La colique néphrétique, caractérisée par une douleur aiguë et soudaine, est un motif fréquent de consultation aux urgences. Touchant environ 150 000 personnes en France chaque année et représentant 1 à 2 % des consultations aux urgences hospitalières, cette affection nécessite une compréhension approfondie de ses causes, symptômes, diagnostics, traitements et mesures préventives.

Qu'est-ce qu'une Colique Néphrétique ?

Une colique néphrétique se manifeste par une douleur aiguë, unilatérale et lombaire. Elle est souvent décrite comme une douleur intense et soudaine, donnant la sensation que le ventre se tord. Cette douleur peut être confondue avec des troubles digestifs, car certaines crises peuvent s’accompagner de vomissements. Elle est due à une mise en tension brutale de la voie excrétrice du haut appareil urinaire en amont d’une obstruction.

La douleur est à type de torsion, située d’un seul côté. La crise de colique néphrétique est caractérisée par une douleur intense et brève, mais qui se répète et qu’aucune position ne peut soulager. Une accalmie peut séparer deux pics douloureux. En effet, à chaque fois que le calcul se retrouve coincé sur son trajet d’évacuation, la douleur reprend.

Causes et Facteurs de Risque

Dans 80 % des cas, la colique néphrétique est causée par un calcul rénal qui s’est déplacé et bloque l’écoulement des urines au niveau de l’uretère. Les coliques néphrétiques sont souvent déclenchées par un obstacle dans les voies urinaires et sont influencées par divers facteurs de risque :

  • Génétique : Un rôle prépondérant, surtout chez ceux qui ont des niveaux d'acide urique élevés.
  • Hydratation insuffisante : Une faible consommation d'eau favorise la formation de calculs urinaires.
  • Alimentation : Une alimentation riche en protéines et en sel augmente le risque.
  • Obésité et Hypertension.
  • Hyperplasie bénigne de la prostate : Chez les hommes de plus de 50 ans, elle peut entraîner le vidage incomplet de la vessie, favorisant la formation de calculs.
  • Déséquilibres hormonaux : Notamment ceux liés à un dysfonctionnement des glandes parathyroïdes.
  • Infections urinaires chroniques : Particulièrement chez les femmes et les individus avec une sonde vésicale.
  • Médicaments : La prise de certains médicaments peut créer la formation de cristaux.
  • Autres facteurs : L'abus de laxatifs, la diarrhée chronique et un excès de vitamine D.

D’autres facteurs spécifiques peuvent aussi augmenter le risque de coliques néphrétiques, tels que :

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  • Un long voyage.
  • Un séjour dans un climat chaud.
  • Une immobilisation prolongée (après une maladie par exemple).
  • Une activité sportive sans hydratation adéquate.

Enfin, les anomalies anatomiques des reins ou des voies urinaires, ainsi que les tumeurs ou les rétrécissements dus aux inflammations ou cicatrices, peuvent provoquer des coliques néphrétiques non liées à la présence de calculs.

Symptômes Caractéristiques

Les coliques néphrétiques se manifestent par des symptômes spécifiques et souvent très handicapants :

  • Douleur intense et soudaine : Localisée généralement dans la région lombaire, au niveau des reins, et pouvant se propager vers le bas de l'abdomen et les organes génitaux. Elle est souvent unilatérale et n'est pas soulagée par le changement de position.
  • Symptômes digestifs : Nausées, vomissements, ballonnements.
  • Symptômes urinaires : Fréquente envie d'uriner, même si l'obstruction peut rendre difficile la vidange complète de la vessie.
  • Hématurie : Présence de sang dans les urines, résultant de l'irritation et des lésions des parois urinaires par le calcul.
  • Anxiété et agitation : Dues à l'intensité de la douleur et au malaise général.

La présence d’une fièvre peut indiquer une infection telle qu’une pyélonéphrite et nécessite une prise en charge urgente. Non traitée, la colique néphrétique peut également évoluer vers l’insuffisance rénale.

Diagnostic : Identifier la Cause

Le diagnostic des coliques néphrétiques repose essentiellement sur la présence des symptômes caractéristiques. Cependant, certains examens sont prescrits pour confirmer le diagnostic et évaluer la situation :

  • Analyse d’urine : Recherche d’une infection. Elle met en évidence une hématurie micro ou macroscopique dans 90% des cas.
  • Prise de sang : Dosage de la créatinine sanguine pour évaluer une éventuelle détérioration rénale due à l'obstruction.
  • Échographie : Visualisation et mesure du calcul et de la dilatation de l’uretère et du rein.
  • Radiographie : Mise en évidence du calcul.
  • Scanner : Confirmation du diagnostic de la lésion responsable de l’obstruction. Le scanner non injecté est désormais la modalité de choix. Il confirme la présence du calcul, précise sa localisation, sa taille, le degré d’obstruction.

