Le poisson-lune, également connu sous le nom de môle, est une créature marine qui suscite souvent la moquerie et l'incompréhension. Son apparence étrange, sa taille imposante et son comportement particulier en font une cible facile pour les critiques. Pourtant, derrière cette image de poisson "débile" se cache un animal fascinant, doté d'une biologie unique et d'une importance écologique non négligeable.

Mise en Contexte

Au début de 2014, l'auteur de cet article aménageait l’étagère de sa chambre d'alors pour y mettre le plus de mangas possible, un sacré bordel qui ne montrait clairement pas le meilleur côté de lui-même. Depuis le printemps 2014, le temps s’est écoulé sous le pont, il a déménagé à Carrières-sur-Seine (où il a vécu deux ans), puis à Sartrouville (où il a vécu quatre ans) avant de s’installer cet été à Juvisy-sur-Orge. L'envie de faire des mises à jour régulières de sa collection s’était atténuée car il a vécu pendant six ans dans des petits appartements. Mais bon, le déménagement est arrivé et il est passé d’un 21m² à un 32m² donc il a pu réaliser certains rêves dont celui de se faire ultra plaisir en terme d’achats de bibliothèques.

Un Poisson aux Allures Étranges

La môle détient le record du poisson osseux le plus lourd et le plus fécond. Le plus énorme de ces gros bébés mesuré à ce jour pesait 2,5 tonnes. Le poids moyen est plutôt de l’ordre d’une tonne, répartis sur 2 à 3 mètres de chair aplatie, évoluant sous l’eau comme une Prius écrasée. Son corps plat et circulaire, dépourvu de véritable queue, lui donne une silhouette particulière, souvent comparée à une tête flottante. Cette apparence lui a valu divers surnoms, tels que "tête qui nage" en allemand ("schwimmender kopf"), "raccourcie" aux Philippines ("putol") et "voiture renversée" à Taïwan. Étrange coïncidence : la môle ressemble beaucoup au plus inutile des Pokémon, Magicarpe.

Une Reproduction Exceptionnelle

L'un des aspects les plus remarquables de la môle est sa fécondité. Pour survivre malgré tous ses handicaps, la môle pond un paquet d'oeufs - 300 millions d’un coup. Elle détient le record du nombre d'œufs pondus par un poisson osseux. Cette stratégie de reproduction massive compense le faible taux de survie des jeunes poissons-lunes, qui sont vulnérables aux prédateurs.

Un Comportement Mal Compris

La môle est souvent perçue comme un poisson passif et inerte, se laissant dériver au gré des courants. Cette image est en partie due à son habitude de se prélasser à la surface de l'eau, ce qui lui a valu le surnom de "poisson-soleil". Cependant, ce comportement n'est pas un signe de paresse ou de stupidité. Le corps plat et la lenteur de la môle en font un hôte de choix pour les parasites, et elle s’aventure donc parfois à la surface pour que les oiseaux la nettoient de ses squatteurs indésirables. Les scientifiques pensent même qu’elle fait ça pour mieux digérer - essentiellement des méduses - comme le font souvent les requins.

Lire aussi: Alimentation pendant la grossesse: La soupe de poisson est-elle sûre?

Un Régime Alimentaire Spécialisé

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la môle n'est pas un simple filtreur d'eau. Son régime alimentaire est principalement composé de méduses, qu'elle capture grâce à sa petite bouche protractile. Cette spécialisation alimentaire la place au sommet de la chaîne trophique des méduses, contribuant ainsi à réguler les populations de ces organismes gélatineux.

Menaces et Conservation

Malgré sa taille et sa fécondité, la môle est confrontée à de nombreuses menaces. À part ça, la mola mola a d’autres soucis à gérer dans l’océan : les enfoirés qui le peuplent. À l’aquarium de Monterey - le seul qui héberge des môles avant de les relâcher dans l’océan - ces grosses débiles adorables sont tellement pépouzes que les poissons plus rapides, comme les thons, leur volent fréquemment toute leur nourriture en se précipitant dessus avant qu’elles aient eu le temps de réagir. Il arrive parfois que les môles s’étouffent en avalant des sacs en plastique qu’elles prennent pour des méduses. C’est hyper triste, mais c’est 100% de notre faute, et 0% de la faute des môles. La pollution plastique, la surpêche et les prises accidentelles sont autant de facteurs qui mettent en péril les populations de poissons-lunes à travers le monde.

Un Appel à la Tolérance

Alors, la môle est-elle aussi nulle que le disent ses détracteurs ? Les môles sont là depuis longtemps. De très anciens documents montrent que l’espèce avait déjà été observée du temps de la Grèce et de la Rome antiques, soit dès 1200 av. J.-C., mais elle est apparue plus récemment que la plupart des autres poissons - environ 50 millions d’années après la majorité des poissons modernes.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que quelqu’un puisse trouver la môle terriblement absurde. Même ses nombreux surnoms témoignent de sa réputation de poisson débile. Vous vous dites sans doute que c’est tout simplement parce que la mola mola est un peu le gosse débile léger du fond de la classe de l’océan. Mais si vous parvenez à faire un instant abstraction de leur air abruti, vous verrez apparaître une vérité réconfortante : les môles, à qui l’évolution n’a fait aucun cadeau, le vivent plutôt bien. La seule créature de l’océan qui mérite notre mépris est le mec qui a tenté de chevaucher une môle et qui a juste réussi à couvrir son pubis de parasites.

Lire aussi: Guide complet des pierres de naissance de mars (Poissons)

Lire aussi: Comment reproduire le Poisson Platy ?

tags: #poisson #fécond #grosse #tête #information

Articles populaires: