La géographie de la richesse et de la pauvreté révèle des disparités importantes à différentes échelles. Le développement, défini comme l'amélioration générale des conditions de vie d'une population, permettant de satisfaire ses besoins essentiels, est inégalement réparti. Si la pauvreté recule globalement, des contrastes persistent, notamment entre les pays du Nord et du Sud, mais aussi au sein même des États. Le terme PMA (pays les moins avancés) désigne le groupe de pays les plus vulnérables du monde.

La Fracture Nord/Sud et les PMA

En géographie, la distinction Nord/Sud ne se limite pas à une position géographique par rapport à l'équateur. Le Nord englobe les pays industrialisés et développés (Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle-Zélande et Japon), tandis que le Sud regroupe les pays en développement et les PMA (principalement en Amérique latine, en Asie et en Afrique).

Le Nord a fondé son développement sur l'industrialisation, amorcée dès le XIXe siècle, favorisée par les progrès agricoles, la croissance démographique et l'urbanisation. Cependant, tous les pays du Sud ne sont pas pauvres. Certains, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït, tirent profit de leurs ressources pétrolières. De plus, des pays émergents connaissent un développement rapide, réduisant ainsi l'écart avec les pays développés. Néanmoins, de nombreux pays du Sud restent en marge, regroupés sous l'appellation de PMA.

Définition et Caractéristiques des PMA

L'acronyme PMA a été créé en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU (CESNU, ECOSOC en anglais) pour désigner les pays les moins développés socio-économiquement de la planète. Ils présentent les indices de développement humain (IDH) les plus faibles et devraient à ce titre obtenir une attention particulière de la part de la communauté internationale. En septembre 2016, Fabrice Folio indiquait que cet acronyme, forgé en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU, rassemble 47 pays en « difficulté » (contre 21 pays lors de sa création).

Les PMA sont d'abord définis par leur grande pauvreté. Avec un revenu moyen par personne inférieur à 745 $ par an (avec des situations extrêmes comme 320 $ au Libéria, 291 $ en RDC, 176 $ au Zimbabwe), la pauvreté des PMA impacte fortement leur indice de développement humain (IDH). L'espérance de vie, qui dépasse 80 ans dans les pays développés, chute à 48 ans au Nigéria ou en Angola, à 46 ans au Lesotho, et même à moins de 45 ans en Afghanistan. Le risque de mortalité maternelle est alarmant, atteignant 1/16 dans les PMA, contre 1 sur 3 500 en Amérique du Nord. Les principales causes de mortalité (paludisme, sida, malnutrition) témoignent de la faiblesse des systèmes de santé.

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Les PMA sont caractérisés par une économie fragile, fondamentalement agricole, avec une population rurale souvent majoritaire (83 % au Niger, 85 % au Rwanda, 89 % au Burundi). La plupart des PMA sont également confrontés à des crises politiques, des régimes autoritaires et une corruption généralisée, entravant tout développement autonome.

L'ONU recense plusieurs handicaps structurels pour définir les PMA :

  • Un faible niveau de vie (PIB inférieur à 745 dollars US par personne).
  • Une indigence des ressources humaines, traduite par un indice composite qui intègre la mortalité infantile, la nutrition ou encore le taux de scolarisation.
  • Le manque de diversification économique ou la « vulnérabilité économique », résultant de la taille et de la fréquence des chocs exogènes, de l'exposition du pays aux chocs et de sa résilience.
  • Une population inférieure à 75 millions de personnes.

Les critères de l'ONU pour identifier un PMA incluent :

  • Un revenu par habitant basé sur une estimation moyenne du produit intérieur brut par habitant pendant trois années (inférieur à 900 $ US).
  • Un retard dans le développement humain basé sur un indice composite incluant des indicateurs de santé, nutrition et scolarisation.
  • Une vulnérabilité économique basée sur un indice composite incluant des indicateurs sur l'instabilité, la production et les exportations agricoles, le manque de diversification de la production, et le handicap d'être un petit pays.

