Introduction

La race ovine INRA 401, aujourd'hui connue sous le nom de Romane, est une race française reconnue pour sa productivité laitière et sa facilité d'élevage. Issue d'un croisement entre les races Romanof et Berrichon du Cher, elle s'est adaptée à divers systèmes d'élevage et se distingue par sa prolificité, sa rusticité et sa capacité à s'adapter à différents contextes environnementaux. Cet article se penche sur les caractéristiques de la race Romane, son alimentation, ses performances et son rôle dans les systèmes d'élevage modernes.

L'histoire et les caractéristiques de la race Romane

La Romane, anciennement appelée INRA 401, est le fruit d'un croisement entre les races Romanof et Berrichon du Cher. Elle a été sélectionnée pour sa prolificité, sa rusticité, ses qualités maternelles et sa capacité d’agnelage en toute saison (désaisonnalisée). L'Organisme de Sélection (OS) Romane, basé à Soual dans le Tarn, est structuré en coopérative avec un conseil d’administration composé d’éleveurs. Deux techniciens interviennent sur toute la France pour travailler sur le schéma et accompagner les éleveurs dans la réflexion de leur installation.

La première qualité de la race est sa productivité. C’est l’une des races les plus productives de France. Elle a également une grande facilité d’agnelage : les agneaux sont vifs, tètent très rapidement, et les brebis sont très maternelles. Moins de 10 % d’agnelages nécessitent une intervention. Elle est très laitière, capable d’élever deux agneaux sans problème, et on voit apparaître des élevages où les meilleures brebis en élèvent trois.

La Romane peut produire des agneaux toute l’année, sans traitement hormonal. La fertilité en contre-saison peut atteindre 85 à 90 %, avec une prolificité autour de deux agneaux par brebis.

Adaptabilité et rusticité de la race Romane

La Romane conserve aussi une grande rusticité et une forte capacité d’adaptation, du plein air à la bergerie intégrale. La race est présente dans toutes les régions de France et dans de nombreux pays d’Europe ainsi qu’en Iran. Elle peut être utilisée en race pure ou en croisement boucher. L’OS travaille aussi sur la résistance aux parasites gastro-intestinaux. Toutes ces qualités confèrent à la Romane un potentiel de rentabilité, souvent parmi les meilleures marges brutes. Cinquante éleveurs produisent tous les ans près de 9 000 agnelles Romane.

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Grâce à un travail régulier et constant, la sélection a permis d’améliorer la prolificité, le poids à âge type 30 jours et la qualité bouchère (conformation et gras). Le schéma évolue aujourd’hui en intégrant des caractères de santé (sensibilité aux parasites) et des critères économiques via l’index de synthèse Osiris, pour des brebis toujours plus efficaces et rentables. « Nous restons attentifs à la prolificité, en évitant les portées trop importantes, souvent source de mortalité », précise Christophe Bodard.

Alimentation de la vache laitière Romane : un facteur clé de performance

L'alimentation est un élément déterminant pour optimiser la production laitière et la santé des brebis Romanes. Les besoins nutritionnels varient en fonction du stade physiologique (gestation, lactation, etc.), du nombre d'agneaux élevés et du niveau de production laitière.

Besoins nutritionnels spécifiques

En lactation, les brebis consomment 3,5 kg MS d’ensilage de maïs, 400 g de correcteur azoté, plus 30 g de CMV. De mars à octobre, les brebis pâturent 6 ha de ray-grass anglais-trèfle blanc qui leur sont réservés. Elles passent aussi derrière les vaches ou génisses, ce qui permet de nettoyer les refus et de maintenir les parcelles propres.

Rationnement et suivi de l'alimentation

Il est important de rationner les brebis, car elles ont tendance à manger beaucoup par rapport à leur poids (80 kg).

Systèmes d'élevage et intégration avec d'autres productions

La Romane s'intègre facilement dans différents systèmes d'élevage, y compris en association avec des vaches laitières.

