétablir la synthèse des hormones manquantes lors de la ménopause. Cette technique est à l’essai chez des patientes en amont de traitements anticancers susceptibles de provoquer une ménopause précoce, et donc une infertilité.
tags: #ménopause #arrive #plus #vite #chez #les