Les PMA et la Mondialisation

Les PMA sont les pays les moins bien intégrés à la mondialisation, ce qui explique en partie leur retard de développement. Ils sont essentiellement exportateurs de matières premières brutes, souvent non transformées, laissant la plus grande part de la valeur ajoutée aux acheteurs. À l'inverse, les PMA importent des produits manufacturés, à plus forte valeur ajoutée, ce qui désavantage les termes de l'échange. Les investissements directs étrangers (IDE) restent modestes et se concentrent sur l'exploitation des matières premières locales. Les PMA sont donc souvent en difficulté financière et endettés, malgré les initiatives d'effacement de dette. L'aide publique au développement (APD) en provenance des pays riches et des pays émergents est souvent vitale.

Défis et Enjeux pour les PMA

Les habitants des PMA, dont la majorité vit en Afrique, comptent parmi les plus vulnérables du monde. Plus de la moitié de cette population vit avec moins d'1,25$ par jour. Les PMA n'ont pas atteint un niveau de développement économique et social suffisant.

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L'accord ADPIC (Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce) de l'OMC, qui établit des règles internationales de protection de la propriété intellectuelle, pose des défis particuliers aux PMA. Une mise en œuvre précipitée de cet accord aurait de graves conséquences sur l'accès aux technologies médicales, aux ressources éducatives, aux semences et aux technologies pour faire face au changement climatique. Les PMA doivent consacrer leurs ressources limitées à l'amélioration de leur développement, et non à la mise en place coûteuse de règles de propriété intellectuelle qui renforcent le monopole des entreprises occidentales.

En juin 2013, les PMA ont obtenu une nouvelle transition de 8 ans concernant l'application de l'accord ADPIC, témoignant de leur ténacité face aux pressions des pays riches.

Améliorations et Défis Persistants

Dans les années 2000-2010, la croissance économique des PMA a été supérieure à celle du reste du monde. Les niveaux d'endettement et de pauvreté ont diminué, les infrastructures se sont améliorées et les marchés intérieurs se sont développés. Des progrès ont été réalisés en matière de santé, de chômage et d'alphabétisation. Le niveau de crise et de conflictualité a également diminué.

Cependant, ces progrès ne sont pas homogènes. Les améliorations concernent principalement les zones les plus connectées au reste du monde, comme les grandes régions métropolitaines, tandis que les zones rurales reculées restent dans une situation difficile.

La Liste des PMA et ses Évolutions

Quarante-sept pays sont actuellement classés par l’Organisation des Nations Unies (ONU) sous la dénomination « pays les moins avancés », ce qui leur donne droit, entre autres avantages, à une aide, à un accès préférentiel aux marchés et à une assistance technique spéciale. La liste des pays les moins avancés est réexaminée tous les trois ans par le Conseil économique et social de l’ONU d’après les recommandations du Comité des politiques de développement. En mars 2012, le Comité des politiques de développement a recommandé le reclassement des Tuvalu. La liste a été créée en 1971. Depuis, le nombre des pays qui en font partie est passé de 25 à 49.

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Répartition géographique (situation en 2016):

  • 33 pays en Afrique.
  • 8 pays en Asie.
  • 3 pays en Océanie.
  • 1 pays dans les Antilles.

L'inscription sur la liste proposée par l'ONU est acceptée ou non par les gouvernements. Cela peut expliquer que des pays tels que le Zimbabwe, la Bolivie ou la Corée du Nord n’en fassent pas partie. Huit pays ont pu s’extraire de cette catégorie : le Botswana (1994), le Cap-Vert (2007), les Maldives (2011), les Samoa (2014), la Guinée Équatoriale (2017), le Vanuatu (2020), le Bhoutan (2023) et São Tomé-et-Principe (2024). Le Soudan du Sud l’a intégrée en 2011. Plusieurs pays en attente de sortie sont finalement prolongés, notamment en raison de la pandémie de covid-19. Parmi eux, l'Angola, le Bangladesh, le Laos, le Népal et les Îles Salomon.

Aide et Soutien International

Les PMA bénéficient de programmes de soutien spécifiques, incluant des préférences commerciales, l’aide publique au développement, l’allègement de la dette et une assistance technique. L'allègement de la dette extérieure est crucial, mais il doit être plus étendu et plus rapide.

Le régime « SPG+ » est accordé aux pays qui souffrent d’une intégration insuffisante au commerce mondial et d'un manque de diversité dans leurs exportations.

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