La Porte des Enfants du Rhône, majestueuse et imposante, constitue l’une des principales entrées du célèbre Parc de la Tête d’Or à Lyon. Elle est bien plus qu’un simple accès au parc ; elle est un symbole du lien profond entre les Lyonnais et leur patrimoine naturel, un témoignage architectural et symbolique de leur relation avec le Rhône, et un passage vers l’un des plus beaux parcs de France.

Un Emplacement Stratégique et Historique

Située sur la rive Est du Rhône, face à la ville, la Porte des Enfants du Rhône accueille les promeneurs qui pénètrent dans l’un des plus grands parcs urbains de France. La dénomination « Enfants du Rhône » fait référence aux habitants de la région, liés par leur histoire au fleuve Rhône qui traverse la ville. Le Rhône, source de vie et d’activités économiques pour Lyon, occupe une place centrale dans l’histoire et l’identité de la ville. Dès 1856, l’emplacement de l’embarcadère figure sur le plan des frères Bühler, les créateurs du Parc. En 1901, ils’agissait simplement de "baraquements en bois" construits lors de l'ouverture du parc de la Têted'Or. Ces derniers ont été modifiés en 1913.

Genèse et Construction : Une Entrée Monumentale

Construite à la fin du XIXe siècle, la Porte des Enfants du Rhône marque une entrée prestigieuse au Parc de la Tête d’Or, qui a lui-même ouvert ses portes au public en 1857. En 1896, la mairie de Lyon décide de clôturer solidement le parc de la Tête d’Or. Le Conseil municipal lance un concours en 1898 pour l’exécution des grilles devant fermer trois entrées, dont l’entrée principale dite des légionnaires. C’est le projet de Charles Meysson qui est retenu en 1900. Ce dernier s’entoure de « l’entrepreneur Thomas, spécialiste en maçonnerie et pierre de taille, rue Chaponnay 9, et Jean Bernard, spécialiste en ferronnerie d’art, 303 rue Duguesclin. ».

La grille de la porte principale (porte des enfants du Rhône) « a 32 mètres de longueur totale. Elle est flanquée de deux pylones de pierre de Villebois cubant chacun 21 m3. La hauteur de la porte centrale est de plus de 11 mètres. Son poids total est de 62 tonnes. (…) Le raccordement de la grille d’entrée des légionnaires avec celle existant sur le quai fut exécuté le 18 août 1902. Ce travail apportait une grande amélioration aux abords du futur pont de la Boucle. (…) Toutes les grilles étaient définitivement installées en mars 1903, il n’y avait plus qu’à effectuer le travail de dorure de l’entrée principale, ce qui fut exécuté par la maison Battistolo, 49 cours Gambetta. ».

La porte des Enfants du Rhône résulte d'un concours lancé en 1898 pour la fabrication des grilles de cette entrée qui est l'entrée principale du parc, également appelée "l'entrée des légionnaires" ou "la porte des légionnaires". De 32 mètres de longueur, la grille, construite en fer forgé, en bronze et en fonte, est flanquée de deux pylônes en pierre de Villebois de plus de 11 mètres de hauteur. Ce qui explique son poids total de 62 tonnes.

Lire aussi: Fabriquer des porte-clés à l'école

Dessinée par Charles Meysson, nommé architecte en chef de la Ville de Lyon en 1900, la porte des enfants du Rhône se situe face au monument aux morts dédié aux soldats lyonnais morts pendant la Guerre franco-allemande de 1870. La porte leur rend également hommage. C’est à la suite d’un concours organisé par la Ville en 1898 que l’architecte parisien, nouvellement arrivé à Lyon, est choisi par le conseil municipal au grand regret des architectes lyonnais qui dénoncent le non-respect du règlement stipulant le concours ouvert aux seuls Lyonnais. Vivement critiqué pour son registre trop classique, au regard des nouvelles tendances…

Architecture et Style : Un Hommage au Néoclassicisme

La Porte des Enfants du Rhône est un exemple classique d’architecture monumentale de la fin du XIXe siècle. Conçue dans un style néo-classique, elle est composée de deux colonnes massives en pierre, surmontées d’un fronton orné. Le tout est d’une élégante sobriété, avec des lignes épurées qui rappellent les monuments antiques. L’arc, qui forme le centre de la porte, est assez large pour permettre un passage impressionnant. De chaque côté, des portillons plus petits sont destinés aux piétons.

C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, où l’alliance de la Rocaille et de l’Art nouveau est encore forte, le contraste entre la structure verticale de l’arcade et de ses deux portiques latéraux, semble approprié au seuil d’un parc public qui fait correspondre à l’espace urbain un espace naturel.

