L'extension d'encolure, un mouvement délicat et polysémique, suscite de nombreuses interprétations et croyances dans le monde équestre. Qu'on l'appelle "descente d'encolure", "abaissement de l'encolure", "allongement de l'encolure", ou encore "flexion cervicale basse" (selon la terminologie biomécanique du professeur Jean-Marie Denoix), cet exercice est perçu diversement : musculation pour certains, thérapie pour d'autres, ou simple stretching.
Derrière ce mouvement et le terme générique d'extension d'encolure, les propos des entraîneurs expriment des attitudes très différentes, voire opposées si on y ajoute l’expression, qui prête à confusion, « bas et rond » ou la controversée attitude LDR (pour « low, deep and round » en anglais). Les demandes du cavalier sont toutes aussi diverses, dans leur action de mains ou de jambes, ou dans l’impulsion demandée par le cavalier.
Cet article vise à clarifier cette diversité, à démystifier certaines croyances, et à rappeler les fondamentaux de l'extension d'encolure, en s'appuyant sur les observations et les recommandations de vétérinaires et de scientifiques. Nous explorerons les différentes attitudes en fonction de l'objectif attendu, ainsi que les limites de cet exercice. Enfin, nous aborderons les nouvelles attitudes présentées comme des extensions d’encolure, tout en soulignant les dangers potentiels liés à une utilisation inappropriée.
Représentations de l'Extension d'Encolure
L'extension d'encolure est envisagée sous différents angles :
- Musculation : Certains la considèrent comme un moyen de renforcer les muscles du dos, de l'abdomen et de l'arrière-main du cheval.
- Thérapie : Elle est parfois utilisée pour soulager les tensions et les douleurs dans le dos et l'encolure du cheval.
- Stretching : D'autres y voient simplement un étirement des muscles de l'encolure et du dos.
Ces différentes perceptions se traduisent par des approches variées dans l'exécution du mouvement et dans les objectifs recherchés.
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Fondamentaux de l'Extension d'Encolure
L'extension d'encolure, pour être bénéfique, doit respecter certains principes fondamentaux. Reprenons l’expression du Dr Schöffmann : « Vorwärts-abwärts - aber richtig ! » en allemand, que l’on peut traduire par « en avant et bas - mais correctement !
Effets de l'Abaissement de l'Encolure
Trois effets principaux de l’abaissement de l’encolure vont permettre de répondre aux objectifs de la séance (J.M. Denoix) :
- Surcharge de l'avant-main : L'abaissement de l'encolure avance le centre de gravité du cheval, l'obligeant à modifier sa locomotion. Il répondra avec un meilleur soutien de son avant-main et une sollicitation plus forte de son arrière-main, les postérieurs devant s’engager plus en avant. Jean-Marie Denoix estime pouvoir ainsi développer les muscles pectoraux, les muscles dentelés, la sangle abdominale et les muscles de l’engagement (grand psoas et iliaque).
- Remontée du dos : La mise en tension du ligament nuchal effectue une traction vers l’avant des processus épineux du garrot (Denoix, 1988). On observe un meilleur soutien au niveau de la selle, favorable aux jeunes chevaux ou à ceux qui ont le dos faible. L'abaissement de l’encolure s’accompagne d’une ouverture des foramens intervertébraux, réduisant les phénomènes douloureux dus aux pincements et aux irritations nerveuses.
- Réorganisation des muscles du soutien de l’encolure: L'abaissement de l'encolure permet de plus solliciter les sangles musculaires qui soutiennent le thorax. Avec une encolure basse, le cheval a une moindre capacité à contrôler son équilibre par son balancier. L’allure du trot, même stabilisée, est elle-même une source de petits déséquilibres successifs au trot, que le cheval doit contrôler.
Effets sur les Vertèbres Cervicales
Alors que les cavaliers recherchent l’extension de l'encolure (son allongement), les vétérinaires rejettent le terme mécanique d’extension, la définissant comme une « attitude encolure basse » avec une « flexion cervicale basse » (J.M. Denoix). On peut toutefois noter que la terminologie des cavaliers « d’extension d’encolure », avec une demande d’élongation du segment, tendant à effacer la double courbure naturelle des cervicales, peut avoir aussi sa justification et reste une notion indispensable à la bonne réalisation du mouvement.
Il est crucial de comprendre que l'extension d'encolure ne doit pas se traduire par un enroulement excessif de l'encolure. La demande du cavalier doit être que le cheval, fidèle et confiant dans sa main, étire son bout de devant, et non que le cavalier ramène à lui l’encolure à des fins de contrôle ou d’augmentation de l’étirement du ligament nuchal.
Les Différentes Attitudes en "Extension d'Encolure"
Les auteurs divergent sur les attitudes correspondantes. Pour les qualifier, nous distinguerons :
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L’abaissement de l’encolure
L'abaissement de l'encolure est quantifié par la hauteur de l’encolure, de l’horizontale à l’abaissement maximal, en fonction de la souplesse du cheval, de sa capacité à gérer son équilibre et de l’allure. De nombreux auteurs préconisent une encolure un peu en-dessous de l’horizontale (maximum 15° pour P. Le Rolland, le Colonel C. Carde, K. Amos Jacob pour le jeune cheval). Le Colonel Margot précise « seulement son allongement et l’éloignement du bout du nez dans un sens à peu près horizontal ».
