Les grossesses nerveuses et les lactations qui en découlent sont des phénomènes courants chez les chiennes non stérilisées. Il est essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les traitements possibles pour assurer le bien-être de votre animal.

Identification de la grossesse nerveuse

Si vous remarquez un comportement maternel inhabituel chez votre chienne, la première question à vous poser est de savoir si elle attend des chiots. Il arrive que des chiennes en chaleur échappent à la surveillance de leurs propriétaires, et la gestation n'est remarquée qu'à l'approche de la mise bas.

Les signes de la lactation nerveuse apparaissent généralement entre 6 et 12 semaines après la fin des chaleurs. Le comportement de la chienne est souvent modifié : elle peut accumuler des objets dans un "nid", et son appétit peut être diminué ou, au contraire, très augmenté.

Il est important de ne pas "humaniser" la signification de cette lactation inopinée en l'assimilant immédiatement à un "désir de grossesse inassouvi". Chez les loups, par exemple, seuls les individus dominants se reproduisent, mais les femelles de rang inférieur ont tendance à synchroniser leur cycle sexuel sur celui de la louve reproductrice. Elles peuvent ainsi servir de mères nourricières aux louveteaux, même sans être fécondées.

Causes et mécanismes

Sur le plan hormonal, pendant les deux mois qui suivent les chaleurs, il y a très peu de différences entre une chienne gestante et une femelle non fécondée. Les chiennes produisent toutes de la progestérone dans leurs ovaires, qui sert normalement au maintien de la gestation et qui stimule le développement mammaire. Même chez une chienne qui n'a pas été saillie, le taux de progestérone sanguin reste élevé pendant environ deux mois après les chaleurs, avant de diminuer progressivement.

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Il est difficile de comprendre pourquoi certaines chiennes présentent des grossesses nerveuses et pas d'autres, même s'il existe forcément un lien avec l'exposition à la progestérone. Les gestations et les lactations nerveuses sont plus souvent observées chez les chiennes vivant seules chez leur maître que chez celles vivant en chenil, au milieu d'autres animaux.

Manifestations cliniques et risques

Sur le plan physique, tout se passe comme si la chienne attendait des chiots : ses mamelles augmentent de volume, elles sont congestionnées, et un liquide blanchâtre (ou du lait) coule en quantité variable, suivant l'intensité du léchage qu'elle exerce dessus. Elle se prépare à s'occuper de petits inexistants.

La lactation nerveuse est un phénomène physiologique, mais il est conseillé de montrer votre chienne à votre vétérinaire pour faire vérifier son état de santé, surtout si d'autres symptômes que la grossesse nerveuse sont présents. Les lactations nerveuses peuvent faciliter la survenue d'infections des mamelles suite à l'irritation par le léchage chronique. Le risque est d'autant plus élevé que les lactations nerveuses ont été fréquentes et que les chiennes sont âgées.

Sans traitement, la lactation peut continuer plusieurs mois, ce qui peut être difficile à supporter pour le propriétaire. De plus, la chienne risque de récidiver après chaque période de chaleur. Les chiennes ayant présenté des lactations de pseudogestation courent plus de risques de développer des tumeurs mammaires que les chiennes chez qui aucun comportement de ce type n'a été détecté. La prédisposition aux tumeurs mammaires chez les chiennes ayant présenté une lactation nerveuse pourrait s'expliquer par la distension chronique des mamelles où s'accumulent les produits de dégradation du lait stagnant. Ces substances pourraient exercer un effet cancérogène quand elles sont en contact prolongé avec le tissu mammaire interne.

Traitement et prévention

Un traitement est fortement recommandé, surtout si la grossesse nerveuse dure depuis plus de 4 semaines ou si la chienne présente des comportements potentiellement dangereux. Plusieurs actions peuvent être menées de front pour diminuer l'intensité des symptômes et obtenir le tarissement progressif de la chienne. Le traitement dépendra de la durée et de la gravité des signes cliniques et comportementaux observés.

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Plusieurs médicaments peuvent diminuer la production de lait de la chienne, mais le plus souvent prescrit est la cabergoline. C'est une molécule qui provoque peu d'effets secondaires chez la chienne.

Pour prévenir le risque de mammite quand les mamelles sont très gonflées, vous pouvez appliquer des emplâtres ou des pommades drainantes pour faciliter leur désengorgement. Si la lactation est vraiment très forte, ou lorsqu'il y a un œdème des mamelles, le vétérinaire pourra prescrire un traitement diurétique pendant quelques jours.