Symbolisme et Signification : Un Lien Entre la Ville et la Nature

Au-delà de son rôle fonctionnel, la Porte des Enfants du Rhône possède un symbolisme fort. Elle représente un passage entre la ville, animée et dense, et le parc, un havre de tranquillité et de nature. Le nom « Enfants du Rhône » est également un hommage aux Lyonnais et à leur relation étroite avec le Rhône. Ce fleuve, essentiel à la vie de la région, a non seulement permis le développement économique de Lyon mais il est aussi une source d’inspiration artistique et culturelle.

En passant sous la Porte des Enfants du Rhône, les visiteurs pénètrent dans l’un des parcs les plus prisés de Lyon, le Parc de la Tête d’Or. Ce parc, d’une superficie de plus de 117 hectares, est un espace vert incontournable pour les Lyonnais et les visiteurs de passage.

Lire aussi: Le porte-bébé face au monde : un choix judicieux ?

Le Parc de la Tête d'Or : Un Espace de Nature et de Loisirs

Le parc est célèbre pour son zoo, ses serres tropicales, son jardin botanique, et surtout pour son grand lac, au centre duquel se trouve l’Île du Souvenir et son Monument aux Morts.

Lyon se dote, en 1857, d'un parc paysager. Les 117 hectares de terres dites de la Tête d'or sont achetés en 1856 pour la somme de 1 250 000 francs. Le réalisateur du Parc est le paysagiste suisse Denis Bühler. En quatre ans, il donne sa physionomie actuelle à l'ensemble, ouvertement inspiré du Bois de Boulogne et des jardins anglais. Des travaux gigantesques sont menés, comme le creusement du lac par les chômeurs engagés par la municipalité. L'Ile du souvenir ou île aux cygnes se situe dans le lac du Parc.

Au 16e siècle, les terres, qui accueilleront 3 siècles plus tard le parc, ne sont alors qu’un vaste terrain vague parsemé de pâturages où déborde régulièrement le Rhône. Ce terrain appartient à la famille Lambert et se nomme déjà "Tête d’Or". Cette désignation tient son origine d’une légende. On raconte que des barbares ou des croisés y auraient dissimulé un trésor majestueux. Parmi ces richesses, une tête de Christ en or qui ne manque pas d’attiser la convoitise des curieux. Plus tard, la légende évoluera. On dit qu’en creusant le lac, des canuts ont découvert la tête du Christ rapportée par les croisés. Avides de richesse, ils se sont alors battus pour s’emparer du trésor. Les responsables politiques du Second Empire avaient compris que les citadins avaient besoin de verdure. Le préfet Marius Vaïsse, l’homme des grands travaux à Lyon et qui était aussi maire de la ville, inaugure le chantier du parc en affirmant qu’il fallait "donner de la nature à ceux qui n’en ont pas" ; une nature qui fut redessinée dans un style romantique à l’anglaise par les frères Denis et Eugène Bühler. Dans ses grandes lignes, le parc inauguré le 5 juillet 1857, n’a pas bougé et la plupart des arbres plantés alors sont à présent plus que centenaires. La vedette des fleurs est la rose dont Lyon fut la capitale mondiale.

Le parc de la Tête d'Or porte le nom de "Tête d’Or" d'après la légende selon laquelle des trésors, dont une tête de Christ en or, ont jadis été enfouis dans le parc, qui était avant un terrain vague, par des croisés ou des barbares. L'histoire détaille qu'en 1855, une voyante aurait été engagée pour retrouver ce trésor mais cette quête n'aurait pas abouti. Cette légende aura une suite selon laquelle des canuts auraient découvert la tête en creusant le lac bien plus tard. Face aux conflits engendrés pour s'emparer du trésor, la tête du Christ aurait pleuré, remplissant ainsi le lac. La création du parc date de 1856, impulsée par le préfet Claude-Marie Vaïsse dès 1855 et confiée à l'ingénieur Gustave Bonnet ainsi qu'aux paysagistes Eugène et Denis Bühler. Quant au jardin botanique et au zoo, ils furent créés respectivement en 1796 et 1865. La roseraie est plus récente et a été aménagéee en 1961. Le parc a été établi sur des terres appartenant à la famille Lambert dont La majorité du terrain a été vendue à l’hôpital de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône, c’est-à-dire l’Hôtel-Dieu, en 1634. La dernière partie appartenant à la famille Lambert a été vendue à la Maison jésuite de Bellecour dans les années 1750. Le parc est devenu l’entière propriété des Hospices Civils de Lyon et de la Ville de Lyon par l’acquisition des terrains des Brotteaux en 1856. Avant même la création du parc, il était de coutume de venir se promener au domaine durant les week-ends. À l'origine, le parc de la Tête d'Or n'avait aucune clôture. C'est à partir de 1888 qu'une clôture a été envisagée, remplacée plusieurs fois par la suite pour enfin devenir les hautes grilles que nous connaissons actuellement. Pendant longtemps les villes de Lyon et Villeurbanne se sont partagé le parc et c'est en 1894 que Jean Casimir Perier, nouveau président sous la IIIe République, a établi l'annexion du parc de la Tête d'Or au 6ème arrondissement de Lyon de la partie située à Villeurbanne.

