Un polype colique est une excroissance anormale qui se développe sur la muqueuse du côlon ou du rectum. Cette prolifération peut prendre diverses formes et tailles, et évolue progressivement, pouvant se transformer en cancer après plusieurs années. Il est crucial de comprendre cette condition pour une détection et une prise en charge précoces.

Introduction

Les polypes colorectaux sont des excroissances situées au niveau de la muqueuse du côlon et du rectum. Bien qu'il ne soit pas « normal » d'en présenter, leur prévalence est plutôt élevée. Les polypes adénomateux toucheraient près de 30% des personnes de 65 ans, avec une incidence plus élevée chez les hommes. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble des polypes coliques, en abordant leurs symptômes, causes, méthodes de diagnostic et options de traitement.

Types de Polypes Coliques

Il existe plusieurs types de polypes colorectaux, chacun présentant des caractéristiques et des risques différents :

  • Polypes adénomateux (adénomes) : Ils sont définis par la croissance de nouvelles cellules des glandes et représentent 2/3 des polypes du côlon et du rectum. Environ 80% des cancers colorectaux naissent à partir d'un adénome bénin. Les adénomes sont très fréquents et leur prévalence augmente avec l'âge.
  • Polypes hyperplasiques ou festonnés : Ils se produisent lorsque des cellules croissent trop rapidement dans une section de la muqueuse de l'intestin.
  • Pseudo-polypes : Ils peuvent apparaître secondairement aux processus d’inflammation et de cicatrisation de la muqueuse du côlon et du rectum dans le cas de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).

Les polypes adénomateux peuvent être classés en :

  • Polypes tubuleux (75%) : Ils sont recouverts d’une muqueuse cylindrique (tubulaire) non différenciée, souvent pédiculés, avec une surface plane et une faible sécrétion de mucus.
  • Polypes villeux (5%) : Ils sont en général volumineux et sessiles (plats), avec une surface granulaire reproduisant les villosités intestinales, sécrétant du mucus et saignant facilement.

Causes et Facteurs de Risque

Bien que la cause exacte de la formation des polypes ne soit pas toujours claire, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :

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  • Âge : La prévalence des adénomes augmente avec l'âge.
  • Facteurs alimentaires : Un apport calorique élevé, une vie sédentaire, un excès de poids sont des facteurs de risque. Le rôle favorisant des graisses, des viandes grasses, des sucres doit être confirmé. L’alcool et le tabac seraient impliqués comme facteurs favorisant. Parmi les aliments protecteurs, le rôle des légumes semble le mieux établi.
  • Facteurs génétiques : Dans moins de 5 % des cas, les cancers colorectaux surviennent dans un contexte familial de maladie héréditaire ou le facteur génétique a été clairement établi et les gènes en cause identifiés. La polypose adénomateuse familiale (PAF) est causée par des variants pathogènes (VP) constitutionnels du gène APC (5q21-q22).
  • Aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens : Leur consommation ancienne et régulière est associée à une diminution du risque de polypes et de cancer colorectaux.

Symptômes

Dans la quasi-totalité des cas, les adénomes ne sont à l’origine d’aucun symptôme. Cependant, de gros adénomes situés assez bas peuvent être à l’origine d’un saignement visible à l’œil nu. Les lésions plus grosses peuvent entraîner des crampes, des douleurs abdominales ou une occlusion (une obstruction de la lumière intestinale). D’autres symptômes non spécifiques peuvent être associés : constipation, diarrhée, douleur abdominale, perte de poids.

Les symptômes faisant évoquer un cancer du colon sont des symptômes digestifs (constipation, diarrhée, alternance des deux, douleurs abdominales, ballonnements, saignements) ou généraux (fièvre, amaigrissement, altération de l’état général) et assez fréquemment une anémie par saignement occulte.

