Cette revue complète se penche sur les complexités de la prise en charge postopératoire des chevaux ayant subi une chirurgie de la colique. Notre objectif est de fournir une compréhension globale des défis, des complications potentielles et des stratégies fondées sur des preuves pour optimiser les résultats pour ces patients équins.
Introduction
La colique, un terme général désignant les douleurs abdominales chez les chevaux, peut nécessiter une intervention chirurgicale dans les cas graves. Bien que la chirurgie puisse sauver des vies, la période postopératoire pose des défis importants. Cette revue vise à éclairer les meilleures pratiques actuelles en matière de soins postopératoires de la colique, en mettant en évidence les recherches récentes et en soulignant l'importance d'une approche d'équipe.
Reconnaissance et stabilisation précoces
L'aventure commence lorsque le cheval montre des signes de colique. La collaboration rapide entre le propriétaire du cheval et le vétérinaire est primordiale pour obtenir un résultat positif. Environ un cas de colique sur dix nécessite une évaluation et un traitement supplémentaires dans un établissement hospitalier. Une approche d'équipe efficace, de l'admission à la prise de décision chirurgicale, est essentielle. Alors qu'un diagnostic précis du type de lésion n'est pas obligatoire pour le vétérinaire référent, une communication ouverte avec le propriétaire concernant les résultats potentiels et les coûts de la chirurgie est essentielle.
Considérations préopératoires
Plusieurs facteurs contribuent à l'issue potentielle d'une chirurgie de la colique. Un rythme cardiaque plus élevé et un volume d'hématocrite anormal sont associés à une diminution de la survie. Une intervention chirurgicale rapide est cruciale pour éviter une atteinte cardiovasculaire importante. Il est essentiel de discuter avec les propriétaires des implications financières et des résultats probables, en tenant compte de la couverture d'assurance et de la valeur du cheval. Les propriétaires recherchent souvent des conseils auprès de diverses sources, ce qui souligne la nécessité pour les vétérinaires de fournir des informations fondées sur des données probantes concernant les morbidités potentielles et les attentes en matière de fonction athlétique.
Soins postopératoires immédiats : une approche individualisée
Une fois que le cheval est stable après l'opération, des décisions doivent être prises quant à la meilleure approche pour les soins postopératoires. Chaque patient souffrant de coliques est unique, et le plan de traitement doit être adapté à la nature de la lésion, à la gravité de l'atteinte systémique et aux procédures chirurgicales spécifiques réalisées. Des défis tels que les considérations économiques et l'impact de la pandémie actuelle sur la capacité des propriétaires à payer les soins doivent être pris en compte. Il est inquiétant de constater que la couverture d'assurance n'a pas suivi le rythme de l'augmentation des coûts de la chirurgie de la colique. Pour maintenir l'accessibilité financière, une approche raisonnée des soins postopératoires est essentielle.
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Surveillance : Un élément essentiel
Une surveillance rigoureuse est essentielle pour les patients souffrant de coliques postopératoires. L'utilisation de feuilles de surveillance aide à enregistrer les aspects clés des soins, et l'identification des tendances est cruciale pour détecter rapidement les problèmes potentiels. La surveillance doit inclure l'incision chirurgicale, les soins du cathéter et les évaluations hématologiques et biochimiques.
Évaluation de la douleur
L'évaluation de la douleur a considérablement évolué ces dernières années et continue d'évoluer. L'utilisation de scores de douleur validés peut aider à prendre des décisions concernant l'analgésie. Bien que le flunixine et la mélamine soient des analgésiques classiques, les inhibiteurs sélectifs de la COX-2 tels que le méloxicam et le firocoxib sont des alternatives potentielles. Des études récentes ont montré des effets bénéfiques de ces médicaments sur certains marqueurs, en particulier chez les chevaux atteints de lésions étranglantes de l'intestin grêle. Cependant, il est important de noter qu'une étude a montré que le flunixine procure une meilleure analgésie que le méloxicam. Bien que les opioïdes soient généralement évités en raison de leurs effets secondaires sur la motilité gastro-intestinale, il est essentiel de s'assurer que les patients souffrant de coliques postopératoires sont à l'aise. Une douleur persistante ou croissante doit inciter à une enquête plus approfondie pour déterminer la cause sous-jacente, comme la formation d'adhérences, qui peut nécessiter une nouvelle laparotomie.
Gestion antimicrobienne
L'utilisation d'antimicrobiens après une chirurgie de la colique vise à prévenir la péritonite septique et les infections du site chirurgical. Cependant, une utilisation responsable des antimicrobiens est essentielle pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens. Les avantages de la prévention de l'infection doivent être mis en balance avec l'impact potentiel sur le microbiome intestinal. Les protocoles antimicrobiens traditionnels impliquent souvent une approche à large spectre avec de la pénicilline et de la gentamicine pendant cinq jours. Cependant, des études récentes ont remis en question la nécessité d'une période prolongée, suggérant que 72 heures peuvent suffire pour prévenir les infections incisionnelles. Des facteurs supplémentaires peuvent justifier une utilisation plus longue des antimicrobiens.
Traitement conservateur
Si un traitement médicamenteux est jugé suffisant, il peut comprendre l'administration d'antispasmodiques, d'analgésiques et de laxatifs spéciaux comme l'huile de paraffine. Des perfusions intraveineuses peuvent aider à stabiliser la circulation sanguine. Une observation attentive pendant au moins 24 heures est cruciale, et une évaluation clinique est nécessaire pour déterminer si une intervention chirurgicale est nécessaire. Les compléments alimentaires naturels peuvent être utilisés en plus du traitement conservateur pour soutenir les fonctions naturelles du cheval, mais ils doivent être administrés sur les conseils d'un vétérinaire.