Faire le tour du parc se trouve être une agréable balade de 3,8 kilomètres à faire à pied, à vélo, en rollers mais également en petit train ou en rosalie. Le grand carrousel : construit par Gustave Bayol en 1895, il est composé de véritables chevaux de bois, ainsi que d’autres animaux que l’on peut retrouver dans le parc zoologique de la Tête d’Or. Les boutiques : le kiosque, à côté du zoo sur la place de Guignol et des manèges, offre des jouets et toutes les gourmandises nécessaires à une pause gourmande (glaces, granités, barbe à papa, pop corn, boissons fraîches durant l’été mais également, cafés, chocolats chauds et snacking durant l’hiver). l'île du Souvenir : anciennement nommée "l'île des cygnes", il est possible de contempler sur cette île un mémorial en l'honneur des militaires morts au combat, érigé en 1904 et rénové en 2003. la Roseraie de concours : lieu d'étude et de création de nouvelles variétés de roses et qui accueille le Concours annuel international des roses nouvelles. la Roseraie du jardin botanique : dédiée à l'histoire de la rose et dispose de plus de 570 variétés de rosiers historiques et sauvages.

Lire aussi: Le sling : un choix pour bébé ?

Situé sur les bords du Rhône, le Parc de la Tête d’Or couvre une superficie de 105 hectares. Il est accessible par 7 entrées, dont la plus remarquable est la porte des Enfants du Rhône qui ouvre sur la perspective d’un lac de 16 hectares, centre de la composition paysagère. L’ensemble des sanitaires a été réaménagé, ils sont accessibles en toutes saisons aux personnes à mobilité réduite. Le parking du Parc de la Tête d’or est également accessible aux véhicules des personnes détentrices de la carte européenne de stationnement. Le Parc de la Tête d’Or accueille, depuis octobre 2006, une plaine africaine au coeur du Jardin zoologique. Une cohabitation de plusieurs espèces animales vivant dans la savane africaine : girafes, antilopes, watusis et autres animaux du même biotope. Depuis juillet 2021, c'est un biotope singulier qui vient se nicher au sein du Parc de la Tête d'Or à travers les Forêts d’Asie.

Évolution et Restauration : Un Patrimoine Préservé

Au fil des décennies, la Porte des Enfants du Rhône a vu passer des générations de Lyonnais et de visiteurs. Elle a été témoin de moments de détente, de promenades en famille, de célébrations publiques, et parfois même d’événements historiques. Malgré les évolutions urbaines et les transformations du parc, la Porte des Enfants du Rhône a conservé son aspect d’origine et continue de jouer son rôle d’entrée emblématique du parc.

Des travaux de restauration de la porte des enfants du Rhône doivent commencer en ce mois de février 2018, selon un article paru dans le Progrès le 14 septembres 2017 : La porte des Enfants du Rhône restaurée en 2018 pour 980 000 €. Lyon possède le plus grand parc urbain de France : le parc de la Tête d'Or, inauguré le 5 juillet 1857 et alors encore inachevé. Ce parc a accueilli, en 1872 et en 1894, deux expositions internationales.

Le Monument Commémoratif des Enfants du Rhône

À côté de cette porte, se situe le monument commémoratif des Enfants du Rhône, monument aux morts édifié par l'architecte Charles Coquet et commémorant les soldats lyonnais décédés lors de la Guerre franco-allemande de 1870. Ce monument fait référence à trois périodes historiques : la Gaule par les feuilles de chêne ornant la tête d’un des enfants, le Moyen-Âge par la cuirasse et l’épée ainsi que la période contemporaine par la tunique à plis réunis qu’il porte.

Inscription aux Monuments Historiques

La porte des Enfants du Rhône, située Place du Général Leclerc proche des berges du Rhône, est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques depuis 1982.

tags: #porte #des #enfants #du #rhone #histoire

Articles populaires: