Recevoir un diagnostic de neutropénie pour son bébé peut être source d'inquiétude pour de nombreux parents. Cette diminution des globules blancs soulève des questions légitimes sur la santé de l'enfant, son traitement et son avenir. Pourtant, dans la plupart des cas, cette condition se révèle transitoire et bien tolérée par les tout-petits. Cet article vise à fournir une information complète et accessible sur la neutropénie chez l'enfant, en abordant les causes possibles, les symptômes, les options de traitement et les conseils pour une prise en charge adéquate.
Qu'est-ce que la neutropénie ?
La neutropénie se définit par une diminution anormale du nombre de neutrophiles, un type de globules blancs essentiels à la défense de l'organisme. Les cellules du sang sont divisées en deux groupes principaux : les globules rouges (hématies) et les globules blancs (leucocytes). Les polynucléaires neutrophiles ou granulocytes neutrophiles désignent un type de globules blancs qui naissent dans la moelle osseuse et ont pour rôle la défense de l'organisme contre les corps étrangers comme les levures ou les bactéries. Ils sont produits dans la moelle osseuse avec les autres globules blancs et migrent ensuite dans le sang et les tissus infectes (peau, intestins…). Les polynucléaires neutrophiles sont des globules blancs phagocytes puisqu'ils peuvent absorber les corps étrangers, dont les bactéries. Leur dosage est établi lors de la numération formule sanguine (NFS), au cours d'une prise de sang veineux, en général au pli du coude. Une diminution ou un taux anormalement bas de polynucléaires neutrophiles, de moins de 1.5 G/L est appelée une "neutropénie".
Les neutrophiles représentent 40% à 75% des leucocytes et 99% des polynucléaires. Ils font partie de nos premières lignes de défense en cas d’infection. Ils sont utilisés dans l’élimination des bactéries, des virus, des parasites et des champignons. On peut décrire ce type de cellules comme des « éboueurs », car elles ont la capacité de détruire les micro-organismes pathogènes en les ingérant et en les digérant. On appelle cela là phagocytose. En cas d’infection, notamment bactérienne, la production de neutrophiles est donc décuplée afin de défendre l’organisme. Dans le cas d’une baisse anormale des neutrophiles, aussi connue sous le nom de neutropénie, la réponse inflammatoire est inefficace contre les infections bactériennes ou mycosiques.
Taux normaux de neutrophiles chez l'enfant
Le dosage sanguin « normal » des neutrophiles se situe autour de 1 500 / mcL à 7 000 / cmL. Il est important de noter que le taux de neutrophiles acceptable est relatif. Les personnes caucasiennes ont tendance à avoir un taux plus élevé que les personnes de couleur. De même, son propre taux peut être soumis à différentes variations sur des temps courts.
La formule leucocytaire détaille la numération de chacune des sous‑populations leucocytaires. D’après les valeurs biologiques usuelles communément admises en médecine, les PNN sont compris entre 2 et 7,5 G/L chez un adulte. Ils représentent la majorité des globules blancs en circulation dans le sang. La distribution des granulocytes neutrophiles varie en fonction de l’âge des sujets. Chez les enfants, la neutropénie est qualifiée de modérée entre 500 et 1 500 PNN par millimètre cube sang.
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On commence seulement à parler de neutropénie (quantité anormalement basse de polynucléaires neutrophiles) lorsque leur taux est inférieur à 1 700/mm3. On parle aussi de neutrophilie lorsque leur taux est vraiment nettement plus élevé que la moyenne : au-dessus de 10 000/ mm3.
Causes de la neutropénie chez les bébés et les enfants
Chez les bébés, les causes les plus fréquentes de neutropénie sont les infections récurrentes, car de nombreux neutrophiles sont détruits dans leur lutte contre les germes. Ils sont fabriqués par la moelle osseuse, qui, s'il y a eu beaucoup de destruction, n'a pas toujours le temps de les remplacer, laissant temporairement le corps avec moins de protection.
Voici les causes les plus courantes de neutropénie chez l'enfant :
Neutropénie auto-immune du nourrisson: Il s'agit de la forme la plus fréquente. Elle se caractérise par la présence d'anticorps dirigés contre les propres neutrophiles de l'enfant. Cette forme est généralement bien tolérée et régresse spontanément avant l'âge de 3 ans. Aussi appelée neutropénie auto-immune, cette maladie touche environ 1 % de la population, avec une prévalence accrue chez les nourrissons/jeunes enfants et les femmes de 25-40 ans. Chez l’enfant, on parle de leuconeutropénie auto-immune primaire (généralement spontanément résolutive, au bout de quelques années) ou idiopathique. Le mécanisme physiopathologique derrière cette pathologie est généralement une auto-immunité à IgG.