Intervention chirurgicale
Si le traitement conservateur échoue ou si l'état du cheval est grave, la chirurgie peut être nécessaire. La procédure consiste à ouvrir la cavité abdominale pour identifier et corriger la cause du problème. La durée de l'opération peut varier, et des complications inattendues peuvent prolonger l'intervention. Les coûts associés à la chirurgie de la colique peuvent varier considérablement en fonction de la complexité du cas, de la durée de l'opération et des médicaments nécessaires.
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Étude rétrospective
Une étude rétrospective portant sur 32 chevaux ayant subi une chirurgie de la colique a examiné le devenir postopératoire, y compris les complications à court terme, la reprise de l'activité et les nouveaux épisodes de colique. L'étude a révélé que 53 % des chevaux ont retrouvé une activité identique à celle qu'ils avaient auparavant, tandis que 26 % ont connu des complications postopératoires à court terme. Les chevaux ayant subi une chirurgie du côlon ont présenté un taux de complications plus élevé que ceux ayant subi une chirurgie de l'intestin grêle. La moitié des chevaux ont connu au moins un nouvel épisode de colique après la chirurgie. L'étude a souligné l'importance de tenir compte de l'activité du cheval, des affections postopératoires et du délai nécessaire pour retrouver le niveau d'activité antérieur.
Anesthésie
L'anesthésie générale pour la chirurgie de la colique nécessite une planification minutieuse et une surveillance. Le processus comprend un examen préanesthésique complet, une tranquillisation, une induction et un entretien avec des anesthésiques gazeux. Une surveillance continue par ECG, capnographe, oxymètre et pression artérielle invasive est essentielle.
Soins intensifs postopératoires
Après la chirurgie, les chevaux sont placés en soins intensifs pendant 2 à 5 jours en moyenne. Ils reçoivent des perfusions intraveineuses, des antibiotiques et des anti-inflammatoires. Une surveillance étroite est maintenue et, une fois jugés stables, les chevaux restent en observation pendant 5 jours supplémentaires. Avant le retour à la maison, les propriétaires reçoivent des instructions détaillées concernant les médicaments, l'activité, l'alimentation et les soins.
Convalescence et complications
La convalescence après une chirurgie de la colique peut être longue, car la cicatrisation complète de la plaie abdominale prend plusieurs mois. Des complications immédiates ou retardées peuvent survenir, l'iléus de l'intestin grêle étant le plus fréquent. L'objectif est de s'assurer que le cheval est vivant et en bonne santé un an après la chirurgie, et les décisions sont prises dans ce sens. Le respect des règles d'hygiène alimentaire et de gestion peut contribuer à réduire l'incidence des coliques.
Point de vue du chirurgien
Un chirurgien vétérinaire a partagé des points de vue sur la prise en charge des complications après une intervention chirurgicale. Une complication est définie comme tout résultat indésirable ou inattendu d'une opération affectant le patient. Les complications périopératoires peuvent aller de conditions bénignes et transitoires à des conditions potentiellement mortelles. Le consentement éclairé est essentiel et doit inclure une discussion sur les risques potentiels, les alternatives et les résultats possibles.
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Complications gastro-intestinales
Les complications gastro-intestinales signalées après une intervention chirurgicale chez les chevaux comprennent les coliques générales, la diarrhée et la réduction de la production fécale. Les coliques post-anesthésiques sont la complication la plus fréquemment signalée. Le risque de coliques postopératoires est significativement associé à la torsion du gros côlon et à une nouvelle laparotomie. La diarrhée postopératoire est plus fréquente chez les chevaux ayant subi une chirurgie du côlon. Une réduction du débit fécal peut être observée après l'opération en raison des effets dépresseurs de l'anesthésie générale et de la sédation sur le tractus gastro-intestinal. Un iléus postopératoire ou un reflux postopératoire est fréquemment signalé après une chirurgie de la colique. La péritonite postopératoire après une chirurgie de la colique est rapportée avec un taux très faible.
Complications liées au cathéter
Différents types de matériaux de cathéter peuvent affecter le risque de thrombose, mais la complication est probablement multifactorielle. La durée de présence du cathéter est significativement plus longue chez les chevaux qui ont développé une thrombophlébite. L'état de faiblesse est un facteur de risque important pour l'apparition d'une thrombophlébite. L'embolie gazeuse associée au cathéter a été très rarement signalée après une intervention chirurgicale.
Fièvre
La fièvre ou la pyrexie peuvent survenir après une opération chez les chevaux à la suite de diverses interventions chirurgicales. Les taux de fièvre postopératoire peuvent atteindre 79 à 85 % après une chirurgie de la colique. La nature de l'intervention et toute atteinte systémique préexistante pourraient influer sur le taux de pyrexie postopératoire.
Importance de la réalimentation
Une réalimentation appropriée est primordiale pour optimiser la convalescence et assurer une bonne reprise d'état à court ou moyen terme. Le jeûne peut entraîner une redirection du métabolisme, l'organisme utilisant les protéines et les lipides pour produire de l'énergie en l'absence d'apport glucidique. Un soutien nutritionnel précoce est essentiel pour limiter la perte de poids. Les prébiotiques et les postbiotiques peuvent soutenir le développement et la croissance des bactéries bénéfiques.
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