Diagnostic

Le diagnostic des polypes se fait à l’occasion d’une coloscopie ou lors d'une recherche positive de sang dans les selles à l’occasion d’un test de dépistage. Les méthodes de diagnostic comprennent :

  • Coloscopie : Cet examen permet d’examiner le rectum et la totalité du colon, de visualiser la tumeur, de l’enlever dans presque tous les cas s’il s’agit d’un polype, d’effectuer des prélèvements (biopsies) en cas de cancer. La coloscopie est réalisée par un gastro-entérologue, sous anesthésie générale de courte durée. Elle ne nécessite pas d’hospitalisation prolongée.
  • Coloscopie virtuelle : Une nouvelle technique de scanner permettant le traitement des images par un logiciel permet une représentation spatiale des organes creux réalisant une coloscopie virtuelle. Toutefois, toute anomalie notée devra faire l’objet d’une coloscopie.
  • Test Immunologique Fécal (FIT) ou Recherche de sang occulte : Une analyse d’un échantillon de selles pour vérifier la présence de traces de sang. La positivité du test est d’environ 4 % et ces sujets positifs subiront une coloscopie qui découvrira environ 8% de cancers et 12 % d’adénomes.
  • Toucher rectal : Si la tumeur est située dans la partie basse du rectum, elle est accessible au toucher rectal et dans ce cas le diagnostic est d’emblée évident, mais une coloscopie est quand même indispensable.

Traitement

Le traitement des polypes consiste en leur ablation (polypectomie endoscopique). Cette ablation se fait en règle au cours de la coloscopie de dépistage. Les modalités d’exérèse des polypes varient en fonction de leur configuration anatomique et de leur taille.

  • Polypes pédiculés : Ils possèdent un pied qui les relie à la paroi intestinale dont ils sont issus.
  • Polypes sessiles : Ils sont aplatis sur la muqueuse et ne possèdent pas de pied individualisable. Si le polype est de petite taille (quelques mm) il est aisément enlevé par petits fragments successifs grâce à une pince. Si le polype est de grande taille, la pince ne suffira plus et deux options se présentent : une technique dite de mucosectomie qui consiste à injecter, grâce à une aiguille fine, du sérum physiologique dans la paroi intestinale sous le polype afin de le surélever et de pouvoir le retirer comme un polype pédiculé.

Après l'ablation, une étude histologique au microscope est effectuée pour s’assurer de leur bénignité. En cas de détection de polypes colorectaux lors d’une coloscopie, une ablation de l’intégralité des polypes est réalisée et ceux-ci sont analysés pour en connaître la nature et la présence éventuelle de cellules cancéreuses.

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Le traitement des cancers colorectaux est chirurgical. Le type de traitement chirurgical des cancers du rectum va dépendre de la distance entre le pôle inférieur de la tumeur et le canal anal. Les indications de la radiothérapie et de la chimiothérapie dépendent de l’extension de la tumeur et de l’atteinte ganglionnaire.

Surveillance Post-Traitement

Lorsqu’un adénome a été enlevé, une coloscopie de contrôle est indiquée trois ans plus tard. Un examen clinique, une radiographie pulmonaire, une échographie hépatique, un dosage des marqueurs tumoraux tous les quatre mois les trois premières années puis tous les six mois pendant deux ans sont également recommandés.

Le risque de récidive des polypes adénomateux (à risque d’évolution en cancer colorectal) est élevé : ils réapparaissent dans 1/3 des cas.

Petits Polypes : Faut-il Tous les Enlever ?

La taille des polypes du côlon et du rectum est l’un des facteurs qui conditionnent le risque de cancer colorectal synchrone et métachrone, et de ce fait il est largement utilisé pour définir le rythme des coloscopies de surveillance après polypectomie. Les petits polypes se définissent par une taille inférieure à 1 cm. Au sein de ce groupe, on fait la distinction entre les petits polypes (« small polyps ») de taille comprise entre 6 et 9 mm et les très petits polypes de taille inférieure ou égale à 5 mm (« diminutive polyps »).

La stratégie « DISCARD » (Detect, InSpect, chAracterize, Resect, and Discard) qui consiste à réséquer, et à ne pas analyser certains des polypes détectés à la coloscopie, pourrait être perçue comme un anathème pour nombre d’endoscopistes. De plus, il a été proposé que les polypes caractérisés comme polypes hyperplasiques par la biopsie optique ne soient pas réséqués, mais délibérément laissés en place, stratégie « detect-and-leave » proposée pour les très petits (≤ 5 mm) polypes de localisation recto-sigmoïdienne exclusivement.

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Prévention

Bien que la survenue des polypes intestinaux ne puisse être totalement prévenue, certaines mesures peuvent réduire le risque :

  • Dépistage régulier : Le dépistage des adénomes du rectum et du colon et leur ablation complète permet de prévenir la survenue d’un cancer.
  • Alimentation saine : Privilégier une alimentation riche en légumes et pauvre en graisses animales.
  • Activité physique régulière : Adopter un mode de vie actif pour éviter la sédentarité.

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