Traitements : Soulager et Éliminer

Le traitement des coliques néphrétiques vise à soulager la douleur, favoriser l'élimination des calculs rénaux et prévenir les complications. Les principales approches thérapeutiques comprennent :

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  • Médicaments antalgiques : Pour soulager au plus vite et au mieux la douleur d’une crise de colique néphrétique, le premier geste à faire est de prendre un médicament à base de paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien.
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Tels que le diclofénac (voie intramusculaire) ou le kétoprofène (voie intraveineuse).
  • Analgésiques morphiniques : Utilisés seuls ou associés aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • Antispasmodiques : Peuvent être ajoutés par le médecin.
  • Antibiotiques : En cas d'infection associée.

Lorsque le calcul ne s’élimine pas naturellement, d’autres techniques peuvent être envisagées pour le dissoudre :

  • Lithotritie extracorporelle : Des ultrasons sont envoyés à travers la peau pour désintégrer le calcul par un effet d’ondes de choc.
  • Fragmentation du calcul avec un laser par voie endoscopique.
  • Chirurgie : Exceptionnellement.
  • Drainage du rein par une sonde interne (sonde en double J) : Peut s’avérer nécessaire.
  • Néphro-lithotomie percutanée : Consiste à insérer un endoscope à travers la paroi lombaire, par une petite incision. Elle permet de traiter des calculs rénaux plus volumineux ou dont le traitement n’a pas été possible par les voies naturelles.

En présence de complications comme une infection urinaire sévère (pyélonéphrite aiguë), de la fièvre élevée ou d'une obstruction importante, une hospitalisation d'urgence est souvent requise.

Il est recommandé de ne pas trop boire durant la crise, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein malade. En dehors de l’épisode de crise, il est conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour, voire davantage, pour faciliter l’élimination du calcul et prévenir les nouvelles formations.

Prévention : Réduire les Risques de Récidive

Les coliques néphrétiques ont tendance à récidiver, avec environ la moitié des personnes touchées qui récidivent dans les 5 ans. La prévention est donc essentielle pour améliorer la qualité de vie des personnes à risque :

  • Hydratation adéquate : Boire au moins deux litres d'eau par jour pour diluer les urines et diminuer la concentration en sels minéraux.
  • Ajustement du régime alimentaire :
    • Limiter la consommation de protéines animales, de sel et de produits laitiers.
    • En cas de calculs à oxalates, éviter le chocolat, la plupart des fruits secs, les asperges, la rhubarbe, l’oseille, les épinards, le thé, etc.
    • En cas de calculs à acide urique, limiter la consommation de charcuterie, d’abats et de fruits de mer.
  • Adapter son régime alimentaire en fonction du type de calcul. Il peut être utile d'éviter les aliments riches en protéines animales, en sel et en acide urique, et de privilégier l'eau riche en bicarbonate pour désacidifier les urines. Un accompagnement nutritionnel personnalisé peut être bénéfique pour les patients sujets aux récidives.

Quand Consulter en Urgence ?

Il est recommandé de consulter en urgence si :

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  • La colique néphrétique s’accompagne de fièvre ou de frissons.
  • La personne souffre d’anurie (plus d’émissions d’urines).
  • La colique néphrétique survient chez la femme enceinte.
  • Les douleurs ne disparaissent pas après la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires prescrits par le médecin.
  • Réapparition ou modification de la douleur.
  • Malaise.
  • Hématurie.

Recommandations Spécifiques

  • Grossesse : Le risque d'accouchement prématuré et de rupture prématurée des membranes justifie l'appel en urgence du gynécologue obstétricien. Une échographie est pratiquée en 1re intention. Les AINS (à partir du 6e mois de grossesse) et la lithotritie extracorporelle sont contre-indiqués.
  • Insuffisance rénale : Les insuffisances rénales sévères contre-indiquent les AINS, ce qui justifie le recours d'emblée aux antalgiques : paracétamol et/ou morphine. En cas d'infection urinaire associée, ne pas prescrire d'antibiotiques néphrotoxiques.
  • Suivi : Les personnes ayant des coliques néphrétiques devraient consulter régulièrement un urologue ou un néphrologue pour surveiller la formation de nouveaux calculs et ajuster leur régime alimentaire si nécessaire. Les urines doivent être tamisées à l'aide d'un grand filtre à café. Tous les calculs expulsés doivent être conservés pour analyse. La température doit être prise tous les matins. La disparition de la douleur n'a pas valeur de guérison : les examens doivent avoir lieu comme prévu, ainsi qu'une nouvelle consultation.

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