Inversement, d’autres recherchent l’abaissement maximal que le cheval veut bien donner, « les oreilles au plus loin » (supérieur à 30°, nez à hauteur des genoux pour le Commandant Dutilh ; où plus bas pour J. D’Orgeix, le Lieutenant Colonel Gudin de Vallerin, Y. Benoist Gironière) dans une attitude qualifiée de « paroxystique » par le Dr P. Pradier.
Finalement, la majorité des cavaliers recherche un abaissement moyen de l’encolure de leur cheval, entre 20 et 30° (M. Robert, P. Galloux, J.C. Barry, illustrations des Dr P. Pradier, M.O. Sautel et du Pr J.M. Denoix).
L’ouverture de l’angle tête-encolure
Le chanfrein va de la verticale à être dans le prolongement de l’encolure. L’ouverture de l’angle tête-encolure est nécessaire pour ne pas exagérer l’élongation du ligament nuchal déjà étiré par l’abaissement de l’encolure. Une position du chanfrein verticale ou en avant de celle-ci (sans excès) est recherchée pour que le cheval puisse laisser tomber la tête sans effort et travaille dans le relâchement. La plupart des auteurs rappellent ce principe, notamment quand les illustrations ne sont pas assez fidèles à leurs idées. On retrouve ce principe clairement explicité chez L. Mézailles, ainsi que les Dr P. Pradier et M.O.
Une élongation du ligament nuchal de 10 à 20 cm est observée lorsque l’encolure s’abaisse. Les Dr P. Pradier et M.O. Sautel rappellent en outre que la fermeture de l’angle tête-encolure au-dessus de 90°, obtenu par la charnière atlanto-occipitale (crâne-C1) se traduit par une flexion supplémentaire au niveau des vertèbres C2-C3, voire C3-C4. Celle-ci amplifie la tension du ligament nuchal lors de l’abaissement de l’encolure (hyperflexion) et avec comme résultat, in fine, une rupture de la transmission de la propulsion venant de l’arrière-main quand l’encolure sera relevée. De plus, les Dr P. Pradier et M.O. Sautel soulignent, contrairement à une croyance bien établie, que la fermeture de la tête sur une encolure basse, obtenue par les actions de main du cavalier, n’assure pas la remontée de la base de l’encolure.
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Allure et Extension d'Encolure
Après éducation au pas, l’allure privilégiée par les cavaliers est généralement le trot. Le Pr J.M. Denoix recommande le travail au galop, avec une latéro-flexion interne qui, par la surcharge de l’avant-main, accentue encore plus le travail des sangles musculaires (dentelés et pectoraux) soutenant le thorax. Du fait du contrôle que le cheval doit avoir sur son équilibre, il souligne l’intérêt du travail encolure basse au galop pour développer les muscles abdominaux. D’autres, comme le Dr I. Burgaud, préfèrent (en dehors de l’échauffement) ne pas recommander cette allure.
L’action du cavalier pour demander l’abaissement de l’encolure
Suivant les formations ou leur expérience, les cavaliers demandent l’abaissement de l’encolure et l’ouverture de l’angle tête-encolure de manières très différentes :
- Par action-réaction, en levant les mains ou en peignant les rênes (Commandant Licart) et en utilisant le réflexe du cheval à répondre à une action en sens opposé. J. d’Orgeix se refuse d’ailleurs à la demander suite à une décontraction de mâchoire, estimant que cela induit de la confusion chez le cheval. Ce type de demande est toutefois de moins en moins utilisé.
- D’autres le font en abaissant et écartant les mains, parfois en-dessous de leur position habituelle, et en demandant au cheval de se décontracter (M. Robert). On retrouve cette position sur des obstacles larges où le cavalier demande au cheval de s’étirer lors de la phase de planer.
- D'autres recommandent de le faire sur une élévation des mains, comme l’exprime Y. Benoist Gironière : « exiger d’abord la décontraction de mâchoire, en résistant, d’une main fixe, à l’impulsion que les jambes donnent au ressort ». Ou de façon légèrement différente, selon le Lieutenant Gudin de Vallerin : « une élévation des mains, avec éventuellement une avancée vers la nuque. Le cavalier cède dès que le cheval cède, et laisse filer les rênes ».
- Plus subtilement, après une descente de main sur un léger soutien des jambes, « le cavalier rend la main quand le cheval avance la tête » (Général Decarpentry). Ce travail étant d’abord une vérification du cheval sur la main, le cavalier va jusqu’au poids des rênes, sans aller au-delà. Un léger soutien des jambes (ou de la jambe d’incurvation) est nécessaire et rappelé par le Général Decarpentry, pour que le cheval différencie la descente de main (le cheval reste dans son attitude et son activité) et l’extension d’encolure où il est autorisé à étendre son encolure et ouvrir son angle tête-encolure. Le Colonel G. Margot agit avec ses jambes et son assiette, en baissant « légèrement et moelleusement » les poignets et en « ouvrant progressivement les doigts », il autorise son cheval à étendre son encolure. Le Général Durand précise « L'action des jambes ne doit pas être étrangère à l'extension d'encolure.