Essayez de "distraire" votre chienne de son obsession de maternage en confisquant les objets auxquels elle a tendance à s'attacher et en la sortant le plus fréquemment possible. Il est classiquement recommandé de mettre la chienne à la diète pendant 24 à 48 heures, en limitant l'abreuvement, pour obtenir le tarissement.

La mesure de prévention la plus efficace est la stérilisation par ovariectomie. Pour les chiennes qui ne sont pas destinées à reproduire, c'est le meilleur moyen d'empêcher les récidives fréquentes de grossesses nerveuses. La chienne sera traitée médicalement pendant sa grossesse nerveuse, et le vétérinaire attendra que la lactation soit stoppée pour intervenir chirurgicalement.

Deux remèdes homéopathiques sont parfois indiqués : Thuja occidentalis et Urtica urens.

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Les chaleurs chez la chienne

Toutes les chiennes non stérilisées passent par des chaleurs. Les chaleurs peuvent entraîner des pertes de sang, ce qui peut compliquer la vie à la maison. La chienne marquera son territoire partout où elle ira et attirera l'attention des chiens mâles. Les mâles peuvent sentir une femelle en chaleur de loin et devenir très insistants. Ils peuvent tenter de s'échapper, de courir ou même de fuguer pour rejoindre la femelle. Cela peut se produire très vite, surtout si le mâle n'est pas bien contrôlé par son propriétaire.

Avant et après cette période, les mâles sont moins intéressés, bien que l'odeur de la femelle puisse toujours capter leur attention. Instinctivement, les mâles réagissent fortement aux hormones libérées par une femelle. Peu importe leur niveau d'éducation, les hormones prennent le dessus. La chienne peut également être harcelée par les mâles, ce qui peut la rendre défensive.

Il est important de noter que la stérilisation précoce peut entraîner des problèmes de santé spécifiques. Ces problèmes semblent être partiellement liés à la stérilisation. Certains propriétaires hésitent à castrer leur mâle en pensant que cela affecte sa virilité. Les chiens castrés tôt ne sont généralement pas sujets à des problèmes de croissance anormale.

Il n'y a aucune excuse pour ne pas sortir une chienne en chaleur. Elle permet de simplifier la vie quotidienne et d'éviter les complications.

Grossesse chez la chienne

La gestation de la chienne dure en général entre 62 et 65 jours (l'intervalle maximum pouvant s'étendre de 58 à 70 jours). Pour les propriétaires de chien qui n'ont pas trop l'habitude, l'approche de la mise bas s'accompagne toujours de multiples interrogations et de beaucoup de stress.

Les mamelles commencent à grossir à partir du deuxième mois de gestation. Leur développement sera maximal environ une semaine avant la mise bas. Pour les primipares (= chiennes qui font leur première portée), la lactation s'établit en général dans les 24 heures avant le part.

La tuméfaction de la vulve s'observe pendant les jours précédents l'accouchement. Il va d'abord y avoir une phase préparatoire durant 2 à 10 heures (jusqu'à 36 heures pour les primipares). Lors de cette phase, la chienne est inquiète, agitée. Elle recherche un endroit calme "pour faire son nid". La chienne refuse de manger, elle respire rapidement et peut parfois se mettre à vomir. Les premières contractions utérines commencent, elles sont intermittentes et non volontaires, elles ne sont pas accompagnées de contractions de l'abdomen.

La deuxième phase correspond à l'expulsion des chiots. Cette phase est généralement d'une durée inférieure à 12 heures, mais elle peut atteindre 36 heures pour une primipare. Les contractions de l'utérus s'accompagnent désormais de contractions de l'abdomen, ce qui permet l'expulsion des chiots. Le premier petit est le plus long à sortir (jusqu'à 6 heures après le début de l'expulsion), le délai moyen entre 2 naissances est ensuite compris entre 10 et 60 minutes.

Les chiots sont entourés du sac amniotique, celui-ci se rompt normalement au cours de la progression dans l'utérus, si ce n'est pas le cas, c'est la mère qui le rompt à la naissance. Si le sac amniotique est intact et que la mère ne l'ouvre pas, c'est à vous de le dégager dans les 2 minutes qui suivent la sortie (sinon le chiot ne pourra pas respirer). Quelques minutes après l'expulsion du chiot, c'est le placenta qui est à son tour expulsé.

Pour préparer l'accouchement, il faudra prévoir un endroit calme à l'abri des courants d'air où la chienne pourra "faire son nid". Avoir une caisse pour la mise bas est un plus (large caisse avec rebords hauts pour éviter aux chiots de s'éloigner de la mère et barres anti-écrasement), remplissez-la d'une couverture propre.

