Dès le désir d'enfant, une multitude de questions surgissent, notamment concernant la validité des tests de grossesse et le dosage de l'hormone béta-hCG. Mais qu'est-ce que réellement l'hormone hCG, quel est son rôle précis, et comment interpréter les résultats des dosages ? Cet article se propose d'explorer en profondeur cette hormone essentielle.
Qu'est-ce que l'hormone hCG ?
L'hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG) est une glycoprotéine constituée de deux sous-unités : alpha (α-hCG) et bêta (β-hCG). La sous-unité β est spécifique à l'hCG, tandis que la sous-unité α est également présente dans d'autres hormones telles que la FSH, la LH et la TSH. Elle est secrétée par le placenta dès que l'embryon se fixe dans la paroi utérine, un processus appelé nidation. Le chorion, membrane entourant le fœtus, est responsable de sa production. Cette hormone est dite gonadotrope car elle stimule les gonades, en particulier les ovaires et le corps jaune qui se forme après l'ovulation. La libération de l'hCG est souvent associée aux nausées matinales, un symptôme courant du début de la grossesse. Plus le taux d'hCG est élevé, plus les nausées peuvent être importantes.
Rôle fondamental de l'hCG dans la grossesse
L'hCG joue un rôle crucial dans le maintien de la grossesse. Elle permet de confirmer la grossesse car elle est détectable dans le sang maternel environ dix jours après l'ovulation, et quelques jours plus tard dans l'urine. C'est donc cette hormone que les tests de grossesse, qu'ils soient sanguins ou urinaires, recherchent spécifiquement.
Il existe deux types de tests basés sur l'hCG :
- Tests de diagnostic qualitatifs : Ils indiquent si une femme est enceinte ou non.
- Tests quantitatifs : Ils mesurent le taux de béta-hCG dans l'organisme, qui fluctue tout au long de la grossesse.
Avantages du dosage sanguin de l'hCG
Bien qu'un test de grossesse positif puisse indiquer une grossesse, le dosage sanguin de l'hormone béta-hCG, réalisé en laboratoire, offre une option plus précise et fiable. Les résultats sont généralement disponibles dans les 24 à 48 heures.
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Le dosage sanguin possède une meilleure valeur pronostique, fournissant des résultats plus justes et plus précis que les tests urinaires. Il permet d'estimer l'âge de la grossesse avec plus de précision et de rapidité. De plus, il peut révéler d'autres informations importantes, liées ou non à la grossesse, telles que :
- La détection d'une fausse-couche (le taux d'hCG diminue rapidement).
- Une grossesse môlaire ou extra-utérine (le taux d'hCG stagne).
- L'évaluation du risque de trisomie 21 entre la quinzième et la dix-septième semaine (un taux élevé d'hCG peut indiquer une anomalie et nécessiter une amniocentèse).
- Le dépistage de certaines tumeurs (l'hCG est sécrétée de manière anormale).
- La révélation de la possibilité de grossesses multiples (le taux d'hCG a tendance à être plus élevé).
Comment se déroule le prélèvement ?
Pour le dosage sanguin, le prélèvement de sang veineux se fait généralement au pli du coude et ne nécessite pas de conditions particulières, comme être à jeun. Pour le dosage urinaire, il est préférable d'utiliser les urines concentrées du matin.
Interprétation des résultats du dosage béta-hCG
En dehors de la grossesse, le taux d'hCG est généralement inférieur à 5 UI/l. Un résultat inférieur à cette valeur dans le sang ou l'urine exclut donc un diagnostic de grossesse.
Pendant la grossesse, l'hCG est détectable dans le sang maternel à partir du dixième jour après l'ovulation. Son taux augmente rapidement entre la quatrième et la huitième semaine, doublant toutes les 48 à 72 heures. Il atteint son maximum entre la sixième et la dixième semaine de grossesse, puis diminue progressivement entre la quatorzième et la dix-huitième semaine, se stabilisant autour de 5000 UI/l jusqu'à l'accouchement. L'hormone disparaît ensuite complètement dans les cinq jours suivant l'accouchement.
Il est important de noter que les résultats du dosage sanguin peuvent varier en fonction des techniques utilisées. Il est donc fortement recommandé de consulter un professionnel de la santé pour les interpréter correctement. De plus, le taux de béta-hCG peut varier considérablement d'une femme à l'autre pendant la grossesse. Il est essentiel de tenir compte de ce facteur lors de l'interprétation des données chiffrées.
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hCG et préménopause
Il est crucial de noter que chez les femmes en préménopause, les taux d'hCG peuvent présenter des variations qui nécessitent une interprétation prudente. En effet, une étude récente a démontré que les taux d’HCG sériques avaient tendance à augmenter avec l’âge. Une cohorte de 720 femmes non enceintes a été étudiée et divisée en 3 groupes d’égale importance : préménopausiques (18-40 ans), périménopausiques (41-55 ans) et postménopausiques (> 55 ans). Dans le premier groupe, aucune valeur > 5 n’a été retrouvée (valeur max = 4,6) contre 1,3% dans le groupe péri-ménopausique (valeur max = 7,7) et 6,7% chez les femmes ménopausées (valeur max = 13,1). Le problème diagnostique se pose donc chez les femmes en péri-ménopause, auxquelles 2 tests peuvent être proposés : soit un contrôle du taux d’HCG à 48 heures, qui exclut une grossesse évolutive s’il reste stable (doublement toutes les 48 h au minimum en cas de grossesse). Soit un dosage de FSH, un taux > 20 UI/l rendant l’hypothèse d’une grossesse très improbable dans ce groupe.
hCG comme marqueur tumoral
La gonadotrophine chorionique humaine peut également être produite par certaines tumeurs des gonades ou du placenta, telles que les tumeurs non séminomateuses, les séminomes, les choriocarcinomes et le cancer de l'ovaire. Une augmentation des valeurs de l'hCG est moins fréquente dans les tumeurs du sein, du foie, de l'intestin grêle, du côlon et des reins, ainsi que dans le carcinome bronchique. En raison de sa faible spécificité, la valeur de l'hCG ne convient pas au diagnostic d'une maladie tumorale. Cependant, comme presque tous les marqueurs tumoraux, elle peut être utilisée pour évaluer l'évolution d'une maladie connue. De plus, une augmentation de la concentration en hCG peut être le signe d'une grossesse multiple, d'une mole vésiculaire ou d'une trisomie 21 fœtale (syndrome de Down).
Autres applications de l'hCG
En dehors de la grossesse et du diagnostic tumoral, l'hCG a d'autres applications médicales. Par exemple, sa capacité à stimuler la production de testostérone par l'organisme peut être utilisée pour contrer l'atrophie testiculaire chez les hommes. Les athlètes ou les culturistes qui utilisent des stéroïdes anabolisants peuvent injecter de l'hCG pour éviter le rétrécissement testiculaire causé par la testostérone artificielle. En médecine, l'hCG est également utilisée dans le traitement des testicules non descendus (cryptorchidie) chez les garçons et pour améliorer la fertilité chez les femmes.
Anticorps anti-hCG
En raison de la tolérance immunitaire à l'hCG pendant la grossesse et les tumeurs, des études sont menées sur la vaccination à l'hCG, consistant en hCG et anatoxines diphtériques. L'objectif est d'inciter le corps à produire des anticorps contre l'hCG, qui pourraient être utilisés pour lutter contre les tumeurs et comme méthode de contraception. Un premier essai sur le terrain a été réalisé en 1993/1994, avec des femmes préalablement stérilisées et informées de l'effet suspecté.
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