De la variété de ces codes, le cheval doit comprendre et effectuer l’extension d’encolure. Aussi, nous retiendrons qu’il est préférable de partir de rênes faiblement tendues (décontraction de la mâchoire) pour éviter les arrachages de rênes souvent observés dans une demande de type action-réaction. Le cavalier garde le contact, aussi léger soit-il, jusqu’au niveau d’étirement demandé, afin d’apprendre au cheval à suivre la main. Le Dr P. Pradier a cette phrase très illustrative : « À la poursuite du contact qui se dérobe sans se rompre jamais, le cheval étend son encolure vers le bas et vers l’avant ». La FEI précise dans ses textes que, dans une extension d’encolure correcte, le cheval « chews the reins out of the hands », que l’on pourrait traduire de l'anglais et comprendre par « le cheval tout en 'machouillant' le mors, tire gentiment les rênes des mains du cavalier ».
L’équilibre du cavalier
Sur ces bases, la hauteur des mains est moins un problème que le risque pour le cavalier de perturber l’équilibre du cheval. Il est parfois préférable qu’il adopte une position en équilibre qui lui permette, selon sa morphologie (longueur du buste et des bras), avec une longueur de rênes adaptées, de garder la capacité de suivre avec les mains le mouvement d’extension jusqu’au niveau choisi. Les cavaliers travaillant assis devront redresser leur buste pour ne pas charger les épaules en avançant le point d’application de leur poids dans la selle.
Au galop, il faudra beaucoup de dextérité et une assiette très stable pour obtenir une extension d’encolure correcte. Le cavalier doit oser laisser le cheval avancer dans son galop. En effet, toute crispation du cavalier impressionné par la vit…
Les Dangers d'une Extension d'Encolure Mal Exécutée
Une extension d'encolure mal exécutée peut avoir des conséquences néfastes pour le cheval :
- Tensions musculaires : Un enroulement excessif de l'encolure peut entraîner des tensions musculaires dans le dos et l'encolure.
- Douleurs : Une hyperflexion de l'encolure peut provoquer des douleurs cervicales.
- Problèmes de locomotion : Un déséquilibre excessif peut perturber la locomotion du cheval.
- Rupture de la transmission de la propulsion : La fermeture de l’angle tête-encolure au-dessus de 90° se traduit par une flexion supplémentaire au niveau des vertèbres C2-C3, voire C3-C4. Celle-ci amplifie la tension du ligament nuchal lors de l’abaissement de l’encolure (hyperflexion) et avec comme résultat, in fine, une rupture de la transmission de la propulsion venant de l’arrière-main quand l’encolure sera relevée.
Il est donc essentiel de maîtriser les fondamentaux de l'extension d'encolure et de l'adapter aux besoins et aux capacités de chaque cheval.
Nouvelles Attitudes et Dangers Potentiels
Certaines attitudes, présentées comme des extensions d'encolure, s'éloignent des objectifs initiaux et peuvent même être dangereuses pour le cheval. Il est crucial d'être conscient des risques potentiels liés à ces pratiques et de se référer aux recommandations de la FFE et de la FEI.
Conclusion
L'extension d'encolure est un exercice complexe qui nécessite une compréhension approfondie de ses principes et de ses objectifs. En respectant les fondamentaux, en adaptant l'attitude aux besoins du cheval, et en évitant les excès, on peut en tirer de nombreux bénéfices. Cependant, il est important d'être conscient des dangers potentiels liés à une exécution incorrecte et de rester vigilant quant aux nouvelles attitudes qui émergent dans le monde équestre.
Annexe : Asthénospermie et ICSI
Bien que le sujet principal de cet article soit l'extension d'encolure, il est important de noter que le texte fourni par l'utilisateur contient également des informations sur l'asthénospermie et la FIV-ICSI. Ces informations, bien que hors sujet, peuvent être utiles à certains lecteurs.
Asthénospermie : Définition
Une asthénospermie désigne une anomalie de mobilité des spermatozoïdes d’un individu à l’origine d’une éventuelle difficulté à concevoir un enfant. Elle peut être en lien avec une anomalie structurale des spermatozoïdes ou avec une infection. La faible mobilité des spermatozoïdes est évaluée grâce à un spermogramme. On parle d’asthénospermie lorsque plus de 65% des spermatozoïdes sont immobiles. Actuellement, il existe peu de traitement pour l’asthénospermie. La prise en charge repose, par ailleurs, principalement sur le traitement de sa cause lorsqu’elle est connue et traitable. Dans le cadre d’un projet de grossesse, une assistance médicale à procréation (PMA) peut être proposée au couple.
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