La prééclampsie, autrefois appelée « toxémie gravidique », est une pathologie de la grossesse qui peut, dans certains cas, se manifester après l'accouchement, durant la période post-partum. Bien que souvent associée à la grossesse, il est crucial de comprendre que cette condition peut survenir après la naissance de l'enfant et nécessite une attention médicale particulière.
Qu'est-ce que la Prééclampsie ?
La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse, caractérisée par une hypertension artérielle et, dans certains cas, par une perte de protéines dans les urines. Elle survient généralement pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d’aménorrhée. La prééclampsie est causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta, ce qui peut entraîner une souffrance du fœtus et une hypertension artérielle chez la mère. Les complications de cette maladie peuvent être graves, notamment la crise d'éclampsie, et nécessitent une hospitalisation.
Dans la majorité des cas, la prééclampsie cesse avec la naissance de l’enfant et l’expulsion du placenta. Cependant, il est important de noter qu'une pré-éclampsie peut se développer après l’accouchement, pendant la période de post-partum.
Prééclampsie Post-Partum : Une Réalité Méconnue
Une pré-éclampsie peut se développer après l’accouchement, pendant la période de post-partum. Enceinte, il est important de connaître les symptômes d’une pré-éclampsie, afin d’être prise en charge au plus vite.
Selon un sondage réalisé en 2020 par l’Association Grossesse Santé auprès de 500 femmes ayant fait une pré-éclampsie, 60% d’entre elles n’avaient jamais entendu parler de cette maladie avant d’y être confrontées. Et en effet, même si la recherche a considérablement avancé, la pré-éclampsie demeure un syndrome largement méconnu du grand public, et donc des futures mères.
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Causes et Facteurs de Risque
La pré-éclampsie est due à un dysfonctionnement du placenta. En cas de pré-éclampsie, pendant les premières semaines, le placenta fonctionne normalement. C’est après la 20e semaine d’aménorrhée que son développement devient anormal. Or, pendant la deuxième partie de la grossesse, le bébé a besoin d’un apport de sang considérable pour grandir.
Certaines femmes sont plus à même de développer une pré-éclampsie, en raison de l’existence de différents facteurs de risque. Il est essentiel d’anticiper la venue d’une nouvelle grossesse et de considérer tous les facteurs de risque de survenue d’une récidive et de bien informer sur les modalités de suivi et les risques maternels et foetaux. Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.
L’origine de cette pathologie est complexe et n’est encore que partiellement comprise, mais on sait qu’elle est en lien avec un défaut précoce de développement du placenta qui est un organe transitoire situé dans l’utérus à l’interface entre la mère et le fœtus. Ce défaut du placenta va conduire à des phénomènes inflammatoires responsables au niveau des vaisseaux sanguins maternels d’une hypertension artérielle. D’autres manifestations de gravité variable peuvent être associées à cette hypertension. On peut ainsi observer dans les formes les plus sévères de prééclampsie des conséquences au niveau du foie, des cellules sanguines, de la coagulation, des reins et du système nerveux central avec parfois la survenue de crise de convulsions ou crises d’éclampsie.
Symptômes et Diagnostic
La pré-éclampsie est une pathologie pouvant se révéler grave, nécessitant un suivi rapproché et bien réalisé, afin de s’assurer d’une issue optimale à la grossesse. Le plus souvent, c’est lors de la surveillance d’une femme enceinte présentant une hypertension artérielle que la pré-éclampsie est diagnostiquée. Bon à savoir : la recherche de protéines dans les urines fait partie des examens réguliers de la grossesse.
Après l’apparition des premiers symptômes, la pré-éclampsie est susceptible d’évoluer rapidement, surtout vers la fin de la grossesse (troisième trimestre). Il est indispensable de la prendre en charge sans tarder, sous peine d’être confrontée à de graves complications.
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L’éclampsie fait partie des complications d’une pré-éclampsie (d’où le préfixe « pré », puisque la pré-éclampsie précède l’éclampsie). Il s’agit de crises convulsives généralisées de la mère, semblables à l’épilepsie. Une éclampsie indique que la pré-éclampsie n’a pas été traitée et sa survenue est potentiellement mortelle.
Traitement et Suivi Post-Partum
Lorsque le diagnostic est posé, l’hospitalisation d’urgence est nécessaire. Pendant l’hospitalisation de la mère, l’objectif de la prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible. Tous les traitements médicaux mis en œuvre lors de prééclampsie servent à maintenir la grossesse jusqu’à un terme compatible avec la survie du fœtus.
Concernant les traitements, il consiste tout d’abord en l’arrêt progressif des anti-hypertenseurs qui seront réintroduits ou maintenus si l’hypertension artérielle persiste. La reprise d’une contraception orale est possible, mais ses modalités seront à préciser en fonction de l’allaitement maternel et des autres facteurs de risque thrombo-embolique (phlébites, embolies pulmonaires…).
Une consultation à 6 semaines du post-partum est planifiée pour effectuer un bilan global. Avant cette consultation, une surveillance environ 1 fois par semaine en fonction du contexte de la tension artérielle est à prévoir. Un bilan rénal complet à 3 mois est également à réaliser, consistant en la réalisation d’une bandelette urinaire et à nouveau la prise de la tension artérielle.
Prévention et Suivi à Long Terme
Au niveau médical, plusieurs résultats d’études scientifiques s’accordent sur l’effet protecteur de l’aspirine. Cette molécule, prise à faible dose, permettrait de réduire par 2 à 4 le risque de développer une pré-éclampsie.
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Sur un plan plus général, la pré-éclampsie expose les jeunes mamans à un risque accru de développer une hypertension sur le long terme, ainsi que les complications pouvant en découler (thromboses, AVC, infarctus, insuffisance rénale…). La pré-éclampsie est une maladie cardiovasculaire, c’est pourquoi un suivi cardiologique par un spécialiste ou un médecin généraliste doit être effectué, pour prévenir hors grossesse et à long terme la survenue d’autres accidents ultérieurs (infarctus du myocarde, artériopathie des membres inférieurs…), car la patiente y est dès lors prédisposée.
Enfin, il ne faut pas négliger l’impact psychologique que peut avoir la pré-éclampsie.
Les Spécialistes de la Prééclampsie
Les médecins les plus à même de vous conseiller en cas de pré-éclampsie sont les obstétriciens.
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