Neutropénie post-infectieuse: Très courante, elle survient après une infection virale (comme la grippe ou d'autres virus saisonniers). La moelle osseuse a besoin de temps pour reconstituer ses réserves de neutrophiles après leur mobilisation intense durant l'infection. Ainsi, les leuconeutropénies auto-immunes peuvent être aiguës (moins de 6 mois), alors généralement induites par des médicaments (corticothérapie, chimiothérapie anticancéreuse…) ou des infections virales.
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Neutropénie ethnique: Elle concerne environ 15% des personnes d'origine africaine, mais aussi certaines populations méditerranéennes ou de la péninsule arabique.
Origine iatrogénique: L’origine iatrogénique est la première cause de neutropénie acquise. Elle est la conséquence d’une diminution de la production des neutrophiles par des médicaments toxiques, idiosyncrasiques ou d’hypersensibilité ou d’une augmentation de la destruction des neutrophiles par des mécanismes immunologiques. Certains immunosuppresseurs sont susceptibles d'aggraver la neutropénie.
Problèmes de moelle osseuse: Elles sont habituellement dues à une production réduite ou à une séquestration splénique excessive. Elles s’accompagnent presque toujours d’une anémie ou d’une thrombopénie. L'origine est le plus souvent central à type d’envahissement de la moelle par des cellules malignes (leucémies aiguës, lymphomes, myélomes, métastases de cancer) ou d’insuffisance médullaire pure (aplasie, neutropénie à production médullaire inefficace dans le cadre d’anémies macrocytaires carentielles en vitamines B9 ou B12).
Autres causes possibles: Une quantité trop basse de polynucléaires neutrophiles peut révéler de très nombreuses choses dont, notamment, une anémie due à une carence en fer, en vitamine B12 ou en acide folique. Diverses infections parasitaires ou virales peuvent aussi être en cause. Hormis cela, on peut également retenir la possibilité d’une intoxication médicamenteuse ou alcoolique, d’une hyperthyroïdie, d’une leucémie aigüe ou encore d’une aplasie médullaire (maladie durant laquelle la moelle osseuse ne produit pas suffisamment les différentes cellules sanguines, globules blancs inclus).
Neutropénie et leucopénie : quelles différences ?
Le terme leucopénie désigne une baisse globale des globules blancs. Mais pour comprendre l’origine du trouble, il est nécessaire de regarder en détail quelle sous-catégorie est touchée. Il peut s’agir d’une lymphopénie (baisse des lymphocytes) ou d’une neutropénie (baisse des polynucléaires neutrophiles). « Le fait que ce soit telle ou telle lignée atteinte oriente vers des causes différentes.
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Une fièvre persistante, une prise de sang inhabituelle ou un état de fatigue inexpliqué peuvent parfois révéler une leucopénie chez l’enfant. La leucopénie correspond à une diminution du nombre de globules blancs dans le sang. Elle ne constitue pas une maladie en elle-même, mais plutôt une anomalie biologique détectée à l’occasion d’un examen sanguin, mesurée au cours d’un hémogramme, ou numération formule sanguine (NFS), un examen couramment prescrit en pédiatrie.
Symptômes de la neutropénie chez l'enfant
En cas de neutropénie d’installation progressive, il y a rarement des symptômes. Généralement, ce n’est qu’en cas d’infection qu’elle est soupçonnée. La neutropénie sévère est problématique car le risque d’infection devient élevé. A ce stade, l’organisme devient vulnérable à ces propres micro-organismes. Par exemple, le microbiote buccal contient différentes bactéries, nécessaires à son équilibre. Une baisse importante des neutrophiles impacte le bon fonctionnement du système immunitaire.
Les symptômes associés à la neutropénie peuvent inclure :
- Fièvre prolongée
- Infections sévères ou récurrentes
- Grande fatigue
- Apathie
- Apparition de ganglions
- Gonflement de la rate
Diagnostic de la neutropénie
Pour diagnostiquer une baisse de neutrophiles, le médecin vous prescrit une prise de sang en laboratoire. Puis, le biologiste effectue une analyse appelée Numération Formule Sanguine (NFS). Celle-ci permet de comptabiliser les différents composants de votre sang. En cas de neutropénie, une fatigue inhabituelle peut survenir.