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Diversification et complémentarité

Huguette et Thierry Simon, éleveurs de 43 Prim’Holstein et leur suite à Saint-Méen-le-Grand, ont découvert l’élevage ovin lors d’une porte ouverte en 2006. « À ce moment-là, nous étions à un tournant professionnel. L’exploitation était bloquée dans ses possibilités d’agrandissement. Soit je retournais travailler à l’extérieur, soit nous trouvions une diversification pour compléter le revenu, raconte Huguette, le regard vif et décidé. Mais il nous tenait à cœur de continuer à travailler ensemble. » Les éleveurs, qui n’avaient jamais approché un mouton auparavant, ont découvert une production « sympa et compatible avec les vaches laitières ». « Nous avons vu que les moutons mangeaient comme les vaches ! Cette production est aussi plus souple grâce à une astreinte moins forte. Une étude économique rapide a été présentée à la banque. « Nous nous sommes basés d’emblée sur une rentabilité haute avec une marge de 100 euros par brebis, se souvient Thierry. La banque nous a d’abord fait les gros yeux car nous n’avions pas d’expérience dans ce domaine.

Optimisation des ressources

La même désileuse-pailleuse sert à distribuer la ration aux ovins et aux bovins, ce qui permet de diluer les charges de structure.

Performances économiques et perspectives

Les résultats économiques ont été au rendez-vous dès la première année. Si bien qu’une seconde bergerie est construite en 2011 et que les éleveurs deviennent multiplicateurs l’année suivante. Ils ne se contentent plus de vendre des agneaux de 4 mois en filière qualité label rouge ou CCP(1), ils commercialisent aussi des agnelles (en race pure) à d’autre producteurs. Une marche supplémentaire est encore franchie en 2014 quand ils deviennent sélectionneurs et vendent alors des femelles pour la reproduction. Les agnelles de reproduction sont vendues vers 35 kg à 4 mois pour un prix de 140 €. Les agneaux sont commercialisés, à un poids carcasse et prix moyen de 18,5 kg et 108 € par tête.

Rentabilité et productivité

Les résultats technico-économiques de l’élevage sont très bons. En moyenne sur 5 ans, la productivité se chiffre à 2,26 agneaux vendus par brebis et par an, la moyenne étant à 0,9 toutes races confondues. Et la prolificité est de 2,37 agneaux nés par brebis et par an. Le troupeau affiche aussi une bonne longévité pour le système choisi. Il reste encore une soixantaine de brebis achetées en 2006 ! En ce moment, les brebis rapportent plus que les vaches. L’EBE dégagé par UMO issu de l’atelier ovin s’élève à 65 000 €, contre 48 000 € pour l’atelier laitier (clôture juillet 2015). Pourtant, l’élevage figure parmi les 10 % d’exploitations les plus efficaces du centre de gestion pour la partie laitière.

Facteurs de succès

« ça tourne bien car nous avons un système de production bien calé, des équipements simples et des bâtiments amortis, décrivent les éleveurs. Ceci dit, en 2009, nous nous sommes posés la question d’arrêter le lait. Mais nous sommes trop attachés au troupeau. Par contre, nous avons fait des coupes franches : arrêt de l’Upra, arrêt du contrôle laitier, insémination par l’éleveur. Aujourd’hui, avec la crise, la question revient sur la table. ça nous ferait mal au cœur d’arrêter le lait. C’est vraiment la passion de l’élevage qui anime ce couple qui ne compte pas ses heures. Leurs journées débutent à 6h et se terminent à 19h en temps normal et 23h pendant les agnelages (trois mois de l’année). « Nous devons être le plus présents possible car un agneau sur deux se trouve mal placé. C’est l’inconvénient avec les races prolifiques. Cette période est hyper prenante entre les mises bas et les soins aux agneaux jusqu’au sevrage à 2 mois.

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