La chienne ne doit pas être perturbée, elle doit rester au calme (éviter de la déranger en lui parlant, de trop la caresser). Votre intervention n'est normalement pas nécessaire. Si après 15 minutes la mère n'a pas rompu le cordon ombilical, serrez le cordon avec un fil désinfecté à environ 2,5 cm du nombril, puis coupez avec les ciseaux environ 1,5 cm après la ligature (soit à environ 4 cm du nombril).

C'est normalement la mère qui stimule la respiration en léchant le chiot. Si la respiration ne se déclenche pas, il faudra réanimer le chiot. L'alimentation et la prise de poids doivent être contrôlés, idéalement il faut peser les chiots tous les jours.

Importance de la progestérone

La progestérone est une hormone fabriquée par les follicules ovariens, puis par le corps jaune après ovulation. Son rôle est essentiel pour modifier la muqueuse utérine et permettre ainsi la nidation, puis le développement, de l'œuf fécondé.

Le taux de progestérone varie pendant le cycle de la chienne : bas en début de chaleurs, il augmente au moment de l'ovulation, reste élevé pendant 2 mois, que la chienne soit gestante ou pas, puis chute brutalement 24-36 heures avant la mise bas.

Doser la progestérone présente de nombreux intérêts : en connaissant la date d'ovulation de la chienne, on peut choisir le meilleur moment pour la saillie et prévoir la date de la mise bas (61-63 jours après ovulation), donc programmer une césarienne chez les chiennes à risque de dystocie.

Lactation chez la chienne

La montée de lait chez une chienne peut commencer dès la mise bas. Il arrive aussi que votre 4 pattes en subisse une sans gestation. Les signes sont étroitement liés à ceux de la gestation, qu'il s'agisse d'une grossesse réelle ou nerveuse. La chienne change alors d'attitude, elle devient soit plus collante, soit, au contraire, plus distante. Son comportement alimentaire peut également être modifié.

Les mamelles grossissent et se gonflent pour accueillir le lait qui commence à être sécrété. Parfois, l'animal se lèche les mamelles face à ce changement. Lorsque la mère attend ses petits, la lactation se met en place sous l'action de la prolactine, une hormone sécrétée par l'hypophyse, une petite glande près du cerveau. C'est la naissance des chiots qui déclenche un pic d'activité de la sécrétion lactée. Le lait est alors éjecté des glandes mammaires lors des tétées. L'allaitement se poursuit généralement pendant 6 à 8 semaines.

La production de lait est stimulée par les tétées, puis arrive progressivement le sevrage. Généralement, le simple fait que les petits tètent moins diminue naturellement à production de lait. Le lait s'accumule dans les mamelles quand il n'est pas éjecté correctement. Dans ce cas, la mamelle devient douloureuse et chaude, gorgée de lait.

Lors de la lactation, les infections mammaires sont plus fréquentes. Elles peuvent provoquer des abcès ou nécroser les mamelles. Si une mammite se produit plus souvent lors d'une mise bas, il arrive cependant qu'une chienne en subisse aussi lors d'une grossesse nerveuse. L'infection est causée par une bactérie, parfois une blessure de la mamelle ou un manque d'hygiène.

Quand la lactation est physiologique, c'est-à-dire associée à une gestation, il peut s'avérer nécessaire de la stopper. C'est le cas, par exemple, quand les petits décèdent et que la mère se retrouve avec du lait sans avoir un seul chiot à nourrir, ou qu'il est nécessaire de les séparer en raison d'une mammite dangereuse pour leur vie. En revanche, en cas de lactation nerveuse, il sera bon pour la chienne d'intervenir pour faire cesser sa sécrétion.

Dans ce cas, il est possible d'intervenir de manière naturelle en soumettant la chienne à une diète de 24 heures puis à une diète hydrique les 24 heures suivantes. Ensuite, une alimentation peu protéinée pendant plusieurs jours devrait tarir le lait. Chez les humains, le persil est reconnu pour ses propriétés antigalactogènes. C'est une herbe aromatique qui n'est pas toxique pour le chien et qui a le même effet sur la lactation canine. Attention cependant, il ne doit jamais être donné quand la chienne est gestante, car il peut provoquer des contractions musculaires.

Le vétérinaire connaît les médicaments les plus efficaces contre une montée de lait. Il adapte le traitement en fonction de la cause (nerveuse ou physiologique).

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