Lorsque la leucopénie s’accompagne de signes d’alerte, des examens complémentaires peuvent être réalisés. Le premier réflexe est de demander au cytologiste de lire la lame au microscope, afin de repérer d’éventuelles cellules anormales, comme dans le cas d’une leucémie. Selon la situation, un myélogramme peut aussi être prescrit pour explorer le fonctionnement de la moelle osseuse. « Le choix des examens dépendra de l’âge de l’enfant et du tableau clinique.
L’identification du mécanisme et de la cause de la neutropénie est primordiale. En situation d’urgence, un myélogramme pourra être réalisé pour effectuer la recherche de blastes.
Prise en charge et traitement de la neutropénie chez l'enfant
Le traitement en cas de de neutrophiles bas dépend du type de neutropénie dont vous souffrez. Il n’existe pas de traitement standard de la leucopénie, puisque celle-ci n’est que le reflet d’un autre trouble. « On ne traite pas directement la leucopénie, mais sa cause. Si elle est due à une infection bactérienne, on prescrira des antibiotiques. Si elle s’inscrit dans un contexte de leucémie, une chimiothérapie sera indiquée. En cas de déficit immunitaire sévère, on peut aller jusqu’à une greffe de moelle osseuse.
Dès que le diagnostic est posé, son traitement nécessite le recours à différentes solutions.
Dans le cas de la neutropénie chimio induite, les recommandations sont l’instauration urgente d’une antibiothérapie empirique à large spectre, dès la survenance de la fièvre sans attendre les résultats biologiques.
Parmi les solutions pour pallier le déficits des granulocytes, les patients peuvent tirer bénéfice de solutions thérapeutiques telles que des facteurs de croissance hématopoïétiques et granulocytaires comme le Granulocyte‑Colony Stimulating Factor. Le G‑CSF est une glycoprotéine qui régule la génération et la libération des polynucléaires neutrophiles fonctionnels à partir de la moelle osseuse. Ces traitements ont fait leurs preuves dans la prévention des neutropénies fébriles permettant ainsi de réduire significativement l’incidence des aplasies fébriles, la durée d’hospitalisation et l’incidence des infections.
Dans les formes modérées et isolées, ou expliquées par un contexte infectieux banal, une simple surveillance peut suffire.
Conseils aux parents d'enfants atteints de neutropénie
Si votre enfant est atteint de neutropénie, voici quelques conseils importants à suivre :
- Maintenez une hygiène rigoureuse mais adaptée: lavez-vous les mains régulièrement, surtout avant de vous occuper de votre bébé, mais évitez de le surprotéger au point de l'isoler complètement.
- Évitez les contacts avec des personnes malades, particulièrement en période d'épidémie.
- Surveillez les signes d'infection sans dramatiser: votre enfant peut et doit continuer à vivre normalement.
- Respectez le calendrier vaccinal: sauf contre-indication spécifique de votre pédiatre, les vaccinations restent importantes pour protéger votre enfant.
- Consultez régulièrement votre pédiatre ou hématologue pédiatrique pour un suivi adapté.
Mon bébé peut-il aller à la crèche avec une neutropénie ?
Dans la majorité des cas, oui. Si la neutropénie est légère à modérée et bien tolérée, votre enfant peut fréquenter la crèche normalement. En cas de neutropénie profonde, discutez avec votre pédiatre des précautions à prendre.
Faut-il donner des antibiotiques en prévention ?
Non, dans la plupart des cas. L'antibiothérapie prophylactique n'est recommandée que dans les formes sévères et chroniques de neutropénie, avec des infections récurrentes. Votre pédiatre ou l'hématologue pédiatrique évaluera cette nécessité au cas par cas.
À quelle fréquence faut-il contrôler la numération sanguine ?
La fréquence des contrôles dépend de la sévérité de la neutropénie et de son évolution. En général, un contrôle mensuel est suffisant pour les formes modérées et stables. Votre médecin adaptera ce rythme en fonction de la situation clinique de votre enfant.
Quand la neutropénie va-t-elle disparaître ?
Pour la neutropénie auto-immune du nourrisson (la plus fréquente), la guérison spontanée survient généralement entre 12 et 36 mois, parfois jusqu'à 4 ans. Les neutropénies post-infectieuses se résolvent habituellement en quelques semaines à quelques mois.
Neutropénie et grossesse
Si la neutropénie de votre fille est de nature auto-immune ou post-infectieuse (les formes les plus courantes), elle n'affectera pas vos futures grossesses. Il arrive que cette variété de globules blancs soit en hausse chez les femmes enceintes. En effet, une grossesse peut entraîner une augmentation du nombre de neutrophiles qui passe à plus de 10 000 par millimètre cube de sang.
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